‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 121 sur 279 · Op. cit., II, 407 et · texte numérisé non relu

Op. cit., II, 407 et

LE VOYAGE DES ARGONAUTES : l'aLLER

élevée de recueil, les autres étant cachées sous l'eau; c'est ce qui rend ce lieu si dangereux, surtout si l'on veut s'obstiner de passer par le détroit, comnne il semble que Phinée le conseillait aux Argonautes. On n'osait aller que terre à terre dans ces premiers temps, où. la navigation était à peine dans son enfance. Pour nous qui n'étions pas certainement dans un Argos, mais dans une felouque à quatre rames, nous affectâmes d'en passer bien loin. Les Argonautes risquèrent le coup, car l'histoire, ou plutôt la poésie, dit que leur vaisseau, s'accrocha si fort sur ces rochers, qu'il fallut que Minerve descendît du ciel pour le pousser de la main droite dans l'eau, tandis qu'elle s'appuyait de la main gauche contre les pointes du rocher. Les Argonautes n'étaient-ils pas d'habiles matelots ? Aussi Apollonios remarque judicieusement qu'ils ne commencèrent à respirer à leur aise qu'après que leur épouvante fut dissipée.

Des îles Cyanées d'Asie, il faut passer à celles d'Europe afin de parcourir avec ordre l'autre rive du Bosphore jusqu'à Constantinople. Ces îles donc, de même que celles d'Asie, ne sont proprement qu'une île hérissée, dont les pointes paraissent autant de petits écueils séparés lorsque la mer est fort agitée. Strabon a remarqué que, vers l'embouchure du Pont-Euxin, il y avait une petite île de chaque côté, au lieu que les anciens géographes s'étaient imaginés qu'il y avait plusieurs écueils autant du côté d'Kurope que de celui d'Asie, lesquels non seulement flottaient sur l'eau, mais se promenaient le long des côtes et se heurtaient les urs contre les autres. Tout cela était fondé sur ce que l'on voyait paraître ou disparaître leurs pointes suivant que la mer les couvrait dans la tempête ou les laissait voir dans le calme. On ne publia qu'ils s'étaient fixés, qu'après le voyage de Jason, parce qu'apparemment on les reconnut de si près, qu'on avoua qu'ils n'étaient pas mobiles : néanmoins, comme la plupart des gens sont plus agréablement frappés par les fables que par la vérité, on eut de la peine à revenir de ce préjugé. Cn découvre entièrement l'écueil qui est du côté d'Europe, lorsque la mer est retirée; il est relevé de cinq pointes, lesquelles paraissent autant de rochers séparés pendant l'agitation de la mer. Cet écueil n'est séparé du cap du fanal d'Europe, que par un petit bras de mer qui reste à sec dans le beau temps, et c'est sur la plus haute de ces pointes qu'on voit une colonne à qui on a donné, sans raison, le nom de colonne de Pompée. »

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