‹ La génération humaine (volume 2)Chapitre 15 sur 50 · PéuH on mont de A'énus recouvert de poils · texte numérisé non relu

PéuH on mont de A'énus recouvert de poils

— 2. 2, Face interne ou muqueuse des grands lèvres. — 3. Prépuce du clitoris. — 4. Clitoris.

— 5. Vestibule. — 6. Face interne des petites lèvres. — 1. Méat urinaire. — 8. Oriliro de la glande vulvo-vaginalc de Bartholin. — 9. Orifice du vagin au fond dui|uel on aperi;oit la p irui inférieure de ce conduit. — 10. Fourchette. — 11. Périnée. — 12. Anus.

LA GÉNÉRATION HÜAIAINE.

le vestibule (9), le méat urinaire (8), Vanneau vulvaire (10), la fosse naviculaire et la fourchette (2).

La vulve est revêtue d’une membrane muqueuse qui jouit d’une exquise sensibilité. Parfois, cette sensibilité est si grande qu’elle empêche tout rapprochement sexuel j on donne à cet état morbide le nom de vaginisme, parce qu’il accompagne toujours le spasme, du muscle constricteur du vagin, situé plus profondément.

Dans certains cas, la douleur est si intense que l’on doit recourir au sommeil anesthésique pour faciliter l’accouplement. M. Sims rapporte, dans sa Chirurgie utérine, l’exemple suivant, que M. Tillaux a résumé dans son Anatomie topographique. Une femme de vingt et un ans était atteinte de vaginisme; après de nombreux essais infructueux, un médecin fut appelé, éthéi’isa la malade, et pendant ce temps le mari accomplit l’acte sexuel. Un nouveau rapprochement essayé la nuit suivante fut impossible. Le médecin est rappelé, les éthérisations se répètent pendant un an, deux ou trois fois par semaine ; à ce moment la conception eut lieu, et pendant tout le temps de la grossesse le coït fut possible. Après l’accouchement, le vaginisme reparut ; nouvelles éthérisations pendant une année et deuxième grossesse qui se termina par une fausse couche de trois mois. Éthérisations pendant une année encore ; de guerre lasse, les époux finirent par renoncer à tout rapprochement sexuel pendant cinq ans. M. Sims alors consulté pratiqua une double incision sur les côtés de la fourchette et guérit la malade.

MOIVX DE vÉnrus. — Le pénil ou mont de Vénus est une éminence qui domine la vulve et se garnit de poils dès l’époque de la puberté (de pubes, poil follet). Il est formé par la saillie des os du pubis (fig. 52) recouverts d’une couche de graisse dont l’épaisseur varie avec le degré de l’embonpoint.

D’après Dionis, le montde Vénus sert « comme de petit coussin, pour empêcher que la dureté des os pubis ne blesse dans l’action » .

Les poils qui ombragent cette éminence semblent avoir le même usage. Du moins cette explication nous paraît plus admissible que celle des anatomistes qui considèrent cette touffe de poils comme un rideau destiné à « voiler » les organes génitaux. Carus attribue aux poils du pénil une part des sensations voluptueuses que procurent les rapports sexuels ; cependant, en Orient, les femmes des harems s’épilent cette région comme toutes les autres parties couvertes de poils. Autrefois, suivant Sénèque, il y avait à Rome « des hommes spéciaux faisant métier d’épiler les petits jeunes gens qui tiennent à ressembler nax femmes et à les remplacer dans certaines occasions ».

OnGANES GÉNITAUX DE LA FEMME. 39

Chez les personnes peu soigneuses, on rencontre au pubis des pous d’une nature particulière (fig. 43) appelés vulgairement morpions^ (de mordere, mordre et pedio, pou) ; ces parasites se glissent sous l’épiderme, comme l’accarus de la gale, mais moins profondément que lui. Il suffit de quelques frictions mercurielles pour s’en débarrasser.

graindes lèvres, hvfibleaxiov. — Les grandes lèvres sont deux replis membraneux qui circonscrivent latéralement la vulve, dont

elles protègent les parties profondes. Leur développement est en rapport direct avec le degré de l’embonpoint. Elles sont moins accusées chez les femmes du Nord que chez les femmes des pays chauds.

