‹ La Gloire du verbe, 1885-1890Chapitre 18 sur 34 · CHAMBRE D'AMOUR · texte numérisé non relu

CHAMBRE D'AMOUR

La nuit tiède est clémente à la ville qui dort ; Des lys impérieux triomphent dans la chambre Et cependant nos cœurs sont froids comme Décembre Et nos baisers d'amour amers comme la mort.

Ta douce bouche s'ouvre à des chansons mièvres Et tes seins bienveillants accueillent mon front las ; Mais, o ma douloureuse enfant, je ne sais pas Pourquoi les dieux mauvais empoisonnent nos lèvres,

Maya Sj

Qu'importe ? viens vers moi, triste sœur ; aimons-nous , Sans craindre la saveur glorieuse des larmes, Tels des héros blessés avec leurs propres armes Et dont le glaive d'or a rompit les genoux.

Viens ! nous aurons V orgueil des âmes iacihirnes En cette chambre morne et veuve de flambeaux , Oh, semblable à l'odeur des antiques tombeaux, Un parfum sépulcral monte des lys nocturnes.

Page 1