‹ La Grande-Grèce; paysages et histoire (volume 2)Chapitre 5 sur 32 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

HÉRAGLÉE ET SIRIS

Au-delà du Basiento, la plaine s'étend vers le sud pendant six ou sept lieues encore, entre les montagnes à l'ouest et la mer à Test, et avec la plaine le désert. On franchit deux rivières qui courent rapidement vers la mer, la Salandrella et TAgri, que les Grecs nommaient Aciris. La Salandrella ou Salandra est appelée Chelandra dans trois diplômes du xif siècle, où sont énumérées les limites du territoire de Santa Maria di Scanzana, donné au monastère basilien de Carbona. Il n'y a donc pas de doute que cette rivière ne soit TAcalandrus de Pline, situé entre TAciris et le Casuentus. Mais ce n'est pas l'Acalandros de Strabon» appartenant au territoire de Thurioi ; ce dernier doit être reconnu dans le Haganello d'aujourd'hui, La multiplicité des cours d'eau de même nom, même voisins les utis des autres, est un fait qui se reproduit souvent dans Tancienne Grande Grèce» Presqu'immédiatement après TAgri, le chemin de fer s'arrête au pied du mamelon qui porte l'ancien couvent de Policoro. C'est la première station après celle de Torremare.

Si Ton met à part le temple de Métaponte et celui de

Hêra Lacinia, près de Crotone, ce sont des emplacements plutôt que des ruines que Ton trouve à visiter sur le littoral de la Grande Grèce. Il semble qu'un châtiment particulier de la Providence se soit appesanti sur toutes ces villes, jadis si florissantes, qui ont eu pendant plusieurs siècles un rôle prépondérant dans le développement de la civilisation hellénique, mais qui s'énervant ensuite dans la mollesse et dans la volupté, avaient fini par devenir autant de foyers d'intense corruption, La destruction s'est acharnée à faire disparaître leurs derniers vestiges de la surface du sol, comme ceux de Sodome, à tel point que pour plus d'une d'entre elles, dont le nom est fameux dans l'histoire, on hésite à déterminer sur quel site elles s'élevaient réellement. Pourtant, en dehors de la grande leçon philosophique qui ressort de cette destruction même, l'exploration des emplacements des cités de la Grande Grèce offre encore un intérêt de premier ordre. Les récits des écrivains, quand on les lit sur le terrain, prennent une vie, un relief, une réalité, dont partout ailleurs ils sont dépourvus. La vue des lieux est nécessaire pour se reporter complètement par l'imagination au milieu des hommes qui y ont vécu jadis et des événements dont ils ont été les acteurs.

Aucun emplacement, dans toutes ces contrées, n'est plus certain que celui d'Héraclée, à 24 stades de la mer et sur la rive droite de l'Aciris.

La ville n'était pas sur la colline même de Policoro, mais sur le plateau allongé qu'un vallon en sépare et qui, du côté du nord, descend par une pente atténuée vers la rivière. C'est là que Tœil distingue, dès le premier examen, des traces incontestables d'une occupation du temps des anciens. Sur ce plateau il est impossible de remuer la terre sans rencontrer des fondations de muraltiéS enfouies sous le sol à une faible profondeur, sans décoù^Wr^des médailles ou d'autres menus objets. Jamais, du i*è'ëtlé, on n'y a fait d'excavations régulières, dans un but stiiéntifique.

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Ce n'est pourtant point ici, mais à un endroit appelé Luce, à mi-chemin entre Héraclée et Métaponte, dans le lit de la Salandrell^, limite des anciens territoires des deux villes, qu'ont été découvertes en 1732 les Tables d'Héraclée, si célèbres dans les études d'épigraphie et de droit. Ce sont deux grandes tables de bronze, brisées en plusieurs morceaux, de la nature de celles où les anciens avaient riiabitude de graver le texte des lois et des décret^, pour l'exposer aux regards du public etle rendre inaltérable. Celles dites d'Héraclée, que Ton conserve au Musée National de Naples et qui , depuis leur première publication par Mazocchi, ont été bien des fois rééditées et commentées, sont opisthographes, c'est-à-dire qu'un texte grec y fut inscrit d'abord sur un côté vers le dernier quart du m*' siècle avant notre ère ; trois cents ans environ plus tard, cet ancien texte grec n'offrant plus d'intérêt pratique, on en utilisa le vieux cuivre en le retournant, pour y inscrire une loi en latin. Ce second texte n'est rien moins qu'une grande partie de la lex Julia municipaliSy c'est-à-dire de la loi promulguée en 46 av. J.-G. par César, dictateur, pour régler le régime municipal des villes de Tltalie, C'est donc le document fondamental pour la connaissance de cette partie du droit romain. Le texte grec antérieur n'est guère moins intéressant pour l'étude du droit hellénique, sur lequel on possède infiniment moins de renseignements. C'est l'acte, rédigé par des commissaires spéciaux élus par le peuple, de la délim^ation et de la location de terrains consacrés à Dionysos eit à Athènè, que des particuliers avaient usurpés. On y mentionne les démarches faites, dans l'assemblée des citoyens, pour rendre le sol sacré à sa pieuse destination«f,la nomination des commissaires, leurs travaux pour en fixer le.^pmage et pour expulser les possesseurs illégitimes. E^^ l'acte établit sous quelles conditions les temples pourjfÇï^it désormais en percevoir les revenus, et donne le cahier d<es charges que devront accepter ceux qui pren-

dront à ferme ces terres d'église. Tout y est prévu avec les plus minutieuses précautions : la manière dont elles doivent être cultivées, les sécurités à exiger des tenanciers, le plan et le nombre des constructions que ceux-ci sont tenus d'élever, l'étendue des plantations permises en vignes et en oliviers, enfin les améliorations à faire sur la propriété.

Un autre trait des usages grecs a été aussi révélé par les Tables d'Héraclée. Le nom de chacun des magistrats qui y sont mentionnés, et aussi de chacun des commissaires délégués, est suivi de l'énoncé du symbole gravé sur son cachet. Ceci montre l'importance légale de la constatation de l'empreinte adoptée par tout fonctionnaire en charge pour son sceau personnel, dont l'apposition au bas des actes publics tenait lieu de ce que la signature est dans nos moeurs. Cette empreinte était enregistrée aux archives pour faire foi et servir de moyen de contrôle. Ellle constituait de véritables armoiries, qui ne différaient de celles du moyen âge qu'en ce qu'elles étaient exclusivement personnelles, au heu de constituer un héritage de famille. Les petits types accessoires, si fréquemment placés dans le champ des monnaies grecques, sont les- emblèmes du cachet des magistrats préposés à la fabrication. Ils étaient tenus de les apposer à la monnaie, dont ils dirigeaient l'émission, comme une signature, établissant leur responsabilité personnelle au cas où l'on constaterait une altéï*ation des espèces.

L'histoire d'Héraclée est courte et d'une importance secondaire. Nous en avons indiqué déjà quelques-uns des principaux faits en parlant de Tarente, sa métropole. Nous avons dit alors comment elle fut fondée en 432 av. J.-C, à la suite des contestations entre les Tarentins et les gens tle Thurioi pour la possession de la Siritide. Sa pO|iulation fut en partie formée des anciens habitants de Siris, en partie de colons venus de Tarente. La position de sujétion

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tempérée par une large part de liberté municipale, que la cité mère ât à sa nouvelle colonie, se traduit dans la part de droit de monnayage qu'elle lui laissa exercer au début de son existence. Cette question de l'étendue plus ou moins complète du droit monétaire a toujours une importance capitale quand il s*agit de déterminer exactement la posi* tion politique des yilles grecques. 11 ne parait pas y avoir eu en cela de règle fixe ; les faits ont varié suivant l'esprit de la politique de la cité souveraine envers ses colonies. Quelquefois la ville souveraine a interdit tout monnayage à la ville dépendante; d'autres fois elle l'a restreinte à ne frapper que des espèces de cuivre. C'est ce que fit Athènes pour les colonies de cléruques qu'elle établit à Égine, à Naxos et à Mélos. Par contre, on observe des cas où la ville dépendante possédait la plénitude du droit monétaire et frappait des monnaies de même valeur que celles de la ville dominante. C'est la condition exceptionnellement favorable que Rhodes paraît avoir toujours accordée aux villes qui reconnaissaient sa suprématie. Un système plus habituel, et d'un caractère mixte, réservait à la ville souveraine la fabrication exclusive des espèces d'or et des pièces d'argent les plus fortes, laissant seulement à la ville soumise à son autorité le droit d'émettre de très petites pièces divisionnaires de ce dernier métal. C'est celui qu'avait adopté la politique de Tarente et que nous lui voyons suivre à l'égard d'Héraclée, dans les premiers temps de son existence, et aussi à l'égard des Pitanates, colonie des Tarentinsdans le Samnium, qui resta toujours subordonnée politiquement à la mère patrie.

Héraclée, les monuments numismatiques le prouvent, n'acquit la plénitude du droit monétaire, la permission de frappert'à son nom le nomos ou pièce de 2 drachmes, qui était l|r)plu« haute taille d'argent dans le système du monnayage tairentin, qu'à l'époque où Archytas fit d'elle le siège du conseil fédéral des Grecs ItaUotes. Les privilèges de

son self-govérnment municipal furent alors augmentés dans une large mesure. Pourtant elle était toujours sujette de Tarente, puisque ce fut seulement Alexandre le Molosse qui, lors 0e sa brouille avec les Tarentins, la rendit pleinement indépendante. La masse principale des monnaies d*Héraclée date de ce moment; c'est celui où' furent émises les belles pièces qui portent d'un côté la tête de Minerve au casque décoré d'une figure de Scylla, comme dans le monnayage de Thiurioî, de l'autre Hercule étouffant le lion. Mais cette période d'indépendance absoluefut de courte durée, et bientôt après la mort du roi d'Epire, Héraclée tomba sous la sujétion des Lucaniens. Le texte grec des tables de bronze dont j'ai parlé tout à l'heure, est un document qui appartient précisément aux années pendant lesquelles la ville avait cessé de dépendre de Tarente et n'était pas encore courbée sous le joug des barbares du voisiaage. Nous y apprenons que le premier magistrat d'Héraclée portait alors le titre d'éphore, emprunté à Sparte.

