‹ La Géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de RhodesChapitre 178 sur 222 · C. JULLIAN, op. cit., I, 195, n · texte numérisé non relu

C. JULLIAN, op. cit., I, 195, n

Le golfe immense dont parle le poète doit être le golfe du Lion, que Strabon appelle gaulois ou celtique:.

Peu après les héros arrivent aux îles Liguriennes ou Stoichades : pour remercier les Dioscures d’avoir demandé aux dieux une heureuse traversée, ils leur élèvent des autels et fondent un culte permanent en leur honneur; depuis ce temps, Zeus confia aux Dioscures la protection des navigateurs. Cet ation est un emprunt à Timée, qui en avait signalé plusieurs du même genre. Mais le poète a modifié la tradition de Timée pour l’adapter à son itinéraire : d’après un passage du géographe, résumé par Diodore de Sicile’, les Celtes des bords de l’Océan honoraient particulièrement les Dioscures parce que ces héros avaient côtoyé leur pays avec les Argonautes. Apollonios, ayant supprimé la navigation par l'Océan, à transféré le culte des Dioscures sur les côtes celtes de la Méditerranée, où les Massaliotes avaient peut-être élevé un temple en leur honneur. On identifie généralement les Stoichades ou « îles alignées » avec nos modernes îles d'Hyères®. En réalité, l'expression a un sens plus large et semble désigner aussi les îles voisines de Marseille (Ratonneau et Pomègue) et même les îles de Lérins*. Elles ne sont pas citées avant Apollonios, mais de nombreux auteurs les mentionnent après lui. Le nom de Ligystides ou Liguriennes ne se retrouve pas ailleurs : il confirme que, pour Apollonios, les Ligyes ou Ligures habitaient la côte à l’est du Rhône.

Des Stoichades, les Argonautes parviennent à l’île Aithalia « où avec des galets ils essuyèrent leur abondante sueur; ces galets répandus sur le rivage ont une couleur de crasse. On y voit aussi leur disques et leurs armes divines

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