En arrière, ces replis se réunissent et forment une commissure, connue sous le nom de fourchette, qui se déchire souvent au premier accouchement. C’est le siège ordinaire des chancres chez la femme.

Entre la fourchette et l’anneau vulvaire, dessous on voit uno lente n\x œuf qh remarque une dépression nommée fosse de pou attache a un poil. naviculaire, qui présente souvent des traces

de meurtrissures dans les tentatives de viol sur les petites filles car, chez celles-ci, les branches du pubis sont trop rapprochées, pour permettre l’introduction du pénis dans le vagin.

La peau des grandes lèvres est plus foncée que celle des autres régions ; elle est garnie de poils longs et abondants. Leur surface interne est tapissée d une membrane muqueuse de couleur rosée, contenant dans son épaisseur, une grande quantité de glandules dont la fonction est de sécréter un liquide visqueux et odorant, qui entretient la souplesse de l’orifice vulvaire. Chez les jeunes filles vierges et chez les femmes qui ont de l’embonpoint, les grandes lèvres sont appliquées l’une contre l’autre, de manière à cacher aux regards les organes situés

Fig. 43 Pou (lu pubis. —

plus profondément et à ne laisser entre elles qu’une fente longitudinale. Au contraire, chez les femmes amaigries et âgées, ainsi que chez celles dont les organes ont été flétris par l’accouchement ou par des habitudes vicieuses, la vulve est entre-bàillée et permet d’apercevoir les petites lèvres. Cette disposition se rencontre encore chez les enfants nouveau-nés, dont les grandes lèvres sont ordinairement peu accusées.

Dans l’Inde et dans quelques contrées d’Afrique, la Nubie par exemple, on a coutume de préserver les jeunes filles d’une défloration trop précoce, en cousant leurs grandes lèvres ou en passant entre ces

CO

LA GÉNltHATION HUMAINE.

replis un anneau inübulateur semblable à celui des calenders turcs.

Au moyen âge, des seigneurs défiants avaient recours à un autre moyen, non moins barbare, pour s’assurer de la fidélité de leurs femmes ; ils cadenassaient leurs organes sexuels à l’aide d’une « ceinture de chasteté » (fig. 44, 45), dont on peut voir un spécimen aux musées de Gluny et de Saint-Germain.

.il. 44. . — i,P!n!iire de cïiaslPlp du musée de Cluny. Fig. 45. — Ceinture vulvaire et anale.

Fig. 46. — Glande vulvo-vaginale du cùlé droit.

A. Sections de la grande lèvre et de la petite lèvre. — B. Glande vulvo-vaginale. — C. Conduit excréteur. — C’. Stylet engagé dans le conduit excréteur. — I). Extrémité glandulaire du conduit. — E. Extrémité libre du conduit. — F. Section du bulbe du vagin. — G. Branche ascendante de l’ischion.

Encore aujourd’hui, le musulman qui part en voyage a soin de se prémunir contre les dangers de l’absence.

Il se contente du cadenas si le voyage est court et de la fibule s’il est long.

Le docteur Gaffe a préconisé l’inlibulation pour les filles atteintes de crétinisme, afin d’empêcher leur reproduction. Aran employait le même procédé contre la chute de la matrice.

GL.A.IVDES VULVO-VAGIIVAtES.

itARXHOLiAixE. — A la face profonde des grandes lèvres, on rencontre deux glandes (fig. 46), ayant la forme et les dimensions d’une petite amande d’abricot. Ges glandes, dites vulvo-vaginales, ont été découvertes par l’anatomiste Bartholin qui leur a laissé son nom. Elles sécrètent un liquide filant, d’une odeur pénétrante, qu’elles déversent par un long canal en avant de la membrane hymen (fig.

