‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 466 sur 633 · MUSÉES · texte numérisé non relu

MUSÉES

cour.

M. A. H. Musée artistique et

Hôtel de ville.

histori(iue.

Pa.

Parlement.

M.H.N. Musée d'Histoire na-

Bo.

Bourse.

turelle.

des Invalides, la Monnaie (1836), l'Institut vétérinaire (Thierarznei-InsHtut), enfin le Belvédère^ magnifique château de plaisance, avec un grand parc, construit de 1693 à 1724, et habité jusqu'à sa mort par le prince Eugène de Savoie.

4^ Les quartiers sur la rive gauche du canal du Danube forment le II® district (Leopoldstadt). On y remarque d'abord VAugarten, vaste parc de 50 hect., dans l'ancien style français, ouvert au public par Joseph II en 1775. Au S., une vaste avenue, la Praterstrasse, conduit du pont d'Aspern aune grande place, la Praterstern, d'aspect assez décoratif. Au centre s'élève le monument de Tegethoff, colonne de marbre de 11m. de haut, surmontée de la statue de l'amiral et ornée de rostres en bronze. Immédiatement après, commence le Prater.

^^ Les environs de Vienne présentent, grâce au voisinage des Alpes, un caractère pittoresque qu'on rechercherait en vain dans les banlieues des autres grandes capitales. On y remarque à l'E. une promenade célèbre, le Prater, et à l'O. une série de hauteurs d'où l'on découvre un immense panorama. La principale est le Kahlenberg (438 m.) auquel conduit un chemin de fer à crémaillère, à une distance de 5 kil. Du belvédère qu'on y a élevé on domine toute la ville et on aperçoit au loin les derniers contreforts des Karpathes ou les Alpes de

Styrie. Un peu plus au N., le Leopoldsberg domine immédiatement le Danube. Aux pieds de cette hauteur et sur le fleuve se trouve le gros village de Kloderneuhourg (8.900 hab.), ainsi nommé à cause de sa grande abbaye d'au.^ustins, la plus riche et la plus ancienne de l'Autriche.

Au S. de Vienne, immédiatement à la lisière de la ville, se dresse le fameux château de Schônbrûnn, commencé par l'empereur Mathias, achevé sous Marie-Thérèse en 1775, habité par Napoléon en 1805 et 1809. C'est une vaste construction, de style rococo, remarquable surtout par le jardin qui l'entoure. Par derrière, une colline en pente douce, ornée de parterres, de bassins et de jets d'eau, s'élève jusqu'à la Gloriette, portique de 95 m. de long et de 20 de haut, d'où l'on découvre une belle vue sur la ville. Plus au S. encore s'étend une vaste et riante plaine sur laquelle débouche la pittoresque vallée de la Brûfil, en face du château impérial de Luxembourg. Plus au S. encore, la petite ville de Baden, célèbre par ses eaux sulfureuses, sert de ville d'eau aux Viennois.

A l'E., le Prater, ouvert au public en 1766 par Joseph II, couvre 1.712 hect. Il est sillonné par trois grandes allées, bordées d'une quadruple rangée de marronniers, que parcourent le dimanche les voitures de la bonne société. Au milieu s'élève une rotonde, dernier reste de l'Exposition de 1873. Enfin la partie antérieure de la promenade, couverte de baraques ou de cafés, est le Prater du peuple (Wûrstelprater),

Au N., le Danube coule dans le nouveau et large lit rectiligne qu'on lui a creusé. 11 est traversé par le beau pont de fer Kronprinz-Budolf.

Histoire. — On attribue à Vienne une origine celtique. En tout cas, la ville apparaît dans l'histoire à l'époque romaine, et porte les noms de Vinaomina puis de Vindobona. C'est là que la 13^, plus tard la 10® légion avaient leur castrum stativum qui occupaient un quart environ de la Ville intérieure actuelle. C'est là que mourut en 180 l'empereur Marc-Aurèle. A la fin du m® siècle, la colonie était déjà un municipe : après les invasions, elle appartint aux Ostrogoths. Quand Charlemagne eut organisé la défense du pays entre l'Enns et le Wienerwald, une famille de comtes francs reçut le pays en fief. En 1030, apparaît dans les chroniques le nom actuel de la ville, Wien. Mais son développement date du moment où l'empereur PVédéric P^ ayant mis les Babenberg en possession du pays (1156), Henri Jasomirgott y établit sa résidence comme duc d'Autriche. Saint-Etienne fut commencé en 1144 et le Bnrg en 1160. Le duc Léopold Vil accorda une charte à la ville (1221), bâtit un nouveau Burg (1200) et construisit l'église Saint-Michel (1221). Les Viennois s'étant peu après révoltés contre leur duc Frédéric;, l'empereur Frédéric II accourut à leur secours, érigea leur cité en ville impériale, et y créa une école latine, qui devait plus tard se transformer en Université. Après l'extinction de la maison des Babenberg (1246), Ottocar de Bohême confirma tous les privilèges de Vienne ; son rival, Rodolphe de Habsbourg, s'en empara (1276) et en fit sa résidence; elle devait rester celle de ses descendants. Le duc Bodolpbe IV (-[- 1365) acheva Saint-Etienne et fonda son Université. En 1448, l'empereur Frédéric III y signa un concordat avec le pape. Peu après, les Viennois se révoltèrent contre lui, et il ne dut sa délivrance qu'à l'intervention du roi de Bohême, Georges Podlebrad. En 1 480, la ville devint le siège d'un évêché. Mathias Corvin l'assiégea en 1484 et y mourut en 1490. Redevenue la résidence des empereurs d'Allemagne, elle fut assiégée en 1529 (22 sept.-15 oct.) par les 120.000 Turcs du sultan Solimnn, et sauvée par la vaillance de ses habitants ; menacée par les Suédois en 1640 ; ravagée par la peste en 1541, 1564 et 1579; assiégée une seconde fois par les Turcs du 14 juil. au 12 sept. 1683 et délivrée par le duc de Lorraine et le roi de Pologne, Jean

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Sobieski. En 4704, les insurgés hongrois de Rakoczy menacèrent Vienne en 1722, le pape érigea en archevêché l'évêché de Vienne. Pendant la période révolutionnaire et impériale, la ville fat, àdeuxreprises, occupée par les Français; du 'l3nov. '1805 au 4 2 janv. 1806, et du 13 mai au 14 oct. 1809. En 1815, les fêtes auxquelles donnèrent lieu le Congrès de Vienne {V, cidessous)justifiêrent la réputation qu'elle s'était acquise, dèslexvi® siècle, «capitale de bon plaisir » (.^neas Sylvius). Elle conserva ce caractère pendant toute la durée du régime Metternich ; mais, pendant l'année 1848, elle fut agitée par trois grands mouvements populaires : le premier (13 mai) aboutit au renvoi de Metternich et à l'octroi d'une constitution ; le second fut surtout une révolte d'étudiants et amena l'empereur à abandonner la ville; le troisième (6 oct.) fut une véritable révolution, ensanglantée par le meurtre du ministre de la guerre, Latour ; elle força les troupes impériales à évacuer la ville et à la reprendre après un sanglant combat (31 oct.). Rentrés dans l'ordre et la tranquillité, les Viennois n'en sortirent que pour voir en 1866 la fumée des bivouacs prussiens ; mais l'ennemi s'arrêta au Danube. A partir de cette date, l'histoire de la ville est plus économique que politique. En 1858, on commença à abattre les glacis et à édifier de magnifiques constructions, terminées seulement en 1880, qui couvrent aujourd'hui le Ring. En 1873, une Exposition universelle eut un heureux succès. En 1892, l'annexion à la commune des localités voisines en augmenta la population d'un tiers. Les troubles passagers qui amenèrent en 1897 la démission du cabinet Badeni, sont les seuls événements importants que présente depuis trente ans l'histoire politique de la ville.

Congrès de Vienne. — Ce congrès, qui se réunit à Vienne, de sept. 1814 à juin 1815, eut pour objet de réorganiser l'Europe, bouleversée par vingt-cinq années de guerre, de partager entre les membres de la coalition les dépouilles de la France vaincue, et de constituer un nouvel équilibre européen qui pût être durable.

Préliminaires du congrès. Situation des puissances. — Le traité de Paris (30 mai 1814), qui terminait la guerre contre Napoléon, tranchait déjà la plupart des questions à résoudre. Il fixait d'abord les limites de la France vaincue à ses frontières en 1792, et augmentée seulement du Comtat-Venaissin, de MontbéHard et du dép. du Mont- Blanc. De plus, ses articles secrets traçaient les grandes lignes de la réorganisation de l'Europe. L'Allemagne devait être reconstituée en corps fédératif indépendant ; la Suisse, reprendre son ancienne forme et sa neutralité ; la Belgique, être réunie à la Hollande, pour former, sous la maison d'Orange, le royaume des Pays;-Bas ; l'Autriche, obtenir la possession de l'Italie du Nord, et s'étendre, par ses archiducs et archiduchesses, dans l'Italie du centre ; la Sardaigne, recevoir Gênes ; la Suède, acquérir la Norvège ; l'Angleterre, conserver la position maritime qu'elle avait conquise. En même temps que la distribution des territoires, les articles secrets du traité de Paris réglaient la forme des négociations. Ils stipulaient, en effet, que « les dispositions à faire des territoires auxquels Sa Majesté Très-Chrétienne renonce, et les rapports desquels doit résulter un système d'équilibre réel et durable en Europe, seront réglés au congrès sur les bases arrêtées par les puissances alliées entre elles. D'après ce programme, la Russie, la Prusse, l'Autriche et l'Angleterre auraient, après entente préalable, dicté toutes les décisions; la France et les petits Etats se seraient bornés à les enregistrer.

