ACTE TROISIÈME
FRITZ
Moi non plu?, par exemple, moi non plus.
WANDA
Mais ce n'est pas cela... je veux dire que maintenant que tout le monde vous a félicité, je puis enfin, moi aussi, vous )ire mon compliment...
Naïve enfant!
WANDA, faisant une révérence.
Monsieur le général...
FRITZ
Ça fait une différence, n'est-ce pas, quand on s'attendait à épouser un pauvre jeune soldat, et qu'on se trouve, par le fait, épouser un général en chef couronné par la victoire?
WANDA
Il est clair que dans le premier moment...
FRITZ
Tu es éblouie... avoue-le, naïve enfant.
WANDA
Non... mais...
FRITZ
Mais... tu es éblouie... et pourquoi ça?.., C'est parce que tu vois mon panache, et mes insignes, et toute ma passementerie... mais je ne me serai pas plus tôt débarrassé...
Il Ole son chapeau, sa pelisse et sa sabrelacha qu'il pose sur la console
du foriil.
WANDA
Eh bien, mais qu'est-ce que tu fiis?
Je te rassure, naïve enfant, je te rassure.
WANDA
Oh! mais... tu as une façon de rassurer les gens, toi...
FRITZ
Eh bien... n'est-ce pas? quand on est mari et femme... car nous sommes mari et femme, n'est-il pas vrai?
WANDA
Sans doute... sans doute...
FRITZ, revenant près d'elle.
Eh bien, alors..- fais comme moi...
WANDA
Tu dis?...
FRITZ
J'ai ôtô mon panache... ôle ton panache aussi.
WANDA
Tout à l'heure...
FRITZ
Pourquoi tout à l'heure?... toujours celte timidité... ^ cause de mon grade... n'est-ce pas?... Je suis bien sûr que si, au lieu d'être tous les deux... ici... dans un appartement richement décoré, nous étions dans ta simple cabane, tu n'hésiterais pas tant... mais voilà... C'est une chose à remarquer, que plus on s'enfonce dans les classes élevées, plus on fait des manières... mais... il ne faut pas... il n'y a pas à dire : ma belle amie, il faut te rassurer à la fin,.. Eh!... ô ma Wanda î...
11 la prend par la taille.
WANDA , se dégageant-
C'est pourtant vrai que j'ai un peu peur...