Sous la domination temporaire des Lucaniens, les Grecs d'Héraclée ne paraissent paa avoir été jamais réduits au même degré d'hilotisme que ceux de Poseidonia. Ils gardèrent leurs mœurs et les institutions de leur cité. Quand les Romains intervinrent dans les affaires de cette portion de l'Italie, ils se déclarèrent leurs protecteurs, les. délivrèrent du joug des barbares et s'étudièrent à attachsa* Héraclée à leur cause. Après la guerre de Pyrrbos,,Bft(îft reçurent au nombre des vilIps,|gdéréçs,.Mais tandii^i(pfâs imposaient à Tarente les p)iii?ji^e^>9pn£Utio«$,.)liS% e^ist blaierit HéTaclée de fav.çpr^,i4^ipamèrfi fila séparer ^absolument de son ançienog^^inétropole. Un traité spéml mit cette cité dans l'alliance de Rome à des conditions tellement exceptionnelles que Cicéron appelle ce traité prope $mgulare foedus. C'est ce qui avait été fait également pour Néapolis de Campanie (Naples), et quand, à la fin de la Guerre Sociale, la loi Plaùtia-Papiria vint donner le droit de cité romaine

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aux habitants de toutes les anciennes villes fédérées de ritalie, ces deux cités essayèrent, mais vainement, de se soustraire à un bienfait qui pouvait être réel pour les gens d'autres provinces, mais auquel elles trouvaient leur condition antérieure bien préférable. Quelle avait été, du reste, rattrtude d'Héraclée pendant la Guerre Sociale? Avait-elle suivi l'exemple des Lucanîens, ses voisins, en embrassant le parti des révoltés italiotes ? ou bien était-elle demeurée fidèle à Rome? On ne sait rien de formel à cet égard, mais la seconde hypothèse meparaît plus vraisemblable. En tous cas, la ville s'était un moment trouvée mêlée à la lutte et en avait considérablement souffert, puisque Cicéron nous apprend que ses archives avaient été alors complètement détruites dans un incendie.

Devenue malgré elle un municipe de citoyens romains, Hôraclée parait s'être assez rapidement latinisée ; Strabon ne la compte pas au nombre des villes demeurées de son temps fidèles à Thellénisme. Pour Pline c'est encore une ville importante, et nohs voyons le nom d'Héraclée continuer à figurer dans les Itinéraires, être même cité à l'époque des guerres des Goths. Mais à partir du n® siècle de notre ère, ce n'était plus qu'une localité secondaire, une bourgade en pleine décadence. Nous en avons la preuve par ce double fait que le géographe Ptolémée, qui écrivait sous Maro-Aurèle, néglige de mentionner Héraclée et que sonhoîn ne se trouve passurles listes des évèchés deritalle dans les premiers siècles chrétiens. La destruction définitive de 'la vffle fut très probablement due aux ravages des Sarrazins. Le peu d'habitants qui y restaient alors se retira dans les nrontagnes, du côté de Sant' Arcangelo.

Ces lieux, retournés depuis si longtemps à la solitude, ont-ile vu naître, il y a vingt-trois siècles, uii des princes de la peinture grecque, celui qui, suivant l'expression de Pline, « franchit le premier les portes du sanctuaire de l'art, que ses prédécesseurs n'avaient fait qu'entrebâiller. »

On aimerait à en avoir la certitude, qui assurerait son plus beau fleuron à l'école des artistes tarentins. Mais il plane à ce sujet des doutes qui ne seront peut être jamais complètement éclaircis.

. Zeuxis, qui le premier, parmi les peintres hellènes, sut donner à ses figures le relief de la nature par un emploi savant des ombres et du clair-obscur, qui, par son exemple, contribua plus qu'aucun autre à substituer l'habitude des tableaux exécutés sur panneaux de bois à celle des grandes fresques à teintes plates, telles que les peignaient Polygnote et Micon, Zeuxis était natif d'une ville d'Héraclée. Mais on ne précise pas laquelle, et il y avait des villes de ce nom dans toutes les parties du monde hellénique. Les critiques modernes sont généralement d'avis que sa patrie était notre Héraclée italienne. On fait valoir à cet égard le nom de son premier maître, Démophile d'Himéra, de Sicile, et les travaux importants qu'il avait exécutés dans la Grande Grèce et en Sicile avant d'aller se fixer à Athènes, d'où il se rendit à la cour d'Archélaos de Macédoine etfinalement à Ephèse, où il termina ses jours. On citait, eneflfet, parmi ses œuvres les plus fameuses, YAlcmèney qu'il avait peinte pour Agrigente, et qui était probablement le même tableau que son Het*cule au berceau étouffant les serpents, où la figure d'Alcmène est signalée comme particulièrement belle et expressive, et surtout son Hélène, dédiée dans le temple de Hèra Lacinia, tableau pour lequel les jeunes fiUeà de Crotone, par suite d'une décision du peuple, durent se présenter nues devant l'artiste, afin qu'il choisit parmi elles ses modèles. En dehors de ce tableau fameux, que le peintre Nicomaque considérait comme l'un des ouvrages les plus parfaits qui eussent jamais été produits, et qui fournit à Zeuxis l'occasion de la première exhibition d'une œuvre d'art à prix d'argent — d'où cette Hélène reçu le nom populaire de La Courtisane — Cicéron parle encore d'autres peintures du même maître que renfermait le tem-

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pie de Hèra, sur le Promontoire Lacinîen, près deCrotone. Tout ceci donne beaucoup de poids à l'opinion qui le fait sortir de THéraclée tarentine ou Iléraclée de Lucanie. La chose ne serait pas douteuse s'il était bien positif que, comme le dit Pline, l'éclat de la carrière de Zeuxisen Grèce commença dans la quatrième année de la XGV* olympiade, c'est-à-dire en 395 av. J.-C. 11 pourrait, en effet, dans ce cas, parfaitement être né dans une ville fondée en 432, Si Mais il n'en serait plus de même si, conformément à un dire que combat l'écrivain latin, il avait fait ses débuts dans la LXXXIX* olympiade, en 424. Le Scboliaste d'Aristophane prétend aussi qu'il y avait à Athènes, dans le temple d'Aphrodite, un héros couronné de fleurs^ peint par Zeuxis en 426. Si cette donnée est vraie, ce n'est pas dans l'Héraclée italienne qu'il peut être né ; car à supposer même que sa naissance ait suivi de très près la fondation de la ville et qu'il ait été fort précoce, s'il était venu au monde dans cette cité, sa carrière n'aurait pas pu matériellement commencer avant 410. 11 y a malheureusement ici, dans les témoignages des écrivains antiques, une confusion qui pour nous est jnextricable. Vers la fin de la guerre du Péloponnèse et dans les années qui suivirent, il y avait à Athènes, en même temps que Zeuxis, un peintre du nom de.Zeuxippos, natif d'une autre Héraclée, dont Platon et Xénophon vantent le talent. L'analogie entre les ? tittms de ces deux artistes, jointe à ce que leurs patries î éCëiènt homonymes, a conduit les compilateurs plus récents dë^plfeieurs siècles à brtmitter les renseignements qui se rapportaient à l'un et à* l'autre^ ou plus exactement la grande renommée de Zeuifs; layant seule survécu, a absorbé celle de Zeuxippos, et les travaux des deux maîtres ont fini par passer sous un seul nom. De là ces problèmes chronologiques que l'on n'arrive pas à dénouer, et qui laissent flotter undoute sur la patrie véritable de Zeuxis, malgré ta force des arguments en faveur de son origine italienne.

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C'est sous la domination byzantine que remplacement de l'ancienne Héraclée reçut le nom grec de Poljfchôrwn^ d'où Ton a fait Polîéoro. Mais au xn* siècle, où un diplôme de Bohémond II parle delà fous Polieorii, ces lieux paraissent avoir été déserts, sans doute par suite des ravages des Sarrâzlns. Après un très long abandon, ils vinrent à la fin du XVI® siècle aux mains des Jésuites. Ce sont eux qui construisirent alors le couvent de Policoro, vaste édifice conçu pour abriter dans ses murs une communauté nombreuse. A la suppression de la Compagnie de Jésus, la propriété en fut confisquée et acquise par un grand seigneur.

Aujourd'hui tout le vaste espace compris entre les montagnes et la mer, dans un sens, les deux fleuves de l'Agri et du Sinno, l'Aciris et le Siris des anciens^ dans l'autre sens, c'est-à-dire la majeure partie du territoire de, la Siritide, forme un seul domaine, propriété du prince de Gerace. La superficie en est d'environ 140 kilomètres carrés ; c'est le latifundium, tel que depuis la fin de la République romaine il a été l'obstacle à tout progrès de l'agriculture italienne et l'un des plus puissants facteurs de la dépopulation du pa j^s. L'ancien couvent est maintenant un château délabré, que le propriétaire ne vient jamais visiter ; c'est là qu'habite Tiniendant, qui exploite la terre en sou nom. Vingt-cinq mille têtes de bétail, des buffles en majeure partie, paissent dans les prairies marécageuses qui s'étendent du côté de la mer. Pour les parties du domaine qui sont en labour, leur exploitation emploie 4000 hommes au temps des grands travaux, et 2S0 seulement le reste de Tan-

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née. Ce dernier chiffre est celui de la population qui habite dans les différentes massarie répandues sur l'étendue du domaine. Au moment des labours et à celui de la récolte ^ les montagnards descendent par bandes de la Basilicate et viennent se faire embaucher comme ouvriers pour la durée des travaux. Sur leur route, ils gîtent dans de véritables caravansérails, aussi rudimentaires, au$si barbares et aussi repoussants de saleté que ce qu'on peut voir de pire en Orient sous ce rapport. J'engage le ^voyageur curieux des traits de mœurs, qui voudrait s'en faire une idée, à visiter celui qui se trouve un peu plus loin sur la route de Calabre, au bas de la J)ourgade de Trebi&acce. On peut le prendre comme un type; mais il faut se cuirasser contre le dégoût avant d'y pénétrer. Nulle part bouge plus infect n'abrite des créatures humaines.