53). Ge liquide, en lubrifiant l’orifice

OnCANES GÉNITAUX DE LA FEMME.

vulvaire, facilite l’intromission du membre viril, au moment de l’accouplement. Chez certaines femmes ardentes, il est sécrété en s^ grande abondance, qu’il est éjaculé sous forme de jet. Cette particula rité faisait croire aux anciens que la femme, dans l’acte de la génération, fournissait, comme l’homme, sa semence. L’étroitesse de la vulve et des rapports sexuels trop fréquents ou trop impétueux déterminent sou vent la barthoUnüe, c’est-à-dire l’inflammation des glandes vulvovaginales. Cette affection s’observe surtout chez les nouvelles raanees , elle se termine par la formation d’un abcès qui occupe généralement la grande lèvre gauche (fig. 47). D’après Malgaigne, la fréquence de ces

abcès à gauche dépendrait de ce que pendant l’acte vénérien, les droitiers s’appuient davantage à droite et compriment plus fortement le côté opposé de la vulve.

Ï»EXIXES EÈVRES- XAOEIER OES HOXXEIVXOXES. — LbS pCtitdS lèVTCS

(fig. 42) sont deux languettes membraneuses, comparables, pour la forme et la couleur, à la crête que les coqs portent au-dessous du gosier ; elles sont situées sur les côtés du méat urinaire et s appliquent à la surface interne des grandes lèvres. Leur extrémité supérieure recouvre le clitoris à la façon d’un capuchon ou prépuce du clitoris.

La longueur des petites lèvres varie suivant l’àge et certaines conditions in-

Fig. 47. - Abcès de la grande lèvre. dîviduelles. En Orient, elles Sont très (Figure tirée de la Pathologie externe développées et, COmme elles gênent 1 inde M. Fort.) troduction du membre viril, on a l’ha-

bitude d’en faire l’excision : c’est ce qui constitue la circoncision des femmes (t). Dans certaines peuplades d’Afrique, chez les Bosjesmans par exemple, elles acquièrent des dimensions telles, qu’elles descendent parfois jusqu’aux genoux et forment un repli muqueux d’un brun foncé, qu’on a appelé le tablier des Hottentoies.

Léon l’Africain rapporte que, de son temps, des hommes faisaient déjà métier de circoncir les femmes et parcouraient les rues en criant :

(I) Le docteur Topinard, dans son Anthropologie, raconte d’après Cuvier, qu'en Abyssinie, au xvi® siècle, les missionnaires voulurent interdire cette opération. Les Hiles converties ne purent plus trouver de maris ; le. pape fut obligé d’intervenir pour autoriser le retour à l’ancienne coutume.

LA GLNLHATION HUMAINE,

Qui veut SC faire couper! L’hypertrophie des petites lèvres s’observe encore dans l’éléphantiasis de la vulve.

Les petites lèvres sont des organes de protection ; elles servent aussi dans l’acte sexuel à augmenter la souplesse et la sensibilité de la vulve. De plus, en s’effaçant, elles favorisent l’ampliation de l’orifice vulvaire pendant l’accouchement. Les anciens croyaient ces replis muqueux destinés à diriger le jet des urines, et ils les avaient appelés nyiupiies, par allusion aux divinités qui président aux fontaines.

cLüxoîtKs. — De tous les organes de la génération, le clitoris (de x).etTopiÇstv, titiller) est celui qui jouit de la plus exquise sensibilité ; les anciens l’appelaient œstrimi Veiieris, Vaiguülon de Vénus. Columbus, qui s’en attribuait à tort la découverte, le désignait sous le nom significatif ôVamor, vel dulcedo Veneris, c’est-à-dire l’amour ou la douceur de Vénus.

Par sa conformation et sa structure, le clitoris offre une grande ressemblance avec les corps caverneux de l’homme (fig. 18) ; de là le nom de « verge de la femme » qui lui était donné autrefois. Gomme les corps caverneux de l’homme, le clitoris est formé de tissu spongieux et se bifurque en deux racines, ou jambes, qui se fixent sur les arcades du pubis (37, planche 1). Son extrémité libre se termine par un petit renflement appelé le gland du clitoris.

