CARBONATES — CARBONE
très fines dans le courant gazeux. L'ammoniaque carbonatée est constamment régénérée par la distillation des liquides provenant des essoreuses ; on reconstitue ainsi un liquide contenant 2/3 d*ammoniaque caustique et 1/3 de bicarbonate, ce qui correspond à environ une partie d'ammoniaque pour deux parties de protocarbonate.
Tours pour retenir les vapeurs ammoniacales. Le procédé de M. Schlœsing exigeant remploi de solutions d'ammoniaque très riches, il est nécessaire de retenir l'alcali entraîné par le courant de gaz inertes qui s'échappent des absorbeurs. A cet eflét, au sortir de ces appareils, les gaz traversent deux tours de lavage ; l'une froide, arrosée par de l'eau destinée à retenir l'ammoniaque caustique ; l'autre, chauffée et alimentée par un petit tilet d'eau acidulée avec de l'acide sulfurique. Dans celte dernière tour, les particules de carbonate d'ammoniaque entraînées sont décomposées par l'acide, il se dégage de l'acide carbonique et l'on retrouve l'ammoniaque sous forme de sulfate. Celuici est distillé avec de la chaux pour mettre l'ammoniaque en liberté et lui permettre de servir de nouveau dans la fabrication.
Filtration du bicarbonate d'ammoniaque. Les liquides qui sortent du dernier absorbeur sont envoyés dans des vases couverts, munis d'un trop-plein, qui fonctionnent à la fois comme filtres et comme décanteurs. Le bicarbonate d'ammoniaque s'y accumule et, lorsqu'un filtre est plein, on aspire les eaux mères et on lave légèrement le sel avec de l'eau.
Précipitation du bicarbonate de soude. Le bicarbonate d'ammoniaque est introduit dans la saumure dans des proportions convenables réglées par un dosage alcalimétrique rapide, fait dans les conditions de température dans lesquelles doit s'opérer la réaction. Le bicarbonate de soude qui se précipite est très grenu et se prêle parfaitement à la filtration dans les essoreuses. La calcination ne présente rien de particulier. Ch. Girard.
BiBL. : Knapp, Chimie technologique, t. IL — Luxng et Naville, Fabrication de la soude, t. il et III. — Wagner et Gauthier, Chimie industrielle^ t. I. •— Wurtz, Dictionnaire. — SoREL, Chimie inorganique dans l'Encyclopédie chimique, t. V.
CARBONCINO (Giovanni), peintre italien, qui vivait à Trévise en 1680. Il a laissé des mémoires qui s'arrêtent à cette date. Après avoir débuté dans l'atelier de Marco Ponzone à Venise, Carboncino alla à Rome étudier les œuvres des maîtres, et finit, une fois rentré dans sa patrie, par prendre la manière du Titien, dont la couleur l'avait enthousiasmé. On voit des tableaux de lui à Saint-Nicolas de Trévise et dans d'autres villes de la Vénétie.
CARBON DALA (Giovanni di), chirurgien italien, né à Santhio (Piémont), qui florissait vers la fin du xiii® siècle. Il pratiqua la chirurgie à Crémone, Pavie, Plaisance et Vérone, et enseigna dans cette dernière ville en 4298. Il a laissé un important ouvrage manuscrit, De Operatione manuali, qui nous a été conservé par son élève Marco de Vergasco. On y trouve des observations et des réflexions importantes sur l'hydrocéphalie, les maladies des yeux, les fractures du crâne^ l'influence de la fièvre et des convulsions sur la guérison des plaies, les plaies et les contusions du larynx, la chirurgie de guerre, etc. ; par ses connaissances anatomiques, il paraît avoir même été supérieur à Guy de Chauliac. D^ L. Hn.
CARBONDALE. Ville des Etats-Unis, état de Pennsylvanie; 7,714 bab. (en 1880), près de la source de la rivière Lackawanna. Centre minier. Dans le voisinage sont des houillères exploitées par la C^® Delaware and Hudson Canal.
