‹ La grande et excellente cité de ParisChapitre 34 sur 42 · R. de Vaugondy. Carte du gouvernement général de Vlle · texte numérisé non relu

R. de Vaugondy. Carte du gouvernement général de Vlle

de-France,

Sur l'autorité de d'Anyille^^ Autun semblait avoir été bâtie sur remplacement de rancieniie Bibracte, les découvertes modernes me permettent de iji^ntenir cette assimilation, surtout quand on connaît le mont Beuvray. Le nom de Beuvray^ traduit dans les chartes du XIII* siècle, par le mot Biffractum^ — ses deux cimes auraient pu lui mériter celui de his fractum^ — présentait une analogie évidente avec Bibracte ; pour justifier et expliquer l'origine de cette appellation, ce ne sont pas les cours d'eau dont les bords ont pu être fréquentés par les bièvres à une époque reculée qui manquent dans ces cantons.

Le village de Biberach, en Suisse, près du Rhin, est assis également sur une rivière qui se jette dans ce fleuve. De plus, il existe une ville de Souabe qui a conservé son ancien nom de Biherach; il n'est pas inutile d'observer que Bâcr en allemand signifie castor ^ que cette ville est bâtie sur une rivière nommée Biher^ qui se jette dans la, Russ, sous ses murs, et qu'enfin, pour armes parlantes^ elle a un castor ou bièvre.

On ne peut après cela refuser d'admettre que les rivières et .les localités du nom de Bièvre n'aient été ainsi nommées à cause de la fréquentation des loutres dans ces endroits, où on les chercherait peut-être vainement aujourd'hui : les hommes détruisent ces intéressants animaux pour se parer de leurs dépouilles. On peut remarquer également que toutes ces rivières du nom de Bièvre, ou près des localités de ce nom^ sont des cours d'eau peu considérables; on sait d^ailleursce qu'est mn bief de moulin, dont le nom s'est conservé dans notre langue.

Cette étymologie, tout à la fois simple et naturelle,

f . D^Anville. Eclaircissements géographiques.

s'accorde parfaitement avec la position de» lieux du nom de. Bièvre, toujours situés sur une rivière; on ne peut nier d'ailleurs que le castor d'Europe ne s'appelât autrefois huvre^ qui n'est que le celtique hiher ârancisë. Les Romains avaient aussi ce mot, mais ils le transforma rent en changeant le B initial en F : de là Fiber^ bièvre, Loutre ou castor ^. Biber serait la forme originaire d'un mot dont la force de la prononciation a fait Bibrax chez les Rèmes, Bibractc chez les. Eduens, Bt^^r^zf A en Suisse et en Allemagne. La désinence ac ou ach est un suffixe possessif et d'excellence quf ne change rien à la signification des noms '. Des in&r-* mations récentes nous permettent d'affirmer quq l/on trouve encore dans la Bièvre parisienne et aux abords do village de Bièvre quelques bièvres,

Il en est jnsqn'à trois, si |e sais bien comptur)

qui se conservent dans le pays, malgré toutes les chances de destruction et la guerre qu'on leur fait. Comme Biberach, Bièvre devrait ad^ter une loutre pour armes parlantes.

L'impression de ce volume était terminée, lorsque M. Ferdinand Denis nous communiqua un curieux documènt que nous avons l'avantage de pouvoir repro> duii^e : c^est le dessin d'une - tapisserie faite par ordre d'André Thevct. Il provient du fonds Gaignières et se

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