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à la sensation donlourouso, peuvent (sans que cette dernière soit désormais r<'prodnite) avoir exactement les mêmes elTcts.

Nous avons longtemps gardé à notre laboratoire un chien qui, brutalisé par un piqueur, tombait sur le côté, paralysé du train jjostrrieur, quand on lui montrai l un l'ouel.

M. Dumont, vétérinaire, membre de notre Institut, a pu observer le cas intéressant d'un caniche qui, jeté par un mauvais plaisant dans une cage on se trouvait un serpent, y resta complètement inerte, couché sur le flanc, comme mort. Quelques jours après, de noir qu'il était, il devint gris et presque blanc.

La ])aralysie momentanée peut avoir une grande utilité à l'état de nature, puisqu'elle permet souvent aux petits animaux d'échapper à l'attention de leurs ennemis ; aussi existe-t-il une foule d'insectes et même de mammifères qui s'immobilisent avec la plus grande facilité dès qu'ils éprouvent une crainte quelconque. C'est ce qui a fait croire à une << simulation raisonnée de la mort », alors que le phénomène s'explique, comme on le voit, par la fixation d'un processus associatif utile.

§ 6. — Autres lois des associations.

A. — Y A-T-IL, CUEZ LES ORGANISMES INFÉRIEURS, DES « ASSOCIATIONS INSUFFISANTES »? — « Ghcz IcS PagUrCS,

écrivait G. Bohn dans une note à l'Académie des Sciences, les diverses sensations sont fournies par le même objet (coquille); elles sont associées toujours de la même façon; malgré cela les impressions qui en résultent ne sont pas suffisamment associées, intégrées... Le crustacé est induit en erreur par d'autres corps... Certains psychologues (Hachet-Sou-

plet, V Examen psychologique des animaux)'^ ont vu dans ces faits, qui résultent d'une intégration imparfaite des impressions, de l'abstraction ! » Cette note de Bohn contenait des erreurs matérielles et nous attribuait une opinion que nous avions précisément combattue ! Une rectification a été publiée dans les comptes rendus de l'Académie 2; mais ce n'est pas sur ce point que nous voulons appeler, ici, l'attention. Cette note de Bohn nous intéresse parce qu'elle contient l'idée maîtresse de sa théorie des associations insuffisantes chez les animaux inférieurs.

L'imperfection du psychisme chez des organismes placés au bas de l'échelle zoologique proviendrait-elle de ce qu'ils sont incapables d'associer leurs sensations? Serait-ce là une explication de leurs erreurs si nombreuses?

Chez l'homme, comme chez la plupart des métazoaires, les sensations visuelles, tactiles, etc., correspondant à différentes qualités d'un objet existent d'abord, du moins pendant un temps très court, à l'état d' « abstraction sensorielle »^ par le seul fait que les excitations traversent des appareils sensoriels différents. Il reste à savoir si cet état peut subsister; c'està-dire si les sensations arrivées dans les centres nerveux peuvent ne pas se former en faisceaux chez certains animaux : c'est ce qu'affirme Bohn, qui semble ainsi croire à « l'abstraction sensorielle » !

Mais cette théorie de « l'abstraction », chez le Pagure, ne rend pas compte des faits; particulièrement elle n'explique pas l'erreur que commet ce

1. On donnerait une vue très inexacte de l'état des questions traitées dans un hvre comme le nôtre si l'on ne faisait pas connaître au lecteur, du moins en partie, les polémiques souvent ardentes que certaines théories ont provoquées.

2. 8 nov. 1909. C. r. Ac. des Se, A propos de la psychologie des pagures (rectification), par P. Haciiet-Souplet.

3. L'expression est classique. Il convient évidemment de distinguer l'abstraction sensorielle de l'abstraction consciente.