Au moment des labours, qui est précisément celui où je parcours ces contrées, on voit dans les champs jusqu'à vingt ou trente charrues marchant en ligne, ou bien un front de plusieurs centaines d'hommes qui s'avancent en retournant la terre avec la houe. Le fattore, l'intOAdant, et ses agents sont à cheval, parcourant incessamment le front de bandière des travailleur», les excitant à la besogne, les dirigeant, pressant et gourmandant çei^x qui faiblissent. On dirait une troupe sur le champ de manœuvre, commandée par ses officiers montés. Rien de pittoresque comme ce spectacle; c'est la culture entreprise à la façon d'une expédition militaire. Dans les grosses chaleurs, lorsqu'on failles moissons, c'est une véritable campagTOj^ auP3i meurtrière que s'il fallait y affronter le feu de l'ennemi. L'agriculteur est ici un soldat, qui livre \xn combat en règle contre les influences hostiles de la nature ; et il ne se passe pas de journée sans que quelqu'un des travailleurs ne tombe pour ne plus se relever sur le champ même qu'il moissonne, foudroyé par la fièvre paludéenne ou frappé par l'insolation. Je laisse à penser ce que sont les ravages de la maVuria

lorsque le soir, après une journée pénible, les contadini mal nourris, trempés de sueur, n'ont pour coucher que des hangars mal clos ou des appentis de feuillages, où pénètrent librement le froid de la nuit et les exhalaisons humides des marais.

L'Italie a jusqu'à présent un développement industriel trop peu considérable, pour que la question du paupérisme des ouvriers de manufactures puisse, avant longtemps, devenir pour elle ce qu'elle est pour les pays de grande industrie. Mais, en revanche, on ne saurait se dissimuler que la misérable condition de ses paysans, trop oubliée jusqu'ici de ses hommes politiques, ne crée pour elle un problème aussi grave et aussi difficile. Bien des indices révèlent sur ce point un danger imminent, et commencent à imposer à tous les esprits sérieux dans ce pays la préoccupation de la question agraire. C'est le progrès de Tinternationalisme dans la population rurale de certaines provinces, comme les Romagnes, fait jusqu'à présent unique en Europe. Ce sont des incidents du genre de celui d'Arcidosso, oùron a vu, il y a deux ans, en pleine Toscane, c'està-dire dans une des parties de. la Péninsule où l'on eut cru que la souffrance devait être la moindre, plusieurs milliers de paysans s'attrouper un beau jour à la voix d'un illuminé, qui se donnait pour un nouveau Messie et leur promettait le partage des terres.

Les causes qui produisent cette cruelle misère des campagnes sont nombreuses et s'enchaînent d'une façon presque fatale. Elles découlent toutes du régime des latifundia^ c'est-à-dire du petit nombre des propriétaires, de l'immensité exagérée de leurs domaines, du manque presque complet de la petite et de la moyenne propriété, en dehors de certaines provinces privilégiées, où la pratique déjà ancienne du Code civil français a produit un autre état de choses. A ceci se joint l'absentéisme général de l'aristocratie territoriale, qui vit dans les grandes villes, dané lés

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anciennes capitale^ ou dans les villas somptueuses qui les entourent, et au lieu de s'occuper du soin de ses propriétés rurales, évite de les visiter et en laisse le soin à des intendants. Dans ces conditions. Tunique souci du grand propriétaire est de tirer un revenu fixe de ses domaines, sans avoir à s'en occuper autrement que pour en toucher la rente, que souvent son luxe besoigneux lui fait chercher à anticiper, pour soutenir une vie de dépenses au-delà de ses ressources réelles. Surtout il tient à n'avoir aucune avance coûteuse à faire pour l'amélioration de propriétés auxquelles il ne s'intéresse aucunement. C'est là ce qui le fait s'en tenir à un système d'exploitation qui donne la prédominance au pâturage sur la culture, qui laisse la plus grande partie de la terre en friche, et, s'il a pu être commandé par le manque de bras, perpétue la dépopulation des campagnes et s'oppose à toute espèce de progrès.

Ainsi s'est formée cette classe des fattori ou mercanti di campagna, qui prennent à bail, moyennant une redevance fixe, l'exploitation des grands domaines et ont su s'imposer partout comme les intermédiaires indispensables entre le propriétaire et les paysans. Ils sont là ce que la ferme générale était sous l'ancien régime entre l'État et les contribuables, et de même ils s'engraissent aux dépens des uns et des autres. On cite des intendants de propriétaires aristocratiques qui, à ce métier, sont devenus rapidement millionnaires. Ce que rend la terre à son propriétaire, avec ce système d'exploitants intermédiaires, le domaine de Policoro peut nous en faire juger. Avec sa superficie de 140 kilomètres carrés, c'est à peine s'il produit au prince de Gerace 296,000 francs par an. Même dans l'état d'imperfection de sa culture, administré directement, il donnerait un bien autre revenu. Mais il faudrait pour cela secouer une paresse incurable, s'occuper sérieusement et savoir s'arracher à la molle vie de Naples, pour aller passer une partie de l'année dans un pays dont le séjour paraîtrait, à

un raffiné d'élégance mondaine, un exil au milieu des sauvages*

Quant au paysan, ce n'est le plus souvent qu'un simple ouvrier agricole, plongé dans la plus dure pauvreté, vivant misérablement au jour le jour, sans qu'un salaire trop minime lui permette d'espérermôme d'améliorer sa condition par l'épargne. Ou bien par le fait attaché à la glèbe, ou bien habitué à une vie nomade qui exerce sur lui une influence démoralisante, c'est à peine s'il possède ses instruments de travail, et pour ainsi dire jamais il n'est propriétaire de la demeure insalubre et insufBsante qu'il occupe, dans les bourgs infects où la longue insécurité du pays l'a condamné à s'entasser. Car dans les** provinces méridionales, teUe chose que nos villages est inconnue, et avec le village les conditions favorables qu'y fait au paysan la vie dans la maisonnette qu'accompagne un petit potager. Les contadini de la majeure partie de l'ancien royaume de Naples habitent, à la façon de l'Orient , par villes de plusieurs milliers d'âmes, dont l'agglomération assurait, dans une certaine mesure, une protection réciproque contre les brigands et les pirates. Ces villes, dans une vue de défense, se sont généralement établies dans des lieux difficiles d'accès, et que sépare d'ordinaire une journée de marche. A part quelques maisons bourgeoises, le bourg est possédé tout entier par un grand propriétaire, en général celui dont les habitants cultivent les domaines. A son égard ils sont des tenancier^ sans bail fixe, sans garantie d'aucune sorte, que la simple volonté du propriétaire ou de son intendant peut, du jour au lendemain, expulser de leur demeure et jeter dehors sans feu ni lieu, sans travail et sans ressources.

La condition est la même dans la majeure partie de ritahe. Mais il est beaucoup de provinces où la douceur des mœurs, le voisinage plus rapproché des propriétaires, certaines habitudes de patronat et de conduite paternelle dans les rapports réciproques du maître ou de ses agents

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avec les paysans, en atténuent les effets et font à la population rurale une vie supportable. Ici les mœurs sont dures, laviolence brutale est passée dans les habitudes, à la suite de longs siècles qui n*ont connu d'autre loi que la volonté du plus fort ; il n'y a pas cent ans que le régime féodal régnait dans ces contrées avec autant d'implacable rudesse que dans le premier moyen âge. Tel grand seigneur terrien des Calabres à la fin du xviii® siècle, comme le vieux prince de Scilla, qui périt d'une façon si dramatique dans le tremblement de terre de 1783, était encore un vrai baron du x* ou du xf siècle, faisant peser sur les populations le même joug de fer. Le paysan de ces contrées est donc foujours t l'animal farouche » dont parle La Bruyère, « noir, livide et tout brûlé du soleil, attaché à la terre qu'il fouille et remue. » G est de lui qu'on peut dire, sans exagération, qu « 'il se retire la nuit dans des tanières où il vit de pain noir, d'eau et de racines. »

Sous prétexte qu'il est incapable d'apprendre quelque chose de plus perfectionné, de se servir des moyens de transport et des instruments de l'homme civilisé, mais en réalité par une sordide économie, on le fait travailler de la même façon que les fellahs égyptiens. Et encore en Egypte le travail agricole est relativement doux, le climat parfaitement sain. Il ne s'agit pas, comme ici, d'ouvrir un sol dont les vapeurs développent la maladie, de remuer des vases liquides dans des marais empestés. Qui pourrait jamais croire, sans être venu dans ces contrées, qu'il existe en Europe, dans un grand royaume civilisé, des cantons où l'on peut voir curer les fossés des prairies marécageuses en n'ayant que des paniers pour enlever les vases, en employant au lieu de bêtes de somme de pauvres femmes, des jeunes filles et des enfants, littéralement noyés sous la boue qui découle de l'osier disjoint sur leurs têtes et leurs vêtements. C'est un spectacle de misère et de dégradation au delà duquel rien ne peut aller, et qui,

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Que s^.l^.çaysa^^ s élèjye ^ 1^ oopditipji Àe xnetajrerp dç maître, d'une ,im^^ sopâfr?ii|iCfe,est rpojijs jgr^udp, sa

vie, bien (juç ^ur^ .ei^core^ d^viçat sujiporlsiblej, U peut s'assurer ij^il-'^^queç^ bénéfices, se mieux nourrir et se nién yê,ti.r, ^sç Iai5?ierj^êi5(e ,allpr, ppur! .les jours d^ rê\ç, ^'. c^ gpt^t dÇ! ia p^Tf^re ,q}^ ejst indé "chez les., j)opulaUons mè'ri; dionale^ et auquel elles sacrifient toutes leurs ^Qpnôimiiesl Mai^c*est a la condition (î'ètre rhomrpe-lige,. ip seWiieur al)^Ql^n[iein.t , oi)pipsant, des. . mqindçes capricp^^ de. ^èjl^i . A (ju^ip^jÇrpprj[^fja4rj9^ lleXjPloitatiôn de.sQ^'doîiiainîe

p^.jJejS^a^pnlpc}? 9?W"^- |^Ùxeûpau métayer qui you,draxt| pn g|if^Jjïi^^.,cWsç^ |S^^^^^, uneoqibre d'indépends^ïice^^ gifl bésiterfijH.ob^ir à^pn .o^d^^^ quelconque du jfupprç^ fi^ mpntreraii^l^jpliéité de, résister à une de ses exige^ces^ Çarriennegaranti^t s^ çitua^^ rien ne lui assume un^ duré'ç fixp^e^'p^^ dp i.a w^ssaria, pn. ye^ttj cl'\xpe

co^Ypnlidn j^éçipjroque. Le fattore pu mercante dicampagm prend a fermé du propriétaire Vexplpitation de sa terre, mais lé paysan n'a pas de bail à terme déterminé, formule ré^uli,çren^ei|t p^r,un ^çte^p^rit et .qui,:fa^e .foi ^ eiijju^tjce. Ou bien'c est une faveurVéc'ente et cbèrement acheté^e quj Ta cbûisij parmi les simples ouvriers, pour Tinstaller d^ns la métaine, ou bien, ce qui est le cas. le plus babiti^el^. jl tî^uit cùlle qu'oot occupée ses pèrps de te^^içips imjoa.^i^ de tpllè façon qiill ep arrive à se persuader qi^'il a pn jéqi\i^| un droit légitime d'usufruitier, ç.qus de .certaines condition^, kfiiispapossé^^

nerepose sur auci^^ijji titre et qu'elle se pe^pçtue seuljepipnj; par voie de tacite recoiîd.i^çtîonj qui n'y assignepe^ç unpdu; répudie. Et chaque année, a ides é^^^^ 9H®^f^ ÇiP^V^^V^i^^^ déterminées, le propriétaire* ^^^çppyeprpsenj^nt. p^ut , j^x^î\çer contre Jni jun pouvoir .d*évi,cti(^'n^^s recours'^ ÇJ^^^I^ ré^inVe agraire, 4^* IVJrlande, ,ayany.,q^ on n'eût Ije^^ d'j

