‹ La grammaire (volume 2)Chapitre 92 sur 97 · LE RENARD ET LA CIGOGNE · texte numérisé non relu

LE RENARD ET LA CIGOGNE

Compère le renard se mit un jour en frais,

Et retint à dîner commère la cigogne.

Ce régal fut petit et sans beaucoup d'apprêts :

Le galant, pour toute besogne.

Avait un brouet clair, il vivait chichement. Ce brouet fut par lui servi sur une assiette : La cigogne au long bec n'en put attraper miette ; Et le drôle eut lapé le tout en un moment.

Pour se venger de cette tromperie, A quelque temps de là la cigogne le prie. Volontiers, lui dit-il ; car avec mes amis

Je ne fais point de cérémonie.

A l'heure dite, il courut au logis

De la cigogne son hôtesse ;

Loua très fort sa politesse ;

Trouva le dîner cuit à point.

Bon appétit surtout : renards n'en manquent point. Il se réjouissait à l'odeur de la viande, Mise en menus morceaux, et qu'il croyait friande.

On servit, pour l'embarrasser.

En un vase à long col et d'étroite embouchure. Le bec de la cigogne y pouvait bien passer ; Mais le museau du sire était d'autre mesure. Il lui fallut à jeun retourner au logis. Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris, Serrant la queue j et portant bas l'oreille.

Trompeurs, c'est pour vous que j'écris :

Attendez-vous à la pareille.

—Book L, Fable 18.

X EXTKACTS FOR SiGHï TRANSLATION.

Molière (1622-1673), the most famous of French writers of comedy. The passage given. hère is from les Femmes Savantes, Acte III., Scène 5.

TRISSOTIN, présentant vadtus.

Voici l'homme qui meurt du désir de vous voir ; En vous le produisant je ne crains point le blâme D'avoir admis chez vous un profane, madame. Il peut tenir son coin parmi de beaux esprits.

PHILAMINTE

La main qui le présente en dit assez le prix.

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