‹ La Géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de RhodesChapitre 116 sur 222 · Op. cit · texte numérisé non relu

Op. cit

ques poètes latins', Cette ville citée par Homère, Skylax, Ephoros et Théophraste®, est mentionnée après Apollonios par les auteurs de périples et par Strabon entre autres’. Pline fait allusion à un Mons Cytorus et l'expression de Catulle Cytorio in jugo semble désigner une montagnef. De La Ville de Mirmont, en traduisant « au delà... du Kytoros couvert de forêts », adopte ce derner sens, mais l’épithète pourrait aussi bien convenir à une ville dont les environs sont boisés. La ville se nomme aujourd’hui Kidros, Quitros ou Kotra. Tournefort, d’après Pline, parle du « Mont Cytore, si fameux par ses boüis, dont toutes les côtes de la Mer Noire sont couvertes » et ajoute que «Cytore fut-un port dépendant de Sinopeÿ ». I1 connaît donc à la fois la montagne et la ville.

Le cap Carambis joue un rôle important puisque le poète le fait décrire par Phinée dans ses conseils aux Argonautes : orienté vers le nord, il est escarpéde tous côtés et très élevé’; en outre, au delà de ce cap, les Argonautes parcourent deux fois les côtes du Pont-Euxin, à l’aller et au retour. D’après le scoliaste’, Ephoros, au livre IV de ses Argonautiques, avait déjà signalé que ce cap était élevé, abrupt et dirigé vers le nord; cerapprochementpermet de conclure à une imitation probable d’Apollonios. Hoefer® pense même que l’imitation d’'Ephoros est certaine parce que le Carambis n’est cité par aucun historien ou géographe avant Apollonios, comme Hécatée, Hérodote, Xénophon, et Skylax. Ce dernier cependant cite une ville de ce nom°. Strabon cite également

1. Scol. II, 941; Srras., 466, 46; CAT., IV, 13; VirG., G., II, 437; MATH AS IDD ICIAP IN, HN XVI 71" fé

2. IL, 11, 853; SkyL., 90; EPxoros dans STRAB., L.' cil.; THÉoPHR., Hist. plant., III, 15, 5.

3. ARRIEN, Pér. P. E., 20; ANON., Pér. P. E., 17; ProLém. V, 1, 3; Marc. Hér., 9; cf. MELA, I, 104; STRAB., L. cil. :

APCE, OV LDEICAT IV 211: MODE CUS 7:

. II, 361 sqq.

nScol cl, 23060:

. Pontosvælker, Ephorus und A. Rh. (Rh. Mus., 1904, 556), SRE OU ICTAP LIN HAN, V1; Ge

le Carambis et souligne son importance : faisant face au «Front du Bélier », cap de la Chersonèse Taurique, il divise pour ainsi dire le Pont-Euxin en deux mers!. Aussi est-il très souvent cité par les écrivains anciens?. « Carambis, aujourd’hui Kerembe, déclare Kiepert, est le promontoire le plus remarquable par sa saillie escarpée* ». C’est le cap Pisello de Tournefort!, aujourd'hui Kerembe, Kerempi ou Kerine.

L’Aigiolos est qualifié de « vaste » par Apollonios : il s’agit donc ici du rivage ainsi appelé et non de la ville citée par Homère. Apollonios est en contradiction avec Strabon sur la situation de l’Aigialos : le poète le place à l’est du cap Carambis, le géographe à l’ouest5. Strabon n’est pas d'accord non plus avec le scoliaste sur la longueur de cet Aigialos : elle est de cent stades selon Strabon, de mille d’après le scoliaste, qui prolonge l’Aigialos jusqu'à Sinopef. La différence des chiffres s'explique par le désaccord sur les limites de l’Aigialos. D’après Strabon, il se termine au cap Carambis et doit done commencer à l’ouest de ce cap, aux environs de la ville ainsi appelée, qui en est éloignée de 200 stades. D’après Apollonios, il commence au Carambis et se termine au fleuve Halys, à l’est de Sinope : or, du Carambis à Sinope, il y à 900 stades environ, ce qui correspond à peu près à la distance indiquée par le scoliaste. D'ailleurs les Argonautes le suivent pendant un jour et une nuit. Il n’y a donc pas là une erreur du poète. Cette côte est citée par les auteurs de périples’ sous la forme Aigialos ou Aigialoi : il ne faut pas confondre cet Aigialos de Paphlagonie avec la côte près de Pelléné, en Achaïe, que cite ailleurs Apollonios.

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