SCÈNE XVL CABOUSSAT, BLANCHE
Caboussat, à 'part, — Décidément ce jeune homme-là ne nous convient pas du tout .... D'abord, il a un défaut .... Je ne sais pas lequel. . . .mais c'est presque un vice.
Blanche. — Eh bien, papa. . . .et cette communication? 5 Caboussat. — Yoilà ce que c'est.... une bêtise.... un enfantillage .... Poitrinas ne s'est-il pas mis dans la tête de te marier à son fils Edmond .....
Blanche. — Ah ! vraiment %
Caboussat. — Tu ne le connais pas. . . .je vais te le 10 dépeindre .... Ce n'est pas un mauvais sujet .... mais il est chauve, myope, petit, commun .... avec un gros ventre . . . Blanche. — Mais, papa. ...
Caboussat. — Ce n'est pas pour t'influencer .... car tu es parfaitement libre .... De plus, il lui manque trois dents 15 ... . par devant.
Blanche. — Oh ! par exemple !
Caboussat. — De plus .... il a un défaut énorme .... qui est presque un vice ....
Blanche, effrayée. — Un vice, monsieur Edmond ! 20 Caboussat, tirant la lettre remise par Poitrinas. — Attends ! je l'ai là, dans ma pocjjie .... Ecoute et frémis ! {A part.) Elle trouvera peut-être le défaut, elle ! (Lisant.) "Mon cher papa, il faut que je te fasse un aveu. . . .dont dépend le bonheur de toute ma vie. . . .j'aime mademoiselle 25 Blanche d'un amour insensé . . . . "
Blanche, à part^ touchée, — Ah ! qu'il ©st bon !
Caboussat, lisant, — " Depuis que je l'ai vue, je ne mange plus je ne dors plus . . . "