‹ La géographie de l'histoireChapitre 177 sur 216 · MOI · texte numérisé non relu

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CONDITIONS DE LA PAIX POUR L'ÉQUILIBRE

baltiques'. Vieux et jeunes États ont donc rivalisé de zèle pour faire adopter à leur profit les points de vue des intérêts stratégiques et des intérêts économiques. De tels intérêts se trouvent très souvent en contradiction, soit avec le droit de libre disposition, soit avec le droit historique, soit avec les deux. Ce sont ces contradictions qui ont retardé et qui retardent encore la construction définitive de la nouvelle Europe.

Tout en faisant la part des égoïsmes injustifiables, on doit reconnaître que la préoccupation des États nouveaux, qui voulaient s'assurer de bonnes frontières et vivre sans dépendre de leurs voisins, était absolument fondée. Il est inutile d'appeler des nations serves à la vie politique, si elles doivent tout de suite retomber dans le servage, en quelque sorte automatique, imposé par la proximité d'un voisin trop puissant, trop riche ou trop bien armé. Tant que la Société des Nations ne dispose pas d'une police supérieure assez forte pour faire respecter les droits reconnus, il faut que les États nouveaux puissent se faire respecter eux-mêmes et vivre par eux-mêmes. Sorte de quadrature du cercle, puisque ces États sont petits et que quelques-uns sont même privés de l'essentielle condition de vie que constitue l'accès à la mer. Il y avait un moyen d'en sortir, et un seul : il eût fallu constituer, selon les affinités historiques et sociales, de grandes Fédérations politiques et économiques (voir chap. x). On ne paraît pas y avoir songé. On y viendra certainement un jour.

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