FENDANT SON SOMMEIL
Le pinceau de Le Sueur a emprunté ce beau sujet de Fimagination féconde de dom Zacharie Benedetti, chartreux de Venise au xv® siècle , lequel a consacré plusieurs pages d'un poème latin de douze cents vers à cette vision de saint Bruno.
Tout dans ce tableau est de l'ordre le plus élevé. La figure du saint est noble : elle reflète la tranquillité et la paix de son cœur. Le groupe des trois anges est posé avec une grande habileté , et il y a beaucoup de dignité dans leur attitude.
SAINT BBVNO ET SES GOHFAGNONS DISTBIBIJENT LEVES BIENS
AUX FACirBES.
Saint Bruno et ses amis distribuent leui*s biens aux pauvres. Ceux-ci entourent le perron d'où se fait cette
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distribution; ils se pressent en foule» ils s'agitent pour recevoir la part qui leur est destinée , et plus encore s'il est possible. La cupidité est en présence du désintéressement. Le peintre a tiré un excellent parti de ce contraste : il a parfaitement saisi d'un côté l'empressement et l'avidité, de l'autre le calme et le mépris des biens de ce monde.
Nota. Le tableau qui suit ne fait point partie des vingt-deux compositions de Le Sueur.
Examinons-le cependant; car il représente un fait qui appartient à la vie de notre Saint. Il a pour sujet le songe pendant lequel saint Hugues , évoque de Grenoble, aperçoit sept brillantes étoiles dans la direction du Désert de Chartreuse ; vision allégorique dont le prélat put bientôt vérifier le sens, quand Bruno et ses six compagnons arrivèrent auprès de lui.
Le peintre chargé de reproduire ce trait historique, a commis ici une erreur dont Le Sueur ne s'est pas préservé non plus : il a représenté saint Hugues sous les traits d'un vieillard, tandis qu'il était dans la force de l'âge lorsque saint Bruno vint le trouver à Grenoble.
Au reste, la seule inspection de ce tableau suffit pour faire reconnaître qu'il n'est pas de la même main que ceux au milieu desquels il se trouve.