SCÈNE II
Machut. — Je n'en doute pas ; j*ai déjà bu treîze verres de vin à son intention.^
Jean. — Vrai ? Eh bien, ça ne paraît pas.^
Machut. — Je cabale pour ton maître. C'est juste, î*ai la pratique de la maison. S
Jean. — Il a un concurrent qui est un malin, monsieur Chatfinet, un ancien avoué. . . Depuis un mois, il ne fait que causer avec les paysans. . .
Machut. — Il fait mieux que ça. Dimanche dernier, il a été ' à Paris et il en est revenu avec une cinquantaine lo de petits ballons rouges qui s'enlèvent tout seuls * ... et il les a distribués gratis'^ aux enfants de la classe agricole.
Jean. — Ah ! c'est très fort !
Machut. — Oui, mais j'ai paré le coup • . . . j'ai répandu le bruit que les ballons attiraient la grêle ... et on 15 les a tous^ crevés.
Jean. — Quel diplomate que ce père Machut ! *
Machut. — Nous ne voulons pas de • Chatfinet. . . A bas Chatfinet ! un intrigant . . . qui fait venir ^° d'Étampes son vétérinaire ! 20
Jean. — Ah! voilà!"
Machut. — Ce qu'il nous faut, c'est monsieur Caboussat ... un homme sobre ... et instruit ! . . . car on peut dire que c'est un savant, celui-là I
Jean. — Quant à ça. . . Il reste des heures entières 25 dans son cabinet avea-un livre à la main . . . l'œil fixe ... la tête immobile . . . comme s'il ne comprenait pas.
Machut. — Il réfléchit.
Jean. — Il creuse ^^... (^Apercevant Caboussat) Le voici. . . {Montrant les morceaux du saladier.^ Je vais 30 faire comme lui, je vais creuser. (// sort par le pan coupé " de gauche. )