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LA CONGÉLATION ET LA GÉLIVITÉ

sur les roches, M. Stanislas Meunier a fait des expériences sur des rognons siliceux de la craie et il a obtenu des explosions, en mettant ces pierres dans un mélange d'eau et d'azotate d'ammoniaque cristallisé. Pour réussir, il faut que les pierres soient munies de leur eau de carrière et qu'elles contiennent, ce qui est fréquent en certaines localités, de petits lopins de craie empâtés dans la matière siliceuse.

C'est cette roche calcaire qui, par son eau d'imprégnation, joue le rôle de coin déterminant les fractures.

Les résultats obtenus par ces expériences si simples sont d'une très grande importance au point de yue de la dénudation subaérienne et rendent compte, de la façon la plus satisfaisante, de la forjne des graviers contenus dans le diluvium.

Ce qui l'a surtout démontré à l'auteur c'est la rencontre d'une vraie expérience accidentelle qui s'est faite tout récemment à Prépotin, non loin de Mortagne, dans le département de l'Orne *. Des puits profonds de quelques mètres ayant été ouverts dans l'argile à silex, les déblais ont subi les rigueurs de l'hiver. Les rognons, que nul n'avait touchés depuis leur extraction, étaient, au mois de mars 1898, traversés de fines fissures qui s'entre-croisaient en sens divers. Au moindre contact les éclats ainsi produits se séparaient. C'est évidemment le procédé employé par la nature pour remettre en circulation la matière siliceuse con-

1. Le Naturaliste, livraisons des 15 juin et 15 septembre 1898.

ATION GLACIAIRE es : les éboulements de t >8ent au froid des quantité isi en l'clats, dont les rivî les contours pour en faire

i passant que, comme les irai maritime, ces éclats oi ite à se pri'senter en tétraè parfois très longues, à se»

iris quelquefois pour des imaine, tout en s'étonnan E. Or ce nombre est incom] il ne semble à première vu rrondis laissant voir qu'il l'émoussement d'éclats pa ns de mentionner. Ici eni Dtale aura été décisive n qui, sans elle, menaçai discussion.

in que d'autres roches, co s, peuvent éclater en fragn [its et d'autre part que des f nccs, abandonnent souven :aIottes sphériques. Toute [vite peuvent être suivies (

canique des glaciers.

hésitants de savoir si les mécanique du sol qui les

porte, et les uns l'affirmant pendant que les autres allaient jusqu'à attribuer aux fleuves solides une sorte d'action anti-dénudatrice^ l'expérimentation a substitué des constatations directes à des suppositions.

Après avoir reconnu qu'un glacier s'écoule selon la pente de la vallée et qu'il charrie, sous sa masse, un lit de matériaux pierreux sur la roche sous-jacente, elle a reconstitué un vrai glacier artificiel et elle l'a mis à l'œuvre. Une plaque de roche a été recouverts d'un petit charriot appuyant sur elle un galet et dont la surcharge représentait le poids et la pression de la glace. Un eflFort de traction horizontal simulait l'écoulement. Rappelons que l'usure mécanique réalisée par les glaciers est rendue incontestable par plusieurs faits d'observation qui la démontrent. Ce sont les roches polies et « moutonnées », selon l'expression de Saussure, qui encadrent les glaciers actuels et atteignent ordinairement une altitude fort supérieure à la leur; ce sont les stries, les cannelures, les coups de gouge que portent les roches glaciaires; c'est encore Ténorme masse de limon qui salit tous les torrents glaciaires et qui est sans proportion avec celui qui peut troubler les filets d'eau qui tombent des sommets sur les glaciers. L'Arve, par exemple, est comparable à une vase délayée, et on s'en convainc spécialement à la Bâtie de Genève, là où le confluent met en contact' ses eaux jaunes et opaques avec les ondes bleues et cristallines du Rhône.

Le mécanisme de l'usure glaciaire tient à la fois :

1® A la mobilité de la glace ;

St. Meunier. — Géol. exp. 7

98 LA DÉXUDATION GLACIAIRE

2"* A rinterposition, entre elle et la roche en place sous-jacente, de pierrailles et de poussières qui agissent par leur frottement.

Les mesures effectuées pendant Tété de 1841 par Agassiz sur le glacier de TAar et qui donnèrent le taux de son écoulement, sont de véritables expériences \

Le célèbre auteur enfonce des jalons en ligne droite transversale dans la glace, et l'année suivante il constate leur déplacement.

C'est le cas de remarquer de nouveau que l'expérimentation n'a pas seulement pour objectif d'imiter les phénomènes, mais aussi d'en préciser les conditions et les circonstances par des modifications rationnellement provoquées.

Tyndall a démontré * l'identité des glaciers avec les cours d'eau au point de vue de la répartition des vitesses.

L'allure étant la même, tous les détails doivent coïncider des deux parts : les méandres, les affluents, la capture se présentent de la même façon.

Il est juste de rappeler que, dès 1773, Bordier (de Genève) comparait la matière des glaciers à « de la cire molle flexible et ductile® », et qu'en 1841 Rendu écrivit sa Théorie des glaciers de la Sa{foie^ où la plasticité de la glace fixe l'attention.

« Entre la mer de glace, dit-il, et un fleuve, la ressemblance est si complète qu'il est impossible de trouver

1. L'auteur a intitulé son mémoire en effet : Nouuelies études et expé^ riencea sur les glaciers actuels.

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