ET DE SES COMBINAISONS
AINSI QUE DE QUELQUES COMPOSÉS CHIMIQUES ANALOGUES SUU LES TISSUS ET ORGANES DE L'ÉCONOMIE ANIMALE.
Aux faits énoncés dans le chapitre précédent, qui tendent à démontrer l'action nocive des urates et la faculté variable de résistance des tissus et des organes de l'économie animale, contre son action , sont ajoutés d'autres documents amplifîcatifs et complémentaires. Entre autres résultats, on a notamment réussi à faire naître des infiltrations constantes dans le tissu de la cornée de lapins, au moyen de l'acide urique pur et de sa combinaison avec la soude. Des tentatives faites, dans le même sens, avec l'urée, la xanthine, la guanine, la créatine, la créatinine, l'acide hippurique, n'ont pas réussi à déterminer une semblable irritation; il en a été de même d'une expérience de contrôle effectuée avec une solution de phosphate de soude à cinq pour cent.
Entre les processus nécrotisants et les processus nécrotiques ainsi qu'entre les réactions inflammatoires concomitantes que nous avons appris à reconnaître dans les deux chapitres précédents, comme caractéristiques de l'arthritis uratique de l'homme et comme résultat des expériences faites sur des animaux, d'une part, et les dépôts uratiques qui accompagnent régulièrement les nécroses goutteuses, de l'autre, l'on peut reconnaître, à priori, une connexion causale très probable.
J'ai expliqué plus haut (p. 52) pourquoi je me figure que le poison goutteux infiltre d'abord les tissus sous forme liquide, les altère d'une manière plus ou moins grave, suivant les circonstances, et que c'est seulement quand ces lésions ont atteint leur
plus haut degré que les combinaisons d'acide urique qui, cependant, forment souvent le principal élément des dépôts goutteux, se déposent en cristaux dans le tissu mortifié.
J'ai posé, en outre, comme hypothèse dès la page 52, que l'acide urique joue le principal rôle dans le développement des troubles trophiques des tissus et des organes; bien plus, que lui seul peut les provoquer : j'ai annoncé alors que j'allais en administrer la preuve. Tel sera donc le principal sujet de la discussion qu'on va lire.
En ce qui concerne les troubles trophiques de l'organisme goutteux, quelques observateurs, tels que M. Charcot, ont fait ressortir leur tendance particulière vers la gangrène (sphacèle). J'aurai l'occasion, dans le chapitre suivant, d'insister sur ces éventualités funestes apparaissant, çà et là, dans le processus de la goutte, qui n'avaient pas échappé a l'attention des observateurs d'auparavant. Mais elles ne se rattachent en aucune manière aux questions qui nous intéressent pour le moment. On n'a pas encore parlé de foyers nécrotisants et nécrotiques dans des organes malades de la goutte, au point de vue où l'on s'est placé ici, autant du moins que je suis au courant de cette bibliographie spéciale.
Mais en ce qui concerne l'autre forme des troubles trophiques goutteux, les inflammations, la pratique nous a appris, depuis qu'on a étudié scientifiquement l'histoire de la goutte, que cette maladie si remarquable se complique d'inflammations et depuis que l'on sait, par Wollaston, que les tophi arthritici sont formés par les sels uriques, plus on a prolongé cette étude, plus on s'est convaincu que ces processus inflammatoires se développent autour des dépôts d'urates. Mais en cherchant à introduire ces processus nécrotisants et nécrotiques dans la pathologie de la goutte comme quelque chose de général, appartenant également aux différents organes attaqués typiquement par cette maladie, je veux faire observer immédiatement ici que j'admets que ces trois choses : inflammations goutteuses, processus nécrotisants et nécrotiques, se