‹ La Géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de RhodesChapitre 71 sur 222 · MarquanprT, 17; cf. WALTHER, p · texte numérisé non relu

MarquanprT, 17; cf. WALTHER, p

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de ce port au Mont Dindymon : les Argonautes le suivent jusqu’au sommet de cette montagne, où ils offrent un sacrifice à Rhéa et d’où ils contemplent le paysage environnant. Ce Dindymon, point culminant de la presqu'île, correspond à la chaîne appelée Kapou Dagh, dont la plus haute cime, l’'Adam Kaya, atteint 800 mètres; il est cité par Strabont. De cette montagne coule une fontaine appelée « source de Jason? ». Aux environs immédiats de Cyzique, le poète cite encore le tombeau de Kyzikos, roi des Dolions et éponyme de la ville, qui existait encore de son temps dans une plaine appelée Leimonion pedion’. D’après le scoliaste, Leimonion, « herbeuse », est un nom propre cité par Deilochos, historien de Cyzique, qui avait placé à cet endroit le tombeau du roi des Dolions. Hasluck croit retrouver cette tombe dans « le tumulus qui se trouve juste au sud de la route de Panderma à Aïdinjik‘». Non loin de là se trouvait la source Cleité, qui porte le nom de la femme de Kyzikos. On le voit, Apollonios cite trois sources aux environs de Cyzique, celles d’Artakié, de Jason et de Cleité. D’après la carte de Philippson, on voit que la presqu'île est assez bien arrosée. Le voyageur décrit notamment une belle vallée très humide, avec de nombreux moulins, qui se termine sur la côte à Ermeni-Keui, à trois kilomètres environ au nord-est de l’ancienne Cyzique. « L’eau est excellente à boire, ajoute-t-il, et on la transporte dans des tonneaux à Pandermafÿ. » La source Cleité, d’après le scoliaste, était citée par deux historiens de Cyzique, Néanthès et Deilochos'. Le poète déclare qu’elle fut formée par les larmes des Nymphes pleurant sur la mort de Cleité. Quant à la source de Jason, elle jaillit au sommet du Dindymon après le sa-

I, 1061 et scol.

MOD: cit, 159?

Op. cit., p. 54.

. Scol. I, 1065.

crifice offert par le héros à Rhéa. Le culte de Rhéa-Cybèle était répandu sur les côtes de Propontide et du Pont-Euxin, principalement dans les régions montagneuses’. II avait déjà été signalé à Cyzique par Hérodote?.

Lorsque Jason et ses compagnons arrivent au sommet de la montagne, avant d'offrir un sacrifice à Rhéa, ils contemplent le paysage et le poète énumère les régions qu’ils apercoivent :

Toïot Së Maxpiides oxomuai nat müox mepain Opnixins évl yepolv éxic rpovpaiver ? idéocOaL

paivero d’hepéev oTôux Boorépou AÔÈ xoAGva Mvoiar. èx d’étéonc morauoù 6606 Aiomroro &otv Te a medlov Numñiov *Adpnoreinc (I, 1112-16).

De La Ville de Mirmont traduit : « Déjà les roches Macriades et, de l’autre côté de la mer, tout le pays de Thrace, qui semblait sous leurs mains, se découvraient à leur vue. Dans la brume apparaissait l'embouchure du Bosphore, et, plus loin, les montagnes de Mysie; et, d'autre part, le courant du fleuve Aisépos et la ville et la pl. ine Népéienne d’Adrestéia ».

Les Moxplades oxomai ne sont pas des rochers, mais simplement des montagnes, des hauteurs d’où l’on peut observer les environs. Le scoliaste n’en parle pas et elles ne sont pas signalées ailleurs. D’après Walther, qui cite ce passage, elles se trouveraient en Thrace’, comme peut-être aussi le peuple des Macriées. La traduction due à de La Ville de Mirmont n’est pas claire : on ne voit pas s’il place les roches Macriades « de l’autre côté de la mer » par rapport à Cyzique, c’est-à-dire en Thrace, ou par rapport à la Thrace,

1. PRELLER-ROBERT, op. cül., 1, 640 et n. 2; 643, 649. Cf. GRAILLOT,

Le culile de Cybèle mère des dieux à Rome et dans l’Empire romain, Paris,

3. Op. cit., 46 : eas in Thracia ora fuisse conjicio. Aique foriasse huc pertinent eliam Macries.

c’est-à-dire sur la côte asiatique de la Propontide. L’expression näox mepx'n Opnuwins peut se construire de deux manières : en faisant dépendre Gpmxins de räox (4604 sous-entendu) ou de repain. Le sens est alors : «les hauteurs Macriades et tout le pays de la Thrace situé en face », c’est-àdire en face de Cyzique ou de ces hauteurs; ou bien « les hauteurs Macriades et tout le pays situé en face de la Thrace ». Dans le premier cas, les hauteurs Macriades se trouveraient soit en Thrace, comme le pense Walther, soit à l’opposé de la Thrace, sur la rive asiatique de la Propontide; dans le second cas, elles ne pourraient être situées qu’en face de la Thrace, sur les côtes de Propontide.

Le nom de Macriades fournit-il la solution du problème ? ce sont les hauteurs du pays des Macriées (Moxprésc). Au moment où les Argonautes, repoussés par la tempête, débarquent à l’est de Cyzique, les Dolions, dans la nuit, les prennent pour des Macriées et les attaquent! : on peut conclure de cette brève allusion que les Macriées étaient les ennemis des Dolions’. Walther suppose qu'ils se trouvent en Thrace comme les hauteurs Macriades, puis affirme qu’ils sont voisins des Dolions®, en alléguant l’autorité du scoliaste et la méprise des Dolions. Le récit d’Apollonios ne permet pas de trancher la question : comme les Dolions semblent habitués à voir les Macriées arriver par mer, il est difficile de préciser la résidence de ces derniers. Mais la description du paysage est plus claire : du Mont Dindymon les Argonautes aperçoivent d’un côté, c’est-à-dire vers l’est, les hauteurs Macriades, la côte opposée à celle de Thrace, l'entrée du Bosphore et les monts de Mysie; de l’autre côté, c’est-à-dire à l’ouest, le cours du fleuve visépos, puis la ville et la plaine Népéienne d’Adrastéia. Tous ces renseignements paraissent se rapporter à la côte asiatique de la Propontide. Cette

l 11024 2. Scol. I, 1024.

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