‹ La grammaire (volume 2)Chapitre 9 sur 97 · Scène IV · texte numérisé non relu

Scène IV

PoiTRiXAS. — Ça ne te regarde pas .... Comment se porte mademoiselle Blanche, sa fille ?

Jean. — Très bien, je vous remercie ....

PoiTRiNAS. — Je ne l'ai pas beaucoup regardée quand elle est venue cet été à Etampes, cette chère enfant .... Je 5 venais de recevoir un envoi des plus précieux .... une caisse de poteries, de vieux clous et autres antiquités galloromaines.

Jean. — Qu'est-ce que c'est que ça ?

PoiTRiNAS. — Mais elle m'a paru jolie et bien élevée. lo

Jean. — Oh ! je vous en réponds .... Un peu regardante sur la vaisselle ....

PoiTRiNAS. — Je vois que je pourrai donner suite à jnes projets. . . .

Jean. — Quels projets 1 ■ 15

PoiTRiNAS. — Ça ne te regarde pas ... : Dis-moi, quand on laboure dans ce pays-ci, qu'est-ce qu'on trouve ? Jean. — Où ça?

PoiTRiNAS. — Derrière la charrue.

Jean. — Dame ! on trouve des vers blancs. 20

PoiTRiNAS. — Je te parle d'antiquités .... de fragments gallo-romains.

Jean. — Ah ! monsieur, nous ne connaissons pas ça.

PoiTRiNAS. — Je profiterai de mon séjour pour faire faire quelques fouilles. J'ai constaté, sur ma carte des Gaules, 25 la présence d'une voie romaine à Arpajon.

Jean, étonné. — Oui ! . . . .

, PoiTRiNAS. — Yois-t-u, moi, je suis doué. . . .j'ai du flair ... .je n'ai qu'à regarder un terrain, et je dis tout de suite : " Il y a du romain là-dessous !" 30

10 La Grammaiee.

Jean, abruti. — Oui. .. .(A part.) Qu'est-ce que c'est que cet homme-là ?

Blanche, entrant par le premier plan à droite ; à part. — Impossible de retrouver ce saladigj^^^^^

6 Jean — Ah ! voilà mademoiselle. (Il remonte au fond, près du buffet.)

Blanche. — Monsieur Poitrinas !

PoiTRiNAS, saluant. — Mademoiselle ...

Blanche. — Quelle bonne surprise !. . . .et que mon père 10 sera heureux de vous voir !

Poitrinas — Oui. . .je lui apporte une nouvelle. . . . considérable !

Blanche. — Monsieur Edmond, votre fils, n'est pas venu avec vous ?

15 Poitrinas. — Non, dans ce moment-ci il est affligé d'une entorse.

Blanche. — Ah ! quel dommage !

Poitrinas. — C'est un peu ma faute. J'avais pratiqué des fouilles au bout du parc, sans prévenir personne .... et 20 le soir il est tombé dedans. (Consolé.) Mais j'ai trouvé un manche de couteau du troisième siècle.

Blanche. — Et c'est pour cela que vous m'avez abîmé mon danseur ?

Poitrinas. — Votre danseur 1 25 Blanche. — Mais oui; cet été, à Etampes, monsieur Edmond m'invitait tous les soirs .... plusieurs fois .... Croyez- vous qu'il guérisse 1

Poitrinas. — C'est l'affaire de quelques jours. Blanche. — Il ne boitera pas ?

30 Poitrinas. — Nullement. ... Ce serait bien dommage, car le voilà bientôt d'âge à se marier.

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