CARBONE (Chim.).For™...jMv..... C=6
Le carbone est un corps simple, métalloïdique, qui entre dans la composition de toutes les substances organiques, naturelles ou artificielles. 11 existe en abondance dans la nature : à Fétat libre et cristallisé, il constitue le diamant et les graphites; à l'état amorphe, il constitue en partie
le noir animal, le noir de fumée, la houille, l'anthracite, le coke, le charbon de bois, le charbon métallique, celui des cornues à gaz, etc. La matière charbonneuse qu'on rencontre dans plusieurs météorites, comme celles d'Orgueil et de Crambourne, est également du charbon amorphe (Berthelot). Le carbone pur, cristallisé dans le premier système cristallin, constitue le diamant. Il possède alors une densité de 3,5 à 3,55, une dureté et un pouvoir réfringent supérieurs à ceux de tous les autres corps, un éclat particulier appelé adamantin ; exposé à une haute température, à l'abri de l'air, il se boursoufle, diminue de densité et se change en une matière charbonneuse, ressemblant à du coke (Jacquelain). Chauffé au rouge blanc sur une lame de platine, il brûle à l'air, sans se boursoufler; il se convertit entièrement en acide carbonique lorsqu'on le brûle dans l'oxygène (Lavoisier) (V, Diamant).
La nature nous présente aussi le carbone à un état cristallin tout à fait différent du diamant, sous forme de paillettes minces, d'un gris métallique ; ces paillettes, en s'agrégeant entre elles, constituent des masses brillantes qui se coupent facilement au couteau et laissent des traces d'un gris de plomb sur le papier. C'est la matière connue dans les arts sous le nom de plombagine ou graphite naturel^ cristallisé dans le système hexagonal. Le carbone est donc un élément dimorphe. Toutes les tentatives faites pour obtenir artificiellement du carbone cristallisé dans le système cubique, c.-à-d. du diamant, ont été jusqu'ici infructueuses : on n'est, en réalité, parvenu à aucun résultat, ni par voie sèche, ni par voie humide; actuellement encore, on ne connaît aucun dissolvant du carbone. A la vérité, la fonte de fer en fusion, à une très haute température, peut dissoudre une proportion de carbone plus grande que celle qu'elle retient à une température plus basse; aussi, abandonne-t-elle, pendant le refroidissement, une partie de ce carbone sous forme de lamelles cristallines noires, brillantes, mais appartenant au système hexagonal et constituant par conséquent du graphite,
Soumises à l'action d'une haute température, beaucoup de matières organiques perdent une partie seulement de leur carbone sous forme de combinaisons volatiles, tandis qu'une autre portion reste comme résidu. C'est toujours du carbone amorphe, dont l'aspect varie suivant les matières qui lui ont donné naissance. Ainsi, lorsqu'on prépare du charbon par le procédé des forêts, en faisant pénétrer une quantité d'air limitée, an milieu d'une masse de bois, on obtient un produit noir qui conserve encore la structure des matières dont il provient; mais il est très impur, et, si on veut le purifier, comme la plupart des charbons amorphes d'ailleurs, il faut le chauffer pendant longtemps au rouge dans un tube en porcelaine traversé par un courant de chlore sec. Calcine-t-on du sucre ou une matière organique analogue, il reste un charbon léger, noir, brillant, boursouflé ; la houille ou charbon de terre, calcinée à l'abri de l'air, laisse un résidu charbonneux, plutôt caverneux que poreux, spongieux, d'une couleur gris de fer, constituant le coke. Lorsqu'on brûlant à l'air, les matières organiques n'éprouvent qu'une combustion incomplète, comme les résines, les huiles, les graisses, etc., leur flamme fuligineuse laisse déposer du charbon sous forme d'une poussière noire, extrêmement fine, le noir de fumée. Comme ce produit est toujours très impur, il faut le calciner à l'abri de l'air pour l'employer dans le laboratoire. Les os des animaux, calcinés en vase clos, engendrent le charbon ani" mal, mélange intime de charbon très divisé et de sels terreux, notamment de phosphate et de carbonate de chaux. Lorsqu'on chauffe au rouge du charbon de bois dans un courant de sulfure de carbone ou de carbure d'hydrogène, on obtient un carbone élastique, bon conducteur, caractérisé par une grande sonorité ; c'est le char-^ bon métallique, fournissant des crayons qui donnent une lumière électrique beaucoup plus intense que celle qu'on obtient avec le charbon des cornues. Ce dernier se dé-
CARBONE
pose à la partie supérieure et clans le col des cornues à gaz ; il est gris de fer, dur, à cassure écailleuse, faisant feu au briquet. Parfois, dans les fentes des cornues, il se dépose des masses rayonnées, mamelonnées, se rapprochant du graphite sous le rapport de leur densité.
