‹ La Glande Venimeuse de la ScolopendreChapitre 4 sur 13 · HISTORIQUE ET BIBLIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE ET BIBLIOGRAPHIE

L'histoire de la glande venimeuse des Myriapodes est mêlée à l'histoire des autres glandes de la tête. Toutes les glandes de la tête de la Scolopendre ont été longtemps confondues ; et non-seulement leur structure, mais leur nombre, le point où débouchent leurs canaux excréteurs sont encore mal figurés ou mal décrits dans les ouvrages classiques les plus récents. En 1890, Herbst reprenant la question décrit dans chaque forcipule une glande venimeuse dont l'orifice est près de l'extrémité du crochet, puis trois paires de glandes (considérées jadis comme salivaires) débouchant les premières de chaque côté de la bouche, les secondes à la base des deuxièmes mâchoires, les troisièmes au-dessus de la première paire de pattes ambulatoires.Je suis là-dessus complètement d'accord avec lui (Fig. 1).

Si ce point de l'anatomie de la Scolopendre n'est fixé que depuis peu de temps, beaucoup d’investigateurs en essayant de l’élucider, avaient approché de la vérité.

« C’est LEUWENHOEK qui vit le premier l'orifice de la glande venimeuse. Cet orifice communiquait avec un canal allongé et à cet orifice perlait une goutte de liquide quand on excitait la Scolo: pendre. Mais il ne découvrit pas la glande.

En 1823, Léon Durour décrivit dans le Lithobius, longeant l’æsophage, une paire de glandes, qu’il appela salivaires sans savoir où elles débouchaïient. Les Treviranus les avaient vues, mais appelées masses graisseuses selon leur habitude.

Puis vint J. MULLER, qui figura dans son anatomie de la Scolopendre les glandes trouvées par Dufour dans le Lithobius ; mais il leur

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dessina deux canaux qu'il fit déboucher si l’on voulait dans l'æsophage. Le dessin n’est pas précis et le texte est muet. En tout cas, il avait vu deux paires de glandes. GæpE vit de même, mais précisa et fit aboutir les deux canaux à la bouche, tout en considérant leur contenu comme liquide venimeux.

Enfin KurorGA et SrRAUS-DURCKHEIM en virent trois paires sans être d'accord sur les canaux excréteurs. Pour Straus-Durckheim, l’un pénètre dans la pince ou la mâchoire du même côté, le second dans la lèvre et le troisième dans la mandibule. Pour Kutorga, l’un se rend à la forcipule et les deux autres s'ouvrent dans la cavité buccale. La figure donnée par Carus dans son [conologie sanctionna pour longtemps les dissections de Kutorga. Dans cette figure restée classique, on voit la glande venimeuse placée environ dans Île sixième anneau de l'animal, et les glandes salivaires dans les anneaux précédents.

Et cependant dans la Monography of the Class Myriapoda que publiait Newporr en 1844, on lit ce passage : « Quoique je n’aie pas l'intention maintenant d'entrer dans l'examen des organes internes des Myriapodes, je puis annoncer ici brièvement que j'ai été un peu plus heureux que Leuwenhock, et que non-seulement j'ai confirmé son observation, en ce qui concerne l'existence d’un orifice longitudinal à la face interne de la pointe de la forcipule, mais aussi je l'ai suivi en arrière jusqu à un sac avec lequel elle communique et ai découvert la glande dont ce sac est le réservoir ou cavité afférente. La glande elle-même s'étend en arrière de l'articulation de la griffe avec les articulations atrophiées larsales et tibiales jusqu'à l'articulation fémorale de la forcipule dont elle occupe toute la longueur, presque accolée à la surface exlerne sous le tégument ; elle est riche en vaisseaux et nerfs ». Newport a pris à tort la partie antérieure de la glande venimeuse pour un réservoir; mais, sans doute possible, il a découvert cette glande. Comme il n’en donnait pas d'image, sa description resta ignorée, et le dessin de Carus illustra toujours les ouvrages classiques.

En 1876, M. PLATEAU fait ses Recherches sur la digestion des Myriapodes. Il est naturellement amené à étudier les glandes salivaires considérées encore comme les seules glandes venimeuses chez nos chilopodes indigènes. Ces glandes, dit-il, n’ont aucun rapport avec les forcipules, car on peut arracher les forcipules sans altérer

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