LA JEUNE FILLE
Tais-toi ; V ulcère des caresses Inexpiables, mord ma chair et fond mes graisses. Obéis, sans V horreur mortelle des aveux : V effroi te briserait les oreilles.
La main levée en un geste terrible :
Je veux.
Et la volontaire martyre pose sans trembler ses mains jaillissant des manches sur une table de porphyre aux mosaïques de chimères.
Ses yeux fixes ne clignent pas à l'éclat bleu du glaive brusque s' abattantqui verse aux bêtes héraldiques des gouttes soudaines de pourpre.
Et, brandissant dans la pénombre les deux torches jumelles des bras mutilés, elle fait prendre une aiguière de cristal enchemisè d'or.
Epouvantable et radieux, un double nénuphar aux tiges d'écarlate jlottc dans une écume rose de grappes d'Orient foulées.
Oh ! le vase lustral où Vâme se lava ! Va-fen porter V aiguière à mon bon père. Va.
Maintenant une foule confuse bruit près de la mer flagellée par le vent du Nord. Dans tine frêle nef, sans rames ni voilure, le père a fait étendre la jeune fille surnaturelle, enveloppée dans un linceul de lin grossier. Elle regarde obstinément le ciel d'orage.