SCÈNE CINQUIÈME
TOiNETTE, arrivée avec Denise au inilieu de la scène, d'un km capricieux, en la quittant*.
Non, non, tout d'suite !
DENISE, riant.
Oh ! oh !
TOINETTE
Ça f rait plaisir à mes parents d'vous entendre. (Elle remonte un peu, devant la tahle, et se tourne vers Gondrin.) N'est-ce pas, père?
GONDRiN, bourru, après avoir bu, faisant un pas. Pas d'enfantillages 1 ... Est grand temps d'se r'poser.
GERVAisE, finissant d'ayn^anger le lit.
Mam'zelle va dormir ici. [A Denise, d'un ton doucereux.) Vous s'rez comm' une colombe dans son nid. {Denise la remercie de la tète En passant devant elle, à Toinette**.) Quant à toi, ma fille, tu vas coucher là : [Elle remonte par la gauche et montre la porte du pan coupé.) dans l'fenil.
DENISE, faisant un pas vers Gervaise.
Mais je n'vcux pas déranger Toinette.
TOINETTE, tristement, à Gervaise.
Pourquoi nous séparer ?
Elle se rapiiroclie un peu de Denise.
* Gervaise, Denise, Toinette, Gondrin, au dessus. ** Denise, Gervaise, Toinette, Gondrin.
GOKDRiN, ni'ec onlHUTdS, 6)1 dcscenrUiiit au-dessus de la table.
Poui-quûi ?... pourquoi?... (Ne ù'ouvanl aucune honnc raison.) Ben, pai'c'qu'y faut, là !
GERVAISE, trè^ contra)' iée.
G'te couchelto est pas assez grande pour vous deux. [Allaut à GoiidriJi*.) Pas vrai, François ?
GONDRIN
Ben sûr.
TOiNETTE, vivemoil, à ses parents.
J'ai pas b'soin d'bcaucoup de place. [A Denise, eji souriant.) J'dors comm'une marmott(\ {Elle court s'asseoir au bord du Ht et met sa, tète sur Voreilter en se rapetissajit.) Tenez, j'me frai tout' p'Ute comm'ca...
DENISE, )'iant en la regardant.
C'tju'elle est gentille !
Gervaise pou.sse Gondi'iii pour qu'il intervienne.
GONDRiN, d'une voix sévère qui arrête aussitôt le rire de Denise.
Toinette ! Toinetle ! j'vas mïâcher. Ul gagne C escalier en titubant et frappe sur la ran^pe avec colère.) Bon sang d'bon sang !
* Denise, Toinetle, Gervaise, Gondrin.