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criistacé quand, placé sur une boule pleine, il cherche avec son abdomen mou, un orifice qui n'existe pas. En effet, en agissant ainsi, il montre que l'impression de courbure rappelle chez lui les sensations musculaires et tactiles de pénétration dans le péristome d'une coquille. Ceci prouve avec la plus notoire évidence que le pagure n'a pas perçu cette qualité de courbure « indépendamment des autres qualités de la coquille », comme le croit G. Bohn. 11 est, au contraire, manifeste que toutes les impressions fournies par la coquille sont chez lui fortement associées. Une fois posé sur une surface courbe non perforée, disionsnous dans une note à l'Institut général psychologique *, il n'agit pas d'après les circonstances contingentes créées par l'objet qui le supporte et qui est cependant perçu visuellement et tactilement, mais d'après des impressions longuement acquises par l'espèce en explorant des coquilles, impressions étroitement associées, dont il ne sait rien abstraire et qui sont ici réveillées par la seule sensation de courbure. L'association est loin d'être insuffisante : elle est beaucoup trop forte.

Toutes les impressions visuelles, tactiles, musculaires, etc., du Bernard (ou Pagure) sont étroitement associées; et les associations se sont faites par récurrence en partant des sensations affectives de u besoin d'abri » et de pénétration jusqu'aux sensations visuelles qui permettent maintenant au Bernard de se diriger vers une coquille.

Cette faculté de vision à distance a été niée par Bohn. Cependant, tracez sur le fond d'un aquarium un triangle isocèle : placez à l'angle A de la base un caillou, à l'angle B une coquille de Buccin et, au

1. Des erreurs chez les animaux, par P. Hachet-Souplet, Bull, de l'Institut général psychologique, n» 5, 1904. — Voir aussi Bull, de VInstitut de psychologie zoologique, 2« trim. 1904. Le Bernard-V Ermite et V abstraction, par P. Haciiet-Souplet.

sommet, un Bernard sorti de sa coquille, vous pourrez constater que, 90 fois sur 100, le crustacé se dirigera vers la coquille et négligera le caillou. Dès qu'il entrera en contact avec celte coquille, il commencera à l'explorer tactilement. II y a donc une étroite association entre les impressions visuelles et tactiles; elles sont rappelées dans Vordre des excitations primitives. (Ordre opposé à celui d'acquisition des associations.) C'est ainsi que si vous placez le Bernard sur une surface courbe, la vue n'intervient plus dans son exploration; le sens qui a déjà été exercé à ce rôle agit seul désormais. Il en résulte que, même dans le cas où la surface courbe n'est pas perforée, le Bernard fait des efforts pour introduire son abdomen dans un trou... qui n'existe pas. G. Bohn a, je crois, observé seulement cette seconde partie du phénomène.

Des erreurs analogues à celles des pagures et dues, soit à l'impossibilité, soit à la difficulté d'abstraire, c'est-à-dire à l'union trop intime des impressions enregistrées, se rencontrent dans toute la série animale et chez l'homme. En effet, de ce qu'un homme ou un animal supérieur peut abstraire quelquefois à propos, il ne résulte pas qu'il puisse abstraire dans toutes les circonstances où cela serait utile.

B. — Associations par Ressemblance. — Ces associations, n'ont un caractère de supériorité relativement aux associations par contiguïté, que dans le cas où elles sont accompagnées de manifestations intellectuelles. Autrement, elles ne constituent pas un phénomène particulier, mais un simple cas de la contiguïté. Pour qu'il y ait association par ressemblance, il faut que les sensations qui <* aiguillent dans ce sens » la réaction nerveuse appartiennent à deux ou à plusieurs chaînes. Si un terme H, par exemple, est commun à une série X et à une série Y, tout ce qui suit H dans la répétition mnémonique^ soit dans X,

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soit dans Y, pourra également être rappelé par H, chaque Fois que II sera reproduit directement par une excitation extérieure, ou mnémoniquement dans un complexe. On retombe donc ainsi dans le mécanisme de la contiguïté.

Le dresseur peut déterminer, chez les animaux les plus divers, des associations par ressemblance. Quand il substitue à une serviette, qu'un cheval sait déjà rapporter, un objet qui ressemble à la serviette, ou qui, seulement, occupe l'emplacement oîi, d'habitude, on place la serviette, et obtient que le cheval rapporte ce nouvel objet, il y a là une association par ressemblance. L'animal la reproduit par la suite parce qu'on le récompense, mais, au début, son association basée sur l'analogie, lui faisait commettre une espèce d'erreur psychologique : il ne distinguait pas, en somme, le deuxième objet du premier; nous verrons que ce mode associatif peut conduire aux plus singulières erreurs instinctives.