HÉRACLÉÈ ET SIRIS 179

Si lé propriétaire administrait lui-mèmé's'ég 'iërré^, la pratique serait forcément nîoihs duré. La pè'fciâtfeiicè de ses intérêts robligerailà ménager ses jpâysâns,'*'à'tbTit lé moiins en vertu des mêmes raisons qui font (lùè ï'otl ménage son ibétail'. Mais le fattore n'^est que de'p'à^àaf^é'èifi* là teri^e ; à là fiii de son bail il peut toujours ètre^reTjfi^iàèè par Un autre, qliî sera venu offrir de taèinétirey febriditlbiîs au propriétaire. Il n'a donc rien â ménager, étii'felhkitiïètè peu d'épijiiser la population. (îomme le pachà tufc,' ïf^ni^a qil^une chose en vue, s'enrichir le plus vîte'pis^ibïè'jilbùr pouvoir s*ën aller ensuite nienei^^ dans les vîUésDà 'Vie 'd'un ^ros bourgeois,; électeur Influent, i'our cela il^'jit^'ssxi^è^ïe paysan èî outrance et le fait travailler sans iïjerdii.-.daiife fes cottdifîôns qui lui rapportent, à lûi-iiiêiide/ le 'plilfe''fort profit avec le moins de dépense. Aussi, à part' dé raines et honorables exceptions, comme il y eîl' a béùréiisétnynt partout; le fattore est-îl en général^ par une (Î6îiséqiièhce presque fatale de sa propre position/ un ' tyrârirlfeatii'' ruinai, qui fait peser sur le paysan un despbtistne sans lïihi'te^' et sanô cdntrùle'. . ' • : • :. mi m -i .

A'cèd s*ajoutent les effets dùJrelâcHeiiiérit' des W(îpiirJ et dés ardeurs du climat. ' ' '" ' ^/' '' ^^\

S5, dâïls une famille de' métayers ôu de^lrhptfes^àjrsânsl il s'éïève ttné jeune fflïédont lalî)éauté aitl'e 'malheur â*â{ttirer ïeâ i^ègkt'ds dù/atore'ou d'ùnde ses agënt^llêy parents éeront mis' dahs Talternativë dé la lui ' liVi^er pu cï^eti^è évincée, (ihàssés de la terre, rédiiits' â'uh dénûment 'aails remède. C*est alors que le drânie rùrdl se déhoue îsbti^^ënt dans ïe sang. Uh beau soir on rapparié ïê^ fattore ^alj^pè d*uri dôup dç couteau par derHére' 6ù d'ûnç balle P,a^tiè 'd*ûri buisson. C'fest un frère bu'taiâanœ,'qù(, àâns !^,yèngéahc'ô'pérèoiinellë,'aîhçârilé celle qui'côUvaif.aù coeur de tous ses' compagnons J Lé prôéureur du roi peut venir avec leè gendarmes, faire une enquête sur le crime, emprisonner la majeure partie des paysans, rinstrùctibn n'amènera aù«

cun résultat. Personne ne parlera, personne ne révélera Tassassin, que pourtant tout le monde connaît. Et si quelque indiscrétion le manifeste, tous les paysans se feront ses complices pourTaider à gagner les parties sauvages de la montagne, où il défiera les recherches de la justice; tous se feront les manutengoli bénévoles du bandiioj que Toccasion, le besoin, les mauvaises rencontres, Tendurcissement dans la révolte contre une société dont il n'a connu que les misères, feront peut-être bientôt glisser dans le brigandage.

D'autres fois, le désespoir de voir jamais s'améliorer sa cruelle position saisit la population entière d'une bourgade et devient plus fort que l'attachement au sol natal. Ils ont entendu l'écho des belles promessesdes agences d'émigration établies à Gênes el à Naples; dans les veillées on a fait au fond de leur province des récits merveilleux, pareils à des contes de fées, sur ces contrées de l'Amérique méridionale où tant d'Italiens, partis misérables, ont fait fortune. On ne leur a pas dit les souffrances delà vie d'émigrant, ni le nombre de ceux qui y succombent à la peine, pour quelques-uns qui réussissent. Ils se laissent prendre aux décevantes perspectives d'un fantastique Eldorado, et pleins d'espoir, réalisant leur pauvre petit pécule, se soutenant réciproquement avec une admirable fraternité, les moins malheureux aidant les plus déshérités, ils partent pour La Plata. J'ai rencontré dans ce voyage, sur la route de Salerne à Psestum, un de ces exodes des paysans ; c'était des gen*s delà Basilicate qui s'en allaient s'embarquer à Naples. Une longue file de charrettes portaient les coffres de famille, où étaient enfermées leurs hardes, des paquets de couvertures, des sacs de provisions, des berceaux. Par-dessus cet amoncellement de choses hétérogènes étaient étendus, car on ne laissait personne en arrière, les vieillards, les femmes et les enfants, tandis que les hommes faits et les jeunes gens conduisaient les chars et marchaient à pied

^ nÉRACLÉE ET SIBIS 181

en les entourant. Tous les visages respiraient l'espérance, et comme un sentiment de liberté reconquise. La route, longue et pénible sous un soleil brûlant, au milieu des flots de poussière, se faisait en chantant. Le cœur se serrait en voyant cette gaîté d'enfants et en pensant aux déceptions, aux souffrances qui attendaient ces pauvres gens si confiants, livrés sans défense à l'exploitation d'agences véreuses, soit sur les bâtiments où on les entasse pour la traversée dans les conditions les moins hygiéniques, soit à leur arrivée sur une terre inconnue, où il leur faudra surmonter tant d'obstacles avant de prospérer. Comment ne cherche-t-on pas à attirer ce courant d'émigration vers notre Algérie, et à lui y offrir des conditions meilleures avec un moindre éloignement?

Jusqu'ici l'Italie nouvelle n'a rien fait pour porter remède aux souffrances de sa population rurale. Les révolutions politiques, d'où est sortie l'unité nationale, ont plutôt, au contraire, aggravé la situation. Quelque légitime qu^elle ait été, surtout dans ces provinces du sud sur lesquelles pesait un des plus détestable gouvernements qu'un pays chrétien et civilisé ait eu à supporter, la révolution italienne s'est trop peu préoccupée des intérêts populaires. Faite par la classe moyenne, que déprimaient systématiquement les anciens pouvoirs, c'est à cette classe seule qu'elle a profité. Jusqu'à ce jour elle est restée exclusivement bourgeoise. Le peuple, surtout celui des campagnes, n'en a connu jusqu'ici que les charges, l'énorme aggravation des impôts, le fardeau de la conscription, le renchérissement universel des choses, le cours forcé d'un papier monnaie déprécié. Certes c'est beaucoup que la satisfaction du sentiment national; mais l'homme n'est pas un pur esprit, qui vive uniquement de satisfactions de ce genre, surtout quand il s'agit de classes qui n'ont pas acquis les droits politiques qui forcent de compter avec elles; il lui faut aussi du pain, et des conditions de vie matérielle qui

KiF pèrmèàènt îi^" rie èàs' liibui^i^' d'e'feîm. ' 'Apprartetifr à te graiici' Éfài' 'quj^ pi^été'nd tenir urie^feeë îriipof tahtfe dkîia lé monae!'i^^(u^ chokè'quî c'pûte'diéi^y fee h^ést i^ùë'le'àtt'ld devpîr dé Het '^tat âé' dppriër à seà paysans; pà^ tine 'àetîVé sollicitude tlg^^^^ >âr une 'riréîlleutsé'lé^iisià^

fîon, ïJ^dés réfërinfe lé^ïtltoes -et dëveîiueà ttédeësairëis> un^ coniperisatiori 'àûx'feàc'rîficeb '(JuiHfeûX*'!^ :^/-. /

Forcement d'à ilifeùW;' à' bëfenré qùé' 1^' d+îfisàtton se î-épajiid'diâna le pa j^s, hiië *lès'îdéé^ dû siècle pëftèfréht dans toutes ' ses p artîes éîVéç lè^* phétiiins de fô^^ùë l%ôîétiiéill réciprOqiio des diflfèr'ëhtès ' p'roVîilcels pWnÔ' flh, l^habilatit des campagnes s^rif ' (fdTànikgé sè^ ' sôttffrânë^^ tïoiir'les lui faire svi^pôket' atvec nnë 'i^signâ(tîôn'itiërtè', riHat id'fib rut issomérit/ profond dafrl^ ledtièl lè^'tiïàMtènûIt sy3témalîqueinent'l*ài^cîeîi| 'gouvernement hiâpôlitàîh:' Aujûurd^hu!, au contrajiré'p ÏI Siiîfjâ/àit \de^ "je^^ gensi'qiaJ revierinent'tie rarinée,,-de'cè-cîu'iïs idièént éai* cé-iqarils'ôl^ vu et entendu ailleurs, pour dîssfper bette torpeur dércdupagi^e dupa^^san, ^^bùr im apjiî^etidPë qti^iîà droit k'iitl"S'Oï*t meilleur. et' domme liomrïiê'. et bdn^nie ' cttbyeh". Aussi cdmihenç^-ydn à' sentir d'ans fes^éaLnipagnëé >italîehriès' ce fréitiissiBnien); i^vant-cbureur des grandes crises. 11 ne fait que déipuier a peîne,'*et il est temps de rarrêtéit enr i»è»médiani'au mal. Mais il Importé d^étudîër à' fond fe problème, dV clïerciier une' solution ëquîfcable et de se me^tte'à i'oeuyre sans retarA avec une i'ésolutioïi vîrîlè. ^ • " »