Ce plan échoua par les divisions de ceux qui l'avaient conçu et par l'habileté du représentant de la France, Talleyrand. Tout d'abord les alliés ne s'entendaient pas sur le sort du royaume de Saxe et du grandduché de Varsovie. La Prusse voulait s'arroger le premier, et la Russie garder en entier le second, que l'empereur Alexandre destinait à former un royaume de Pologne,

avec une constitution indépendante ; l'Autriche cédait sans hésiter la Pologne, mais avait quelques scrupules sur le sacrifice entier de la Saxe, tandis que l'Angleterre abandonnait bien volontiers la Saxe à la Prusse, mais craignait d'agrandir la Russie de ce reste de Pologne. En second lieu, Talleyrand, ministre de Louis XVIII, apportait au congrès un principe qu'il sut admirablement utiliser pour servir les intérêts des Bourbons : c'était le principe de la légitimité, qui distinguait entre la possession de droit et la possession de fait. Il permit de répudier pour la France toute velléité d'agrandissement, comme le craignaient les alliés, d'exiger le détrônement de Murât et le rétablissement du roi de Saxe, comme le désirait Louis XVIÏI, enfin de mettre aux prises la Russie et la Prusse d'une part, l'Angleterre et l'Autriche d'autre part.

Réunion du congrès. Premiers travaux. — Dans les premiers jours de sept. 1814, on vit arriver à Vienne, ou Metternich représentait l'Autriche, Nesselrode pour la Russie, Humboldt et Hardenberg pour la Prusse, Castlereagh et son frère Charles Stewart pour l'Angleterre ; Talleyrand et Dalberg, pour la France ; ils furent suivis des souverains de Prusse et de Russie et de ministres de tous les petits Etats; il y eut à Vienne jusqu'à 216 chefs de mission. Aussitôt commencèrent des fêtes qui devaient se prolonger jusqu'à la fin du congrès, coûter 40 millions et faire dire au prince de Ligne : << Le congrès ne marche pas, il danse ».

Les premières séances du congrès furent marquées par de vives escarmouches entre Talleyrand et les alliés. Ceux-ci voulaient, conformément au traité de Paris, former un comité dirigeant, qui trancherait toutes les questions pour en imposer la solution aux autres Etats. Talleyrand protesta contre cette prétention dans une note solennelle (1^"" oct.) ; puis il obtint (8 oct.) que ce comité s'adjoindrait la France, la Suède, l'Espagne et le Portugal, également signataires du traité de Paris ; que ses délibérations n'auraient qu'une valeur consultative ; enfin que les arrangements à intervenir seraient conformes au droit public ; cette dernière proposition souleva, mais inutilement, les colères des plénipotentiaires prussiens.

Les questions de Pologne et de Saxe. Le traité du 3 JANV. 1815. — Presque aussitôt après, un conflit éclata: d'une part, entre Alexandre et Frédéric-Guillaume d'accord pour occuper Varsovie et Dresde ; d'autre part, entre Metternich et Castlereagh, divisés sur le sort de la Saxe, unis pour refuser la Pologne à la Russie. Ces deux derniers essayèrent d'abord, l'un après l'autre, de résoudre la question sans l'intervention de la France, en séparant la Prusse de la Russie ; mais ces tentatives ne firent que rendre l'union d'Alexandre et de Frédéric plus intime et les déterminer à mettre l'Europe en face d'un fait accompli. Au début de novembre, le prince Repnin, commandant les troupes unies en Saxe, annonça dans une proclamation retentissante que le pays serait évacué par ses troupes et reviendrait définitivement à la Prusse ; peu après, le grandduc Constantin, dans une proclamation analogue, invitait les Polonais à considérer en lui le chef de la Pologne reconstituée. Ces deux manifestes irritèrent Metternich, exaspérèrent l'Allemagne, et consommèrent la rupture entre les alliés de Chaumont ; ceux-ci formaient deux partis, égaux en force, entre lesquels l'intervention de la France pouvait seule décider.

Talleyrand n'avait rien négligé pour la rendre nécessaire. Après avoir protesté de son désintéressement territorial et repoussé les avances du tsar, pour désarmer les défiances de Castlereagh et de Metternich ; après avoir obtenu de Louis XVIII qu'il augmentât l'armée, pour faire de l'alliance française un appoint décisif, il rédigea, le 19 déc, une note solennelle pour affirmer sa volonté de maintenir le roi de Saxe sur son trône. Quelques jours après, en présence du langage menaçant des militaires prussiens, il réussit à persuader à Castlereagh et à Metternich de signer avec lui un traité d'alliance. Par ce traité

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(3 janv. 4815), la France, l'Autriche et l'Angleterre s'engageaient à soutenir réciproquement leurs prétentions et à mettre chacune IdO.OOO hommes au service des deu>c autres. C'était là un succès diplomatique que Talleyrand, dans une lettre au roi, caractérisait en ces termes : « Maintenant, Sire, la coalition est dissoute, et elle l'est pour toujours ; non seulement Votre Majesté n'est plus isolée en Europe ; mais Votre Majesté a déjà un système fédératif tel que cinquante ans de négociations ne sembleraient pas pouvoir parvenir à lui donner. Elle marche de concert avec deux des plus grandes puissances... ». Les contemporains et la plupart des historiens modernes n'ontpourtant pas partagé cet enthousiasme. Plusieurs d'entre eux (notamment ïhiers, Mignet et Henri Houssaye) ont même reproché à Talleyrand de n'avoir pas pris parti pour la Prusse et la Russie contre l'Angleterre et l'Autriche. Leur argumentation peut se résumer ainsi. D'une part, l'empereur Alexandre, qui désirait ardemment l'appui de la France, fit, à trois reprises, à son représentant des avances non dissimulées. N'aurait-on pu obtenir de lui cette augmentation de territoire à laquelle ni Metternich, ni Castlereagh ne voulurent souscrire ? D'autre part, les ministres prussiens tenaient tellement à annexer la Saxe tout entière, qu'ils offrirent, comme compensation, à son roi, une souveraineté de 700.000 hab., à former avec les provinces rhénanes. Ne valait-il pas mieux placer entre la Saxe et le Rhin, à quelques marches de notre capitale, un petit Etat qu'un grand, un souverain nécessairement inoffensif qu'une puissance de premier ordre, qui servait alors d'avantgarde à l'Europe ? Ne valait-il pas mieux la Prusse sur les flancs de la Bohême que sur la frontière de la France ? Ne valait-il pas mieux accroître sa rivalité avec FAutriche en Allemagne, en multipliant leurs points de contact, et rendre ses futurs rapports avec la France plus faciles, en Féloignant de son territoire? A ces arguments on oppose les suivants résumés par Sorel : i^ l'empereur Alexandre proposa à Talleyrand son appui dans la question de Naples, mais ne lui offrit jamais d'acquisitions territoriales, que son allié prussien n'aurait d'ailleurs jamais acceptées; 2° la Prusse se serait bien plus fortifiée par Facquisition de la Saxe, contiguc à son territoire, que par celb des provinces rhénanes séparées d'elles, non seulement par la distance, mais encore par la différence de religion et par le souvenir de la domination française ; 3° le roi de Saxe, même placé sur le Rhin, n'aurait pas tardé à être entraîné dans l'orbite de la politique prussienne, comme tous les petits princes de l'Allemagne du Sud ; 4° enfin l'attitude prise par Talleyrand dans cette question a été la conséquence logique et nécessaire du système qu'il avait adopté, de concert avec Louis XVIiï.

Quoiqu'il en soit de ce procès historique, le traité du 3 janv. eut pour effet d'amener une transaction et de rendre la Russie et la Prusse plus accommodantes. L'une détacha de la Pologne Thorn qu'elle céda à la seconde ; la Prusse, par contre, se contenta des deux tiers de la Saxe, qui subsista comme souveraineté indépendante.

La question de Naples. — Restait à résoudre la question de Naples qui divisait encore les grandes puissances. Louis XVIÏI avait donné mission à son représentant de ne rien épargner pour détrôner Murât, qu'il détestait comme aUié de Napoléon et usurpateur des Deux-Siciles. Mais Talleyrand se heurtait à l'indifférence de Hardenberg et de Castlereagh, et surtout à la mauvaise volonté de Metternich, qui, par un traité formel (41 janv. 4844), avait promis à Murât la conservation de son royaume en échange de son concours contre Napoléon. La question semblait insoluble, quand le principal intéressé vint luimême la trancher au gré de ses ennemis. Craignant d'être dépossédé, il résolut de prendre l'offensive, et déclara qu'il se réservait le droit de traverser en armes plusieurs Etats italiens. Metternich, se croyant délié de ses promesses, répondit à cette manifestation en envoyant en Italie une armée pour le détrôner.

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» Fin DU CONGRÈS. — Le4^^mars4815, Napoléon débarqua à Fréjus; toutes les puissances représentées à Vienne le mirent aussitôt au ban de FEurope et s'allièrent contre lui (25 mars 4845). La guerre accéléra les travaux du congrès, et le 9 juin les huit puissances signataires du traité de Paris conclurent l'acte final, auquel on a donné le nom générique de Traités de Vienne.

Traités de Vienne. — L'acte final du congrès était divisé en 424 articles et contenait : 4° des clauses territoriales ; 2*^ des clauses juridiques.

Clauses territoriales. Russie et Pologne (art. 4-44). -- Le grand-duché de Varsovie devait être uni à la Russie par le lien d'une union réelle et recevoir « une représentation et des institutions nationales». On en détachait, toutefois, la Posnanie, dévolue à la Prusse, la Galicie rendue à l'Autriche, et Cracovie destinée à former une principauté indépendante et neutre.

Allemagne (art. 45-52). — La Prusse recevait les deux tiers de la Saxe, les anciens départements français de la rive gauche du Rhin, et plusieurs districts sur la rive droite. L'électorat de Hanovre était rétabli et érigé en royaume. La Ravière s'augmentait du grand-duché de Wurtzbourg et de la principauté de Aschatïenbourg. Francfort était déclarée ville hbre. L'Autriche recouvrait en Allemagne le Tirol, leVorarlberg,le cercle de Hausruck.

La Confédération germanique (art. 53-63). — Tous les princes et villes libres d'Allemagne, le roi de Prusse et Fempereur d'Autriche pour leurs provinces germaniques, le roi de Danemark pour le Holstein, et le roi des Pays-Ras pour le grand-duché de Luxembourg (en tout 38 membres), devaient former une confédération perpétuelle, qui porterait le nom de Confédération germanique. Sa direction en était confiée à une diète de 47membres siégeant à Francfort, sous la présidence de l'Autriche, chargée de faire des propositions, et obligée de les soumettre, pour toutes les questions importantes, à une assemblée plénière de 69 membres. L'organisation militaire de la Confédération devait être réglée ultérieurement.

