S D. AGE
Depuis la naissance jusqu’à la mort, l’organisme évolue en suivant une marche de moins en moins accélérée; la première dentition, la deuxième dentition, la puberté, l’ossification successive des sutures du crâne constituent la ligne ascensionnelle; puis, en descendant, l’âge de retour, caractérisé par la disparition des phénomènes dont l’éclosion avait fait la puberté, le retard de plus en plus long de l’évolution jusqu’à l'arrêt organique, constituent les étapes successives que nous nommons enfance, adolescence, jeunesse, âge adulte, vieillesse. Or, les dispositions chimico-anatomiques propres à chacune de ces étapes sont susceptibles de donner à l'individu des maladies spéciales et une conformation spéciale variant suivant les âges. LU se fait à chaque âge, dans l’ordre physico-chimique, moléculaire, microscopique, une évolution parallèle à l’évolution macro-anatomique. Ce sont des modifications anatomiques bien réelles, quoique pour nous invisibles, qui font que chaque âge à non seulement «ses goûts et ses plaisirs », mais aussi ses maladies : dans la première enfance on observe une grande sensibilité au refroidissement, qui tue chaque année un si grand nombre de nouveau-nés; plus tard apparaît la prédominance du système lymphatique absorbant ;on observe alors la fréquence de la scrofule, de la tuberculose, des fièvres éruptives ; au développement cérébral correspond la fréquence des méningites. D'après Bertillon, de 0 à 5 ans, on observe les maladies du poumons, du cerveau, le choléra infantile, la scarlatine ; de 5 à 10 ans, la scarlatine, la fièvre typhoïde, la phthisie; de 10 à 20 ans, la phthisie, la fièvre typhoïde; après 20 ans, la phthisie! La réceptivité pour la variole et les autres fièvres éruptives est plus grande dans l'enfance ; Woodville estime que les enfants sont réfractaires à la variole dans la proportion de 1 sur 60 et les adultes dans la proportion de 4 sur 20. L’aptitude du jeune âge à prendre les maladies infectieuses n’est cependant pas absolue; ainsi, lorsque l'on fait manger à une poule avec son grain les microbes du choléra des poules, elle prend infailiiblement la maladie; lorsqu’au contraire Pasteur a fait la mème expérience avec de jeunes poussins, il les a trouvés réfractaires! Is résistaient de même aux inocula-