À^ouTOh|li Wïômme au tempy/'des Graôqués, le seul réniède est urieïoi'âgi'aîre. L'ïtaKe en -a déjà fait une;' spéciale,^ une seule prçvince, quand elle a mis'firi èiu pâtuwigfe force qui' 'éferà'sâft'ië TavoUere'dl' Pùglia, e1;*lë lÂah^rteîiait dans la^bairhiariè, qiànd elle f i dbhné au paySati' là: possîbilitié*d*à^uèrir/^àns dès cbndittoris fevorâ^^ dont le domaihé public se réservait exclusiVèmeïit là propriété.' Éile peut voir maintenait, après quinze atià de pratique de celte loi, votée eti i8î53, èombien lefe effets en

ISçmflUp. ei]\^ ,^*§ppliq^ai^ ^t.l^pçenqrp .inçrslerpenj ^s^, ppj)u.

bWMn«fli9bMga^|^e,,Jl^|briganaage(|u^,,y^t^}t,eîid^^^

çi|tj^ç^^^)g^i^é»ç3^,,^lf^V^U^,.à celle a laquelle Temporëar Alexandre, JI^ ?eijL J4[ gj9ff,ejd,>ita,cher ^on nom en nussie, à §ôll^(Pp,^>^xiU^^3 ^f^fèjc^;^efl prenait possessiori'iies I^es

jun/$!q,ili,^joQ agrafe, ;qyi,a;y,ajLt la piu^ étroite* re^semblailc^ ^v^, jCf9^p 4j^, Ijl^ij^. -Jl.lÇ^ji, .ijiidispensable do donner^ des ^^TOP^if s jL.l^t§i,t^ç^tiP94.e^.P^y^f'ft^, dp, les intéresser àirèiy te|»flOt.^pf pgrè?,d^,|^ci^ll^re et à ramêliorayon des '^rr^^^^ leftl^jW.a^ÇiCQTc^ajt^t, i^o>f^^,eijt^ines conditions É?t de ipafiiêr^ ^/^BiPfipiî.^^r ,l|Ç^Jrî1i|éir|è]t^ des propriétaires actuels^' là ip^pp^^jâté 4'.^i^^j^art,^u ,50], qu'ils cultivent- Voilà quel est le jtWAt A;pi9ui:i^uiyre^, , çt i\ j^'^st^, pas douteux t^u^on ne puisse iç^n^ ,trQp,de.,tiif^çu|t^,.,si W yeut fiïen'l^'ciiçrcHpr^ tTiej^d^t, irouY^v. ijin^i .cp;mbiiiad^pn! àùj pe™ 4ftr*,en erpcur^pt,;up' ^x^utag^'reél^auy'déu^^^^ imx It^Uisn^ qu*il appt^^içnt de cUoîsir ^e's voies et moyens et ;ils, jaflraient le droit de trouver presôînptueiisé. delà part 4*iHÇii simple ,vaypge,ur étfrapger,;.là prétention de l'eç; çon|-

açiifller. .à jceft ^mA: ¥3f? J'^ ^^^: ^^iW l^'^^P^f ^^À ^^^

çBin^èr^/àe. rji.taifiç, pij jetait ici/ après '^'autres/ lé, c^i d'alarme, et en montrant à nu> sans en rien dégjuiser^' unp .plaie ipvétérée qiai, chaque jour,, s Wvénim^/j^l^^ou^^ -él(é trqp longtçimpsiiégUgéej mep^çp,^dQ'jpro(|jiijre'î^^ -giîaftd^^ftgers. .,'.,,'.. ~j,|| .•.'...„.'.//'./,*■!

j ,, Saii^iS doutp cje serait une étrange iUu^ion que celle' qui -coçsâst?i:çiit, à qrpire que Ibs crises qui peuvent 'so^tîi' ijn JÉUturdeJa mis^^ rurale, sQr!ai^nt de nature k, mettre en pi^ril Vwjï\\é n^ttiqnajpp, pt en particulier, dans i'ancièiiroyai|inç| àe JJapl^^yfevprfper^ient quelque tentative ^e restauration du pa^pé; U y.a enporei des pa^palins à RomjB, et piôme ein assez

grand nombre ; il n'y a plus de bourboniens dans le royaume des Deux-Siciles. On peut le parcourir tout entier sans arriver à entendre l'expression d'un regret du passé. Car je ne saurais prendre au sérieux le bourbonîsme platonique qu'affectent encore quelques individus de la haute noblesse napolitaine, comme une opinion bien portée dans l'aristocratie européenne. Le temps n'est plus où un Cardinal Ruffo pouvait soulever les paysans des Calabres au nom du roi légitime et les précipiter en armes sur la bourgeoisie des villes, pour rétablir l'ancien régime. Les tentatives de Vendée napolitaine dont se sont leurrés, après 4860, les partis réactionnaires, ont échoué misérablement. Ce n'est paSi la motion, c'est la démagogie socialiste qui peut un jour profiter, dans ces pays, des difficultés de la question agraire. Par nature, le Napolitain est essentiellement enclin à l'esprit d'utopie, soit en matière philosophique, soit en matièrq sociale. Aussi bien dans le midi de l'Italie que dans l'Andalousie, le collectivisme révolutionnaire trouvera dans les campagnes un terrain singulièrement favorable à son développement. Sa propagande et ses affiliations, voilà ce qui menace de devenir un jour le péril social dans cesprovinces, perlées, dès àprésent, auxopinions les plus avancées, et d'où est déjà sorti le régicide Passanante. C'est sous le drapeau rouge de l'internationalisme que peuvent s'y produire, si l'on n'améliore pas par des mesures décisives la condition du paysan, des insurrections du désespoir, de ces luttes que les anciens appelaient « des guerres plus que .civiles. » Je ne crois dans aucun pays au succès, même temporaire, de la commune socialiste et collectiviste, et je ne doute pas que l'établissement actuel, en Italie, ne fût en mesure de réprimer énergiquement des mouvements de ce genre, qui d'ailleurs ne sont pas encore à la veille de s'y produire. Mais une crise sociale est toujours funeste à la liberté politique ; la société, quand elle se sent menacée, est prompte à renforcer le

HÉRACLÉE ET SIRIS 185

pouvoir outre mesure. Quand on veut conserver la liberté constitutionnelle, dont TUalie est si justement flère et à laquelle sa bourgeoisie s'est montrée si apte, il est nécessaire de couper court aux périls du socialisme par de hardies et fécondes réformes. Il faut savoir écoutera temps les Gracques pour éviter d'en venir à se jeter dans les bras de César. Mais les Gracques sont autre chose que les Catilinas, et les vrais réformateurs ne se trouvent pas toujours dans ceux qui recherchent avidement la popularité partons les moyens, et font sonner le plus haut leurs opinions avancées.

Que si, d'ailleurs, comme je l'espère, les choses ne sont pas destinées à en venir à de semblables extrémités, -n'y a-t-il pas dans le seul mouvement d'émigration quJIiMid à s'accroître dans les classes agricoles de l'Italie, et qui menace d'achever la dépopulation des campagnes, lesquelles déjà manquent de bras, un fait suffisant pour s'imposer à l'attention des hommes d'Etat et des économistefe, et pour leur montrerque, dans l'intérêt du pays, la question agraire est une de celles qui doivent êtres mises à l'étude les premières et le plus sérieusement ?

C'est entre Héraclée et (le fleuve Siris que fut livrée la première bataille de Pyrrhos contre les Romains, événement d'une importance exceptionnelle dans l'histoire militaire de l'antiquité, car il mit pour la première fois aux prises la tactique grecque et la tactique romaine, et fit aussi, pour la première fois, essuyer à cette dernière l'épreuve du conflit avec les éléphants.

L'emploi des éléphants, comme instruments de guerre, était alors une innovation toute récente chez les Grecs.

A^ôxthcÈrei-lBwÛrandJifusage'tt.'eajétoil} pa« swtt d^çlet(^ft€KMp^ tt^ée;<Gîe[sfeleiioBrqnftéranA mafté(?j^nipo^w,pyaaa^ rmccmi^éfim

cHèttWèy ^i^ùîiDiayôi* ^.'««incu.^ : leeœnppit tput toi ipftrti.qu^, )l- fio^

dfétôpiian*5:(ttruîli r (d^^sé^j.aveetews. ^çQm^^ii eft en doïHiq

Quand Alexandre mourut, il laissa plusieurs centaines d'élépliHirtâîdfeigiifli^riç .(Wgafljpé^ôtjéqw^^ d^s officiers

(hte«&&sAil0]iin«roaai^^ftOtrilie^^©jèiî|u*qui ee disputèpBQt lris^)lallïbBârta d«'>90î^'iei8lipw#, ^t js'yiUiUèrentdes manajpobieiâiiHyiiJveleSifiniaui^^ti mei^d^ p}|is pre^^ que, d^tmeAto^ tMéxxB tetBiapnusxHldes dâpôtendâtoéa tmiBn^au^ qui.se!isQUr yèbelrt)à 4duF pdrtéei,'[e(t/<ïUQlguesntim'4'ebtpe eux, cotome ihmétiëjel) SélqiiciôB^'eji!^rènBs4<dp.l^Irtde eq, grande quam Xïl6èi'''Q'esiiim^i'r(!^)B^£o^ 300 4ié-

ifliaaDfis^ ihéga]fim^iitifét)aârti&)6i)ti^<teâ'di(fé9eQtesvro^a(^^ grek(]pidsi^erABi6/;<|^i .àUar.tmtjours en' idimiauant parler jïër^risîdëJsicQiBhats^des'amfaladtàs; et d«i}aivieill^s0,et.qm ii&ie'.ipÀnatîbiptaa j ) a^ea eeoitoi&iiiafM; s'èiirei âériieu^emoBt renou^ .^teléipardd'iibnvdau^ cdErfiroisviameiiiïérâ 4@4'iad@ pour xomr binr IfiisrddeâMquiicâeiiproduisâieflaUic^iiiun^iSièder.eii dmai ^imitaydvql :fa'^i&tait^pJftls>q]iiuh.tFè£( petit nocûlbre de ces senimaùx^àampries ^mée^dés. Saleucideâ^jcnoliet^a^ A jai^èma pèuf tdnl « qùei d'atUre® éei s 'ea . phoeiicaf; iS^ls^ (iest ihagides df Ég;^pt8. eft- lesi Càrthaginoîa i euretoit. hiainteofei la» < nîtwnptet leùcs') tïégiiimentsî) d^élépbaMs[>p)enéant lupel.dworéftr asse? lon^Bjien pUaîitfàrééitoaliùû'Fiçsïfèoct &fri«edlïei'.qift^ s'y TDion trait ]»JiTaâ rebello^ elentoirga[nisûnUdes^ot^a99e6 ?€(guUère$ di2«i»4e^foréts;^oùi|rileiiràYaiit'àt^K^^ )> /;{ d ■ i

