‹ La Grande-Chartreuse, ou, Tableau historique et descriptif de ce MonastereChapitre 82 sur 93 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ayant pu recevoir ses anciens hôtes, les hymnes sacrées ont de nouveau retenti sous les voûtes de son ^lise trop longtemps silencieuse. Cette église renferme le tombeau de son noble fondateur.

MOCGÈBES.

L'ordre est redevable de cette maison située à deux lieues de Pézenas, dans le département de THérault, et autrefois occupée par des Dominicains; à M. Cannac, curé d'une des deux paroisses de Lodève, qui en fit l'acquisition pour eux en 1825; mais ce n'a été que vingt ans plus tard que, grâce aux libéralités d'une pieuse dame , on a pu commencer à lui donner une forme régulière en élevant un cloître qui n'est pas encore terminé. Elle est habitée maintenant par neuf religieux et un frère convers.

BEAUBEGABD.

Le couvent de Beauregard, qui se trouve à une lieue de Voiron et à cinq de la Grande-Chartreuse, est la seule maison de chartreusines que l'Ordi^e pos-

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sède aujourd'hui. Les religieuses qui Thabitent sont en ce moment au nombre de quinze / non compris quelques sœurs données. Elles ont auprès d'elles deux pères chartreux pour exercer les fonctions du ministère sacerdotal. L'un d'eux est spécialement chaîné du temporel, conjointement avec la mère prieure.

Les chartreusines sont gouvernées par les mêmes statuts que les chartreux et elles observent la même règle , sauf quelques modifications que la condition du sexe a fait sagement établir. Ainsi elles mangent ensemble et ont deux fois par jour une récréation qu'elles prennent aussi en commun. Elles ont du reste les mêmes offices que les religieux, et se lèvent comme eux pour l'office de la nuit. Elles observent aussi les mêmes jeûnes, ainsi que l'abstinence perpétuelle de tout aliment gras, et portent à peu près le même habit.

Ces religieuses sont les seules en France qui aient conservé l'ancien usage de la consécration des vierges, cérémonie qui, faite avec appareil par l'évêque diocésain, est fort belle. Elles y portent la couronne, et en outre l'étole, ainsi que le manipule, comme les prêtres, mais au bras droit. L'évêque leur met au doigt l'anneau mystérieux, emblème de leur alliance avec Jésus-Christ. Au jour de leur sépulture, on les enterre avec les ornements de la consécration.

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