Chez l'homme lui-même, les associations par ressemblance, — quand elles ne sont pas vérifiées par la raison, — conduisent à l'absurdité. Le versificateur ne doit-il pas clioisir parmi une foule de rapprochements ridicules amenés par la rime, et ne garder que les mots ne détruisant pas le sens général de son œuvre, ou plutôt capables de le compléter?

C. — Les complexes de sensations s'associent-ils ENTRE EUX? — Il uc scmblc pas que les complexes de sensations s'associent entre eux aussi facilement que les sensations entre elles ; et cela est très heureux pour les bêtes ; car, si les complexes s'associaient tous entre eux, les représentations psychiques et les réactions musculaires des animaux formeraient des composés si rigides, qu'il en résulterait continuellement des erreurs, par manque de parallélisme entre le rêve de l'instinct et les réalités extérieures. Toutes leurs

connaissances se dérouleraient sans cesse comme les différents airs d'une boîte à musique. C'est déjà beaucoup trop, qu'à l'intérieur de chaque complexe, existe une rigidité absolue chez les organismes inférieurs, incapables de raisonner.

La situation dans le champ psychique d'un complexe de sensations associées, est déterminée pour ainsi dire matériellement. Indépendant en naissant, provenant d'un bourgeon associatif particulier, ce complexe pourra rester indépendant; il est probable qu'il le restera toujours; mais il y a des groupements utiles de complexes associatifs, se reproduisant dans des circonstances parfaitement déterminées. Il en est ainsi quand les excitants extérieurs qui commandent ces complexes se trouvent reproduits à la suite les uns des autres, et cela a lieu nécessairement au cours du déroulement des actes instinctifs compliqués. En effet, un nouveau bourgeon associatif durable, est toujours un perfectionnement utile d'un instinct de l'espèce et ce perfectionnement a son application à un moment donné de lachèrement d'un travail, ou d'une action quelconque de l'animal; dès lors, on peut toujours supposer que si le nouveau complexe se reproduit, c'est parce que Vexcitant extérieur qui le commande est donné précisément par un état d'achèvement caractéristique du travail entrepris. Rien n'autorise donc à dire qu'il y a ici association psychique entre le nouveau et les anciens complexes.

D'ailleurs, nous ne faisons pas ici un raisonnement a priori; nous nOus basons, au contraire, comme toujours, sur des faits expérimentaux. La méthode zoopédique nous a rendu, dans ce .domaine, de grands services.

Quand un animal est dressé à un exercice déterminé et l'exécute à des signaux convenus, on peut, certes, lui apprendre d'autres exercices; mais il ne les exécutera facilement à la suite les uns des autres,

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apivs l'excitation déclanchant le |)rcmier, quo si le montreur a soin de déclancher lui-même, par des sijj:naux successifs, tous les complexes, ou bien encore, dans le cas où un premier (wercice entraîne des modifications mat(^rielles dans le décor extérieur, par exemj)le, des déplacements d'appareils. (Ces changemenls correspondent aux degrés d'achèvement du travail des animaux industrieux.) Dans ce second cas, le nouvel arrangement des objets cause des sensations qui déclanchent successivement les différents complexes.

J'estime qu'il est très difficile d'obtenir qu'un animal exécute, après une seule excitation extérieure^ des mouvements faisant partie de complexes différents et ne modifiant pas l'ordonnance des objets^ ou ne conduisant pas le sujet dans un lieu où il ne se trouvait pas auparavant. Ainsi, un cheval dressé, 1° à marcher au pas espagnol autour d'une piste, 2° à danser la polka, pourrait (après un dressage déjà plein de difficultés) arriver à s'engager dans un couloir ei à exécuter le pas espagnol, jusqu'à une portière qu'il soulèverait ; et, cette portière dépassée, à danser la polka; mais sans la portière^ qui devient l'excitant dynamogène du second complexe, il n'exécuterait jamais sa polka.

