Ou bien l'acte de manger, de se saisir d'un objet, etc
^. — Si la sensation affective douloureuse est peu intense et si les conditions sont telles qu'en agissant, en courant ou en écartant ses membres, Tanimal augmente sa douleur, il en résultera une immobilité plus ou moins complète. Dans l'expérience de dressage, l'immobilité, d'abord obtenue par la seule impression douloureuse, est déterminée finalement (phénomène de récurrence) par des sensations représentatives associées et antérieures.
Les premières défenses du jeune cheval qui n'a jamais été dressé sont, la plupart du temps, très rapidement combattues, dans les cirques, au moyen de véritables procédés de domptage. Presque tous les dresseurs ont préconisé les actions violentes mais peu répétées.
Dans tous ces procédés, l'important est que l'effet plus ou moins douloureux augmente si la révolte de l'animal augmente. On emploie des torsions de naseaux, des pincements d'une oreille, des caveçons plus ou moins compliqués. La bride de Northon Smith est, à ce point de vue, l'appareil le plus simple et de beaucoup le plus ingénieux. Elle est constituée par une cordelette à nœuds coulants- et se resserre exactement en raison de la traction que le cheval lui-même opère sur la partie de Tappareil restée dans la main du dresseur. |
« Les Gauchos, écrit le D"" Gustave Le Bon, arrivent en quelques minutes à rendre suffisamment dociles les chevaux sauvages qu'ils désirent monter. Attrapé au lasso, roulé par terre, et au besoin un peu étranglé. J'animai terrifié n'ose plus lutter contre un être aussi redoutable et se laisse docilement monter. S'il essaie encore de lutter, on le laisse galoper à toute vitesse et se livrer aux défenses les plus désordonnées en le rouant de coups de lanière sans discontinuer. Au bout d'une demi-heure de ce régime, l'animal le plus [
féroce est dompté pour toujours » *.
1. VÉquitation actuelle et ses principes^ par le D"^ Gustave Le Bon, p. 134.
On a souvent employé des décharges électriques dans le « domptage » des cheyaux. Le commandant Stiegelmann, de l'Institut de psychologie zoologique, a fait, à ce sujet, en 1903, des études intéressantes ; il a pu constater que la sensation produite par un courant de courte durée influence le cheval bien plus qu'un courant à effet prolongé. « Le courant électrique hypnotise, pour ainsi dire, le cheval traité et le plie une fois pour toutes, et à tel point à la volonté de l'opérateur que, si celui-ci l'approche et surtout lui parle, même quelques jours après l'avoir corrigé, la bète, loin de revenir à ses anciennes habitudes, es^ plutôt tremblante devant son maitre. »
Dans certains cas on emploie aussi, au cirque, des sensations représentatives fortes et devenant affectives ; par exemple celle que produit un coup de pistolet tiré près de l'oreille. On arrête ainsi certains chevaux rebelles au caveçon et ce moyen est très employé pour mater les grands singes, surtout les babouins.
L'anneau passé dans la cloison nasale des ours et des taureaux a le i.iême effet.
Il semble que « les défenses » de l'animal ou ses velléités d'attaque se heurtent à la douleur comme contre un mur et s'y brisent. Ceci explique certains « arrachements psychiques », certaines suppressions d'actes dans la vie des animaux. Nous avons cité déjà* l'observation de Mœbius concernant un brochet qui, séparé de petits poissons par une glace, se heurtait à cette paroi invisible chaque foi^ qu'il voulait les saisir; placé plus tard dans le même compartiment que les petits poissons, il n'essayait plus de les dévorer. C'est là une inhibition par la douleur.
G. — Enfin, si la sensation douloureuse dépasse une certaine limite, il y a paralysie générale. Et plus tard de simples sensations représentatives, antérieures