Les charbons amorphes se distinguent nettement du carbone cristallisé par l'ensemble de leurs caractères : ils sont facilement combustibles, leur densité est beaucoup plus faible, car elle est comprise entre 1,60 et 2, alors que celle du graphite est de 2,20 et celle du diamant de 3,5 environ ; leur conductibilité pour la chaleur et pour l'électricité, toujours faible, est cependant très variable. Ainsi, le même charbon léger, qui sera plus mauvais conducteur qu'un charbon dur, dépassera beaucoup ce dernier, sous ce rapport, lorsqu'il aura été fortement calciné. C'est pourquoi la braise de boulanger, par exemple, conduit mieux Félectricité que le charbon de bois ordinaire. En un mot, la densité, la conductibilité et la combustibilité des charbons amorphes sont dans une dépendance mutuelle : plus le charbon est dense, moins il est bon combustible et meilleur conducteur il est. Les charbons amorphes sont plus ou moins poreux et c'est cette circonstance qui leur permet d'absorber une foule de corps. Cette propriété a été découverte en 1790 dans le charbon de bois par Lowitz, qui l'appliqua à la décoloration des liquides et à la conservation de l'eau sur les navires ; en 1810, Figuier, pharmacien à Montpellier, démontra que le noir animal était beaucoup plus actif, ce qui légitime son emploi dans l'industrie, notamment dans la décoloration des jus sucrés. De Saussure a le premier mesuré la capacité d'absorption du charbon pour certains gaz et découvert que ces derniers possédaient alors des proprié-* tés spéciales. Plus récemment, Favre a dressé le tableau suivant qui indique les volumes maxima absorbés par 1 centim. c. ou 1 gr. 57 d'un même charbon, ainsi que les quantités de chaleur dégagées rapportées à 1 gr. de gaz condensé.
Ammoniaque. 176 centim. c. 494 calories.
Acide chlorhydrique . . 165 — 274 —
— sulfureux 165 — 168 —
Protoxyde d'azote 99 — 169 —
Acide carbonique .... 97 — 158 —
Il est à noter que la chaleur maxima dégagée par l'absorption de l'acide sulfureux et du protoxyde d'azote dépasse la chaleur de liquéfaction de ces mêmes gaz ; pour l'acide carbonique, elle dépasse même celle que ce corps dégage en se solidifiant, ce qui vient confirmer les déductions de Mitscherlich, à savoir que certains gaz se trouvent dans les pores du charbon à l'état liquide. On s'explique ainsi comment des charbons saturés de gaz peuvent donner lieu à des réactions énergiques. Si, sur un charbon purifié, ayant absorbé à froid son poids de chlore environ, on fait arriver de l'hydrogène, il y aura formation d'acide chlorhydrique, même dans l'obscurité absolue; avec l'acide sulfureux, il se forme de l'acirle cblorosulfurique ; au contact de l'eau, des acides carbonique et chlorhydrique (Melsens). Pour préparer un charbon très poreux et par suite très actif, Bussy recommande de calciner un mélange formé de 1 p. de sang desséché et de 4 p. de carbonate de potassium ; on chauffe au rouge sombre et on épuise la masse refroidie par l'eau bouillante. On obtient ainsi un charbon noir, léger, spongieux, dont le pouvoir décolorant est quarante fois plus grand que celui du noir d*os. 11 a été employé par Damoiseau pour fabriquer le sesquichlorure de carbone, et par Paterno pour préparer l'oxychlorure de carbone. Ce charbon calciné exerce même des actions réductrices sur plusieurs sels métalliques : il précipite le platine du chlorure platinique, ramène le chlorure ferrique à l'état de chlorure ferreux, etc.
