‹ La Géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de RhodesChapitre 207 sur 222 · JOLIS OUI RDR TRES TER ES IAIGO AIN TT EC · texte numérisé non relu

JOLIS OUI RDR TRES TER ES IAIGO AIN TT EC

LE. — Les sources géographiques d’Apollonios

En étudiant la géographie des Argonautiques, on arrive parfois, à l’aide des scolies, à découvrir l’origine de certains renseignements donnés par le poète. Si l’on rassemble ces ndications, on peut retrouver, au moins en partie, les sources géographiques de l’auteur.

Le catalogue et le voyage des Argonautes rappellent le catalogue des vaisseaux de l’Zliade et le voyage d'Ulysse. Si l’on songe à tout ce qu'Apollonios doit à Homère pour la versification, la langue, la mythologie et la conception de l’épopée, on est en droit de supposer que sa géographie sera surtout homérique. En réalité il n’en est rien : la géographie d'Homère ne tient pas une grande place dans les Argonautiques; et elle se réduit à quelques détails sur Lemnos, la Thrace, l’Hellespont, Cyzique, le Pont-EBuxin et l'Italie méridionale.

D’après Homère, le poète alexandrin cite à Lemnos les Sinties; sur les côtes thraces, le golfe de Mélas et l’île d’Imbros; dans l’Hellespont, Dardania, Percoté et Pityéia; à Cyzique, un beau port et une source Artakié; sur la côte méridionale du Pont, le Parthénios, les Erythines, Kytoros, Sésamos, Cromna, Crobialos et l’Aigialos; en Tyrrhénie, les îles de Circé, des Sirènes, d’Héphaistos et d’Aiolos, les Planctes,

Charybde et Scylla, l’île de Thrinakie avec les bœufs d’'Hélios; dans la mer Ionienne, l’île et le port des Phéaciens. Cette imitation est parfois scrupuleuse et même maladroite : ainsi dans un passage des Argonautiques, l’auteur commet deux erreurs et se contredit parce qu’il suit Homère de trop près; ailleurs il emprunte à son modèle de petits détails, comme le « rocher lisse » de Skylla, le port double des Phéaciens et les neuf jours de tempête qui conduisent les Argonautes du Péloponnèse en Libye. Maïs cette imitation servile est rare. Le plus souvent, Apollonios complète les renseignements fournis par Homère d’après des écrivains plus récents : il localise avec plus de précision la source Artakié, les îles d'Héphaistos, d’Aiolos et de Thrinakie; il distingue l’Aïa de Colchide et celle de Tyrrhénie, les Planctes et les Kyanées; il rétablit l’ordre géographique des villes du Pont citées par Homère. Mais surtout il fait passer les Argonautes dans des régions du Pont, de l’Adriatique et de l’Europe occidentale qu'Homère ne connaissait pas : sa géographie est beaucoup plus étendue, plus précise et souvent plus scientifique.

En dehors d’'Homère, les poètes dont il s’est inspiré sont Hésiode, Pindare et son maître Callimaque.

Les imitations certaines ou très probables d’Hésiode sont rares et concernent la même région : elles se réduisent au nom d’Anthémoessa pour désigner l’île des Sirènes et à une légende d’après laquelle Médée fut transportée de Colchide en Tyrrhénie dans le char de son père Hélios.

La IVe Pythique de Pindare a fourni aussi à notre poète des traditions et des renseignements sur la Libye et la fondation de Cyrène. Tels sont le transport d’Argo à travers la Libye pendant douze jours et douze nuits, la localisation du lac Triton en Cyrénaïque, l’apparition de Triton aux Argonautes sous le nom d’'Eurypylos et la fondation de Théra, métropole de Cyrène.

Page 1