Les Pays-Ras (art. 65-73). — Les anciennes Provinces-Unies et les provinces belges devaient former un seul royaume, dévolu à la maison d'Orange-Nassau, dont le souverain porterait le titre de grand-duc de Luxembourg.

La Suisse (art. 74-84). — La Suisse formait une confédération dont la neutralité était de nouveau solennellement garantie et dont les 49 cantons étaient portés au chiffre de 22, par l'adjonction du Valais, de Genève et de Neuchàtel.

L'Italie (art. 85-405). —Le roi de Sardaigne recouvrait ses anciens Etats, augmentés des territoires de l'ancienne république de Gênes. L'Autriche acquérait la Lombardie, la Vénétie, la Valteline et le littoral oriental de l'Adriatique jusqu'à Raguse. Un archiduc, François d'Esté, recevait les duchés de Modène, Reggio et Mirandole; une archiduchesse, Marie-Réatrice d'Esté, Massa et Carrare ; Fex-impératric<^ Marie-Louise, Parme, Plaisance et Guastalla. La Toscane était rendue à son ancien possesseur, Farchiduc Ferdinand, qui obtenait Fexpectation de Lucques, provisoirement donné à la v«^uve de l'ancien roi d'Etrurie. Le pape et le souverain des Deux-Siciles restaient en possession de leurs anciens Etats, tels qu'ils étaient délimités en 1789; mais l'Autriche gardait le droit de tenir garnison à Ferrare.

Clauses turidiques. — La réunion d'un congrès général avait paru à l'Europe une occasion unique de régler certaines questions d'un caractère international, pendantes depuis des siècles, et dont la solution importait à toutes les nations : 4« les articles 408 à H7 proclamaient et réglementaient la libre navigation des fleuves; 2'' le principe de la suppression de h traite des nègres était affirmé (art. 448, n^ 45); 3« enfin les agents diplomatiques étaient partagés en trois classes dans les nrivilèges, et les préséances étaient nettement fixées (art. 4i8, n^47).

L'Angleterre et la France. — Ni FAogleterre ni la

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France n'étaient visées par les articles des traités. La première gardait les conquêtes qu'elle avait faites pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire. Le sort de la seconde, déjà réglé par le premier traité de Paris (30 mai 1814), fut aggravé parle second, qui lui enlevait Philippeville, Marienbourg, Bouillon, Sarrelouis, Landau et le reste de la Savoie.

Caractère général des traités de Vienne. — L'œuvre du congrès de Vienne a été, pendant toute la première moitié du siècle, très défavorablement appréciée. On lui a reproché d'avoir agrandi outre mesure les grands Etats aux dépens des petits, de n'avoir tenu nul compte des volontés des populations, enfin d'avoir trop durement traité la France. Ces reproches sont en grande partie justifiés. Il est certain que la Russie, agrandie de la Finlande et de toute la Pologne; que l'Autriche, arrondie dans l'Europe centrale, et maîtresse directe ou indirecte de la péninsule italique ; que la Prusse, presque doublée par la possession des provinces rhénanes, étaient bien plus menaçantes après 1815 qu'avant 1789. Il est certain, d'autre part, que certains petits Etats furent supprimés sans phrases, comme Gênes, ou dépouillés de moitié, comme le Danemark ou la Saxe ; que des nationalités entières furent définitivement supprimées en Pologne, démembrées en Italie, divisées en Allemagne. Il est certain enfin que la France seule ne sortait pas agrandie du congrès, alors que toutes les puissances avaient reçu des accroissements territoriaux, et que par là l'équilibre européen se trouvait rompu à son détriment . Ce sont là autant de raisons de faiblesse très réelles, qui devaient plus tard provoquer une violente réaction contre l'œuvre du congrès de Vienne.

Mais il semble, d'autre part, que cette œuvre soit appréciée un peu différemment, depuis qu'elle a disparu pour faire place à la politique des nationalités. Au point de vue national, la France n'est pas plus forte, au contraire, depuis qu'elle a sur ses flancs, au lieu d'une Allemagne et d'une Italie divisées, une Allemagne et une Italie unies. Au point de vue international, l'Europe n'est pas plus tranquille depuis que ses peuples sont abandonnés à euxmêmes au lieu d'être dirigés et dominés par l'union des grandes puissances. Le congrès de Vienne a donné à l'Europe trente années de paix : c'est assez pour qu'on excuse ses erreurs. A. Pingaud.

BiBL. : Bermann, Alt undneu- Wien, 1879. — Bodens- TEiN, Hundert Jahre Kunsgeschichte Wiens (1178-1888); Vienne, 1888. — Guglia, Geschichte der Stadt Wien; Vienne, 1892. — Weiss, Die ôsterreichisch-ungarische Monarchie in Wort und Bild; Vienne, 1886, 1. 1. —V. ïissot. Vienne et la Vie viennoise; Paris, 1878. — Umlauft, Die raûmliche Enivoickelung derStadt Wien von der Rômerzeit hiszur Gegenwart ; Vienne, 1893. — Weiss, Geschichte der StadtWièn; Vienne, 1882.

Traités de Vienne. — Comte (I'Angeberg, le Congrès devienne et les Traités de 1815 ; Paris, 1864, 4 vol. — Sir Lytton Bulwer, Essai sur Talleyrand (trad. franc. Perrot). — CzARTORYSKi, Mémoircs ; Paris, 1885. — Henry Houssaye, 1815 ; Paris, 1893. — Metternich, Mémoires^ 1880, 1. 1 et II. ~ Emile Ollivier, VEmpire libéral ; Paris, 1895, t. I. — Pertz, Stein's Leben. — Albert Piingaud, le Congrès de Vienne et la Politique de Talleyrand, dans Revue historique, 1899. — Albert Sorel, Essais d'histoire etde critique; Paris 1883. — Correspondance deTalleyrand et du roi Louis XVIII pendant le congrès de Vienne, publiée par G. Pallain; Paris, 1881.— Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire, t. XVIII. — Wellington, Despatches ; Londres, 1858, 8 vol.

VIENNE. Rivière de France, affl. g. de la Loire (V. cidessous Vienne et Vienne [Haute-], dép.).

VIENNE. Com. du dép. du Calvados, arr. de Bayeux, cant. de Ryes ; 210 hab.

V I E N N E ( Vienna A llobrogum , Colonia Julia Vienna) . Ch.-l. d'arr. du dép. de l'Isère, sur la rive gauche du Rhône, au confluent de la Gère, par 45° 31' 28^'' de lat. N. et ^^m'W de long. E. Stat. du chem. de fer de Paris à Marseille ; 23.015 hab. (1896). Tribunaux civil, de commerce, chambre de commerce. Collège communal et collège congréganiste. Ecoles techniques (dessin, tis-

sage). Bibliothèque (env. 20.000 vol.). Usines et manufactures (métallurgie, produits textiles).

Histoire. — Située à un coude formé par le Rhône dans un rétrécissement de sa vallée, la position de Vienne fut choisie, dès une époque ancienne, comme capitale par les Allobroges, puis comme colonie militaire par les Romains. La ville gallo-romaine se développa sur cinq collines élevées, appelées monts Salomon (Sospolium), Sainte-Blandine (Quirinus), Saini-Sasi {Crappum), etc. Le faubourg de Sainte- Colombe (V. cet art.), sur la rive droite du Rhône, faisait partie de la ville antique. L'empereur Claude établit un sénat à < Vienne. A la fin du m® siècle apr. J.-C, Vienne devint capitale de la province Viennoise, formée du démembrement de la Narbonnaise. L'importance de Vienne diminue graduellement avec les progrès de sa rivale, Lyon. Les anciennes prétentions de Vienne subsistèrent dans les prérogatives de ses évêques, qui gardèrent le titre archiépiscopal, ainsi que celui de « primat des Gaules », qu'ils partageaient avec les archevêques de Lyon jusqu'à la fin de l'ancien régime. Vienne joua un certain rôle pendant les époques troublées des invasions des barbares. Valentinien II y fut assassiné (392). Elle fut prise par l'usurpateur Constantin (411) et reprise par Geronlius. Elle devint capitale des Burgondes (432). Elle fut prise par Gondebaud, frère de Godégisèle, qui y fut tué (500). Elle passa sous la domination des Francs en 534. Elle fut ensuite successivement prise par les Lombards (558), les Sarrasins (737), les empereurs Lothaire (834) et Charles le Chauve (871). En 879, Vienne devint capitale du royaume de Boson (V. Arles [Royaume d']). Les archevêques de Vienne devinrent seigneurs suzerains (1023), avec le titre de comtes, et gardèrent leur indépendance même après la réunion du royaume d'Arles à l'Empire (1032). Leurs privilèges furent confirmés parles empereurs d'Allemagne (1153, etc.), qui leur donnèrent le titre d' « archichanceliers » du royaume d'Arles (1157). Les archevêques prétendaient exiger l'hommage des dauphins de Viennois, qui avaient le titre de « chanoines » de l'église cathédrale de Vienne. Pendant l'époque féodale, Vienne subit plusieurs sièges, en 880-82, 947, etc. En 1378, le dauphin (Charles V), nommé vicaire général de l'Empire pour le royaume d'Arles par l'empereur d'Allemagne, fit occuper Vienne, qui résistait à son autorité. Néanmoins, la ville de Vienne ne fut définitivement réunie à la France qu'en 1448 seulement. L'administration royale fit transférer le siège du bailliage de Viennois de Bourgoin à Vienne (1451). Au XVI® siècle, Vienne fut successivement prise et reprise par les catholiques et les protestants, pendant les guerres de religjon (1562 et 1567) et pendant la Ligue (1592 et 1595). En 1605, les jésuites fondèrent un collège, oii Massillon enseigna à la fin du xvii® siècle. — Un concile célèbre s'est tenu à Vienne en 1311 (V. le § Concile).