On voit, d'après ce qui précède, que le carbone amorphe peut se présenter à nous sous une foule d'états, véritables états isoméri'jues qui rendent compte, d'ailleurs, des ano-
malies sinplières que présente ce corps simple dans ses chaleurs spécifiques et dans ses propriétés comparées à celles de ses dérivés. Pour M. Berthelot, les diverses variétés de carbone amorphe représentent des états polyraériques du véritable élément carbone, tel qu'il existe dans ses combinaisons les plus simples, comme le tormène et l'acide carbonique. Par là, on peut se rendre compte de la diversité des chaleurs spécifiques des carbones solides, déterminées par Regnault; en multipliant les chiffres qui représentent ces chaleurs par 12, poids atomique du carbone, on obtient les valeurs suivantes :
Diamant 1 . 76
Graphite 2.4
Charbon de cornue 2.4
— de bois calciné 2.9
Noir animal purifié 3.13
Or, tous ces nombres sont moindres que le chiffre 6,6 qu'on obtient avec la plupart des corps simples^ comme le brome, l'iode, l'ariïent, etc. Pour qu'il en fût ainsi, il faudrait que la chaleur spécifique du diamant, trouvée expérimentalement égale à 0,1468, eut pour valeur 0,55 ;
Si on trouvait une variété de carbone ayant une telle chaleur spécifique^ on aurait le véritable élément carbene entre les mains, tel qu'il existe dans la plupart de ses combinaisons hydrocarbonées. Ce qui sans doute semble bien démontrer que les carbones amorphes, les graphites et le diamant représentent des condensations particulières d'un même élément primordial, condensations plus profondes que la polymérie ordinaire dans laquelle la chaleur spécifique varie faiblement, c'est que la chaleur spécifique du carbone, d'après Weber, augmente rapidement avec la température, au point de devenir sept fois plus considérable lorsqu'on passe de — SO** à + 600^ A cette température et au-dessus, elle est de 0,46, chiffre qui, multiplié par le poids atomique 12, donne le produit 5,5, se rapprochant de la moyenne 6,6, exigée par la loi de Dulong et Petit. Une étude approfondie des produits fournis à l'oxydation par les diverses variétés dé carbone conduit M. Berthelot à des conclusions analogues à celles qui découlent de la variation des chaleurs spécifiques. La méthode consiste à oxyder le carbone à basse température au moyen du chlorate de potassium et de l'acide nitrique fumant, conformément aux indications de Brodie. Voici les résultats obtenus par M. Berthelot : 1<^ le diamant n'est pas attaqué sensiblement, même après des traitements réitérés et prolongés ; 2o les carbones amorphes sont convertis en acides humoïdes, d'un brun jaunâtre, solubles dans l'eau, les propriétés de ces dérivés variant avec les matières premières qui les engendrent; 3o les graphites sont transformés en oxydes graphitiques de nature différente, caractérisés par leur insolubilité et la propriété qu'ils possèdent de se décomposer brusquement avec déflagration sous l'influence de la chaleur. M. Berthelot a en outre fait la remarque importante que le carbone, retiré de ses combinaisons hydrogénées, se présente de prélérence à l'état amorphe, tandis que celui qu'on retire de ses combinaisons avec le chlore, le soufre, le bore, peut-être aussi l'oxygène, tend à prendre l'état de carbone-graphite. Tous cesiaits tendent à démontrer que les carbones amorphes et cristallisés représentent, non les états divers du carbone, tels qu'ils existent daûs ses composés, mais des états polymériques particuliers.
Le carbone est l'un des corps les plus inaltérables qu'on connaisse ; cependant, on vient de voir plus haut qu'il pouvait être oxydé à basse température par des agents énergiques. A l'ébullition, il donne avec l'acide sulfuri |ue de l'acide carbonique et de l'acide sulfureux, réaction qui permet de préparer commodément ce dernier gaz dans les laboratoires lorsque l'acide carbonique est sans inconvénient. Lorsqu'on fait passer un courant d'hydrogène dans
Tœuf électrique, entre les pointes de charbon de l'arc yoltaïque, il y a formation d'acétylène :
Cette belle expérience est de M. Berthelot.
