‹ La grande bourse et les petites boursesChapitre 19 sur 20 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

Les mêmes, FRANÇOISE /)uw ROBIN.

FRANÇOISE

Monsieur voudra-t-il me garder à son service et m'excuser une dernière fois; car ma remplaçante n'a pas porté votre lettre.

GOBERGEOT, déchirant la lettre.

Mais alors j'ai retrouvé ma place,

AMÉNAÏDE

Comme c'est heureux!

ROBIN', entrant.

Monsieur voudra-t-il parler au propriétaire pour un fidèle concierge plein de repentir...

GOBERGEOT.

Sois tranquille...

ROBIN

Je vous en prie, dites-lui que j'ai du repentir... moi d'abord, j'ai toujours respecté les propriétaires, je n'ai jamais varié. Vivent les propriétaires!

CAROTTIN.

Mon cher Gobergeot, je me retire navré ; mais si plus lard il vous reprenait de tenter quelques opérations...

GOBERGEOT.

Bien obligé, mais désormais je ne Jouerai plus qu'aux dominos.

Moi à la bataille.

aOBLN.

Moi aux quilles.

COLOMBE, présentant Duiillet.

Et nous autres au mariage.

DCriLLlT.

Air : Vaudeville des Nouvelles à la main.

Malgré toute notre adresse, A la Bourse on craint la baisse , Elle menace sans cesse Le joueur imprévoyant.

Mais l'amour que l'on partage Double toujours en ménage; Jouons donc au mariage.

Et tous les mois, fin courant ;

Ca monfra , Noire amour s'augmentera,

Ca niont'ra, Jamais çà n'arrêtera.

COLOMBE

Pour noire plus belle scène, La tragique Melpoméne Chercha longtemps une reine Quand Duchosnois expira.

La recette était moins bonne'; Mais Rachel dans Hermione Yint ramasser sa couronne Et le caissier s'écria :

Ca r'nionfra , Le sceptre lui reviendra,

Cil r'mont'ra, Et Rachel régnera.

FRANÇOISE

Tant qu'un maître, qui bougonne, Oui liardo, quisermonnc, Aux mémoires de sa bonne Sottement regardera, Gare aux dépenses secrètes, Beurre, épinards, ciboulettes, Botts d'oignons, bott's d'allumettes, Chaque fois qu'elle descendra:

Cil mont'ra.

L'ans' du panier dansera,

Ca mor.l'ra.

Je n'vois pas d niai a ça.

ROBIN

Du premier jusqu'au deuxième, Du dcuxiém' jusqu'au troisième.

Bref, du troisième au septième On fait grimper les portiers.

Chaque marche est fatiguante,

Chaque étage en a soixante ; Ah ! jusqu à ce qu'on invente Des maisons sans escaliers :

Cà mont'ra, Le portier s'éreintera.

Ca raontr'a, L' gouvernement devrait bien s'occuper d'cbanger.

MADAME GOBERGEOT.

Lorsque je devins sa femme, M'aimant de toute son âme.

Mon mari, tout feu, tout flamme M'embrassait soir et matin.

Hélas! malgré sa tendresse, Tous les jours sa flamme baisse.

Aussi maintenant sans cesse.

Je répète ; mais envain :

C^ r'mont'ra {ôis) J'ai bien souvent dit cela,

Cà r" montra :

Mais ue parlons pas d' çk.

Voyant les appas d'Hortense, Appas de riche apparence, A treize ans. Lise commence A rêver de temps en temps.

De la nature en silence Elle accuse l'indolence, Lise un peu de patience.

Tu verras qu'avant deux ans-

Cà mont'ra.

Quand l'amour s'éveillera,

Cà mont'ra.

Puis ça déclinera.

GOBERGEOT, OU 'public.

A ma sottise fidèle.

Sur cette pièce nouvelle Qu'on me disait bonne et belle , J'ai pris deux cents actions.

Faites que le ciel m'exauce.

Messieurs, poussez à la hausse, Si ma ligne n'est pas fausse A cent représentations...

Cà mont'ra, {his) Quand de vous dépend cela,

Cà mont'ra, Dites, que ça mont'ra là!...

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