Monuments. — Vienne possède plusieurs monuments romains très importants : le Temple d'Auguste et de Livie, analogue au monument du même genre qui se trouve à Nîmes ; les restes d'un cirque et d'une portion de sa « spina », consistant en une pyramide votive qui fut dénommée au moyen âge le plan de V aiguille ; les restes du forum (escalier et arcades de portiques), du théâtre^ des murs et des aqueducs, qui traversaient le mont Quirinus. — Les monuments du moyen âge sont moins importants : l'église cathédrale Saint- Maurice (xii® siècle- 1515), avec deux tours et façade de la Renaissance; l'église Saint-Pierre (xii®-xvii® siècles), qui appartenait à une ancienne abbaye de bénédictins (nobles) sécularisée en 1612, contenant le mw5<^^ lapidaire; l'église de l'ancienne abbaye bénédictine de Saint-André-le-Bas (xi®xiii® siècles) ; l'église de l'ancienne abbaye bénédictine de femmes (nobles) de Saint-André-le-Haut ; les ruines des châteaux féodaux construits sur les monts Salomon (château de La Bâtie), Arnaud et Pipet ; deux ponts (1402 et 1557) sur la petite rivière de Gère; enfin un

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grand nombre d'anciennes maisons romanes et gothiques.

— Un monument moderne {statue colossale de la Sainte- Vierge), en pierre de Volvic, a été érigé sur le monl Pipet (1860). — La ville ancienne possédait de nombreux couvents de femmes (Annonciades, Bénédictines de Sainte- Colombe, Bernardines, Dominicaines, Ursulines) et une commanderie de l'ordre de Malte.

Personnages célèbres. — Vienne a vu naître : au iii^ siècle, saint Julien ; au v^ siècle, Claudien Mamert ; au xvii^ siècle, le jurisconsulte Salvaing de Boissieu, l'historien Nicolas Chorier ; au xix® siècle, les poètes Michel Pichat et Ponsard, l'écrivain C. Reynaud.

Archevêché. — Le siège épiscopal de Vienne fut Tun des plus anciens de la Gaule et remonte aux origines mêmes du christianisme. Les limites du diocèse coïncidèrent avec celles de la Viennoise Jusqu'à l'érection d'Arles en métropole archiépiscopale (fin du iv^ siècle). Au VI® siècle, l'évêché de Saint-Jean-de-Maurienne fat détaché du diocèse de Turin et rattaché à celui de Vienne. L'archevêché de Vienne comprenait les diocèses de Grenoble, Valence, Die, Viviers, Saint-Jean-de-Maurienne et Genève. Il fat l'un de ceux qui furent supprimés à l'époque de la Révolution (1790) et fut rattaché au diocèse de Grenoble.

Saint Crescent, i^^ siècle (?) ; saint Zacharie ; saint Martin ; saint Vcrus 1^^ ; saint Just ; saint Denis ; Paracodes, V. 235 ; saint Verus II, v. 314 ; saint Nectaire (Nectarius), v. 356 ; saint Florentins, v. 374 ; saint Lupicinus ; saint Simplicius ou Simphde, v. 400-v. 420 ; saint Paschasius ; Claudius, v. 440; saint Nicetas ou Nicetius, V. 449 ; saint Mamert, v. 462-f 11 mai 475 ou 476; saint HesychiusP^ (Isitius), 476-f 16 mars (?) ; saint Avit (Alcimus Ecdicius Avitus), v. 494-f o fév. 518 ; saint Julien, v. 520-f 22 av. v. 540 ; saint Domninus ; saint Pantagathus, v. 538 (?) ; Hesychius II, v. 545-tl2 nov. v. 565 ; saint Namatius, f 17 nov. 559 ; Philippe, V. 567-f v. 580 ; Cadoaldus (?) ; saint Evance (Evantius), v. 580-t 586 ; saint Verus III, 586-v. 590; saint Didier, v. 590-f 23 mai 607 ; saint Domnolus, 603-f 620 (?) ; saint J^therius ; Clarentius ; Sindulphus ou Landolenus, v. 625-v. 650 ; Hecdicus [Edictius) ; Clodoaldus (?) (Chaoaldus, Chaldeoldus, Eoaldus), V. 650-v. 665 ; Dodolenus (?) ; saint Babolin P^ ; saint Dieudonné (Deodaius) ; Blideramnus ou Blidrannus, v. 675-v. 680; saint Agratus, v. 690; saint Georges (?), V. 699 ; saint Eoldus, v. 700-v. 715 ; Babolin II, 718 (?) ; saint Austrebert, 749-v. 742 ; saint Willichaire, v. 742- V. 752 ; Proculus (?) ; Bertericus, 767-v. 790 ; Ursusou Ursio, V. 790-t v. 796; Wulferius (Vultreius), v. 797f 15 mai v. 810; saint Bernard P^ v. 810-f 22 janv. 841 ; Agilmarus, 84l-t 6 juil. 839 ; saint Adon, 859- 1 16 déc. 875; Otramnus, 876-t 16 sept. v. 885; Bernoin, 886-t ^^ Janv. v. 899 ; Ragenfroi, 28 janv. 899t 907 ; Alexandre F^ 908-926 ; Sebon (Sobbo), 927tv. mars 950 (?); saint Thibaud (Tlieobaldus), v. 970 (?)tv. 1000 ; Burchard,îv. 1010-t 20 août v. 1030 ; Léger (Leodegarius), v. 1030-f 12 juil. 1070 ; Armannus, 1070-76; Garmond (Ifarmundus), 1077-t 1081 ; Gontard (Gunthardus), 1082-84 ; Gui P^ de Bourgogne, 1084-9 fév. 1119, devenu le pape Calixte II ; Pierre P^, 1121-25; Etienne P% v. 1125-v. 11/^5; Humbert P^ d'Albon, 1146-t 20 nov. 1147 ; Hugues P% v. 1148- 1 1155; Etienne II, V. 1155-t26 fév. 1163; Guillaume P^' de Clermont, 1163-66? Robert P'' de La Tour du Pm, V. 1170-t 17 juin 1195; Aynard de Moyrenc, 1195fv. 1205 ; Humbert II, fév. 1206-t 19 nov. 1215; Bruno, 1216-18 ; Jean P^ de Bournain (de Burnino), 1218-f 17 avr. 1266; Gui II d'Auvergne de Clermont, V. 1268-f fév. 1278. — Vacance du siège épiscopal.

— Guillaume II de Valence, 13 fév. 1283-t v. 1305 ; Briand de Lagnieu, 6 juil. 1306-f 1317 ; Simon, cardin. d'Archiac, 4 sept. 1319-21 déc. 13^20 ; Guillaume III de Laudun, 27 fév. 1321-18 déc. 1327, transféré à Tou-

louse ; Bertrand de La Chapelle, 19 déc. 1327-f 1352 ; Pierre Bertrand, 3 oct. 1352-62 ; Pierre III de Graiia, Tl avr. 1362-63, transféré à Naples; Louis de Villars,

9 janv. 1363--!- 8 sept. 1377 ; Humbert III deMontchenu (de Montecalvo), 16 déc. 1377-t 13 août 1395; Thibaud de Rougemont, 20 août 1395-1405, transféré à Besançon ; Jean II de Nanton, 20 fév. 1405-26 juin 1423, transféré à Paris ; Jean III de Norrv (de Norriaco),

10 oct. 1423-t IS oct. 1438 ; Geotfroi "Vassal, 20 oct. 1440-20 avr. 1444, transféré à Lyon; Jean IV Gérard de Poitiers, 45 août 1448-t v. 1452 ; Jean V du Chastel (de Castro), 28 janv. 1452-21 nov. 1453, transféré à Nîmes; Antoine h^ de Poisieux, 22 janv. 1454-73; Gui III de Poisieux, 15 août 1473-t 27 oct. 1480; Eustorge (Asiorgius) Aimery, 11 déc. 1480-f 27 juil. 1482 ; Angelo Catho de Sopino, 4 oct. 1482-f 1495; Antoine II de Clermont, 1495-V.1506 ; Frédéric deSaint- Séverin, cardin. de Saint-Théodore, 1506-15 ; Alexandrell de Saint-Séverin, 22 déc. 1515-t 1527 ; Pierre HI Paulmier, 28 oct. 1528-fl5o4 ; Charles de Marillac, 24 mars 15D7-f 2 déc. 1560; Jean VI de La Brosse, janv. 1561- 69 ; Vespasiano Gribaldi, 17 juin 1569-75; Pierre IV de Villars, 30 juin 1576-sept. 1587 ; Pierre V de Villars, sept. 1587-t 1598 ; Jérôme de Villars, 24 juin 1598- 1 18 janv. 1626 ; Pierre VI de Villars, 1626-25 mai 1662 ; Henri l^' de Villars, 27 juin 1662-t 27 déc. 1693; Armand de Montmorin, 10 avr. 1694-f 6 oct. 1713; François de Bertons de Grillon, 30 déc. 1714-^ 10 ou 30 oct. 1720 ; Henri II Oswald, cardin. de La Tour d'Auvergne, 4 janv. 1721-17 mars 1745; Christophe de Beaumont du Repaire, 1^^ déc. 1745-19 sept. 1746, transféré à Paris ; Jean VII d'Yse de Saléon, 8 fév. 1747t 10 fév. 1751 ; Guillaume IV d'Hugues, 4 avr. 1751f janv. 1774; Jean-Georges Lefranc de Pompignan, fév. 1774-janv. 1789 ; Charles-François d'Aviau du Bois de Sanzay, 1^^ mars 1790-1801. E.-D. Grand.

