SCÈNE VIII
CABOUSSAT, POITRINAS.
CaBoussar.— N'est-ce pas qu’elle est gentille, ma petite 10 Blanche ?
PortriNAs.— Charmante ! et c’est avec bonheur que... mais plus tard....Mon ami, je vous apporte une nouvelle
. considérable.
ones de moi ? 15
PorrriNas.— Vous venez d'être nommé, sur ma recommandation, membre correspondant de l’Académie d’ Étampes.
CABOUSSAT, à part, — Académicien !....Il me fourre dans l’Académie ! 20
PorrriNas.—Eh bien ! voilà une surprise !
CABOUSSAT.— Ah oui !. -Pour une surprise... , mais je ne sais vraiment si je dois ES -.j'ai de bien faibles titres.
PorTRINA8.— Et vos discours ? 25
CABOUSSAT.—Ah! c’est Pour mes discours....Chère petite !
16 La GRammarme.
Porrrinas.—Et puis j'avais mon idée en vous présentant +... Vous pourrez nous être fort utile, +
CaBoussar.— Comment ?
PorrriNas.— Vous surveillerez les fouilles que je vais
5 entreprendre dans ce Pays; vous relèverez les inscriptions latines et vous nous enverrez des rapports.
Cagoussar, éfrayé.—En latin ?
PorTRINas, Mystérieusement.— Chut !....Je soupçonne aux environs d’Arpajon la présence d’un camp de César...
10 N’en parlez pas !
CaBoussar.— Soyez tranquille !
PorrriNas.— Notre départment n’en a pas... .c’est peutêtre le seul. 4
CaBoussar.— C’est une tache.
15 PorrriNas.— Alors, j'ai fait des recherches... -que je Vous communiquerai. ...Gabius Lentulus a dû passer par ER
CaBoussar.— Vraiment... .Gabius ...Lin....turlus
.... Vous en êtes sûr? 20 PorrriNas. — Certain! .... N’en parlez à personne. (Il remonte.)
CaBoussaT.— Soyez donc tranquille.
PorrriNAs.— Mais je suis venu encore Pour un autre motif. ...Mon fils Edmond à vu cet été mademoiselle 25 Blanct + à Étampes. -..Îl à conçu pour elle un sentiment ardent, mais honorable... .et je profite de l’occasion de mes fouilles pour vous faire une ouverture de mariage. CaBoussar.— Mon Dieu !.... je ne dis pas non... .mais je ne dis pas oui. . .. I] faut que je consulte ma fille... 30 PorTriNas.— C'est trop juste. ...Edmond est un bon jeune homme, affectueux, rangé, jamais de liqueurs... , excepté dans son café....
SoËÈNE VIIL 17
CaBoussarT.—Le gloria. .. ,
Porrrinas.—Cent trente mille francs de dot...,
CaBoussar.— C'est à peu près ce que je donne à Blanche.
PorTRINAs.— Mais avant tout, il faut être franc... . Edmond a un défaut....un défaut qui est presque uns vice...
CABOUSsAT.— Ah ! diable !.., lequel ?
PorrriNas.—Eh bien! sachez... .non!... je ne puis pas!. ..moi, président de l'Académie d’Étampes. (Lui tendant une lettr.. Tenez, lisez... 19
CABoUssAT.— Une piquance chanson contre l’Académie ?
PorTRinas.— Une lettre qu'il m'a adressée il y à huit jours. . . .et que je vous soumets avec confusion.
CaBoussar.— Vous m'effrayez !..... voyons. (Lisant.) “Mon cher papa, il faut que je te fasse un aveu dont 15 dépend le bonheur de toute ma vie... .”
PoiTRINAs, à part.—Dépend avec un t....le misérable !
CABOUSsAT, lisant. —“ J'aime mademoiselle Blanche d’un amour insensé, depuis que je l’ai vue... .”
PolTRiNAS, à part.—Vu....sans e -le régime est » avant, animal !
CaBoussar, lisant.—“Je ne mange plus, je ne dors plus. ...”
PorrRinas, à part.— Dors... il écrit ça comme dorer ! CABOUSSAT, lisant. — Son image emplit ma vie et trouble 25 me’ rêves... .”
PoiTRINAS, à part. — Rêves... -r-a-i....( Haut.) C'est atroce, n'est-ce pas !
CaBoussa'r. — Quoi ? -
PorrriNas.— Enfin, je devais vous le dire
; maintenant æ vous le savez,
CABOUSSAT.—Je sais qu'il adore ma fille.
PorrRinas.— Oui, mais contre toutes les règles... Voyez, décidez. .. .Je vais faire une petite inspection dans votre jardin. ...il m’a semblé reconnaître un renflement
6 de terrain... .ça sent le romain, ...À bientôt. (IL sort par le fond.)