‹ La Gono-Réaction: Contribution à l'Étude de la Fixation du Complément dans la BlennorragieChapitre 48 sur 54 · SE · texte numérisé non relu

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Nous avons tenu jusqu’à présent à rapporter fidèlement des observations en les dégageant au maximum de tout facteur personnel.

Comme l’on peut aisément s'en rendre compte, la lecture du tableau récapitulatif est complexe.

Cependant, toute interprétation mise à part, un fait apparaît nettement : la méthode de Hecht donne un nombre de réactions positives beaucoup plus grand que celle au sérum chauffé : en d’autres termes, la réaction est fréquemment dissociée.

Ces faits ont été constatés depuis longtemps par les auteurs, surtout en ce qui concerne la syphilis : ils attribuent cette différence à la thermolabilité partielle ou totale des réagines syphilitiques, thermolabilité se retrouvant d’ailleurs dans les anticorps en général. Ce fait ne les conduit pas à éliminer la méthode de Wassermann, mais au contraire les amène à reconnaître au chauffage l'avantage de stabiliser les anticorps en éliminant toutes les substances non spécifiques qui pourraient fausser les résultats.

Une réaction au sérum inactivé a donc une valenr intrinsèque très nette : elle ne demande pas, dans le cas où elle est franchement positive, l'apport d'autres éléments pour l'interpréter.

Il n’en est plus de même lorsque l’on considère seule, la réaction au sérum non chauffé, pas plus que dans les cas où les deux réactions exécutées concur; remment donnent des résultats dissociés.

Weinberg a introduit dans la réaction de Hecht, nous dit Ronchèse, l'épreuve de da détermination de l'Index Hémolytique (tableau B, page 35). L'index

varie d’un sérum à l’autre et cette variation peut être considérable (60 °/, en général des index évoluant énireieto)er

Cette épreuve est destinée à l'interprétation des résultats de la séro-réaction, et voici comment Weinberg utilise son épreuve :

« Nous ne considérons la réaction.comme positive «que lorsqu'on obtient un empêchement complet « d'hémolyse de 0.1 de globules rouges, avec un sé-

. <rum dont l'index est au moins de 6. I est entendu «que plus le chiffre de l'index dépasse ce dernier

* chiffre, plus grande est la certitude qu'on est en « présence d’une fixation spécifique. Par contre, la « réaction négative n’est certaine que lorsque l’index «n’est pas supérieur à 3. »

D'autre part, Rubinstein, dans son Traité pratique

de Sérologie et de Sérodiagnostic (1921), commente 3 comme suit la modification qu'il a apportée à la

technique de Hecht :

Nous lisons dans ce tableau (page 35) :

« 1° Le titre hémolytique du sérum seul (B).

« Le titre hémolytique du sérum en présence de « l’antigène (A).

« Ces tubes donnent en même temps les résultats « de la séro-réaction (sérum + antigène).

« 3° Le pouvoir anti-alexique des antigènes par dif- « férence de ces deux titres.

CA ER etat A résultats ne présente aucune « difficulté, l’antigène étant convenablement choisi. «1° Les réactions négatives, égalité des pouvoirs

« hémolytiques des sérums seuls et des mélanges sé- «rums + antigène, sont d’une netteté absolue : ces « réactions négatives sont toujours négatives par la « méthode de Wassermann.

« 2° Les réactions positives : suppression totale du «pouvoir hémolytique des sérums par addition des «antigènes sont également très nettes : elles corres- « pondent, en général, à un Wassermann fort ou atté- «nué, mais il peut arriver qu'elles correspondent à «un Wassermann négatif............

«3° Nous ne faisons état, dans la réaction de Hecht, « que des réactions positives nettes : suppression to- «tale du pouvoir hémolytique des sérums par l’anti- «gène (c’est-à-dire d’après notre notation égalité des « nombres de plus et du chiffre d'index). Toutes les: «nuances qu'on obtient par le jeu des substances « dans laréaction au sérum non chauffé, sont notées « provisoirement et interprétées à la lumière de la «réaction de Wassermann et vice-versa. Il peut arri- « ver que la suppression partielle du pouvoir hémo- «lytique des sérums tienne à la fragilité globulaire «comme aussi à la richesse de ces sérums en subs- «tances hémolytiques. Elle se présente d'autant «moins fréquemment que la dilution de l’antigène a «été plus convenablement établie et que les globules «de moutons sont de meilleure qualité. Dans tous les «cas, la réaction est considérée comme négative si « par exemple 0.1 et 0.2 d'hématies sont hémolysées «complètement et 0.3 incomplètement ; il ne faut «pas interpréter de légers changements d’hémolyse « comme signe de séro-réaction positive ae

«4 Les réactions positives atténuées, limites d’a-

« près le Wassermann, avec le Hecht nettement né- « gatifs, sont considérées comme négatives, « plus « que la réaction de Wassermann, celle de Hecht per- « met de poser un séro-diagnostic négatif ».