Concile GÉNÉRAL de Vienne (1311-12), compté comme XP concile œcuménique par les Latins. — Trois cents évoques, les patriarches d'Alexandrie et d'Antioche, et un grand nombre de prélats de second ordre : abbés et prieurs, siégèrent en ce concile. Philippe le Bel y vint, accompagné de son frère, Charles de Valois, de ses trois fils, Louis, roi de Navarre, Philippe, comte de Poitiers, Charles, comte de la Marche, et, au moment décisif, de troupes en nombre imposant. Le pape Clément V fit l'ouverture le 16 oct. 1311 par un sermon, dans lequel il énonça les trois causes de la convocation : affaire des templiers, secours de la Terre sainte, réforme des mœurs du clergé et de la discipline de l Eglise. L^ reste de l'année se passa en conférences sur les matières à traiter. Les évêques réclamèrent la suppression des exemptions, motivées par l'abus que les templiers en avaient fait, ainsi que de leurs autres privilèges ; mais il ne fut point donné suite à cette réclamation. — Neuf chevaliers s'étant présentés pour parler au nom des deux mille autres templiers qui erraient fugitifs dans le pays, le pape les fit jeter en prison. Néanmoins, le concile persista à demander qu'ils fussent admis à se justifier et qu'on suivit à leur égard les formes du droit, quand même l'ordre entier serait trouvé coupable. Clément négocia avec les évêques, pour les faire revenir sur cette décision, qui compromettait les desseins du roi. Le 22 marsl312, il tint avec ses cardinaux et plusieurs évêques dont il était sûr un consistoire secret, ou Ton convint qu'il fallait supprimer l'ordre du Temple (V. ce mot). La II® session eut lieu le 3 avr. Une bulle, datée du 2 mai, fut proclamée dans la III® session. Il y était dit que l'ordre était devenu suspect par suite des aveux du grand maître et d'autres membres, il en résulterait un scandale s'il continuait à exister. Fn conséquence, cet ordre était déclaré supprimé, non per modum sententiœ defmitivœ, disposition interdite par le droit, mais per viam provisionis et ordinationis apostolicœ. Le pape reconnaissait ainsi que la culpabilité

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dé Tordre n'était point assez prouvée pour qu'il pût l'abolir de droit, et qu'il ne le supprimait que par précaution, parce qu'il était devenu suspect. Cette bulle attribuait la plus grande partie des biens du Temple à l'ordre de Saint- Jean. La surveillance de ceux qui étaient situés en France et que Philippe le Bel avait fait mettre sous séquestre, dès le commencement des poursuites, fut confiée à ce roi. Quant aux personnes des templiers, le pape en réservait quelques-uns nommément à sa disposition. Tous les autres furent laissés aujugement du concile de chaque province, pour statuer selon la diversité des cas.

Les poursuites contre la mémoire de Boniface VIII furent terminées en ce concile. Trois cardinaux parlèrent pour la justification de ce pape, que deux chevaliers catalans offraient de soutenir par combat contre les accusateurs. Le concile déclara que Boniface n'avait rien fait (jui le rendît coupable d'hérésie. Clément fit un décret interdisant de jamais revenir sur cette affaire ; mais quand on statua sur les immunités des clercs, la bulle Clericis laïcos fut révoquée avec tout ce qui s'en était suivi. — Diverses condamnations furent lancées contre les bégarts et les béguines et contre la dissidence des franciscains, dits spirituels. La condamnation des opinions attribuées à quelques-uns de ces derniers détermina deux définitions dogmatiques : 1^ quiconque dit que l'âme raisonnable n'est pas essentiellement la forme du corps humain, sera tenu pour hérétique ; 2*^ le baptême administré aux enfants leur confère, non seulement Ja rémission du péché originel, mais la grâce sanctifiante et la foi. — Pour faciliter la conversion des infidèles, il fut ordonné qu'on établirait en cour de Rome et dans les universités de Paris, d'Oxford, de Bologne et de Salamanque, deux maîtres pour les langues hébraïque, arabique et chaldéenne, lesquels devraient être entretenus à la cour de Rome par le pape, à Paris par le roi de France, et dans les autres villes par les prélats, les chapitres et les monastères du pays. — Le concile renouvela l'institution de la fête du Saint-Sacrement établie par Urbain IV, mais dont la bulle n'avait pas reçu d'exécution. Le décretdeClémentV confirme et rapporte cette bulle en son entier, sans parler non plus de procession et d'exposition. — Une croisade ou passage général fut ordonnée par ce concile. Les rois de France, d'Angleterre et de Navarre et plusieurs autres seigneurs s'engagèrent à l'entreprendre. Cette décision et ces promesses restèrent sans effet.

Notre notice ne mentionne qu'une petite partie de l'œuvre publiée, sinon accomplie, au conciie de Vienne. Les cinq livres insérés sous le nom de Clémentinus, dans le Corpus juris canonici, se composent principalement de décrets que Clément V fit homologuer par cette assemblée (V. Canon, t. IX, p. 64, 2® col.; Corpus juris Cx^no- Nici, t. XII, p. 4058, 2« col.). E.-H. Vollet.

BiBL. : Histoire. — Nie. Chorier, Recherches sur les antiquités de la ville de Vienne; Lyon, 1659, m-12, etnouv. éd. par Cocha RD ; Lyon, 1828, in-8.'-— T. Mermet, Histoire de la ville de Vienne durant l'époque gauloise et la domination romaine dans l'Allobrogie ; Paris, 1828, in-8. — Du même, Histoire de la ville de Vienne de Van k38 à, l'an 1039 ; Paris, 1822-33, 2 vol. in-8. — Du même, Hisl. de la ville de Vienne de Van lOkO à 1801 ; Paris, 1854, in-8. — Du môme, Chronique religieuse de la ville de Vienne ; Vienne, 1856, in-12. — A. Robert-Rochemure, Aferég^é historico-politique de la ville de Vienne (Isère) ; Vienne, 1833, in-8. — H. Bazin, Villes antiques : Vienne et Lyon galloromains; Paris, 1891, in-8. — Jean Du Bois (Joannes a Bosco j, ViennseAllobrogumsacrse et profanas antiquitates^ dans Bibliotheca Floriacensis ; Lyon, 1605, in-8. — J. Le Lièvre, Histoire de Vantiquité et saincteté de la ville de Vienne en la Gaule celtique ; Vienne, 1623 et 1629, in-8, et 1633, in-4. — CL Durand, De primariis Allobrogibus, sive vindiciœ Viennenses ; Paris, 1654, in-8. — De Mentes, Eloge de Vienne souterraine et de la Sainte-Nappe ; Vienne, 1668, in-4 (en lat. et en franc.). — CL Charvet et P. Allut, Mém.oires pour servir à, Vhistoire de l'abbaye royale de Saint- André-le-Haut de Vienne; Vienne, 1868, in-8. — Anonyme, Discours de la prise et réduction de Vienne, le 24 avr. 1595 ; Paris, 1595, in-8. — Procès-verbaux du comité de surveillance révolutionnaire de Vienne-la- Patriote (31 mars 119k au 21 mars 1195) ; Grenoble, 1888, in-8 {Docum,ents dauphinois^ n» 5). — Cartulaire de V ab-

baye de Saint- André-le-B as, publ. par U. Chevalier ; Vienne, 1869, in-8. — U. Chevalier, Description analytique du cartulaire du chapitre de Saint-Maurice de Vienne ; Valence, 1891, in-8 {Collect. de cartul. dauphinois). Archéologie. — E. Vietty et E. Rey, Monuments gothiques et romains de Vienne en France ; Paris, 1821-31, in-fol. — P. Schneyder, Histoire des antiquités de la ville de Vienne, publ. par E.-J. Savigné ; Vienne, 1881, in-12.

— Mermet, Rapport sur les monuments remarquables de l'arr. de Vienne; Vienne, 1829, in-8. — E.-C. Delorme, Description du musée de Vienne ; Vienne, 1841, in-8. — Anonyme, Rapport sur les fouilles archéologiques pratiquées dans la ville de Vienne {Isère) en 1838 ; Vienne, 1842, in-8. — J. Leblanc, Fouilles archéologiques faites à. Vienne ; Vienne, 1881-82, in-8 (extr. du Bullet. épigraphique de la Gaule). — A. Allmer et A. de Ïerrebasse, Inscriptions antiques et du moyen âge de Vienne en Dauphiné ; Lyon, 1874-78, 6 vol. in-8 et atl. in-4. — J. Mayoud, Cathédrale de Saint-Maurice de l ienne (Isère) ; Vienne, 1880, in-8. — E.-J. Savigné, Notice historique sur les plans et vues de la ville de Vienne ; Vienne, s. d., in-8.

Archevêché. — F.-Z. Collombet, Histoire de la sainte église de Vienne; Paris, 1847-48, 4 vol. in-8. — Abbé L. Du- CHESNE, Fastes épiscopaux de Vancienne Gaule ; Paris, 1894 et ann. suiv., t. I, pp. 145-206, in-8, — Gams, Séries episcoporum ecclesiœ catholicse ; Ratisbonne, 1873, in-4, pp. 653-656. — C. EuBEL, Hierarchia catholica mediisevi; Munster, 1898, in-4, pp. 558-559 (xiii% xiv** et xv» siècles).

— W. GuNDLACH, Der Sireit der Bisthûmer AîHes und Vienne; Hanovre, 1890, in-8 (extr. de Neues Archiv der Gesell. fur ait. deutsche Geschichtskunde, t. XIV-XV.) — Du même, Epistolœ Viennenses spurise, dans Monum. Germ. hist., sect des Epistolae, 1892, t. III, in-4. ~ J. Drouet DE Maupertuis, Histoire de la sainte église de Vienne ; Lyon, 1708-11, in-4. — Cl. Charvet, Histoire de la sainte église de Vienne ; Lyon, 1761, in-4, et Fastes de la ville de Vienne, publ. par E.-J. Savigné; Vienne, 1869, in-8. — V. également la bibliogr. des art. Dauphiné et Arles (Royaume d').

