LA SÉDIMENTATION A LA FOIS MÉCANIQUE ET CHIMIQUE 15S
est soumise à Faction de la pluie et des eaux sauvages, non seulement elle est désagrégée, mais elle est en partie dissoute et le résidu de cette action chimique se dépose parfois tout de suite avec des caractères spéciaux.
Ceci posé, il était très indiqué de bien préciser la nature des substances résiduelles ainsi produites par les principales roches, afin de déterminer la part qu'elles ont pu prendre à des sédimentations diverses. Les expériences faites dans celte voie ne nous apprennent pas seulement l'origine déjà constatée de l'argile à silex, de certains lits superficiels de sables ou de rognons de compositions variées; elles nous donnent la clé de maintes formations pouvant avoir une importance géologique.
Du nombre paraît être l'argile plastique des environs de Paris, qui consiste en une substance dont l'origine a tant exercé la sagacité des géologues. En face des suppositions qui la font venir de falaises granitiques situées plus ou moins loin, ou de sources du genre des salzes venant de plus ou moins bas, n'est-il pas intéressant de constater qu'elle coïncide par ses propriétés les plus essentielles avec le résidu d'attaque de la craie blanche par les réactifs acides ?
M. Stanislas Meunier a fait dans cette direction des expériences qui ne lui laissent aucun doute. 11 a attaqué la craie blanche de Meudon par de l'acide chlorhydrique très étendu d'eau, et il a préparé ainsi une argile d'un gris intense, très plastique, donnant à l'analyse la composition exacte de l'argile de Vaugirard
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choisie dans ses parties les plus homogènes et les plus foncées.
Cette ressemblance, si intime et si imprévue à cause de la couleur blanche de la craie, poursuivie jusque dans la teneur en substance organique, est de nature à faire rattacher Targile plastique de Vaugirard à un simple remaniement, par les eaux sauvages, et peutêtre par des eaux courantes, du produit d'attaque chimique de la craie par les eaux météoriques, au lieu d'y voir, comme on pourrait en être tenté, des résidus du lavage purement mécanique de la même roche, accompagnée ou suivie des triages, même les plus délicats.
L'auteur, en effet, a recherché par l'expérience ce que donne le lavage de la craie, et quoique opérant sur la même quantité et sur la même qualité de craie, il n'en a jamais retiré ainsi la même substance. Les lavages arrivent à séparer une argile blanche, toujours très calcaire, qui contraste par conséquent avec l'argile plastique, autant par sa couleur et ses caractères physiques que par sa composition. Sans doute le fait s'explique par l'état de combinaison où se trouve, dans la craie, la matière organique avec le carbonate de chaux : un acide seul est capable de la libérer pour lui permettre de s'associer au résidu argileux, qui en est alors coloré.
Un autre fait à rapprocher du précédent, c'est l'isolement, par voie chimique et mécanique, de diverses roches dépendant du terrain danîen et représentées, par exemple, au mont Aimé, dans la Marne, par un