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Éléments de chimie théorique

2, Dictionnaire de chimie, 1776.

rents corps n'aient chacune leur figure constante toujours la même qui leur est propre ;

« 4° Il paraît également certain, qu'excepté le cas où toutes les faces des parties intégrantes d'un corps sont absolument égales et semblables, ces parties intégrantes ne tardent point à s'unir directement par toutes leurs faces, mais plutôt par les unes que par les autres ;. il est vraisemblable que c’est par celles qu peuvent avoir entre elles le contact le plus immédiat. 4

Voici pour les cristallisations en général ; nous chercherions vainement dans Macquer une adaptation précise de cette théorie trop large à chaque cas particulier ; il n’a retenu pour formuler son système que quelques phénomènes constants qui ne permettent aucune prévision nouvelle ; il décrit attentivement les cristaux métalliques ou salins qu’il a obtenus ou observés dans les laboratoires ; il sait par ses propres travaux qui confirment ceux de Rouelle, que chaque corps a sa forme spécifique de eristallisation ; il dit que le sel marin est cubique, que le nitre donne de longues aiguilles, que le tartre vitriolé eristallise en « figures octaèdres dont les pointes pyramidales sont assez obtuses, » que le sel de Glauber forme des solides allongés à six faces. il connaît, si l’on peut s'exprimer ainsi, la physionomie cristalline de chaque matière ; il ne précise pas davantage et dédaigne les mesures d'angle dont il laisse à d’autres Le soin d’apercevoir la constance.

Un seul point de la théorie de la cristallisation des sels est étudié théoriquement ; ceux-ci se déposent le plus souvent au sein d'une solution aqueuse et retiennent dans leurs cristaux une certaine quantité d’eau ; or, si l’on fait chauffer les cristaux, ils laissent évaporer leur eau, se réduisent en poudre, perdent leur figuration et souvent leur transparence. Mais ils conservent cependant leurs propriétés chimiques ; « on doit conclure de cela, que l’eau de cristallisation n’est point, à la vérité, de l’essence du sel comme sel, mais qu’elle est de l'essence du sel en tant que cristallisé, puisque c’est à elle que les

cristaux salins doivent leur forme régulière, leur transparence et même la cohésion de leurs parties ». Voici éta-

bli comme Rouelle l'avait pressenti que la cristallisation est un phénomène physique, puisque c’est par des phénomènes physiques qu’on la provoque et qu’on la produit. C'est désormais ainsi qu'elle Ya être considérée par la plupart des auteurs.

. 6. C’est ainsi que Guyton de Morveau (1) l’étudie dans

ses « digressions académiques » qui sont des dissertations philosophiques provoquées par ditférent problème de sciences physicochimiques.

Nous démêlons aujourd'hui, dans ces curieux essais, la trace des influences réciproques de l'expérience et de la pensée sur une science en formation. L’auteur a l'habitude des travaux de laboratoire, des expériences précises et exactes qui demandent une longue patience ; de même il a étudié et manipulé les théories de ses prédécesseurs qu'il discute, confronte avec la réalité, avant de les approuver ou de kes rejeter ; il se tient au courant des nouveautés et critique avec la même largeur d'esprit les ouvrages qui paraissent journellement. Par ses qualités toutes modernes, on le croirait déjà de l’école qu'ont illustré Romé de l'Isle et Haüy, positivistes avant que le mot ne soit inventé. Cependant, ainsi que Macquer, s’il s'intéresse aux ‘: phénomènes généraux de la dissolution et de la cristallisation, il ne s'attarde guère à l'explication des particularités de chaque cas ; ceux-ci sont dus à l'application des lois générales que la science a mission de connaître et qui agissent différemment,dans des circonstances différentes n'intéressant que le praticien. Ainsi une seule expérience bien faite sera-t-elle susceptible de dévoiler le mécanisme de la cristallisation sans laisser un détail dans l'ombre. La trame logique et serrée de la méthode cartésienne n’est. pas encore brisée par l'accumulation de faits en apparence contradictoires, certainement disparates, et que

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