‹ La grande barbarie (fragments) [par] Pierre LotiChapitre 11 sur 13 · L .V r. it A N it i: H A u lî A II I · texte numérisé non relu

L .V r. it A N it i: H A u lî A II I

ensemble bien entendu, et ils s'endormirent aussitôt, se tenant toujours par la main et pressés l'un contre l'autre, à la même minute plongés tous les deux dans la tranquille inconscience des sommeils enfantins...

Une fois, il y a longtemps, dans la mer de Chine, pendantla guerre, deux petits oiseaux étourdis, deux minuscules petits oiseaux, moindres encore que nos roitelets, étaient arrivés je ne sais comment à bord de notre cuirassé, dans l'appartement de notre amiral, et, tout le jour, sans que personne du reste cherchât à leur faire peur, ils avaient voleté là de côté et d'autre, se perchant sur les corniches ou sur les plantes vertes.

La nuit venue, je les avais oubliés, quand l'amiral me fît appeler chez lui. C'était pour me les montrer, et avec attendrissement, les deux petits visiteurs, qui étaient allés se coucher dans sa chambre, posés d'une patte sur

un frêle cordon de soie qui passait au-dessus de son lit. Bien près, bien près l'un de l'autre, devenus deux petites boules de plumes qui se touchaient et se confondaient presque, ils dormaient sans la moindre crainte, comme très sûrs de notre pitié...

Et ces pauvres petits Belges, endormis côte à côte, m'ont fait penser aux deux oisillons perdus au milieu de la mer de Chine. C'était bien la même confiance et le même innocent sommeil; — mais des sollicitudes beaucoup plus douces encore allaient veiller sur eux.

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