' L'érëj dfe. Ifemploinmilitaireiïjte^.iaéphaatiSf jJa^rlp^Ckejes tùii donc* très eourteu iSUe ieuub ^oski (DâteDraentxuhlûBant tdans

HÉHAttÉB' W SIAIB 1^7

les gderresdes Diadoques ou gôttértittîfid:Ateciàii)dtoel. Cto.iîit alors figurer sûr les thampà de bstâillé un nlenllMTijdexoeil anîmakx t^l q(a^, deipuis lors, autani'ii'ioftlijamalâ^plDS'iéM rassemblés daïis' aiicun ^ays^ du mondev Sél0iibQâiKidî(W8 décida la: bataille d'Iiisôd partin^ ch«^éide(4a0iqlépb9i^t% tandfiâ! què'^s àdver&aii»ôSv=Amigô>ïïé «l>DèmôtrlQi$k;«î^ à vaiéttt <ïùé 78 » è Itfi oppbsen- Aotigonb/ » cpii )pari<t •)dfWft I9 combat, 'e%itîlô temps» de voir, atant sa ttLonti^ee tjueft^lûifttl Id&plàisanfteïieîi des flatteutô desa^cettr^lqu4ïci'byâiBnfcitdu& ner Séleucos en ridicule, en l'appëlaiit ie^grmd^élëplumUiM que. ■•' ! itr'*'" KF- -!■•■; r- "rjf' t- -.:: ■n» .;, / .ly |.ii,,,-o

' C'est parole choedesaîmâsse que Téléphaiwtétèifefcraiiqùt tedô^ultôbië dans uiïe= bataille; lesGreos^ le oompifiifeat^vèttfî et en général' ii» éditèrent de sorcbargei^ceH/ aiMmàii ide^ld B^Wede^tdUWeïT bote, que les todiêïJB âvaienllî iiawréntéide plaoèrguf>$on>i(k)!s;ertôà mbniai<$nt tvbiBmi'VïQatrà acidats armés d'abcs et* de !fav0l(Hs;?Bh'r^vènQhfe,! ilsi îs'étùdîètowfiâià lui iCUîMs»erla|K)^riilé, poiliip rcnf6neeF4''iTnpér^ Ai

s^péatis et à aHon^e^seJ^défensfes àvecdi^s'pioiLntteis d)'aoiJ3r aigulsfée^; Avant d-eûgiageroes'asiiàxaUKvonlaTaili ^odam. df îûs eï«îVreP'aî?ec du^ vln«'ain(Miiatïaé, iippupiaù^mcotani let^ èl^n- ette pëiisseri ju^t'>à là Ifubenr^Uxie eiiai^) tl'^lËpbanlf âtait ir^ésîati'ble'poiar) ^une iilfetiivteri&'cicHnb|irttaiKl|à:^iâucoffi de&'hoplite8î igiféics^>forimée'>^a>'oitd!78 profond let! ccnppËotr, pi^ééetitaTilt ainsi unemadaetrès penimiiibiLdpei ihitmiel uikiiquement â'ai^meside bast.La'nhftla;n|geid(&nt ils'pabven^ti|; à' ab<Dirâe7 i&Sront était • in:é\^tiiblement rotnpuèt, / écraiaée «ebs-leùps pieds et jietée ■ dqns ùnK&éfiîoriire tinréparableu -Lfi Cdlrmation ' mineé' de la légien- ronmâne leur offrait j bBA\ïf «oup mohvs de prisieiSanSj doluitejlld en eafonoaiienl; égalefmenftjleg lignes dans le pi^emie^obècs^ âiàis) il§ jr faisaieol moirisde' rava^es^; Iteu^'élanfuwèuxileë »eott]tx(pftaili!vite au delà, et les- rangs tsë >rief6itnaientIàprèa-leurpaË»ag^ " tandls-qbe teui»ff côfinacs^^ quineîlësmaitpisaifent' plus,! se débaltaientén vainsieffiorls^poUrleaftiire rerenireoyacrièiDé.

Môme les légionnaires apprirent au bout de quelque temps à ouvrir les rangs devant les éléphants, de manière à les laisser traverser la ligne de bataille presque sans y faire de dégât, et à rendre leur choc sans effet. Mais le résultat qu'un général habile s'efforçait surtout d'obtenir quand il était menacé d'une charge d'éléphants, c'était de les tenir à distance de ses lignes de bataille au moyen d'un rideau de troupes légères, dispersées en tirailleurs, chargées de les harceler et de les effrayer. La chose n'était pas impossible, et Curius Dentatus y réussit particulièrement contre ceux de Pyrrhos à la bitaille de Bénévent. On voyait alors ces formidables animaux, que leur état d'ivresse rendaient sourds à la voix de leurs conducteurs, rebrousser chemin brusquement, affolés, et porter leur fureur sur les troupes qui les suivaient, en rompre l'ordonnance, écraser les bataillons auxquels ils devaient ouvrir la voie et les précipiter dans la déroute. Les éléphants étaient donc un instrument de guerre plus dangereux qu'efficace, d'un emploi incertain, qui exposait aux plus cruels mécomptes et souvent se retournait contre la main qui avait cru en tirer parti. Dans la guerre du roi d'Épire en Italie, ses éléphants lui donnèrent la victoire à Héraclée, furent sans influence sur le succès à Ausculum et consommèrent son désastre à Bénévent. Aussi les Romains, instruits par cet exemple et par ceux que leur fournirent les Guerres Puniques, n'adop: tèrent pas l'usage de cette arme à deux tranchants. Depuis la journée d'Iîéraclée, ils eurent fréquemment l'occasion de combattre et de vaincre des armées où figuraient des éléphants ; mais il n'y eut guère parmi eux que T. Quinctius Flamînînus et Paul-Émile qui tentèrent de les employer dans les guerres de Macédoine, et cela encore plutôt dans les transports que sur les champs de bataille. Pour ceux qui tombaient entre leurs mains à la suite de leurs victoires, ou qu'ils se faisaient livrer par les vaincus pour les désarmer, ils se bornèrent à en faire les ornements de leurs

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triomphes ou bien ils les donnèrent à des rois leurs alliés, comme les éléphants de Philippe V de Macédoine à Attale de Pergame, plutôt que de les garder pour eux-mêmes.

Ce sur quoi comptaient le plus ceux qui faisaient usage des éléphants à la guerre, c'était Teffet moral que produisait leur attaque. Il fallait, en effet, des troupes singulièrement aguerries et solides, des cœurs exceptionnellement trempés, pour attendre de pied [ferme le choc d'une ligne serrée de ces colosses du règne animal, s'avançant d'un trot pesant et régulier comme des montagnes vivantes, avec une force d'impulsion qui semblait irrésistible. Aussi s'efforçait-on d'augmenter leur apparence bizarre et terrible, parla façon dont onles caparaçonnait, avec deshousses rouges et de grands panaches. On leur peignait le front et les oreilles en blanc, en bleu ou en rouge ; car on avait remarqué que, lorsque les éléphants entrent en fureur, ils dressent leur trompe et étalent d'une manière effrayante leurs larges oreilles, et Ton voulait, en revêtant ces parties de couleurs éclatantes, les rendre plus apparentes et en augmenter l'effet. Même après la guerre de Pyrrhos, ee fut une chose difficile que d'habituer les troupes romaines à regarder de sang-froid les éléphants. Au temps de la première Guerre Punique, les consuls qui commandaient en Sicile durent se résignej* à abandonner la plaine pendant trois campagnes, parce que les légionnaires, frappés de crainte, ne voulaient plus camper que sur des hauteurs inaccessibles à ces animaux. Surtout le cheval éprouve pour l'éléphant une répugnance instinctive, dont il est extrêmement difjBcile de venir à bout. La vue, les cris et l'odeur du géant des pachydermes épouvantent les chevaux, dont le premier mouvement, à son aspect, est de prendre la fuite. Presque toutes lesbatailles gagnées dansl'antiquité à l'aide des éléphants, l'ont été par suite du désordre qu'ils ont répandu dans la cavalerie ennemie.

Pyrrhos, à l'âge de quinze ans, avait fait ses premières

196 LA GRANDE-QRÈCE

armes à la bataille dlpsos, dans rai*inée des vainecrs. Il y avait été' témoin de la fameuse change des éléphant* dé Sé^ féû^«, et il en avait rapporté rimpreâ$ion^dé la puissance frrésiàtïble lie ce moyen de guerre. L'exeraple dn pï^mîer %M^ de 70 'dece* animaux am-ëné en Europe par Atit Jpâtros, et anéanti en quatre années seulement éntro les mains de Polyspercfcon dan.<; les épreuves des sièges de- Mégaldpolîs éi de t^ydnà, aurait dû l'avertir de ce que ces aftimaux, aptes à manoeuvrer dans les grandes plaines de l'Asie, de^ tenaient sans emploi dans les contrées montagneuseà dti Bafei&in dé la Méditerranée, de ce qu'il était difficite^d'y trbtiver (ïesiôhàtnpis de bataille où Ttop'ût les utiliser avoo avàrita^. H eut dû ccfmjprendfè au^sî ootobien le climôti dé TEuropé, où on ne* les amenait qu'avec des frëis ébor^ nies,- leur était 'pèù favorable et combien oïï avait de pelne^ à 'iY P^o'^'^î*^*' le fourrage suffisant à' ces grbff mâîngeurs. Quani il se résolut à passer en lialie, surT^ppel doâTaren*tiris, un de sesprindpaux soins fut d^ se monter un êquipfiatge Considérable d'-éléphamts; Il en possédait déjà' dix, qti'ii avait Vîonqtiis quelques années aitparavant sur Dênîêr trios Polîoréètë ; Ptoléméé Géraunos, qui régnait' a Wrsfen Macêddne et qui aviait mis la main scrr les principaux dÔpfôts déf' Séleucos Nicator, après l'avoir assai^itié, M 'OW' céda'30 àùtl^s: C^êst sur ces soixante éléphant* ^U^il èbmptâît t)riii<3palement, nou^s 'dît^iv,' pour taîncre lies Roùïaitis. 11 ^espérait porter le' thêâtfrëd^ia guérite -dans les plàihe^ derAptilie;' si propres h tour emploi^'' et il se figurait î pouvoir Ty terminer en uwo ou deux batailles^ Mfifià' Il iië pût d'abord en feîire passer' qtïê vingt ave<î'iur à taréhtè,ietdan^ toute ^^sa première campagfte'il • n'en ^eul plais ttn»plus grand' iiomb^e là m-ettreeéligtiej:'' i" • •' »/ ' Nouis n'avons 'maïhteureto^ment pas, suV lâ'bâtaîlte'dlîéi raclée; de rëcit àuffiâaWi'ment'idétaaié j^(yurctatetfter n^l<ë cliriosi'téVfet; toutes lés narrations qui >en mMp^hhfeimieè jusqu'à! riôiaB'àe trotnVent ^ns defe €Ài&èùj*s de^^socènde

