‹ La grammaire (volume 4)Chapitre 26 sur 97 · Scène XIV · texte numérisé non relu

Scène XIV

Jean, à poïï'L — Ma cachette 1

PoiTRiNAS, tirant du mouchir un morceau de porcelaine dorée. — Examinez d'abord ceci !

Jean, à part. — Ah ! saperlotte ! le saladier doré !

Caboussat. — Hein ! {Regardant Jean.) Mais je recon- 5 nais ça !

PoiTRiNAS. — Le chiffre est dessus .... un F et un C. Caboussat, à part. — François Caboussat.

PoiTRiNAS. — Fabius Cunctator ! c'est signé ! Caboussat, faisant de gros yeux à Jean. — Qui est-ce qui lo a cassé ça ?

PoiTRiNAS. — Les Romains parbleu !

Jean. — C'est les Romains ! . . . . Ah ! il est embêtant, il déterre tout ce que je casse ! (7Z sort par le pan coupé gauche.) 15

PoiTRiNAS, tirant un fragment dun crachoir.- — Voici un autre fragment .... Savez- vous ce que c'est que ça ... .

Machut, approchant.— Voyons .... {Se reculant tout à coup.) Je connais ça.

Caboussat, même jeu. — Moi aussi ! . . . . {A part.) Pour- 20 quoi nous apporte-t-il cela ici ?

PoiTRiNAS. — Très rare ! C'est un lacrymatoire . . . .de la décadence.

Caboussat. — Ça?. . . .{A part.) Au fait, à quoi bon le détromper .... ça lui fait plaisir ... 25

PoiTRiNAS. — Quand les Romains perdaient un membre de leur famille, c'est là dedans qu'ils épanchaient leur douleur. . . .

Machut. — Vraiment? Singulier peuple! {Poitrinas remonte au fond et range tous ses fragments sur le buffet.) 30

La Q-rammaiee.

Jean, revencmtpar le pan ooupé gauche, à Maohut. — Voici votre redingote.

Machut, V endossant, — Merci .... (*S^e fouillant.) Ai-je bien ma lettre ? (7Z la tire.) Oui, la voilà ! . . . . 5 Caboussat, à part. — L'écriture de Blanche ! .... Je suis sauvé !

Machut. — Je vous quitte . . .je vais aux élections. . . . je reviendrai vous en donner des nouvelles. (iZ sort par le fond.)

10 Caboussat, bas à Jean. — A nous deux maintenant ! Jean, craintif. — Monsieur?

Caboussat. — Ici î ici !

J EAN, s^ approchant. — Voilà.

Caboussat. — M'expliqueras-tu maintenant comment le 15 saladier doré ....

Jean. — Pardon. . . .on m'attend pour fendre du bois. {Il sort vivement par le pan coupé gauche.)

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