Op. cit., III, p. 2 sq
2. À. Ru., I, 349, 650; Rhébaios, IT, 789; SkvL., 92 et scol. Ap., II,
347, Cf. ARRIEN, Pér. P. E., 17; Anon. Pér.P. E., 3; MARG HÉRACL, 8. 3. WALTHER, p. 55 n. I.
presqu'île de Bithynie, qui se jette dans la mer Noire à quelques kilomètres à l’est du Bosphore! ». Tournefort, qui campa près de son embouchure, « le long de l’eau dans des prairies marécageuses », affirme que la réalité ne corres-
pond pas à la description du poète :
« Riva, que je viens d’app:ler une rivière, n’est pourtant qu’un ruisseau large à peu près comme celui des Gobelins, tout bourbeux, et dont l’embouchure peut à peine servir de retraite à des bateaux; cependant les anciens en ont fait sonner le nom bien haut, sous celui de Rhebas. Denys, le géographe, qui a fait trois vers en sa faveur, l’appelle une aimable. rivière; Apollonius le Rhodien, au contraire, en parle comme d’un torrent rapide. I1 n’est pourtant ni aimable ni rapide aujourd’hui, et suivant toutes les apparences, il n’a jamais été ni l’un ni j’autre. Ses sources sont vers le Bosphore, du côté de Sultan Solyman Kiosc, dans un pays assez plat d’où il coule dans des prairies marécageuses parmi des roseaux. Il n’est pas surprenant que Phinée eût donné une idée si affreuse de ce ruisseau aux Argonautes, lui qui regardait les îles Cyanées comme les écueils les plus dangereux de la mer. »
Un peu plus loin il raconte qu’il s’est promené avec sa suite, « le long du ruisseau qui devenait si marécageux, qu’il fallait à tous moments revenir sur nos pas, de crainte de nous engager dans des lieux impénétrables; nous fûmes enfin contraints de nous tenir sur les hauteurs? ». Le témoignage de Tournefort est donc formel : le Rhébas n’est qu’une rivière lente et bourbeuse et le poète ne l’appelle « rapide » que pour lui donner une certaine importance. Cette importance, il est vrai, est justifiée par la rareté des cours d’eau en cette région et par le fait que, d’après Apollonios, ce fleuve sert de frontière entre les Bébryces de Bithynie et les Mariandynes d'Héraclée. D’après Arrien, son embouchure se trouvait à 90 stades à l’est du temple de Zeus Ourios?. En même temps que le Rhébas, le poète cite
1. Landschafisbilder vom Bosporus, 13 (Constantinople, O. Keïl, 1906). 2. Op.-cit., ITI,-16 et 18-19:
SR DCr TEE: UT
un rocher de Coloné, qu’on ne retrouve pas ailleurs’. D’après le scoliaste, il est situé à l'embouchure du Rhébas et il faut le distinguer d’un promontoire de ce nom cité par Nymphis d’Héraclée et voisin du fleuve Lycos, qui se jette dans le Pont près de cette ville. D’après Gilles, ce rocher se trouve vraiment à l'embouchure de la rivière?. Mooney supprime à tort le début de la scolie relatif au rocher, et le confond ainsi avec le promontoire.
Le cap Mélas ou Noir n’est pas cité avant Apollonios, mais les auteurs de périples y font allusion plus tard*. I1 s'appelle aujourd’hui encore Kara Bouroun ou Cap Noir. D’après Arrien, il se trouve à 150 stades à l’est du Rhébas. Les manuscrits d’Apollonios portent éxrihv au vers 349 et &xonv au vers 651. Comme il s’agit d’un cap et qu’on trouve äxpx dans la scolie, il faut certainement changer &xriv en äxpnv au vers 349, comme l’ont fait Brunck et Mooney.
Plus à l’est, le poète place les bouches du Phillys; il parle des « larges rives du fleuve », d’une plaine voisine et d’un sanctuaire de Dipsacos5. D’après le scoliaste, c’est un fleuve de Bithynie, ce qui ne nous apprend pas grand’chose. Son nom ne se rencontre qu'après Apollonios et n’est cité par. aucun géographe. De La Ville de Mirmont l’identifie avec le Psillis mentionné par Strabon et les auteurs de périples”’; mais Etienne de Byzance distingue le Phyllis et le Psillis ou Psilion, qu'il place tous deux en Bithynief. Strabon nomme le Psillis avec le Calpas et le Sangarios et, comme il les place entre Chalcédoine et Héraclée, il est visible que le
Psillis est situé d’après lui à l’ouest des deux autres. Cet