Dans une scène compliquée, par exemple comme celle où l'on voit un chien voler un bifteck, puis aller chercher un chat, l'apporter sur la table où le bifteck se trouvait, et, finalement, courir enfiler son collier au moment où le maître rentre, il y a plusieurs complexes associatifs et, pendant un certain nombre de répétitions, ils sont évoqués successivement par des signaux ditlerents venant du dresseur. Finalement, les positions des acteurs et des objets (en un mot, l'état d'achèvement de la scène) remplacent ces signaux.

Il ne sera pas inutile de décrire ici ce dressage.

Ici, comme dans tous les exercices de cirque, on se

borne à créer, chez l'animal, des associations d'impressions par contiguïté. Le chien ne peut avoir aucune idée du sens de sa comédie, puisqu'on larègle par morceaux. On commence par lui apprendre à se mettre le collier autour du cou et à le retirer au commandement. Pour ma part, quand je procède à ce dressage, je fais usage d'un cercle large formé d'une bande de fer. Autour de ce cercle, je dispose un filet que je maintiens par un cadre. Cela fait, je prononce : « le collier! » et je montre au chien un appât placé derrière le cadre, juste en face du trou correspondant au cercle-collier. Le chien choisit, en général du premier coup, le chemin le plus direct : il passe la tête dans le collier. Au bout de trois ou quatre épreuves, je supprime le filet et suspends le collier à une corde. Mon chien va y placer la tête dès que je dispose l'appât derrière l'appareil en criant : « le collier ! » Au bout d'un nombre X de leçons, l'appât devient inutile. L'association entre l'impression auditive produite par les mots : « le collier I » et l'acte de pénétration est, dès lors, réalisée 1. Ceci obtenu, je caresse mon élève et l'engage à rester tranquille, le cou dans le collier, en le flattant longuement (jor^înzer complexe associatif). Plus tard, pour obtenir qu'il se détache, je n'ai qu'à m'éloigner en l'appelant à moi, tout simplement [second complexe associatif). Il reste maintenant à dresser mon élève à « rapporter ». Le goût du rapport est inné chez bien des sujets. On peut le développer ou même le faire naître, en lançant à la bête un petit sac de toile forte, bien cousu, dans lequel est enfermé un os. On crie : « apporte ! » Le chien se saisit du sac. On l'appelle, il vient sans lâcher sa proie; on le récompense; et, au bout de X répétitions, il va chercher volontiers tous les menus objets placés à

1. J'ai employé et décrit d'autres moyens; mais cette manière de procéder, en utilisant un filet, est la plus rapide.

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l'endroit où l'on avait d'abord placé le sac. Il finit par ap|)()rl('r aussi le chat, ligoté dans une courroie de couverture de voyage. Voilà encore une chaîne d'impressions associées par contiguïté : impression auditive, provoquée parle mot « apporte ! », impression de saisir le sac, impression d'avoir une réconij)ense, dès que l'on s'approche du maître, etc. {troisième complexe associatif). Il s'agit, maintenant, d'obtenir (jue ces chaînes se reproduisent à la suite l'une de l'autre, de façon que l'animal ait l'air de jouer la comédie. Je m'assieds à la table, qui doit faire [)artie de la future mise en scène de cet exercice, après avoir ordonné au chien d'aller se placer dans le collier. Au bout d'un instant, je me lève, en restant près de la table, sur laquelle se trouve un morceau de viande: et je prononce « table ! » (ou tout autre mot, mais, une fois adopté, on ne doit pas le changer), le chien vient et je le laisse manger; je lui crie « apporte! » Il va chercher le chat. Dès qu'il a sauté sur la table avec son fardeau, je lui présente un morceau de viande, il lâche le chat; je dis alors : « le collier! » le chien court à son collier. Par la répétition, on peut obtenir tous ces mouvements après un seul commandement*; mais, ici, la vue de l'état d'achèvement de la scène à la fin de chaque complexe^ déclanche le suivant.

En etïet, si, par extraordinaire, le chat, après avoir été placé sur la table par le chien, en descend immédiatement, le chien semble désorienté et ne va pas se mettre dans le collier, le maître doit intervenir de la coulisse.

On peut donc dire qu'il n'y a pas association entre les complexes de sensations. C'est la règle ordinaire chez les animaux dressés ; et il doit en .être de même chez les animaux industrieux ou ayant telles ou telles habitudes compliquées. Nous estimons, en un mot,

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