CE D nlal simultané des deux méthodes ee «mann et Hecht) est indispensable au sérologiste

« pour la probité de son travail et l'utilité des résul- «tats.

« La réaction de Hecht, RTE Rene de « la réaction de Wassermann, au point de vue techni- « que, à une valeur clinique autonome limitée aux « cas de chancres ou de syphilis traités ; une réac- «tion positive d’après la réaction de Hecht seule, «quand il s’agit de diagnostic, peut être prise en con- « sidération, mais sous toute réserve.

Ronchèse, dans son ouvrage : La Réaction de Bordet-Wassermann pour le séro-diagnostic de la Sy- Mphlis écrits «Le gros reproche que l’on fait aux méthodes qui «utilisent le complément humain, c’est l'impossibi- « lité de contrôler ce complément, pris isolément, et « par conséquent de vérifier qu’il n’est pas suscepti- « ble d’être détruit par l’antigène seul.

«Nous avons déjà dit qu'à notre avis le complé- «ment ne se fixe plus ou moins complètement sur «un bon antigène que s’il y a, dans le sérum qui lui « sert de véhicule, des substances se comportant «comme des anticorps.

« Si donc le complément du sérum humain suspect

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«est fixé par un antigène éprouvé, c'est que ce sé- «rum contient les substances cherchées. »

On voit, d’après ces trois citations empruntées à des auteurs dont le nom fait autorité dans la matière, combien il est difficile d'interpréter un résultat positif donné par la méthode au sérum non chauffé lorsque, la méthode au sérum chauffé, concurremment pratiquée, a déjà donné un résultat négatif.

Sur toutes nos réactions, il en.est une quinzaine positives exclusivement au Hecht. Or, il n’est pas douteux que, suivant l'interprétation que l'on doit donner de chacun de ces résultats, les uns seront positifs si l’on suit la ligne de conduite tracée par tel auteur, ils seront négatifs si l’on s’en rapporte à la conception de tel autre. *

Nous n’avons pas la prétention ‘d'apporter, dans cette question d'interprétation, un avis personnel. Néanmoins, il est un fait certain, c'est que, au cours de nos expériences, les positivités obtenues par la méthode de Hecht ont été contrôlées dans chaque série par une réaction constamment négative chez les témoins. Dans ces conditions, il ne paraît pas possible derejeter systématiquement ces positivités sous le prétexte que les index des sérums n’atteignent pas 6, comme le propose Weinberg.

D'autre part, ne voulant pas tomber dans l'excès inverse, nous avons été plus exigeant que Ronchèse et nous n’avons pas accepté comme positif un simple décalage d'un ou 2 tubes entre les séries À et B (Hecht-Rubinstein). :

Nous avons accepté comme positifs seulement, les

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cas où l'absence d’hémolyse était absolue dans le premier tube : ceci à une condition : c’est que l'index hémolytique soit au moins égal à 2 ou 3, considérant que le pouvoir anti-complémentaire d’un antigène utilisable n'atteint jamais un chiffre aussi considérable. |

C’est en suivant cette ligne de conduite que nous avons procédé à une interprétation globale du Wassermann et du Hecht,— nos tableaux étant, d’ailleurs suffisamment explicites pour permettre toute autre interprétation de la part du lecteur.

En définitive, nous avons observé :

WASSERMANN WASSERMANN + HECHT \ 11 positifs 16 positifs Blennorragies | 5 faiblement positifs 6 faiblement positifs ouest 24 & indications positives | 2 indications positives 4 négatifs } 4 positif 4 positifs EE PRnnaagiee 2 faiblement positifs épididymite : |! indication positive DE 1 négatif 1 négatif Blennorragies 1 positif 2 positifs PE aiguës avec | 4 indication positive Rhumatisme : S | 4 négatifs 2 négatifs

Blennorragies 4 indication positive 2 indications positives

chroniques sans … complications : 8

Blennorragies chroniques avec complications : 44

7 négatifs

4 positif 2 faiblement positifs

4 indications positives

4 négatifs

6 négatifs

5 positifs 2 faiblement positifs 4 indications positives

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