SCÈNE XIIL
CAROTTIN, DUTILLET, GOBERGEOT, AMÉ- NAIDE, ROBIN, FRANÇOISE.
CAROTTIN , entrant très essoufflé. Grande nouvelle, grande nouvelle !
TOUS
M. Carottin.
CAROTTIN.
Oui Carottin, votre ami, voire conseil, votre providence... CaroUin qui a su dénicher les meilleures affaires de la Bourse, et qui vous a tous mis dedans.
TOUS, l'entourant.
Ah! merci, notre bienfaiteur!..
ROBIN, lui baisant un pan de son habit. Notre père!..
GOBERGEOT, lui buisant l'autre pan.
Mais , au nom du ciel , parlez, que se passe-l-il ?
TOUS
Oui, oui, parlez... parlez...
DUT ILLET . "1 ' ., : . \J
Écoutons bien.
CAROTTIN.
Votre fortune est faite.
TOUS
Se peut-il?
CAROTTIN.
Oui, un coup de Bourse, un coup de ciel... Le célèbre Crapouiliard vient de s'entendre avec les sous-Paris, lessur-les-toits et l'enceinte-continue.. Plus de concurrence... Fusion des quatre compagnies, confusion des sociétés rivales, et profusions de bénéfices...
GOBERGEOT.
Il se pourrait le célèbre Crapouiliard...
CAROTTIN.
S'est décidé ; il prend tout...
AMÉNAIDE.
l'iit-il?..
CAROTTIiN,
Il prend tout sur lui... à Tortoni, on se disputait les promesses d'actions, et mon associé que j'ai laissé au milieu des groupes , doit me dépêcher un courrier si la hausse continue.
GOBERGEOT.
Crapouillard à notre tête... mais nos promesses d'actions vont doubler, tripler, quadrupler. (A Carottin.) A-t-on pris des précautions pour que oa n'aille pas trop loin... Crapouillard à notre tête,... Ah! la mienne s'embarrasse... je vois tout blanc... je vois tout jaune...
AMÉNAIDE.
Le blanc, c'est de l'argent.
CAROTTIN.
Le jaune, c'est de l'or.
GOBERGEOT.
Mes amis!., mes amis, tous dans mes bras... (Embra&santtour à tour tous lespersonnages qu'il nomme.) Aménaïde, ma pauvre femme! Françoise, mon ex-bonne... et toi aussi Robin , mon ex-portier,. Ah ! je pleure, je pleure.. (A Dutillet, qui se présente pour être embrassé.)Noi\, pas vous, vous n'êtes pas de mes amis, vous ne jouez pas...
DUTILLET
Mais j'arrive érein té du voyage... je jouerai plus tard... laissez-moi souffler...
CAROTTIN.
Souffler n'est pas jouer.
GOBERGEOT.
Et nous n'avons pas de temps à perdre... vite à la Bourse !
CAROTTIN.
Un instant; vous ne m'avez pas laissé achever. Le célèbre Crapouillard a fait ses conditions.
GOBERGEOT.
Je lesaccepie comme un quinze-vingt.