‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 307 sur 633 · II. Physiologie (V. Urine · texte numérisé non relu

II. Physiologie (V. Urine

URÉIDE (Chim.) (V. Urée).

URÉMIE, L'urémie n'est pas une maladie, à proprement parler, c'est un symptôme de la néphrite, caractérisé par l'accumulation des éléments de l'urine dans le sang. A l'état normal, les déchets de la désassimilation de nos tissus traversent par filfcration le rein perméable. Lorsqu'une maladie, telle que la néphrite, ou inflammation du rein, altère cet organe et lui enlève une partie de sa perméabilité, le rein n'est plus capable d'éliminer les déchets, de dépurer l'organisme. Ces déchets restent dans le sang, ils s'y accumulent et développent des symptômes d'intoxication qui constituent l'urémie.

Symptômes. L'urémie est insidieuse et se manifeste d'une foule de manières, souvent par des accidents cérébraux, tantôt par des accidents pulmonaires ou intestinaux. L'urémie se manifeste tantôt bruyamment, par des symptômes graves, tantôt lentement, insidieusement, simulant une foule de maladies, ce qui rend son diagnostic parfois difficile. Les symptômes de l'urémie lente, isolés ou groupés, sont les suivants : migraines, troubles gastriques, vomissements, accès de suffocation, troubles du cœur, myosis, troubles cérébraux, auditifs ou vertigineux, envies fréquentes d'uriner, œdèmes et albuminurie. Ces symptômes ne sont pas toujours au grand complet. L'urémie rapide, souvent brusque, produit parfois des convulsions, du délire et du coma. On observe, dans certains cas, l'urémie dyspnéique, produisant des accès de suffocation qui sont pris, à première vue, pour de l'asthme. Dans quelques cas, ce sont des vomissements incoercibles ou une diarrhée intense. On peut constater l'évolution d'une urémie cérébrale, d'une urémie dyspnéique et d'une urémie gastro-intestinale. On a noté, dans beaucoup de cas, le rétrécissement de la pupille (myosis), parfois la dilatation (mydriase), phénomènes inexplicables dans l'état actuel de la science.

La durée de l'urémie est variable, selon qu'elle est lente ou brusque. La terminaison est souvent fatale, elle survient parfois par quelque complication : apoplexie, convulsions, coma. L'urémie qui se montre dans le cours d'une néphrite aiguë guérit assez fréquemment. Le pronostic varie naturellement avec chaque forme d'urémie. Le traitement doit être institué suivant les formes. On est d'accord pour soumettre le malade au régime lacté absolu. Les grands accidents urémiques exigent une intervention rapide. Les ventouses scarifiées agissent efficacement dans la forme dyspnéique. La saignée est indiquée dans les accidents nerveux, comme délire, coma, convulsions. D'' J.-A. Fort.

UREPEL. Corn, du dép. des Basses-Pyrénées, arr. de Mauléon-Licharre, cant. de Saint-Etienne-de-Baïgorry ; 745 hab.

URETÈRE (Ânat.). L'uretère est un conduit étendu du rein à la vessie. Il porte au réservoir de l'urine le liquide fourni par le rein. A la partie supérieure, il a le volume d'une plume d'oie. Il s'amincit insensiblement de manière à n'avoir que 2 ou 3 millim. de diamètre à sa partie inférieure. Avant d'atteindre le rein, l'uretère présente une dilatation en forme de poche, c'est le bassinet. Cette poche se divise en plusieurs petits con-

duits très courts, les calices, dont l'extrémité va se fixer autour du mamelon des pyramides de Malpighi (V. Rein). L'uretère a une portion abdominale et une portion pelvienne. La portion abdominale est appliquée contre le muscle psoas par le péritoine qui le recouvre. La portion pelvienne se dirige vers la grande échancrure sciatique et de là vers la vessie. Chez l'homme, l'uretère croise le canal déférent et s'insinue entre la vessie et la vésicule séminale correspondante. Chez la femme, ce conduit passe entre les deux feuillets du ligament large, se dirige vers le col de l'utérus et s'insinue ensuite entre la base de la vessie et la partie supérieure du vagin. L'uretère pénètre dans la vessie entre les fibres musculaires, puis il chemine entre la couche musculeuse et la couche muqueuse. La muqueuse soulevée par l'uretère forme une soupape qui empêche l'urine de remonter de la vessie vers le rein. Structure de l'uretère. La paroi de l'uretère, qui n'a pas 1 millim. d'épaisseur, est formée de trois couches : la couche fibreuse, mince et résistante, est constituée par des faisceaux de tissu conjonctif entremêlés de fibres élastiques ; la couche musculeuse contient un plan de fibres longitudinales profondes et un plan de fibres circulaires superficielles; la couche muqueuse, mince, ne possède ni glandes, ni papilles; elle est composée de deux couches. La couche superficielle, en contact avec l'urine, présente, comme la vessie, un épithélium pavimenteux stratifié, s'opposant absolument à toute absorption, comme l'épithélium vésical ; la couche sous-épithéliale est formée du tissu conjonctif. Les artères sont fournies par les artères du voisinage; les veines se jettent dans les veines les plus voisines. Les lymphatiques ont été injectés par Hoggan en 4881 et par Gerota en 1896. Les uns vont se jeter dans le réseau lymphatique de la paroi abdominale en suivant Fouraque, les autres dans les ganglions hypogastriques. Quelques-uns, enfin, se jettent dans les ganglions vésicaux latéraux et antérieurs. Les nerfs viennent des plexus rénal, spermatique et hypogastrique.

URÉTHANE (Chim.). Form. j ^t;; ^^^%,

L'uréthane, qu'on appelle aussi éthyluréthane. éther éthylcarbamique, carbamate d'éthyle, est un éther de l'alcool éthylique et de Facide carbamique. On le prépare par l'action de l'ammoniaque à froid sur le carbonate d'éthyle :

CiOHioQe 4 AzH-^ = C^H^O^ + C^fl^AzO^. Carbonate Alcool Uféthane

d'éthyle

Il faut avoir soin de faire l'opération à froid, car à 100« le carbonate d'éthyle et l'ammoniaque donnent naissance à de l'urée. L'uréthane se présente sous forme de lamelles cristallines incolores, fondant à 8.0*^, solubles dans l'eau, dans l'alcool et dans Féther. On a désigné sous le nom générique d'uréthanes tout le groupe des corps formés par les éthers de Facide carbonique et des différents alcools. Un certain nombre de ces corps ont reçu des appUcations pharmaceutiques.

U RÈTRE. ï. Anatomie. — L'urètre est le conduit vecteur de l'urine chez la femme, le conduit commun à Furine et au liquide séminal chez l'homme. L'urètre de la femme est court et dilatable. Il a une longueur de 3 centim. et offre la même structure dans toute son étendue. C'est un conduit recouvert d'une muqueuse et formé de fibres musculaires lisses, circulaires et longitudinales. L'urètre de l'homme est plus intéressant par son trajet compliqué, par la différence de ses diverses portions et par les maladies dont il peut être atteint. La longueur de l'urètre varie de 18 à 26 centim. Son extrémité antérieure est une ouverture verticale de 6 millim. de longueur environ, appelée 7néal urinaire. L'extrémité postérieure s'ouvre dans la vessie ; elle est entourée par le col vésical. A partir du coi de la vessie, jusqu'à la racine de la verge, l'urètre décrit une courbe dont la concavité embrasse la symphyse du pubis. En avant de cette courbe,

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