Suivant Margueritte et Sourdeval, l'azote de l'air s'unit directement au carbone sous l'influence de la baryte : il y a formation de cyanure de baryum lorsqu'on fait passer un courant d'air sur un mélange incandescent de charbon et de baryte caustique ; en faisant passer l'air d'abord sur du coke chauffé au rouge, puis sur du bois imprégné de potasse et chauffé au rouge blanc, il se produit du cyanure de potassium en abondance.
Le charbon ne forme avec l'oxygène que deux composés, l'acide carbonique et l'oxyde de carbone. 11 se combine au rouge à l'oxygène libre avec un dégagement de chaleur suffisant pour entretenir la combustion; dans l'oxygène pur, il brûle avec un vif éclat. Il réduit un grand nombre de composés oxygénés, tantôt à basse température avec formation d'acide carbonique, tantôt à haute température avec production d'oxyde de carbone, La vapeur d'eau, qui passe dans un tube de porcelaine rempli de charbons incandescents, donne naissance à de l'hydrogène, de l'oxyde de carbone et de l'acide carbonique, le tout accompagné d'un peu de gaz des marais. Le charbon se combine avec le soufre, à une haute température, avec production de sulfure de carbone ; il s'unit à certains métaux, dans les mêmes conditions, propriété qu'on met à profit dans la cémentation (V.ce mot). C'est ainsi que le fer se trouve transformé en fonte et en acier. La combustion du carbone dégage des quantités de chaleur variables suivant les états du carbone; par exemple, 94,000 calories par 42 gr. de diamant, 97,000 par 12 gr. de carbone, répondant au charbon de bois purifié.
Ed. BouRGom.
BiBL. : Baundhauer, Densité du carbone [Archiv, néerlandaises^ 1872, t. VIII, 1). — Bell, Carbone ferreux {Journ. chim. soc, t. VU, 203 [2]). ■- Berthelot, Rech. sur les états du carbone (An. ch. et phys.^ t. XIX, 36-2). — Bettendorf, Charbon de cornue {Arch. p/iarm.,t. CXLIV, 79 [2] [1870]). — Brodie, Oxydation du graphite (An. ch. ef p/iys., t. LIV, 466 [1869]). - Bussy, Pouvoir décolorant du charbon (Journ. pharm. et chim., t. VIII, 257).
— Calvert, Pouvoir absorbant {Compt. rendus, t. LXIV, 1246 [18671. •— Cloèz, Action de ihydrogène sur la fonte (Id.y t. LXXVIII, lô65).— Dumas et Stas, Poids atomique du carbone (An. ch, etphys., t. I, p. 1 [3];. — Desprets, Action de Vélectricité sur le carbone (Comptes rendus, t. XXIX, 548, 709; t. XXX, 376). - DAvy, Transf. du diamant en acide carbonique {An. ch. et phy s., 1. 1^ l7 [1816]).
— DiTTE, Oxyde du carbone par l'acide lodique (Soc. ch., t. XIII, 321 1. — Erdmann et Marchand, Equivalent du carbone {Journ. fûrprakt. Chim., t. XXIII, 159).— Favre, Propr. absorbante {An. ch. et phys., 1. 1, 209 [5]). — GRU- NER, Carbone ferreux {Compt. rend., t. LXXIII, 28). — HuNTER, Pouvoir absorbant {Journ. chim. soc, t. IX, 76 [1871]). — HoFMANN, Action oxydante du noir animal (Soc. c/i.,t. XXII, 263).— Jacquelain, Action de la chaleur sur le diamant {An. ch. et phys., t. XX, 459). — Margueritte et Sourdeval, AcHon de Vazote {Compt. rend., t. L, 1100 [1860]). — Melsens, Charbon chloré id., t. LXXVI, 92;. — MiTSCHERLiCH, Absorption des gaz {An. ch. et phys., t. VU, lo [3]). — Regnault, Chaleur spécifique {Id..,t. LXVI, 337).— Saussure, Absorption des gaz {Bibliot britannique, 299 [1812]). — Sghluze, Oxydation du charbon par le permanganate {Deuts. chim. Gesell^ schaft, 802, 806 [1871]. — Scot, Action de Vacide nitrique sur le charbon {Chem. News, t. XXV, 77; Soc.ch.,t. XVII, 553). — Valerius, Température de combustion du carbone (Bull. Ac. roy. Belgique, t. XXVHÏ, n° 12 [1874]). Weber, Chaleur spécifique du carbone (Poggend. Ann.. t. CXLVII, 34; t.CLlV, 367 et 543).- W^illiams, Actionde l'hydrogène naissant sur le carbone (Soc. c/i., t. XX,441).
