‹ La geógraphie médicaleChapitre 83 sur 233 · OREILLONS · texte numérisé non relu

OREILLONS

Histoire et géographie. — Les oreillons paraissent bien antérieurs, en Europe, aux fièvres éruptives, dont on les a, avec raison, rapprochés. Hippocrate nous a en effet laissé, d’une épidémie qu'il avait observée, une description non douteuse, car il ajoute à la description des tumeurs au couet aux oreilles : «Chez les uns immédiatement, chez les autres après quelque temps, il survenait des phlegmasies douloureuses au testicule d'un côté seulement, ou des deux à la fois. » A cette description, il n’est pas permis de méconnaitre les oreillons et ce qu'on a nommé l'orchite métastatique.

Hirsch, de 1714 à 4859, a fait une liste de 420 épidémies d'oreillons en Europe et en Amérique; on les connaît en Afrique, en Arabie, en Syrie, dans l'Inde; ils y portent même le nom de Ponnoucouvinguy, ce qui veut dire : désir ardent de l’or. Cette dénomination étiologique pourrait faire penser à une épigramme, qui laisserait croire que les oreillons ont été apportés dans l'Inde par les Portugais, chez qui, comme cheztous les Européens, les Hindous ont pu constater de bonne heure le désir ardent de l’or. Cette

maladie parait, en somme, ubiquitaire. Elle sévit surtout sur les enfants, sur les agglomérations d'hommes jeunes, dans les casernes, à bord des navires. En 1750, à Lima, et en 1761, à Edimbourg, tous les soldats de la garnison furent atteints. Il en fut de mème à Lyon en 1779, à Paris en 4847 et dans une foule d’autres circonstances.

Nature. — Les allures de cette maladie, son caractère épidémique et contagieux, l’immunité qu’elle semble conférer, pour elle-même, à ceux qu’elle a déjà frappés une première fois, tout autorisait à ranger, & priori, les oreillons parmi les maladies à microbe, Ce qui était probabilité est devenu certitude depuis les recherches de Capitan et de Charrin. Ils ont en effet trouvé, dans le sang des malades atteints d’oreillons, des microbes, toujours identiques comme forme (petits bâtonnets et micrococcus). Ces microbes se sont multipliés, toujours semblables à eux-mêmes, dans des cultures artificielles faites dans du bouillon Liebig. Les mèmes microbes ont été:trouvés dans la salive et dans l’urine, ce qui ajouterait aux néphrites infectieuses du professeur Bouchard une nouvelle espèce, la néphrite d’oreillons.

Les inoculations faites jusqu’à ce jour n’ont pas, que je sache, réussi.

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