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tagne, aux Iles-Britanniques. Les races germaniques, Galates, Cimmériens, grandes, blondes, dolichocéphales, sont venues après les Celtes, qu’elles ont refoulés dans leurs montagnes (Alpes, Auvergne, Bretagne) ou en Irlande. A ce dernier élément se rapportent les Belges de César, les Suèves, les Alamans, les Burgondes, les Lombards, les Francs, derniers envahisseurs qui ont donné leur nom à la France. Sidoine Apollinaire signale la chevelure blonde de ces Francs, leurs yeux glauques, terribles, leurs membres longs, leur peau blanche, leur courage indomptable ; ils étaient dolichocéphales. Aux Celtes et aux Germains ajoutons les races finnoises, mongoles, qui sous le nom de Huns envahirent notre pays, les Arabes-Sarrasins, conquérants éphémères qui ont cependant laissé quelque peu de leur sang dans le midi de la France ; je ne parle que pour mémoire de l'élément romain.
Indice nasal. — Les variations de l'indice nasal nous donnent l’idée de la persistance de l’action anatomique d’une race; l'indice nasal dans notre pays, à l’époque de la pierre polie, était 46,93; à l’époque du bronze, 46,89 ; à l’époque gallo-romaine, 46,74. Tout à coup, après l'invasion des Frances, il devient 48,87. Il y avait donc un élément mésorrhinien apporté par les Francs ; au xu® siècle, l’indice nasal des Parisiens est encore 48,25 ; au xvi®, il est redevenu 47,97; au xix°, 46,81.
Taille. — Nous retrouvons de même, dans la taille relevée sur les registres de la conscription, Ja trace de ces éléments ethniques. Les pays peuplés par les Celtes, petits, fournissent en effet plus d’exemptions que les autres pour défaut de taille ; une carte dressée par Broca sur les relevés de 1831-1860, c’est-à-dire à une époque où la taille qu’il fallait avoir était de 12,56, montre quels sont les pays où il y a le plus d'hommes petits : dans tout le nord-nord-est, peuplé surtout par les blonds et grands Germains, puis dans les Deux-Sèvres, dans la Charente-Inférieure, peuplées par les Alains, grands et blonds, le nombre des exemptions pour défaut de taille est de 24 à 56 pour 1000. Au contraire dans l’ancienne Gaule celtique, dans la Bretagne, l'Auvergne, la Savoie, dans les Landes le nombre des exemptions pour défaut de taille est de 84 à 174 pour 1000 ; enfin, dans la partie qui correspond aux pays habités par les Aquitains, les Ligures, que les historiens disent petits et
où, d’ailleurs, la fusion par voisinage avec les Celtes a pu se faire, le nombre des exemptés pour défaut de taille est de 57 à 81 pour 1 000, ainsi que le montre la carte ci-jointe.
Boudin avait fait une recherche complémentaire; il avait fait une enquête sur les tailles supérieures à 1",732, taille alors exigée chez les cuirassiers; or les départements qui ont le plus d'hommes de 1%,73 sont précisément ceux qui ont le moins d’exemptions pour défaut de taille, ce sont ceux qui sont peuplés par les Kymris. Le nombre des individus qui ont plus de 1,732 y est de 543 à 1560 sur 10000 conscrits. Encore ici, les Deux-Sèvres et la Charente-Inférieure ont beaucoup de grandes tailles, en souvenir des Alains. Un autre département, l'Hérault, a également beaucoup d'hommes grands, ce que Lagneau attribue aux Volces, qui étaient d'origine germanique et qui sont venus s’établir dans cette contrée. Il suffit de consulter la carte ci-jointe.
Cette inégalité ethnique dans la taille porte avec elle une conséquence grave, c’est qu’il y a beaucoup plus d’exemptés pour défaut de taille dans les départements celtiques que dans les départements kymriques, ce qui est une injustice; en outre, tandis que les hommes grands sont condamnés au célibat et exposés à être tués, les hommes petits se marient et font des enfants. Il en résulte donc que la taille doit diminuer en France et que le type celtique doit tendre à étouffer le type kymrique. Tenon disait déjà en 1783 : « La guerre et surtout les longues guerres font baisser « la taille commune, par la consommation des hommes les plus « hauts; » en effet, on note une grande proportion d’exemptés pour défaut de taille, dans les classes de 1831 à 1836, qui correspondaient, comme conception, à 1811 et 1816, époque où la guerre fauchait tout ce qui n’était pas trop petit. Aujourd'hui il se crée, par suite de plus grande intensité de relations, une taille moyenne, qui est l'indice d’une tendance à l’unité dans la nation.
Les cheveux varient également : les marchands qui veulent des cheveux blonds vont en Allemagne, en Flandre, au Catelet; ceux qui veulent des cheveux châtains vont en Bretagne, en Anjou; les cheveux bruns se trouvent en Auvergne, dans la Haute-Loire.
De même les cordonniers de Strasbourg savaient qu'il faut des semelles plus larges pour lespieds alsaciens que pour les pieds du Midi.
Les corsetiers font le corset long, droit, haut, plat par derrière pour les races blondes; ils le font court, cambré, arrondi pour les brunes du Midi.