CARBONE (Chlorures de) (Chimie). Les chlorures de carbone, comme l'indique leur nom, sont des corps qui résultent de la combinaison du carbone avec le chlore. La théorie en fait prévoir un grand nombre ; les plus importantes sont : le perchlorure, le protochlorure et le sesquicblorure de carbone. La benzine perchlorée ou cblofure de Julin, C^^Ci®, a été décrite à Farticle Benzine.
i. Perchlorure de carbone. Form. j a?"^^"* rrà '
Syn. : Tétrachlorure de carbone; formène quadr^^
chloré; chlorure de méthyle perchloré; éther méthyU
chlorhydrique perchloré. li a été découvert par Regnault
en faisant réagir au soleil le chlore sur le chloroforme :
G^iïCl^ + Cl» z= HCl 4- C^Cl^.
Il prend encore naissance lorsqu'on attaque le sulfure de carbone par le chlore sec :
CPS^ -H 4C1» = âS^CP -+- C^GH.
Pour le préparer, Mûller dissout de Tiode dans du sulfure de carbone pur et fait passer dans le soluté un courant de chlore sec, jusqu'à ce qu'il commence à se déposer des cristaux de chlorure d'iode ; on fait digérer le tout avec un excès de soude, afin de ramener le perchlorure de soufre à l'état de protochlorure; on sépare le perchlorure de carbone par distillation fractionnée, on le purifie par des lavages à l'eau, puis avec une lessive alcaline, et on distille de nouveau. Une petite quantité d'iode opère la chloruration d'une quantité considérable de sulfure de carbone.
Le perchlorure de carbone est un liquide incolore, bouillant à 78°, ayant pour densité 1,599. Chauffé aune ' haute température, il se transforme en plusieurs chlorures de carbone, dont la nature et les proportions sont variables avec le degré de chaleur : au rouge vif, il se fait surtout du sesquichlorure, et, en même temps, de l'éthylène perchloré, par suite de la séparation d'une partie du chlore sous l'influence de la chaleur : âC^CH =z C^Gl^ + Cl»; C^Cl^ rzr C^CH + Cl».
On observe ordinairement la formation de petits cristaux soyeux de chlorure de Julin. Chauffé au rouge dans un tube rempli de pierre ponce et traversé par un courant d'hydrogène, le perchlorure régénère du gaz^ des marais, accompagné d'une petite quantité d'éthylène (Berthelot) ; au rouge naissant, l'hydrogène sulfuré le transforme en acide chlorhydrique et en sulfochlorure de carbone (Kolbe). Avec une solution alcoolique de potasse, il se forme lentement à chaud du chlorure et du carbonate de potassium. Chauffé avec de l'iodure de potassium et de l'eau, il donne un mélange d'hydrogène, d'acide carbonique et d'oxyde de carbone, tandis que le zinc et l'acide chlorhydrique, en solution étendue, engendrent de l'acide chlorhydrique, du chloroforme et du chlorure de méthyle chloré (Geuther). D'après Regnault, il reproduit régulièrement son générateur, le gaz des marais, lorsqu'on attaque sa solution alcoolique par l'amalgame de potassium, substitution inverse qui ne réussit pas sur les dérivés chlorés de l'hydrure d'éthylène; dans la réaction précédente, l'hydrogène se substitue au chlore pour donner successivement du chloroforme, du chlorure de méthyle chloré, du chlorure de méthyle et du formène. Inversement, le chlore enlève graduellement au formène son hydrogène pour engendrer une série de produits chlorosubstitués dont les points d'ébulHtion et les densités augmentent à mesure que la substitution est plus complète, comme l'indique le tableau suivant :
Ebullition. Densités
Formène C»H^ . . Gaz »
— monochloré.. C^H^CL. — 23o.. »
— dichloré.... C^H^Cl». +30«5. 1.34
— trichloré . . . Cmœ . . 4- 60^8 . 1 . 49
— quadrichloré G»CH . . . +78^. 1.63
IL Protochlorure de carbone. Form.
