RONDEAU
En très-bon ordre nous partîmes; Notre drapeau flottait au vent, Et quatre jours après, nous vîmes Cent vingt mille hommes manœuvrant.
J'o; donne alors que Ton s'arrête...
J'avais mon plan.
Et jugez-cn !
Ce plan- là n'était pas trop bête...
On a du flair,
Sans avoir 1 air ?
J'avais trois cent mille bouteilles.
Moitié vin et moitié liqueurs...
Je me fais... ouvrez vos oreilles!
To'it rafler par leurs maraud urs.
Voilà tout leur camp dans la joie t
« Du viu buvons
Et nous prisons ! »
Dans le vin Unir raison se noie...
Moi, j'attendais,
Et j'espérais.
Le lendemain, bonheur insigne !
ils acceptèrent le combat !
Je les vis se ranger en ligne, Mais, seigneur Dieu! dans quel état!
Ils se répandent dans la plaine,
Butant, roulant,
Déboulinant; (Tétait comme un grand champ d'avein^
Au gré du vent,
Se balançant!
Devant son armée en goguette, Leur général, l'œil allumé, Gambadait, gris comme un trompette,
Et me criait : « Ohé! ohé! »
Je lui réponds : « Viens-y, ma vieille! »
Tout aussitôt,
Le pauvre sot Se fâche, brandit sa bouteille,
Et, trébuchant,
Marche en avant!
Non 1 c'éuit à mourir de rire 1 Sous ce général folichon, Une armée entière, en délire, Chantait la mère Godichon...
Ah ï la bataille fut bouffonne!. .*
On en poussait
Un, tout tombait.
Du reste, on n'a tué personne...
C'eût été mal...
Mais c'est égal, Vos soldats ont fait des merveille, Et le soir, c'eet flatteur pour eux, Le soir, sur le champ de bouteilles Ils ont couché victorieux !
TOUS
Vive le général Fritz.