VIENNE (Dép. de la). Situation, limites, superficie. — Le dép. de la Vienne s'appelle ainsi de sa plus grande rivière, la Vienne, affluent gauche de la Loire : elle reçoit les eaux de la majeure partie du territoire, baigne la ville deChâtellerault, et Poitiers, le ch.-l. de la circonscription, est surFun de ses tributaires. Situé dans rO. de la France, il a pour coordonnées extrêmes 4b** 2' 41" et 47« 10' 47'' lat. N. , 4« V 13' et 2« 24' 20" longit. 0., sa capitale, Poitiers, se trouvant sous 46** 34' 55" lat. N. et 1« 59' W long. 0. 11 est borné : au N.-O., par le dép. de Maine-et-Loire ; au N.-E., par celui dlndre-et- Loire; à l'E., par celui de l'Indre; auS.-Ë., par celui de la Haute- Vienne ; au S., par celui de la Charente; à TO., par celui des Deux-Sèvres ; ses frontières sont presque partout conventionnelles, d'ordre purement administratif, tirées à travers champs, sans souci des convenances du terrain ; comme exceptions, on peut citer le cours de la Gartempe, puis de la Creuse, limites du dép. d'avec l'Indre (très peu), puis d'avec l'Indre-et-Loire pendant quelque peu plus de 40 kil. Deux dép., les Deux-Sèvres et la Vendée, le séparent de l'océan Atlantique ; à vol d'oiseau, sa capitale, Poitiers, est à 116 kil. de l'Atlantique (au fond de l'anse de l'Aiguillon), à un petit peu moins de 300 kil. S.-O. de Paris (332 par voie ferrée). La plus longue ligne qui se puisse tirer dans la circonscription, c'est du N.-N.-O. au S.-S.-E., des frontières du Maine-et-Loire à celles de la Charente, 130 kil. ou bien près, les largeurs variant, d'E. en 0., entre 90 kil. sous le parallèle de Montmorillon, moins de 70 sous celui de Poitiers, moins de 50 sous celui de Civray, 30 sous celui de Loudun. Son pourtour est évalué, grosso modo, à quelque 400 kil., et sa surface, telle que l'ont définitivement fixée les calculs planimétriques du ministère de la guerre, à 7.023 kil. q., soit 862 à,863 de plus que les 616.000 à 617.000 hect. qui expriment l'aire moyenne du département français ; vingt seulement de nos circonscriptions sont plus grandes.

Relief du sol. — Le dép. de la Vienne occupe, on le sait, le détroit du Poitou, ou seuil du Poitou, remblai oolithique déposé jadis par la mer entre les deux îles de la Bretagne, d une part, du Limousin et Massif Central, d'autre part, sur un socle « fondamental » de roches antiques, qui apparaît encore à découvert, au S.-E., dans un coin du pays qui se rattache au susdit Limousin. Comme dit la

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Géographie populaire du dép. de la Vienne, qui est un chef-d'œuvre de sobriété, de précision, dû à Le Touzé de Longuemar, « la zone étroite occupée à découvert par le granit le long de la lisière S.-E. du département peut être évaluée à 150 kil. q. à peine ; mais, en tenant compte des prolongements visibles de ses roches sur les flancs des vallées jusqu'à 20 kil. en moyenne dans la direction du N., on porte à 900 kil. q. environ la zone dans laquelle l'influence du sous-sol granitique peut se faire sentir sur la végétation et la culture. Les sols granitiques de la Vienne, bien que fréquemment masqués par des sables argileux tertiaires et de transport, impriment à la végétation qui les recouvre une physionomie particulière. Ils sont généralement froids, humides, plus propres à la culture du seigle et du sarrasin que des autres céréales, et leurs moindres plis se couvrent volontiers de prés hauts et de pâturages. Enfin, c*est généralement un sol boisé ou envahi par les brandes et les ajoncs. Toutefois, le chaulage transforme rapidement ces terres granitiques en sols à froment et à trèfle, et les pentes, qui s'égouttent facilement et s'enrichissent d'éboulis annuels, sont propres aux cultures variées des jardins, des vergers et de la vigne. Les arènes granitiques profondes portent volontiers de beaux chênes et des châtaigniers... » A la zone des granits succède, en descendant les rivières, la zone du Uas — du lias à découvert, pour ne rien dire du lias en sous-sol. — Puis au lias succède le jurassique. En réunissant ensemble les étages du jurassique, l'inférieur et le moyen, et en leur ajoutant le lias, qui est aussi une sorte de calcaire, on voit que cette espèce de roches occupe, à découvert, ou sous des remblais tertiaires ou quaternaires, quelque chose comme 5.800 kil. q., soit bien près des six septièmes du département. « Le sol arable du lias se devine à la présence d'une grande quantité de touffes de cette plante, amie des sols marneux humides, que les botanistes appellent Tussilago far f ara, vulgairement le « pas d'âne »; en tant qu'humide, il a besoin d'être assaini par des rigoles, des drainages et fossés, sans quoi il se couvre de prés hauts remplis de joncs, d'ajoncs et de brandes... Quant au calcaire jurassique, il se présente sous la forme d'un plateau de 150 m. d'altit. en moyenne, presque partout recouvert d'argiles sableuses et de marnes blanches à meulière. . . d'où une végétation de sol tertiaire, et les bois, brandes, ajoncs, y prennent encore une place considérable, malgré l'empiétement des céréales et des prairies artificielles, du blé, du trèfle, de la luzerne, du sainfoin, du mais, du topinambour, du colza, de la vigne ; les noyers et les châtaigniers y prospèrent » : tout ceci sur le jurassique inférieur. Sur le Jurassique moyen, qui continue l'inférieur au N., s'étendent, soit des terrains tertiaires avec leur végétation propre, soit une terre arable gris rougeâtre, calcaires argileux excellents, de nature chaude, active, pays de prédilection des vignes, des noyers, des céréales de printemps, des luzernes et des sainfoins. Enfin, au N. du jurassique, la craie occupe à découvert 400 kil. q., et avec la craie sous-sol, 825 : craie tantôt stérile et propre seulement aux semis de pins, aux brandes, aux bouquets de bois, au seigle, tantôt bonne aux céréales et aux prairies artificielles, tantôt parfaite en tout, notamment autour de Lencloitre et de Saint-Genest, où tout réussit : cultures maraîchères, plantes textiles, céréales, prairies artificielles, vigne, arbres à fruit. Il s'agit en tout cela de la craie inférieure ; la craie supérieure, au N, du département, est tailladée, déchiquetée, perméable, favorable aux grosses céréales, à la luzerne, au sainfoin, à la vigne, aux arbres fruitiers, surtout aux noyers.

Ainsi, grande variété, quant aux productions, et, par contre, assez grande uniformité de relief; la forme de plateau prédomine, entre Benaize et Gartempe, Gartempe et Vienne, Vienne et Clain ; et, à l'O. du Glain, jusqu'aux frontières des Deux-Sèvres; et, au S. de Voulon, jusqu'aux limites de la Charente, comme s'en convainc aisément le voyageur de Poitiers à Niort ou de Poitiers à Ruffec, quand

il ne voit aux deux côtés de la ligne que terres plates, maigres champs, noyers, châtaigniers, et ni rivières, ni rus. D'ailleurs le culmen de tout le département n'a que 233 m. d'alt., soit moins de 200 m. au-dessus du lieu le plus bas, qui est le confluent de la Creuse et de la Vienne ou, à même altitude, l'endroit où la Dive Mirebalaise passe en Maine-et-Loire : ce culmen, la colhne de Prun, au N.-E. de l'Isle-Jourdain, avoisinede près le territoire de la Haute-Vienne, dans la région « antique » du pays, la région limousine.

Régime des eaux. — En conformité à la très grande prédominance de l'oolithe et de la craie, « presque tous les cours d'eau de la Vienne possèdent les caractéristiques des rivières, ruisseaux de ce genre de roches, principalement dans le bassin du Clain : des sources pures apparaissant dans des fonds de ravine, en revenue au jour de rus et ruisselets absorbés par des puits naturels ou soustraits par le sous-sol au sol à travers d'invisibles fisssures ; des ruisseaux rares, mais abondants en vertu même de ces fontaines vives et pérennes — et d'ailleurs fort éprouvés par les longues sécheresses. Sur les plaquements tertiaires, beaucoup de ruisseaux indigents aux berges terreuses, aux eaux terreuses ; les cours d'eau de la craie ont, plus ou moins, les mêmes manières d'être que ceux de l'oolithe, sinon que, contre l'ordinaire, cette roche ne se distingue pas ici par la puissance de ses surgeons ; enfin les torrents de la région « primitive » des gneiss et granits se signalent comme partout par des eaux pures, des courants très sinueux, fort puissants pendant les longues pluies ou à la suite des grands orages, faibles, très faibles ou taris si le ciel refuse longtemps ses ondées. »

Toutes les eaux de la circonscription finissent par gagner la rive gauche delà Loire, sauf une trentaine de milliers d'hectares, tout au S., qui s'inclinent vers la Charente : soit à peu près et seulement le vingtième du pays.

La Loire ne touche pas le territoire, mais sa rencontre avec la Vienne n'est qu'à 5 ou 6 kil. de distance de l'extrême N. du département.

La Vienne réclame environ 6.600 kil. q., soit près des 85/100 du territoire. Arrivée du dép. de la Charente, à 420 m. d'alt., avec 80 d'ampleur habituelle, elle g'^gnQ une vingtaine de mètres de largeur dans son voyage du S. au N. de la Vienne, circonscription dont elle ressort par 35 m. : d'où 85 m. de pente pour une longueur développée de 121 kil. Elle y croît fort en volume, notamment par l'annexion du Clain, mais c'est au moment même où elle passe dans l'Indre-et-Loire, au confluent de la Creuse, que celle-ci en fait décidément une grande rivière de 150 m. entre rives^ de 18 m. c. en étiage, de 60 en volume ordinaire, de 1.200 en crues. Sa navigation officielle commence à 9 kil. en amont de Châtellerault, mais on n'y hasarde guère les embarcations que pendant quatre mois par an. Kouge, tout au moins rougeâtre quand elle abandonne la Charente, la Vienne perd beaucoup de sa couleur et s'épure fort à mesure qu'elle s'ouvre aux fontaines de l'oolithe, ce qui lui arrive à partir des lieux où elle quitte les granits du Limousin en amont de Lussac-les-Châteaux. Elle traverse ou frôle Availles-Limousine, l'Isle-Jourdain où elle bruit sur des rochers, Gouex, lieu du confluent des deux Blourds, Lussac-lès-Châteaux, Toulon où aboutit la Dive de Verrières, Chauvigny, ville très pittoresque et monumentale, où afflue le Talbat, Bonneuil-Matours, Vouneuil-sur- Vienne, Cénon où arrive le Clain, Châtellerault où finissent Auzon et Envigne, Dangé, les Ormes, le Bec de la Creuse où elle reçoit la Creuse.

