‹ La glycogénie animaleChapitre 44 sur 53 · FONCTIONNELLE DANS L’ÉCONOMIE. EXPÉRIENCES DE CHAUVEAU ET · texte numérisé non relu

FONCTIONNELLE DANS L’ÉCONOMIE. EXPÉRIENCES DE CHAUVEAU ET

KAUFMANN. RELATIONS ENTRE l’ ALIMENT AT ION ET l’ ACTIVITÉ FONC-

TIONNELLE.

Nous avons suivi le processus glycogénique à travers toute l’économie. Nous avons vu les matériaux alimentaires entrer dans le foie par le sang de la veine porte, puis passer, modifiés ou à l’état de sucre, dans le sang des veines sus-hépatiques et dans toute la circulation. Nous avons observé que la formation de sucre a lieu quel que soit le mode d’alimentation. Dans l’alimentation exclusive à la viande dégraissée, dans le régime gras exclusif, de même que dans l’abstention prolongée, allant presque jusqu’à la mort par inanition, le foie cède au sang à peu près la même quantité de sucre. Nous avons vu que le sucre du sang est soumis à une décomposition constante, et que le moindre arrêt de la glycogénie détermine un abaissement considérable de la teneur du sang en sucre. Par le dosage comparatif du sucre dans le sang à son entrée dans le foie et à sa sortie de cet organe, par l’évaluation approximative du volume de sang qui traverse le foie dans l’unité de temps, nous avons réussi à déterminer la proportion de sucre qui dans l’unité de temps passe du foie dans le sang. Nous avons constaté que chez un chien de 20 kilogrammes il se forme dans le foie, en vingt-quatre heures, 200 grammes de sucre qui passent dans le sang, et nous avons pu conclure de là que chez

TREIZIÈME LEÇON

l’homme une quantité de sucre deux à trois fois plus grande est produite et cédée au sang. Une fonction de cette étendue doit avoir une importance équivalente et j'ai formulé le rôle du sucre sanguin en /’ envisageant comme la source de la chaleur animale et du travail mécanique accompli par l’organisme. Il s’agit maintenant d’établir cette proposition sur des bases aussi solides que possible.

Lavoisier a déjà irréfutablement démontré que la chaleur animale est produite exactement comme la chaleur de nos poêles, par l’oxydation du carbone. Le charbon arrive dans l’organisme sous forme d’aliments et c’est pour ce motif que Liebig a donné le nom dé aliments respiratoires à ceux qui sont riches en carbone, c’est-à-dire aux matériaux qui fixent l’oxygène introduit par la respiration et reviennent dans l’atmosphère sous forme d’acide carbonique, en abandonnant à l’économie la chaleur produite pendant cette transformation chimique. Liebig pensait, d’autre part, que, contrairement aux aliments respiratoires, les aliments azotés ont pour rôle de faire du muscle et, en conséquence, leur donna le nom d 1 aliments plastiques ; « les parties plastiques des aliments, dit-il (1), sont donc les conditions de toute activité, de toute production de force, dans l’économie animale de la part des sens ou des membres. » Quant à la manière dont a lieu cette production de force, Liebig nous le dit dans un ouvrage paru plus tard (2) : « J’ai exprimé jadis l’opinion qu’il fallait chercher dans la transformation des parties azotées des muscles les premières conditions de la production de la force physique dans l’économie. »

« Or, si la substance des muscles en se transformant devient l’origine de la force musculaire, si le terme azoté ultime de cette décomposition déterminée par l’oxygène est l’urée, la quantité de travail produit doit pouvoir se mesurer par la proportion d’urée excrétée. La décomposition doit se trouver en rapport avec le travail produit et la quantité d’urée avec l’activité delà décomposition. »

(1) Liebig, Nouvelles lettres sur la chimie , trad. par Ch. Gerhardt; Paris, 1852, p. 131.

(2) Liebig, TJeber Gàhrung , über Quelle dcr Muskelkraft, 1870.

Un grand nombre de physiologistes ont cherché à reconnaître si l’excrétion d’urée est plus grande pendant le travail musculaire forcé que pendant le repos, mais la plupart des expériences ont donné des résultats négatifs.

Ed. Smith (1) a déterminé l’élimination de l’urée comparativement chez des détenus en repos et chez d’autres marchant dans le tambour d’un treuil. L’élimination d’urée fut un peu supérieure chez ces derniers, mais l’augmentation ne dépassa pas de 3 p. 100 la normale. Le travail de ces hommes consistait à élever un poids de 354 à 413 tonnes à la hauteur d’un pied, L’augmentation de l’urée ne se produisait que les jours de travail.

Voit a fait deux séries d’expériences sur des chiens; les premières (2) portèrent sur un grand chien, encore jeune, peu gras, qu’on faisait jeûner ou chez lequel on maintenait l’équilibre des azotés en le nourrissant avec 1500 grammes de viande.

Yoici les résultats de ces expériences :

Nos D’ORDRE

des

ALIMENTATION

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