Cette extrénffté est parfois bifide et fait croire à l’existence de deux

clitoris, tandis qu’une pareille anomalie résulte du défaut de soudure des racines clitoridiennes.

Jusqu’au troisième mois de la vie intraatérine, le clitoris présente la même lonmeur que le pénis ; cette disposition contribue, avec la fente scrotale (fig. 4), dont nous avons déjà parlé, à rendre impossible avant cette époque la distinction des sexes.

A l’àge adulte, le clitoris se dissimule sous son capuchon muqueux. Il ne devient apparent, que sollicité par un excitant moral ou physitpie qui le gorge de sang et le fait entrer en é.vclani. Les excès vénériens et, en pactise voient lesULilier, 1 1 maslurbation (de nianus, main et turbare, agiter), contribuent surtout à déve-

Ôulre les glandes de Bartholin, la muqueuse vulvaire renferme un grand nombre de glandules qui s’ouvrent à sa surface (fig. 48). Ces der-

ORGANES GfiNlTAÜX DE LA FEMME. 63

Tiières sécrètent une matière onctueuse et odorante destinée à entretenir l’humidité et la souplesse de la vulve, et à la préserver de l’action irritante de l’urine. Ce produit de sécrétion, analogue au smegma prépiitialis de l’homme, forme, chez certaines personnes, un amas souvent considérable autour du clitoris et occasionne de pénibles démangeaisons.

HYPERTROPHIE »u cEixoRiP. — Ghez quclquos femmes, le clitoris atteint des proportions si grandes (fig. 49) qu’il leur donne toutes les apparences extérieures de la virilité. Dans certains cas, cet organe a pu servir de pénis pour accomplir le simulacre de l’acte sexuel. Platérus affirme avoir vu un clitoris gros comme « le col d’une oye», et Tulpius parle d’une femme qui fut fouettée publiquement, puis bannie à perpétuité, pour avoir abusé de ce vice de conformation.

On croit généralement que les personnes atteintes d’hypertrophie du clitoris sont plus portées que d’autres aux plaisirs de l’amour ; mais de nombreuses observations prouvent que l’activité de cet organe n’a aucun rapport avec son développement. Ainsi Parent-Duchàtelet n’a observé, de son temps, ~ Développement excessif du clitoris

à Paris, que trois prostituées pré- (Courty.)

sentant cette anomalie, et toutes trois avouaient une grande indifférence pour les individus de l’un et de l’autre sexe.

La ressemblance d’un clitoris hypertrophié avec un pénis a donné lieu à de curieuses méprises. On lit dans la chronique scandaleuse de Louis XI : « En ladite année 1478, advint en pays d’Auvergne, que en une religion de moines noirs, appartenant à Monseigneur le cardinal de Bourbon, il y eut un dea religieux dudit lieu qui avait les deux sexes de l’homme et de la femme, et de chacun d’iceux se aida tellement qu’il devint gros d’enfant ; pourquoi fût pris et saisi et mis en justice, et gardé jusqu’à ce qu’il fût délivré de son posthume, pour après icelui venu, ostre fait dudit religieux ce que justice verrait estre

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à faire. » C’est sur ce moine du couvent d’Issoire que Bauhin fit ce vers :

Mas, mulier, monachus, mundi mirabile monstrum (1). ,

On cite un cas analogue qui fut l’occasion d’un célèbre procès en 1623 : la sœur Angélique de la Motte d’Aspremont, après un séjour de plusieurs années au couvent des Filles-Dieu de Chartres, fut accusée « d’avoir été homme avec les religieuses et femme dans les excursions nocturnes qu’elle faisait hors dudit couvent » . Les vœux de la dame d’Aspremont furent annulés et on la condamna à la prison perpétuelle.