Des deux Blourds ou Bloues, la Grande Blourds, tributaire de droite, vient de la Charente confolentaise, mais elle est surtout « viennoise». Cours, 40 kil. en pays granitique ; bassin, 241 kil. q. ; affluents, l'Iseau ou Isop, arrivé de la Haute-Vienne, et la Franche-Doire ; étiage, 30 litres; belles eaux, 500 à 1.000.— La Petite Blourds, tributaire de droite, dont l'embouchure suit immédiatement le confluent de la Grande, parcourt 24 kil. et draine

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96 kil. q. — • La Dive de Verrières, tributaire de gauche, a son cours de 22 kil., sa conque de 163 kil. q. dans une région de vallons secs. — Le Talbat, ou Pouîreau, affluent de droite, a pour origines, à côté de Chauvigny, des fontaines versant en moyenne 500 litres par seconde, ce qui en fait un ru industriel; bassin, 87 kil. q.

Le Clain, tributaire de gauche, rivière centrale du département, suivie par le chemin de fei' et la grande route de Paris au S.-O. et en Espagne, draine dans la Vienne environ 2.600 kil. q. ou les 37/400 du territoire, soit plus du tiers. Parti du dép. delà Charente et très modeste ruisseau quand il entre dans celui de la Vienne, il passe à ou près la vieille abbaye de la Réau, Saint-Martin-Lars, Sommières et le vieux monastère de Moreaux; Voulon,où il se renforce, se double peut-être par l'accession de la Dive de Couhé ; Vivonne où le même renfort, le même doublement peut-être, lui survient du fait delaVonne, que suit d'assez près la Clouère ; Ligugé, le charmant bourg de Saint-Benoît, lieu de l'arrivée du Miosson ; Poitiers, la ville archaïque admirablement étalée sur plateau, promontoires, rocs à pic, au confluent de la Boivre ; Chasseneuil, voisin delà fin del'Auzance ; Clan-Jaulnay ; Dissay, près du confluent de la Palu ; enfin, arrosant les larges prairies où l'on croit que se répandit le sang de la grande bataille de 732 entre chrétiens et musulmans, il tombe en Vienne à 3.500 m. au dessus de Châtellerault, par 42 m. d'alt. Cours, 140 kil. ; bassin, 2.966 kil. q. ; étiage, 3 m. c. ; volume ordinaire, 12 ; eaux claires et fraîches, presque froides. — Le Dive de Couhé a dans les Deux- Sèvres le haut de sa course, de sa conque ; elle passe à Couhé- Vérac, devant les ruines de l'abbave de Valence ; juste au moment de s'abîmer dans le Clain, rive gauche, après 45 kil. (dont 20 dans la Vienne) et 390 kil. q. (dont 21 9 pour la Vienne), elle rencontre une autre elle-même, la Bouleur ou Bouleure, également issue des Deux-Sèvres, mais qui a dans la Vienne 28 kil. sur 31 en un bassin de 114 kil. q. — LaVonne aussi procède des Deux-Sèvres, du culmen même de ce département (272 m.), et elle y serpente pendant 20 kil. En Vienne, elle rencontre les ruines gallo-romaines de Sanxay, puis le bourg de Sanxay ; Lusignan (sur la colline de droite), au-dessous d'un viaduc de 31 m. de haut (chemin de fer de Paris à Niort), en un détour de 4 kil. pour 300 m. d'isthme, Celle-l'Evescault; Vivonne où elle arrive au Clain après 68 kil. de cours en une conque de 385 kil. q., dont 207 dans la Vienne; étiage, 864 litres ; eaux ordinaires, 3 m. c. ou un peu plus ; affluents insignifiants, mais elle recueille de belles sources, notamment à Lusignan, la Font de Ce, que les Romains avaient détournée vers Limonum (Poitiers). — La Clouère, née près d'Availles-Limousine, est remarquablement parallèle au Clain (jusqu'à 1.200 m. seulement de distance aux environs de Saint-Martin-Lars) ; elle arrose le vallon de Gençay etChâteau-Larcher, au pied du plateau de Thorus, qui fut si riche en mégalithes et ne l'est plus guère ; 65 kil. , 363 kil. q., 500 "litres en étiage, i à 2 m. c. en bonnes eaux, grâce à des sources pérennes, caria Clouère est une riviérette à peu près sans affluents. — Le Miosson ou Miausson est un ru des plus minimes, n'ayant d'autre importance que de sillonner le champ de bataille où Jean le Bon fut battu par le Prince Noir ; 30 kil., 136 kil. q., étiage de 25 litres. — La Boivre (38 kil.) a le haut de son bassin de 130 kil.q. dans les Deux-Sèvres; elle ne reçoit plus la fontaine de Eleury, grande source donnant 500 à 600 litres par seconde en hiver (avec étiages pouvant descendre à 20, 10, même 6 litres, étiages d'ailleurs très rares) — Poitiers s'en empara — mais elle est avivée par une foule de sources et fontanelles qui lui valent coutumièrement de 200 à 500 litres ; embouchure à Poitiers même, après un charmant voyage entre talus couronnés de roches. — L'Auzance ou Auxance, elle aussi commencée dans les Deux-Sèvres, et, comme la Vonne au plus haut de ce territoire, est incroyablement sinueuse ; cette riviérette de Latillé, de Vouillé, de Migné, pérégrine

pendant 56 kil. en une région de 320 kil. q., course et domaine appartenant bien moins aux Deux-Sèvres qu'à la Vienne; jolie riviérette pendant la grande moitié de l'an, mais étiage de seulement 84 litres. — La Palu ou Pallu, partie du bas de la ville de Mirebeau, ne prend de consistance que près de Varennes, au hameau des Fontaines; elle erre dans des fonds mouillés, terres fertiles, et verse au Clain de 64 à 600 litres, suivant le temps, en résultante de 230 kil. q. ; cours 28 kil.

L'Auzon (30 kil.), qui gagne la rive droite delà Vienne à côté du pont du chemin de fer de Paris à Hendaye, près Châtellerault, est formé de rus qui se perdent sous terre et reparaissent plus ou moins; il draine 208 kil. Eaux de peu d'abondance. — L'Envigne on Anvigne, tributaire de gauche, qui s'achève à Châteauneuf, faubourg de Châtellerault, serpente dans les très fertiles jardins de Lencloltre; très peu d'abondance pour un déroulement de 32 kil., un drainement de 287 kil. q.

La Creuse n'a de viennois que sa rive gauche et pendant 40 kil., pas plus, la droite relevant de l'Indre-et- Loire, à partir d'une ait. de 56 m., un peu en amont de la Roche-Posay, à l'embouchure même de la Gartempe ; c'est un courant d'eau claire, très vive, ayant de 50 à 70 m. entre rive et moindre qu'il ne devrait être au terme de 255 kil. égouttant 9.550 kil.q. : on l'a vu descendre à 5 m. c, avec étiage ordinaire de 9, eaux normales de 17, bonnes eaux de 32. Navigable ofiiciellement, mais en réalité fort peu, elle arrose La Roche-Posay, Lésigny, Portde-Piles. Embouchure au Bec, de la Creuse ou Bec des Deux-Eaux.

Son grand tributaire, à gauche, la Gartempe, à peu de chose près son égale, roule de belles eaux vives dans un lit de 40 à 50 m. entre rives, à raison de 4 à 5 m. c. en étiage coutumier (moins de 3 m. c. au plus bas) et de 10 m. c. en volume habituel : le tout fourni par 3.975 kil. q., en un cours de 190 kil., desquels 73 pour la Vienne, le reste dans la Haute- Vienne, département natal. Arrivée en Vienne par un tout petit peu plus de 100 m. au-dessus des mers, la Gartempe mouille une sorte de gorge où elle court bruyamment sur la pierre limousine, sans bourgs et villages à sa rive ; elle ne s' « humanise » qu'à son passage des roches antiques à l'oolithe. Elle traverse Montmorillon, passe à Saint-Savin et absorbe l'Anglin. — CetAnglin, seul tributaire en dehors de quelques rus courts et secs et de belles fontaines jamais taries, l'Anglin, qui arrive par la droite, n'a dans la Vienne que ses 5 ou 6 derniers kil., sur 85 en une région de 1.725 kil. q. dépendant de trois dép., Creuse, Haute-Vienne, Indre ; mais cette jolie rivière « au courant pierreux et raboteux », normalement abondante avec étiages assez bas (1.500, 1.000 lit., même moins), empiète sur le territoire viennois pour 391 kil. q., par deux de ses affluents de gauche, Benaize et Salleron. — La Benaize et son altéra ego, l'Asse de Brigueil-le-Chantre, arrivent toutes deux de la Haute-Vienne, des roches imperméables, puis s'avivent aux fontaines de l'oolithe do Poitou. La Benaize laisse à gauche, sur le tertre, la ville de la Trimouille, puis passe dans le dép. de l'Indre, après 30 kil. en Vienne, sur 75, et 172 kil. q., sur 700 ; quant à l'Asse, elle parcourt 35 kil., elle égoutte 207 kil. q. — Le Salleron ou Saleron imite la Benaize en tout : il sort de la Haute- Vienne, il finit dans l'Indre, il est parallèle à sa « commère», il laisse la Trimouille sur la hauteur, à droite, à 2 kil. seulement à l'O. du cours de la Benaize; 33 kil. en Vienne sur 45, et 174 kil. q. sur 212. — Pour en finir avec le bassin de la Vienne dans le département homonyme, la Vende, tributaire de gauche de ladite Vienne, a ses origines dans le département, en Châtelleraudais, arrose le vallon fécond de Saint-Gervais, et passe en Indre-et-Loire; ainsi font aussi son affluent gauche, le Mable, et le Négron, autre et modeste feudataire de la Vienne dans ia circonscription de Tours.

