CHAPITRE VI
blions pas, on peut compter en nombre rond une trentaine de millions de soleils dans la voie lactée, subordonnés les uns aux autres comme les rouages gigantesques <l'un immense système.
■ 44. — Kt ces astres, en nombres innombrables, vivent chacun d’une vie solidaire; de même que rien n'est isolé dans l’économie de votre petit monde terrestre, de même rien n'est isolé dans l’incommensurable univers.
Ces systèmes de systèmes paraîtraient de loin à l’œil investigateur du philosophe qui saurait embrasser le tableau développé par l'espace et par le temps, une poussière de perles d’or soulevée en tourbillons sous le souffle divin qui fait voler les mondes sidéraux dans les deux, comme les grains de sable sur les côtes du désert.
Plus d’immobilité, plus de silence, plus de nuit! Le grand spectacle qui se déroulerait de la sorte sous nos regards serait la création réelle, immense et pleine de la vie éthérée qu’embrasse dans l’ensemble immense le regard infini du Créateur.
Mais nous n’avons jusqu’ici parlé que d’une nébuleuse; ses millions de soleils, ses millions de terres habitées, ne forment, comme nous l’avons dit, qu’une île dans l’archijœl infini.
i.KS Df.SF.nTS DE I,’ ESPACE.
45. — Un désert immense, sans bornes, s’étend au delà de l’agglomération d’étoiles dont nous venons de parler, et l’enveloppe. Des solitudes succèdent aux solitudes, et les plaines incommensurables du vide s’étendent au loin. Les amas de matière cosmique se trouvant isolés dans l’espace comme les îles flottantes d’un immense ar-
IIRANOGRAPHIE GÉNÉRALE
chipel, si l’on veut apprécier en quelque façon l’idée de l’énorme distance qui sépare l’amas d’étoiles dont nous faisons partie, des plus prochaines agglomérations, il faut savoir que ces îles stellaires sont disséminées et rares dans le vaste océan des deux, et que l’étendue (^ui les sépare les -unes des autres est incomparal>lement plus grande que celle qui mesure leurs dimensions respectives.
Or, on se rappelle que la nébuleuse stellaire mesure, en nombre rond, raille fois la distance des plus prochaines étoiles prise pour unité, c’est-à-dire quelques cent mille trillions de lieues, La distance qui s’étend entre elles étant beaucoup plus vaste ne saurait être exprimée i>ar des nombres accessibles à la compréhension de notre esprit; l’imagination seule, dans ses plus hautes conceptions, est capable de franchir cette immensité prodigieuse, ces solitudes muettes et privées de toute apparence de vie, et d’envisager en quelque sorte l’idée de cette infinité relative.
40. — Ce désert céleste, cependant , qui enveloppe notre univers sidéral, et qui paraît s’étendre comme les confins reculés de notre monde astral, est embrassé par la vue et par la puissance infinie du Très-Haut qui, par delà ces deux de nos cieux, a développé la trame de sa création illimitée.
47. — Au delà de ces vastes solitudes, en effet, des mondes rayonnent dans leur magnificence aussi bien (jue dans les régions accessibles aux investigations humaines; au delà de ces déserts, do splendides oasis voguent dans le limpide Ether, et renouvellent incessamment les scènes admirables de l’existence et de la vie. Là se déroulent les agrégats lointains de substance cosmique, que l’œil profond du télescope entrevoit à travers les régions
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