Autrefois, les personnes affectées d’hypertrophie du clitoris passaient pour posséder les attributs des deux sexes ; elles étaient considérées comme androgynes (de àviip, homme et vuvii, femme) ou hermaphrodiles.

OE L’HERMAPHRODISME. — Cc mot a été emprunte a la Fable qui fait réunir, par les dieux, Hermaphrodite (2) au corps de Salmacis, pour le punir d’avoir méprisé l’amour de cette nymphe.

Se fondant sur un passage obscur de la Genèse : « Dieu donc créa l'homme à son image ; il le créa à l’image de Dieu : il les créa mâle et femelle » , certains auteurs croient qu’Adam était hermaphrodite. C est ainsi qu’il appai’ut à l’hallucinée et dévote Antoinette Bourignon.

Platon vit, de même, dans le premier homme un être double, comme le rappelle l’auteur de la Pucelle :

Ainsi Platon, le confident des dieux,

A prétendu que nos premiers aïeux,

D’un pur limon pétri des mains divines Nés tous parfaits et nommés androgynes.

Également des deux sexes pourvus.

Se suffisaient par leurs propres vertus.

Le philosophe grec a tiré de cette idée une ingénieuse fiction pour expliquer l’action attractive de Famour sur les deux sexes . il suppose qu’après avoir créé l’homme double. Dieu le dédoubla ensuite et que, depuis ce temps, les deux moitiés tendent sans cesse à se rapprocher.

Autrefois, les hermaphrodites étaient considérés comme des monstres indignes de vivre. Les Athéniens les jetaient, dès leur naissance, à la mer, et les Romains dans le Tibre. Au moyen âge ils étaient brûlés vifs.

(1) Il était homme, femme, moine, prodige surprenant de la création.

(2) Il était fils d’Hermès ou Mercure et son nom. Sa statue en marbre, dite

collection des princes Rorghèse, se ’^ou^aii nniséc d n Lou^ re.^^^^^^^ le bel androgyne couché dans une attitude pleine de giAce et de ol 1 1 .

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

comme possédés du démon; et encore au xyii* siècle, Riolan disait: « Quant à l’être qui moitié homme, moitié femme, lait injure à la nature, il doit être mis à mort. »

Dans l’espèce humaine, l’hermaphrodisme résulte d’un arrêt de développement des organes génitaux. Chez les hermaphrodites, ou bien les organes externes d’un sexe se rapprochent plus ou moins de ceux de l’autre sexe, ou bien les organes internes et externes des deux sexes existent chez le même individu. La première espèce constitue Yhermaphrodisme apparent, qui a été subdivisé en deux variétés : l’un, masculin ("atrophie ou imperforation du pénis, persistance de la division scrotale, anorchidie) ; l’autre, féminin (hypertrophie du clitoris, soudure des lèvres, imperforation du vagin) ; la seconde espèce est l’/termaphrodisme vrai.

L’anomalie la plus fréquente est V hermaphrodisme apparent masculin, qui fait considérer comme femmes des individus appartenant à l’autre sexe. Un exemple curieux de ce genre d’anomalie est celui d’Alexina B..., qui. fut élevée dans les pensionnats de jeunes filles jusqu’à l’àge de vingt-deux ans et se donna la mort après un jugement de la Rochelle qui rectifiait son état civil ^en la rendant à son véritable sexe ; elle présentait un pénis rudimentaire et une dépression au fond de laquelle s’ouvraient les canaux éjaculateurs des vésicules séminales.

L’hermaphrodisme apparent féminin est dû, le plus souvent, à l’hypertrophie du clitoris que Ton prend pour un membre viril.

Telle était Marie-Madeleine Lefort (fig. SÜ), dont l’examen induisit en erreur plusieurs chirurgiens

qui la prirent pour un sujet du jjarie-Madeleine Lefort. — Aspect

sexe masculin. Son clitoris était eslérieur. (Ilolmes, Jt/af. cAi>. en/nnfo, lg70.)

très-développé et simulait une petite verge dont le gland eût été imperforé. L’urine et le sang des règles passaient par un cloaque commun.