La Vienne n'est pas la seule rivière apportant à la rive gauche de la Loire des eaux de la circonscription de Poi-

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tiers. Il y a le Thouv^t, rivière de la Gâtine des Deux- Sèvres ayant son embouchure un peu en aval de Saumur. Ce Thouet, qui ne touche pas à la Vienne, en ses 440 kil. de voyage, empiète sur elle par presque tout Tarr. de Loudun, par 759 kil. q., sur un domaine total de 3.425, au moyen de la rivière Dive, surnommée la Mirebalaise, pour qu'on ne la confonde pas, dans le même département, avec la Dive de Verrières et la Dive de Couhé. La Dive Mirebalaise naît dans l'ancien pays de Mirebalais, au S.-O. de Mirebeau, au N.-O. de Vouillé, en des collines de 4 64 m. , et ne tarde pas à s'engager dans des fonds marécageux, que désormais elle ne quittera plus. Grossie de très belles fontaines à la Grimaudière, Cerzay, Saint-Chartres, elle coule au bas (et à TE.) du plateau où se livra la bataille de 4569, dite de Moncontour, passe devant Moncontour (dit de Poitou), lieu du confluent du Prepson ou rivière de Sauves, cours d'eau palustre de 34 kil. en 4dO kil. q. ; puis, partagée entre Vienne à droite, Deux-Sàvres à gauche, elle hume, à Pas-de-Jeu, laBriande (28kil., 440 kil. q.), venue des environs de Monts-sur-Guesnes; elle se verse en tout ou partie, suivant la saison, dans le canal de la Dive, de son nom complet, canal de la Dive et du Thouet, navigable à l'aide d'écluses pour les embarcations qui n'exigent que 4^^\60 de mouillage — mais on n'y navigue que fort peu. En Maine-et-Loire lui vient un cours d'eau presque entièrement viennois, la Petite Maine (25 kil., i220 kil. q.), beau ruisseau de sources qui naît à Loudun et reçoit la Bourouse de Trois-Moutiers.

La Charente ne relève de la Vienne que pour le 33^ de son bassin, 304 kil. q. sur 10.000, et pour 46 kil. sur 364 , soit guère plus d'un huitième du voyage ; elle y arrive par 435 m. d'alt., elle y passe du N.-O. à l'O., puis au S., laisse Charroux à 4.200 m. à droite, baigne Ci vray et entre dans le territoire homonyme par 95 m au-dessus des mers après avoir recueilli le Transon et le Cibiou ou Sonnette, et surtout beaucoup de fontanelles vives, malgré lesquelles ce n'est d'ailleurs encore qu'une rivière de 3, 4, 5, 6 m. c. avec étiage très modeste.

La Statistique des cours d'eau, usines, irrigations du dép. de la Vienne fixe à 750 environ le nombre des établissements industriels actionnés par les rivières : là-dessus, 660 moulins, 7 papeteries, 8 filatures, etc. Le Clain meut plus de cent de ces usines, la Vienne 50 {ex quitus la manufacture d'armes de Châtellerault), l'Auzance 50, la Gartempe45, la Charente 34, la Clouère 29, la Boivre 25, la Vonne 22, la Benaize 24, etc.

Climat. — Le climat de la Vienne varie naturellement suivant les natures de terrain et les altitudes: plus froid sur les lieux élevés que sur les lieux bas, sur les roches anciennes que sur les modernes, et aussi selon les expositions, suivant le nord ou le midi, l'est ou l'ouest, l'abri ou le plein vent, le plateau, la cime ou le vallon, mais les différences ne sont pas considérables, le territoire n'ayant que quelques villages et hameaux au-dessus de 200 m., et encore de très peu. D'après une cinquantaine d'années d'observation, 42^ seraient plus ou moins la moyenne du département, avec un peu moins de 4 pour celle de l'hiver, un peu plus de 49^ pour celle de l'été. Poitiers, qu'on peut considérer comme exprimant à peu près la moyenne du territoire, dont il occupe le milieu quant à la distance entre son nord et sud, a 3*^,75 comme résultante de l'hiver, 49°, 25 comme résultante de l'été; 2^,72 pour le mois le plus froid, janvier, 24*^,36 pour le mois le plus chaud, juillet;-— 40*^,8 sont le minimum, 34^ le maximum, sauf exceptions assez rares. Suivant les années, la précipitation annuelle peut aller du simple au double ; à Poitiers, la moyenne de la pluie est de 680 millim. par an, contre les 770 de la France (moyenne officielle, ces 770 millim., mais sans aucun doute inférieure à la vérité) ; en beaucoup de lieux il n'en tombe que 600 millim., et aussi plus de 680 dans d'autres, notamment sur les avant-coteaux de la région géologique du Limousin. 55 à 56 jours de brouillard, surtout en no-

I vembre, décembre, janvier ; 24 jours orageux avec éclairs seulement ou éclairs et tonnerre; 5 p. 6 de grêle. Vents dominants, de l'O. au S.-O., amenant la pluie et régnant à eux seuls près de la moitié de l'année.

Flore et Faune naturelles (V. France, § Flore; Frange et Europe, § Faune).

Histoire depuis 1789. — Depuis sa formation aux dépens du Poitou pour près des quatre cinquièmes, de la Touraine pour plus du septième, et du Berry pour fort peu, la Vienne est restée fort calme ; elle ne participa point à la guerre de la Vendée. L'événement le plus marquant qui s'y soit passé, c'est le jugement, la condamnation et l'exécution, en 4822, du général Berton et de ses cinq co-conspirateurs contre la Restauration. — Parm les hommes marquants nés depuis 4789 sur ce territoire ou qui, nés auparavant, y ont vécu depuis, on peut citer : Creuzé-Latouche (4749-4800 1, homme politique durant la Révolution, né à Châtellerault; le vétérinaire Gilbert (1757-4800), né à Châtellerault; le jurisconsulte Boncenne (4775-4840) ; né à Poitiers ; l'historien Thibodeau (4765-1854), homme pohtique de la Révolution et de l'Empire ; le jurisconsulte Chauveau (4802-69), né à Poitiers ; le physicien Babinet(4 794-4872), né à Lusignan ; le physicien Daguin (1844-84), né à Poitiers ; l'archéologue et paléographe Loyseau de Grandmaison, né à Poitiers ; le professeur, philosophe et littérateur Caro (4826-87), né à Poitiers; le médecin Piorry (1794-4879), né à Poitiers, ainsi que le médecin Calmeil. 0. Reclus.

Divisions administratives actuelles. •— Arrondissements. — Le dép. de la Vienne comprend 5 arrondissements : Poitiers, Châtellerault, Civray, Loudim, Montmorillon ; ils sont subdivisés en 34 cantons et 300 communes. On en trouvera plus loin le détail.

Justice. Police. — Le département ressortit à la cour d'appel de Poitiers. Poitiers est le siège des assises. Il y a 5 tribunaux de première instance (4 par chef-lieu d'arr.) ; 2 tribunaux de commerce à Poitiers et Châtellerault ; 4 justice de paix par canton.

Le nombre d'agents chargés de constater les crimes et délits était, en 1894, de 225 gendarmes (44 brigades), 7 commissaires de poHce, 48 agents de police, 224 gardes champêtres, 509 gardes particuliers assermentés, 47 gardes forestiers. Il y eut 2.726 plaintes, dénonciations et procès-verbaux.

Finances. — Le département possède 4 directeur et 4 inspecteur des contributions directes à Poitiers, 4 trésorier-payeur général à Poitiers, 4 receveurs particuliers à Châtellerault, Civray, Loudun et Montmorillon, 3 percepteurs à Poitiers, Châtellerault et Montmorillon ; 4 directeur, 4 inspecteur, 4 sous-inspecteurs de l'enregistrement, 5 conservateurs des hypothèques (4 par arr.). Le recouvrement des contributions indirectes est assuré par 4 directeur et 4 inspecteur à Poitiers, 4 sous-directeur à Châtellerault, 2 receveurs principaux entreposeurs à Poitiers et à Châtellerault, 3 receveurs entreposeurs à Montmorillon, Civray et Loudun.

INSTRUCTION publique. — - Le dép. de la Vienne relève de l'Académie de Poitiers. Il y a une Université, comprenant une Faculté de droit, une Faculté des sciences, une Faculté des lettres et une Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie à Poitiers (V. l'art. Ecole, t. XV, p. 383). L'inspecteur d'Académie réside à Poitiers. Il y a 5 inspecteurs primaires. L'enseignement secondaire se donne aux garçons dans 4 lycée, à Poitiers, et dans 3 collèges communaux à Châtellerault, Civray et Loudun. Il y a des écoles normales primaires d'instituteurs et d'institutrices à Poitiers. L'enseignement professionnel est représenté par 4 station agronomique et 4 chaire d'agriculture, à Poitiers.

Cultes. — Le département forme pour le culte catholique (avec le dép. des Deux-Sèvres) le diocèse de Poitiers, suffragant de Bordeaux. Le département compte (au 4®^ nov. 4894) : 2 vicaires généraux, 8 chanoines

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38 curés, 270 desservants, 44 vicaires. — Le culte réformé relève de l'Eglise consistorialede Lusignan et compte 7 pasteurs pour environ 4.000 fidèles.

Armée. — Le dép. de la Vienne appartient à la 9« région militaire (Tours). La 34® brigade d'infanterie et la 9® brigade d'artillerie ont leur siège à Poitiers. Au point de vue du recrutement et de la mobilisation, le département forme les 4® (Poitiers) et 5^ (Châtellerault) subdivisions du 9^ corps d'armée.

Divers. — Le département ressortit à la 9® légion de gendarmerie (Tours), à la division minéralogique du Centre (arr. de Poitiers), à la 41® inspection des ponts et chaussées, à la 7® région agricole (0. central), à la 24® conservation des forêts (Niort). Le département possède i chambre consultative des arts et manufactures à Poitiers et 5 chambres consultatives d'agriculture (4 par arr.).

Démographie. — Mouvement de la population. — Le recensement de 1896 a constaté, dans le dép. de la Vienne, une population totale de 338.114 hab. Voici, depuis le commencement du siècle, les chiffres donnés par les recensements précédents :

Il résulte de ces chiffres que la population du dép. de la Vienne, au lieu de diminuer, comme c'est généralement le cas en France, a augmenté d'une façon continue depuis le commencement du xix® siècle jusqu'en 1891, avec une seule interruption (1870). Pour 1.000 hab. recensés en 1801, on en comptait 1.422 en 1886. Le mouvement d'augmentation a été uniforme dans les différentes parties du département, comme on peut s'en rendre compte en comparant les recensements de J801, 1851 et 1896, arrondissement par arrondissement :

ARRONDISSEMENTS

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