UÉaA&LÉË liT 6IilIS 101

maîn, étoigoiés. des évéaeme»t9 de. ptiujsi^ur^.^ièiçlss* ..Ce'

qu'on ïwMsae les, t^nir pour cartaiaa, A^yaot , de ^q . p^rjt,efl BuirirApulôie, qui fui la théâtre d^IJi^^^Qçtpde 09napagpis,:4 fallait tfîïboPid.^élpgQr. du littoirat d?t la meP;lQTiiepiftç.lf3 e4tfisul .Pv Valeriqs L8Bvw^8, qui . était }im\\ . çaniper . w^Q &cin (armée, entra TbMPioi ie% Héraolée* Qn ,^MKir^^4pD<} entre» ceHedecnièiîe ville, et le fleuve Siri^j.a^Jpfprd de \a^ mer, dans UQ terrain -ej^ plaine, les £pirQi(^$ y^^^ 4i^ Wfd et l^JU>pîain^.diiiTOdi- ï.'aroaée.c;ops^J4Jç^ <f?a^<?lijt te'^iris, malgré. la rési^^tauQe des. Épirotcis, grâce àjgk^ mcmvemfipt toMrna^çt idej m .oayateoe,. qui ay?iit Mé passer lei)fleujve uu peu plus baut* iiaiiiça4:^t;eusv^ite €ett6 cavalerie sortes lignes, de riafauteprie dePyrrlios, le consul essaie dç'V^pfonçep. par ju#e Tigoureuçfe attaque, La cavalerie grecqii^;Cli9i?gi9antàsai^ tj^urceUe.des.IiQç^ains, il ^n, résju^te uj^e,wèléacDïKfu;?edequelques ^faome^ts|. Le roi id'ÉiPMre, GQmbaH?»nt à. la tête de. ses cavaliers, faillit être tué çiarui^ ofôci^r des auxiliaires rpentan8„nx)i»mé OpiapusYols,i^i^s, qui.p0jya.de $a vie 89a .audace. Mais Pyrrhps, au piiiiea de la chaliçup d^ copiJ^Éjt, e^t précipité k t^m et J^.esca^roipa grçcs oroyaj^Lt ieur.roi miort, tqurfleatbride et Ifijsçe lapl^o^ a^^x^^c^rpuaropifi^ins* Wais déjà Pyrçboii s!eslt peleiyé. : ^ çoppt m^m infant^ïfievW prends le cpmî:iiand0ipgi3pt|;j8tpfîalange* .et siégions se fcî^wrtwt aveq.fureMv^ Sept foisid^R?.pt eidi'autpe.oii çevi^tàila.ciiajrge.^aQ^ erriver ^.çn,ré>,vilta^ décipif. Mègaci€^^ uuides mc^iU^prs lieiitepiaiitq^ du,.i^qi>,,qu,| aivaitiievêtuison armure, est tué, et popr te .^po^i^ii? foi;af les Grecs sUinagiiw^t. que PyrrUos^e^t.îOiQrfc. i Leurs ira^g? fp^lIïle»peDtli^|l,Qtt^r ; ledéisor^r/^Jesigague^et le.çpp^i^^ qui croit enfintonir Ja >^owe,jette.to.wt^.' Wi:Ca,vi^^r^e sw,r iQflTiflanptjMais Pyjrrhepi epd ir)dQwptaJ3le.w ilr,anip^ J^,fiourage- ^^vmi^ 4es; ftiana iw ipç^rçQupai^it; t^, ^i^e. tçi^^es. }^^v^ ligiî^çsHJriftejquelàles élépbaftts ^'aviaieïitpa^priV? p^rt ^ J^iftte,

avait déjàperdu 4,000 hommes de ses vieilles bandes épirotes et macédoniennes, avec ses plus vaillants officiers, lorsque lui-même était grièvement blessé, que son armée pliait décidément et perdait le champ de bataille, c'est seulement alors qu'il put engager ses éléphants. Leur apparition changea soudain la face du combat; les chevaux de lacavalerie romaine, épouvantés, tournèrent bride sans qu'on parvint à les maîtriser. Se précipitant sur Tinfanterie, ils en bouleversèrent les rangs, que les éléphants achevèrent d'enfoncer. Profitant de ce désarroi, Pyrrhos fit charger les légions par sa cavalerie thessalienne. Dès lors ce ne fut plus que terreur et tumulte dans l'armée du consul, qui toute entière prit la fuite. Un brave soldat romain, C. Mir nucius, premier hastaire de la quatrième légion, parvint cependant à ralentir la poursuite en blessant et en renversant un des éléphants. Grâce à Tétonnement que cet exploit causa aux Épirotes, il rendit possible aux débris de l'arméç de repasser le Siris. Le vainqueur trouva 7,000 cadavres romains sur le champ de bataille; il avait fait 2,000 prisonniers et enlevé 22 enseignes militaires. Les Romains eux-mêmes, en y comprenant ceux de leurs blessés, qu'ils avaient pu ramener avec eux, évaluèrent leurs pertes à 15,000 hommes mis hors de combat. Celles du roi d'Épine montaient à 13,000 hommes, dont plus de 4,000 morts.

Quelque téméraire que fût Pyrrhos, on ne peut admettre qu'il eût gardé si longtemps ses éléphants en réserve, s'il les avait eu sous la main dès le commencement de Faction. La chevaleresque imprudence de vouloir vaincre les Romains à armes égales, en évitant autant qu'il le pouvait d'employer le moyen sur lequel il faisait le plus de fond pour assurer sa supériorité militaire, n'était pas dans son caractère. Il ne se fût pas exposé de gaité de cœur, s'il eût pu faire autrement, à ces pertes énormes qui lui faisaient dire le soir de la bataille : « Encore une victoire pareille, et je retournerai seul en Épire. » Il faut donc que

HÉRACLÉE ET SIRIS 193

Taction se soit engagée quand il n'avait pas encore ses éléphants à portée, et ceci fait bien comprendre pourquoi ce furent les Romains qui attaquèrent. Ils savaient d'avance qu'ils allaient avoir affaire à ces monstres inconnus, qui n'avaient pas même de nom dans leur langue et qu'ils appelèrent des « bœufs de Lucanie, » faute d'une meilleure désignation. Florus dit même, évidemment d'après le texte aujourd'hui perdu de Tite-Live, qu'ils s'attendaient à lui en voir mettre en ligne un plus grand nombre. Tout les portait donc à profiter de ce que le train des éléphants se trouvait en arrière du reste de l'armée, pour forcer Pyrrhos à la bataille dans des conditions défavorables, avec l'espoir de la gagner avant l'arrivée de ce secours qui modifiait toutes les conditions de la lutte à son avantage. On dit, en outre, qu'ils commençaient à manquer d'approvisionnements et qu'il leur fallait se retirer ou combattre.

Des écrivains de basse époque, comme Oros^, prétendent que Pyrrhos consacra un trophée de la victoire d'Héraclée dans le temple de Zeus à Tarente, avec une inscription en (leux vers qui auraient dit : « Ceux que personne n'a vaincus, 6 père du grand Olympe, — je les ai vaincus ; et eux aussi m'ont vaincu. » C'est là une légende tout simplement absurde, t Comment croire, dit avec un parfait bon sens M. Mommsen, qu'il ait ainsi rabaissé sa propre gloire devant le public? Politiquement parlant, peu importait le haut prix payé pour la victoire. Gagner la première bataille était tout. Ses talents de général s'étaient manifestés au grand jour sur un terrain nouveau ; et vainqueur^^à Héraclée, il rendait aussitôt l'union et l'énergie à la coalition défaillante des Italiotes. » L'inscription authentique d'un des trophées dédiés aux dieux avec les captures de la bataille d'Héraclée, se lit sur une plaque de bronze découverte par M. Constantin Carapanos dans ses belles fouilles de Dodone. Voici en quel termes fiers et simples elle est conçue :

« A Zeus Naïos, — le roi Pyrrhos, fils d'Aiacidês, — les

194 LA GBANOB7GRÈCE

Ëpirotes elles Tarentix)^, — (dépouilles) de^ Romakiseide leurs alliés. » , .

I ' . . i .'.Il

Àujourdliûî remplacement où se hei^rtèrent Romains et Grées, pour se disputer la possession de ritalie Méridionale, est occupé par la magnifique forêt du Ipantano di Poliçorq, large de plusieurs kilomètres et s'ètendant en longueur <^e la mer aux montagnes, àur la rive gauche du Siuiia.. I>an^ ces terrains arrosés, ou là fraîcheur dès SQurées et di^fleiayç combat l'action dévorante du soleil, la végétation sedéve-r ioppe avec une force et une, abondance incroyables. , C'est une véritable forêt vierge, qui a remplacé lés cultures d'autrefois et qui, dèpuià des siècles, ne connaît pas la jtxaciiej L^arbousier, le lentîsque, le myrte, le laurier-rose et Tolivier sauvage y atteignent à des dimensions pxtraordjwires^ et forment des 'maquis impénétrables, o\x s'enctevétrent les ronces, 1q$ lambrusques et les liai^S' de, tpute, espèce, bu milieu des fourrés émergent, dé distance en àistance,,d€j grands arbres qui dr pour épanouir leurs tordant leurs troncs avec l'apparence d^une extrême vétusté. L'y.ei^^Q, ^^jçbêjpie-j liège, le |)latane, le tilleul, je frène^ le niicocp]iihj5rj^^qnt|qs géants dé'cette forêt. \Par endroits ils y forment 4^. y^ri^a-| blés futaies naturelles^ ^pntlès dômes àq verdure ép,a,i^s^; tamisent les rayons du soleil et les laissent filtrer ,en 'j)I^ques d'6r sur lé sol couvert dip grandes fouj^^ires^ij^^j, poussent à Tabrî de cette ombre. Ailleurs ce s^t àes |}xaçt ï^arasois d'une admirable venue, qui se grpujperit^ eq.éteni dant presque horizontalement en cercle, autour^du sommet de leur tronc, leurs rameaux chargés d'une verdure perpé-,

ïîÉRÂCïiE Et émis 195

tttéH^;-%t^^ttibfiageM déâ tâpîs de^tiUîàsfe -et 'tfhérb'e fine, où croît en abondance à Tautomne VAgaricuê detiàibstiè^ le plus délicat de tous les champignons comestibles.