LA GÉNÉRATION HUAIAINE.

L hermaphrodisme vrai ou bisexuel n’est jamais parfait dans l’espèce humaine; et si, chez le même individu, on rencontre des organes mâles et femelles, ils sont les uns et les autres dépourvus de toute utilité ; ils ne peuvent ni féconder, ni concevoir. L’hermaphrodisme réel ne s observe que chez les végétaux gynandres et dans les classes inférieures du règne animal, tels que les hirudinées (sangsues), les gastéropodes (limaçons) et les cestoïdes (vers solitaires), dont chaque anneau a le pouvoir de se féconder lui-même.

Quant aux cas d hermaphrodisme spontané qui feraient changer subitement le sexe, ils s’expliquent par la descente brusque et tardive des testicules dans les bourses, sous l’influence d’un violent effort. Ainsi, Pline assure avoir vu en Afrique un habitant de Tresdita, nommé Lucius Cositius, qui, la nuit de ses noces, fut changé de femme en homme. Pontanus parle de la femme d’un pêcheur qui, après quatorze ans de mariage, « sentit un membre viril qui lui sortit subitement de l’ovale » ; enfin, Ambroise Paré rapporte que, de son temps, une jeune fille de Vitry-le-François, Marie Germain, changea de sexe en sautant un fossé. A ce sujet, Montaigne raconte dans ses Essais, qu’il vit ce phénomène et qu’il entendit des jeunes filles de l’endroit chanter une chanson qui recommandait de ne pas faire de grandes enjambées, dans la crainte de devenir garçon.

On trouve dans les antiques traditions plusieurs exemples d’hermaphrodisme spontané. Les Métamorphoses d’Ovide parlent de la jeune Iphis qui devint garçon à quinze ans :

Vota puer solvit, quæ femina voverat, Iphis (1).

Scython, suivant la Fable, avait le pouvoir de changer de sexe à volonté. L’histoire de Tirésias est bien connue : ce devin fut changé en femme après avoir séparé de sa baguette deux serpents entrelacés, n fut alors choisi par Jupiter et Junon comme apte à décider cette question soulevée entre les époux : lequel des deux ressent le plaisir le plus vif quand ils échangent ensemble de doux baisers. Tirésias se prononça pour Jupiter, et Junon, dans sa fureur, lui jeta aux yeux quelques gouttes d’eau et l’aveugla.

La saillie du museau de tanche, dans le cas de chute de l’utérus, peut être prise pour un membre viril, comme chez Marguerite Malaure qui, en 1693, vint à Paris en habit d homme, l’épée au côté et le chapeau retroussé, se croyant elle-même hermaphrodite (2). Mais d’a-

(1) Iphis paya garçon les vœux qu’il fit jeune fille.

(2) De meme, le chevalier d’Éonest fameux par l’incertitude qui a longtemps régné sur son sexe ; mais îi sa mort, l’autopsie démontra qu’il était du sexe masculin. Louis Jourdan en a fait le héros de son roman intitulé : Un hermaphrodite.

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

près Demangeon à qui nous empruntons ces détails, le chirurgien Saviard déclara que ce garçon avait une descente de matrice qu’d réduisit. Cette femme, après sa guérison, présenta une requête au roi, pour pouvoir reprendre les habits de femme, malgré un jugement des Capitouls de Toulouse, qui lui avaient enjoint de porter les habits d’homme.

]iiÉAX uRiNiAiRE. vui-.'VAîRE. — Le méat urinaire

(fig. 42) est l’orifice extérieur du canal de l’urèthre. Cette ouverture est plus grande que celle de l’homme ; c’est pourquoi le jet d urine de la femme est plus volumineux. Le méat urinaire est situé au-dessous du vestibule et immédiatement au-dessus du tubercule qui termine la colonne antérieure du vagin : cette particularité anatomique permet au médecin qui la connaît de sonder une femme sans la découvrir . Il suffit, pour cela, de glisser la sonde sur l’index gauche, alors que la pulpe de ce doigt, dirigée en haut, est en contact avec ce tubercule. Chez les femmes enceintes et après l’accouchement, la déviation que subit temporairement l’urèthre rend difficile l’opération du sonlige.

