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ACTION DE L'ACIDE UR1QUE

demande, dans les lignes qui suivent : ce Si l'on injecte dans la jugulaire des lapins des solutions faiblement alcalines d'urate de soude, on retrouve, 15 à 20 minutes après l'opération, ce sel visible à l'oeil nu et à la lumière transmise, dans les reins, sous forme de trainées très fines, très blanches, parallèles aux. canalicules urinaires, surtout dans la substance médullaire; en partie, aussi, dans la substance corticale, tant dans la zone des tubes droits que dans celle des tubes contournés.

A l'examen microscopique, l'on trouve que les traînées blanches ne se composent, pour la plupart, que de masses amorphes, grumeleuses, paraissant noires à la lumière transmise et situées dans l'intérieur des canaux. Mais une partie de ces stries se réunissent en séries de figures sphériques, remplissant plus ou moins complètement la lumière des canaux urinaires et ayant un noyau central qui présente une faible striation radiée et possède un pouvoir de réfraction énergique. Les glomérules sont exempts de ces concrétions. Les épithéliums des canaux urinaires, à l'endroit où se montrent ces figures cylindriques, paraissent aplatis et la lumière des canalicules eux-mêmes est parfois dilatée au-dessus des masses qui les oblitèrent. Les solutions faiblement alcalines dissolvent ces concrétions et, après l'addition d'acides, apparaissent les formes typiques des cristaux d'acide urique, c'est-à-dire les tablettes rhomboïdales. Si l'on observe au microscope l'action des solutions basiques, on se convainc qu'à la place des cristaux sphériques, il reste les éléments cellulaires avec membrane visible, noyau et nucléole. A la place des figures cylindriques formées par les masses amorphes, on trouve, après dissolution des urates, une substance finement granuleuse clans laquelle sont englobés des noyaux régulièrement arrondis étroitement serrés ; on ne constate qu'accidentellement des cellules intactes.

Si l'on dissout les précipités, par une longue digestion dans de l'eau à 30-35° C, et qu'on les colore ensuite par le brun de Bismarck, les images cylindriques ressortent par le fait de la coloration

intense de leurs noyaux. Ces noyaux sont plus petits que ceux de l'épithélium rénal et ressemblent, pour la grosseur et l'appareuce, aux noyaux des leucocytes du sang. En quelques endroits on aperçoit aussi, entre les cellules épithéliales des canalicules ùrinaires, des noyaux tout semblables qui sont fortement colorés par le liquide tinctorial (globules blancs du sang ?)

Ces recherches nous apprennent qu'outre l'excrétion des composés uriques introduits dans le corps des lapins par des injections veineuses et traversant l'épithélium rénal, comme M. Heidenhain l'a montré, il se produit, dans les reins, certaines altérations qui doivent être considérées comme concomitantes de l'injection. Les composés uriques excrétés dans les canalicules urinaires qui ressemblent complètement, en partie, aux globules urinaires des oiseaux décrits exactement par M. Meissner, incrustent tantôt des cellules bien caractérisées, tantôt, sous forme de masses d'apparence amorphe, une substance protoplasmatique finement granuleuse. En tout cas, on peut aller jusqu'à conclure de ces recherches qu'il existe, dans les reins des lapins, des altérations de parenchyme en relation causale avec l'introduction, dans l'économie de ces animaux, de la solution alcaline d'acide urique. Ces désordres sont réparables, car chez des animaux qu'on a tués quinze jours après l'injection, on n'en trouva aucun vestige dans le tissu rénal.

Pour ce qui est de mes propres recherches au sujet de l'action de l'acide urique sur les organes et tissus des animaux, je vais en donner maintenant un aperçu ; mais auparavant il me faut mentionner des résultats de mes recherches expérimentales dont il a été question dans le chapitre précédent et qui ont servi, on ne peut mieux, à me faire comprendre : 1° L'acide urique est une substance qui apporte le plus grave préjudice à la nutrition des tissus chez les animaux ayant servi aux expériences ; 2° tous les organes ne réagissent pas avec une égale facilité contre l'acide urique ou, par suite, ne sont pas également lésés par lui. Les preuves de ces principes ne sont pas difficiles à fournir. Bien que par exemple, dans les reins des coqs,

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