Equiv.... G^CH'
Atom C»CH
Syn.: Diehlorure de carbone ; éthylène quadrichloré ;
éthylènè perchloré; hydrogène bicarboné perchloré.
Il a été obtenu en traitant par la potasse alcoolique la
liqueur des Hollandais trichlorée :
C4flCl3Cl»r:z:HCl-hC4Cl^ ;
il se produit encore :
1*> Lor^u'on fait passer le sesquichlorure de carbone
CARBONE
en vapeurs dans un tube chauffé au rouge et rempli de fragments de porcelaine (Faraday) ; 2<^ lorsqu'on ajoute, par petites portions, du sesquicblorure dans une solution alcoolique légèrement chauffée de sulfure de potassium saturé d*acide sulthydrique (Regnault) ; 3<* en attaquant le sesquicblorure par l'hydrogène naissant, au moyen de Facide sulfurique et du zinc granulé (Geuther). Damoiseau conseille d'ajouter simplement de la grenaille de zinc dans une solution alcoolique de sesquicblorure ; la réaction s'établit rapidement, aVec un vif dégagement de chaleur; on filtre et on précipite par l'eau la liqueur alcoolique.
Pour préparer le protochlorure de carbone, on dissout à chaud le sesquicblorure de carbone dans le double de son poids d'aniline commerciale, bouillant à 485-186*'; on chauffe le mélange dans une cornue vers 170» et on recueille le produit qui distille dans un récipient, qu'il est à peine nécessaire de refroidir (Bour^oin). Pour purifier le liquide obtenu, on y ajoute son poids d'aniline et on distille à nouveau entre 130 et 145» ; on lave le produit distillé avec de l'acide sulfurique étendu et on dessèche. Pour obtenir du protochlorure de carbone absolument pur, il suffit de remplacer le sesquicblorure par le bromure d'éthylène perchloré ou bromure de chloréthose de Malaguti (Bourgoin).
Le protochlorure de carbone est un liquide éthéré, à saveur sucrée, bouillant à 121», ayant pour densité 1,6595 à zéro (B.).
Il est insoluble dans l'eau, les acides et les lessives alcalines, soluble dans l'alcool, Téther, le chloroforme, les huiles fixes et volatiles. Sous l'influence d'une chaleur élevée, il se dédouble en chlore et en chlorure de Julin :
SC^CH =z 3C12 ^ c^^Cl^.
En passant sur de la baryte caustique chauffée au rouge, il donne naissance à du chlorure de baryum, de l'acide carbonique et du charbon. Le chlore, en présence de l'eau, le convertit en sesquicblorure d'abord, puis en acide trichloracétique (Kolbe) :
C4C14 4- C12 =: C^Cl^ C^C1« 4- 2H202 =z 3HGI + C^HGl^O*.
Avec la potasse caustique, vers 200», on observe la formation d'oxalate de potassium, de chlorure de potassium et d'hydrogène. A la lumière solaire, le brome le convertit en bromure de chloréthose, G'*CHBr^ (Malaguti). En résumé, par la substitution du chlore à l'hydrogène, Téthylène forme une série très régulière, dont le dernier terme est l'éthylène perchloré, conformément au tableau suivant :
Ebullilion Densité à zéro
Elhylène
Gaz ..
— chloré . . . .
C^H^Cl ..
— bichloré...
cm^œ . .
— trichloré . .
C^HCl^ .
— tétrachloré.