Le méat urinaire est recouvert par les petites et par les grandes

lèvres qui s’écartent en partie lorsque la femme se baisse pour uriner.

Si les grandes lèvres sont épaisses et appliquées l’une contre l'autre, comme on l’observe sur les jeunes filles vierges et les femmes chargées d’embonpoint, le jet d’urine provoque, en passant, un sifflement d’autant plus fort que les contractions de la vessie sont plus énergiques. L’entrebâillement de la vulve, qui est à peu près constant chez les femmes âgées, et la direction verticale du canal de l’urèthro Fig. si. — Oxyure. permettent à celles-ci d’uriner de-

A. Tête avec ses trois nodules et son gonflement bout.

alifortne. — B. Male. — C. Femelle — t j j ».

D. Queue du mâle. E. Queue de la fe- ^a Situation profonde du méat

meiie. — F. cEuf. urinaire rend compte encore du

prurit (àepr'urire, démanger) de la vulve, dont se plaignent les personnes affectées de diabète. Ce prurit vient du contact irritant de la muqueuse vulvaire avec l’urine chargée de sucre. Il peut être aussi provoqué par l’accumulation de la matière sébacée chez les femmes qui ne prennent

LA GÉNÉBATION HUMAINE.

aucun soin de propreté, ou encore par une éruption dartreuse, ou par de petits vers, comme les oxyures (fig. 51), échappés de l’anus.

La faible distance qui sépare le méat urinaire et l’anus permet de reconnaître si des matières fécales fraîchement rendues et trouvées sur le lieu d’un crime appartiennent à un homme ou à une femme ; dans ce dernier cas, en elfet, l’urine doit arroser les excréments ou en être très-rapprochée.

Fig. S2. — Coupe antéro-posloiieure üu bassin do la femme pour moolrer la situation, la direction et les rapports do rulérus.

i. Coupe du sacrum. - 2. Symphyse du pubis. — 3. Ilectura dont la cavité est visible à la partie infénenre. — .1. Coupe du corps do rulérus. — 5. Trompe do Fallo|)0 du cote gauche.— ü. Ovaire gauche. — 1. Ligament rond du coté gauche. — 8. Lovro postérieure du col do rutérus. — 9. Cul-de-sac, formé par le péritoine passant do la paroi postérieure du vagin sur la face antérieure de Lintestin rectum. — 10. Coupe du vagin. — 11. Cul-de-âao du pentoine passant do futérus sur la vessie. — 12. Cavité do la vessie. - 13. Canal de i urothre. — 14. Coupe du corps du Clitoris. — 15- Face interne de la petite lovre du côté gaucho. — 16. Grande lèvre du même côté et orifice vulvaire.

üliGAMiS GliNlTAUX DC LA l'LMME.

CO

CAIVAL DE E’ERÈXHRE. SOIV EXTRÊME DILAXADIEIXÉ. —

Chez la femme, le canal de l’urèthre est pour ainsi dire sculpté dans l’épaisseur de la paroi antérieure du vagin (fig. 52). Sa longueur n’est que de 3 centimètres. « C’est pourquoi, dit Dionis, les femmes ont plus vite vuidé leur urine : elles en reçoivent encore un avantage, qui est que leur urine, sortant promptement, entraîne avec soi les petites pierres, le sable et le gravier qui restent souvent au fond de la vessie des hommes, ce qui empêche qu’elles ne soient aussi sujettes qu’eux, à la pierre. » L’absence de la prostate, et par suite, celle du bas-fond de la vessie dans lequel s’accumulent chez l’homme les concrétions calcaires, sont la cause principale de la rareté de la pierre chez la femme.

