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‘e cap de Canastron (aujourd’hui Paliouri), termine à l’est la presqu'île de Palléné; il était cité par Hérodote, Thucydide et Skylax'. La rencontre nouvelle d’Apollonios avec Hérodote ne doit pas nous étonner : depuis qu'ils sont sortis du golfe de Pagasai, les Argonautes suivent en sens inverse l'itinéraire de la flotte perse au temps de Xerxès; le poète ne l’a pas oublié.
Continuant leur route vers l’est, les compagnons de Jason voient apparaître le mont Athos le lendemain matin. Sur cette montagne fameuse, déjà connue d’Homère?, le poète donne des renseignements aussi curieux qu’absurdes : elle est si élevée que l’ombre de son sommet s'étend sur Lemnos même jusqu'à Myrina, alors que la distance de l’île à la .ontagne est égale à celle qu’un navire de charge peut parcourir depuis le lever jusqu’au milieu du jour. De l’Athos à Lemnos, il y à 45 milles environ, soit à peu près 65 kilomètres. D’après un calcul célèbre d'Hérodote’, un navire, de jour, parcourt 70.000 brasses au plus, soit 700 stades, environ 131 kilomètres; or la distance indiquée par Apollonios correspond bien à la moitié de ce chiffre“.
La hauteur de l’Athos étant de 1935 mètres, Apollonios prétend que l’ombre de cette montagne atteint l’île de Lemnos ! Cette étrange affirmation, qui se trouvait déjà dans un fragment de Sophocle, est répétée sans contrôle par Pline l’Ancien et Etienne de Byzanceÿ. Pline précise que l'ombre de l’Athos s'étend jusqu'à Myrina pendant le solstice d'été et l’auteur d’une récente monographie sur le mont Athos déclare à son tour que «ce fait, déjà constaté dans l'antiquité, se vérifie réellement aux équinoxes (sic)
1. Hor., VII, 123; Sopx., d’après ET. Byz., v. Kavaotpaiov; Tauc., IV, 110; Sxvr., 66. Cf. Lvcoru., 526; Anthol., XI, 63; SrnaB., 278, 45:279, 17, 24, 33; T. L., XLIV, 11, 3.