Les parois du canal de l’urèthre sont très-extensibles ; elles peuvent, par une dilatation graduelle, permettre le passage de corps étrangers relativement volumineux. C’est ainsi que certaines femmes vicieuses se sont introduit dans la vessie, des étuis, des noyaux de toute sorte, des sifflets, un bouchon de liège, un passe-lacets, etc. Le chirurgien Moreau a extrait de la vessie d’une femme une pomme d’api. Une Anglaise, voulant cacher une mèche de cheveux qui lui était chère, ne trouva rien de mieux que de se l’introduire dans la vessie en guise de médaillon. Ce corps étranger se couvrit d’incrustations calsaires et forma le noyau d’une pierre, dont on fut obligé de faire l’extraction.

L’extrême dilatabilité du conduit urinaire rend l’opération de la pierre plus facile et, par suite, moins grave chez la femme que chez l’homme. Elle a permis l’introduction du membre viril dans ce canal, ainsi que le professeur Tourdes l’a observé sur une femme atteinte d’im perforation du va?in. M. Noeggerath a proposé de mettre à profit cette propriété pour introduire le doigt dans la vessie, afin d’explorer plus facilement les organes internes : c’est ce qu’il appelle « le toucher vésical ». Avant de Ij pratiquer, il convient de dilater l’orifice externe du canal à l’aide d’une tige de laminaria, qui a la propriété d’augmenter considérablement de volume sous l’influence de l’humidité.

ORIEICE VUEVAIRE. MEMDRAXE mrVMEX. — L’orificC Vul-

vaire répond à l’extrémité inférieure du vagin et occupe la partie postérieure de la vulve. Il présente une étroitesse plus ou moins grande selon les femmes. Au moment de l’accouchement, il se distend assez pour donner passage h l’enfant.

Chez les jeunes filles vierges (fig. 53), l’ori Pire vaginal est en partie obturé par une cloison membraneuse, Vhymen (de iixvtv, membrane), qui est un repli de la muqueuse du vagin. Elle renferme dans son épaisseur des vaisseaux et des nerfs, qui se rompent au moment de la

défloration et provoquent de la djuleur et une légère hémorrhagie : Prima Venus debet esse cruenta (1), dit un ancien adage.

Dans certains cas, cependant, cet écoulement sanguin a été assez

abondant pour entraîner la mort.

Ainsi unejeune femme de vingt ans, parente du docteur Wachsmuth, a succombé la nuit de ses noces à l’hémorrhagie produite par la rupture de l’hymen. Il est vrai que cette personne était hémophile (de sang, et sO.ôc, ami).

Si l'hymen e.st rudimentaire ou très-relàclié, la consommation de l’acte vénérien peut avoir lieu chez une vierge sans déchirure et, par suite, sans perte de sang. Ces exceptions, assez fréquentes, sont connues depuis longtemps,' car lorsque la coutume juive voulait que les parents delà mariée montrassent aux anciens de la ville, la chemise de leur fille, où étaient imprimées les marques de sa virginité, les jeunes mariées prenaient la précaution de maculer de> sang leur chemise avant d'entrer dans la couche nuptiale.

La douleur produite par la défloration est généralement vive; aussi, dans l’antiquité, pour étouffer les plaintes de la nouvelle mariée, fa'sait-on remuer des noix aux enfants dans la chambre des époux, pendant la première nuit de noces. « Esclave, donne, donne des noix aux gamins, » dit Catulle, dans le chant nuptial de Julie et de Manlius. « C’est que, fait remarquer à ce propos le D' Garnier, les Romains, très-superstilieux et pour les(|uels tout élait allégorie, voyaient dans la noix l’énigme du mariage : il faut en liriser la coque pour savoir ce qu’elle contient et si elle est saine ou gâtée. »

Dès que l’hymen a été rompu, les lambeaux de celie membrane s©

Fig. 53. — Aspect de la vulve chez la femme vierge.

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