Une exploitation régulière de cette forêt donnerait de beaux revenus à son proprit^fiire ; mais elle a été jusqu'ici impossible, faute de bras et surtout de moyens de communication. C'est à peine si Ton y compte quelques huttes, de ëiaAôïlWîérèv q\if èiifhulèill'aVe^ ce niëtier fa récolté hes rïiiïMfe&'dti réglikèeV Cki^ celte 'ï)lantè, (ïùt'fdrme dès biiissôîl's ' Id'trl^ ^rii'étW ' teA^^fdn," ' ^rêsëfitâfîf dans ' ' Ik^ skîson ' Se ^àMëà'grkppe^ dë'Ôè'tir^ vîolétté^, ^ùtfùïe'darislês'clâiriêrés &é%f6m: Â^artli^^ffîèi ju^qù^s;l*extrétbî dès felafires^ ëfië dèvféM llhe des 'espèces 'càràcténslîques de 'la ïlôre fHitëscë'ntè dti pays, et elle fournit un de ses articles d*èkt^bi*tàtî6ri^tés pl'u$ 'îmi)ortantâ. Presque tout le bojs de ré- ^feèfef^^t1é'^iic''dfe i'égHsse en butons qiiî se consomme en Éttrciïfc ^rd'^éiit' dés Càlabres, et surtout dans la région qui s'étenTi* d'è ïa' fr<ïntière dé la Basîlidaîeà Cotronë, ÎI n^ést torèfe(5[U(i^A'à's'rfebôùrgad'e (jui.n'ait ses chaudières de régUçkri«.''"^-^'-y^ jo .-'••■.•• '•''' ■ '^'■-^' -y

''5Pi^H*i6y ; ^aii'd P" Vàlerius Lsevînus vînt lui offrir la bataille ëkrt'ëàmpé' Viôûs'dît-dn,'dâns la plaine entre Héraclée et PatWàd^iÀ^'iy^tit dévêtit ïui lé fleuve Sîris. Les Tables d'Hé- WiWiêy iièiftërit ai^té'él 'd-iiriW yïlTè ; de Pandosia, dont le territèiW^âit lî^ïlr6pHe''(ï'ô ceïui de ia'cbtome tarentine. Cette I*àlfrilteîi dë'fc'ùéânie, queï^^^^ confondre avec

fe'lpfedbsî'à^tilds' ïiiltlolh'âïï^ "du Bru t'tium (nous aurons pTùè làià^fhcSMhiiW'ti6nà[6<i^^ de la situation de celte déAWêfrfe),''étà'}ï*doTO sfà'^'aûpfe^ dû iSiris. Tous les géogra-! 0ë*,'tfep?uiy^tll4'<iel?' et ^'i^^ d'accord pour en

f^èbiïrîsîïtte^f (émplfe'cèi^^ au lieu où, sur la rive gauche dû SiMo^, 'lâii'tibfd^de'lâ foret dont nous venons de parier^' à lSti1cWaètfys'à^éià|^^ deP61icoro;'$anta M^rîa

fort delàme effcicees

SOUS les broussailles. Daus ces ruines, les débris antiques se mêlent aux maçonneries des bas temps et du premier moyen âge.

Là fut, jusqu'au xrv« siècle, une ville d'abord importante, qui déclina graduellement et finit par une brusque catastrophe. On rappelait Anglona, et elle était le siège d'un fort ancien évèché. Comment avait-elle échangé son ancienne appellation de Pandosia contre celle d' Anglona ? A quelle date exacte avait commencé la série de ses évêques ? Quelles avaient été ses vicissitudes pendant les siècles des invasions barbares et sous la domination byzantine ? C'est ce que l'on ignore absolument. D'après une tradition assez vague, Ughelli prétend qu'elle avait été une première fois ruinée dans les guerres des Goths contre Bélisaire ; mais ceci ne repose sur rien de sérieux. Ce qui est plus vraisemblable, c'est que la ville, qu'elle s'appelât encore Pandosia ou eût reçu déjà le nom d' Anglona, fut, dans le ix® ou le X® siècle, réduite en cendres par les Sarrazins, qui s'étaient installés dans la localité voisine de Tursi, le Turiostum de la Table de Peutinger,oii ils avaient bâti le château fort qui s'appelle encore FArabatana, et où ils se maintinrent pendant quelque temps.

Dans toute la région entre le Bradano etleCrati, frontière de la Basilicate et de la Calabre Citérieure, un grand nombre de noms géographiques attestent la multiplication des postes tenus à demeure par des bandes sarrazines, au temps où les musulmans de Sicile possédaient Bari et Tarente. C'est le village de Castel Saraceno, dans le cœur des montagnes méridionales de la Basilicate, entre les vallées de l'Agri et du Sinno, non loin du San-Quirico et de Carbone ; le Monte Saraceno, à l'ouest de Rocca Impériale ; le fleuve Saracino et la Torre Saracina sur le bord de la mer> au sud d'Amendolara ; le village de Saracena près de Castrovillari. Un peu plus au midi encore, dans les contre-forts nord-est de la Sila, les cartes du xvm® siècle marquent une

HÉRACLÉB ET SIRIS lî*7

Torre Sàracena, qui n'existe plus aujourd'hui, entre Longobuco et Bocchigliero.

Même après que les Byzantins furent rentrés en possession de Bari, et que Nicéphore Phocas eut refait une ville grecque à Tarente, les incursions sarrazines continuèrent, jusqu'au commencement du xi* siècle, à infester cette région, par des bandes qui débarquaient sur la côte du golfe de Tarente et se mettaient à courir le pays en le pillant, parfois en y séjournant quelque temps dans une retraite fortifiée. C'est l'état de choses que nous décrit la vie de StLucde Demona, écrite en grec par un de ses disciples. Né en Sicile de parents nobles, Luc se consacra de bonne heure à la vie monastique et entra dans le couvent basilien de St Philippe d'Argira. Biei^tôt il passa sur le continent pour aller, dans le voisinage de Reggio, se faire le disciple de St Élie le Spéléote, ermite fameux qui résidait à Melicocca près de Seminara. C'est ce maître qui lui ouvrit les plus hauts secrets de la vie contemplative. Favorisé de* révélations divines, Luc fut averti des affreuses dévastations qui allaient fondre sur la Calabre, et dont nous verrons un peu plus loin le détail, en étudiant la vie de St Nil, au chapitre de Rossano. Il se réfugia donc à Noja dans la Basilicate, près d'Anglona et de Tursi, et il y vécut sept ans, priant le jour et dormant la nuit dans une basilique, dont il avait fait son asile. Luc s'établit ensuite sur les bords de FAgri, où il fonda le monastère de San-Giuliano, chef-lieu des établissements de l'ordre de St Basile, que sonapostotolat multiplia bientôt dans toute la contrée voisine. Il y demeura un certain temps , partageant sa vie entre la prière et l'exercice de la charité envers les pauvres et le soin des malades, et marquant partout sa trace par des miracles, nous dit son biographe. Mais plus tard, les courses des bandes allemandes que l'empereur Othon 1", en querelle avec Nicéphore Phocas, lança, en 968 et 969, dans la Fouille et la Rasilicate pour les dévaster, le forcèrent à quit-

198> LA GAAN^E-J^RÈtE

tégépar son élévation et son escarpement, êfty^fondtetui'

rr^drftyëtM^è^'téiif|)$i4ii0isoti>abbd^^ un ûQa<

^mt^âë^îéiîmië'i Mm pa^istt' éœn» CatàA^niie^ii^itti étalt^i^

j&kiWë^m^^êmytàhi^dfAf^itdi;, ng^igdbàv déjà fMires8]pie[>rèeii^ tèhàh*ëj^^^mil|uijydihër'Iè»ic{épQ$6r 'daîiftita^ 'to^e^'Penk. aprèsl Tètal^S^èMeMaë hvià^ilkT^M^b(^y^^Vià \m)à&^ SàjprkTim étaît'véii^#^&^% p&^fsl^mhi9i^ miéiéfôMrocciiipédf à<^ac<aaifr' ^è)^^ët^à^i)i^o^l^^iii$e^'«M^âi i^meè b^^deissoïka dur<coui^* veïit, quand lé'XÈaim %è|^^uÂl^iie;<'«tter''4,^utii'U^ généreuse lildignàfliimyidi'Qiiâ^ li^iQBicitnea et^^lsarfitesant ke croix procôssioiÉàôlfe ^Â^uteeidp dirtàq^u] lelsi ^GÔndiisàt au chant des psaumes contre les musulââûii;i(JÙtil9imlmnl^' pleine dérouié.'^^* ofciimbifinno Xf)^^r, m(i-,U'i iir^'. j- ','■[ , j 'A la mènièIé>^(fi4^'^'tmiftttti>6f]moîn^*asflièiK éé> Sièifle^

d6tei!r^iôi^iéêbiiftabètea> 'A:pi^B8<<^

^trëtiftiitè âU^rèi 'dè^l^Hfâ«èfi<e»bâ^'e»C;âlafbt^ir6tbut;liait

eif'«9è!I^ vi^m^âà^ Unè^^^MUildé -i^âlraëstâaalesiKtéomim;;

Aï»inèft1l(^1^fe*Mi^U(rtiôftfe tiië^fe^ftAMeW i^m^haipïe^ \fanAsSb le'>ifiéft^«slèi%^âé^Sfeirrt^^«^#^^^l^(Jé>Bd»{dt*^^ IlBip{^fi:>rà'idië q4>ffIêfeiCâ>$Iàhi^Aaritettlo>, ui^«Pti*ArfeteH e^Mglé^^QÔ^ilC^ féâs^Ië^fi^^s^'av^l^M^^rte nlaifiutt^na

déjà il était agenouillé pour avoîFÏâfteilri'lr^nttïéfej^uaiïUljJa

{(Mêh m§is^mf!^^n&và\)m!^ïhHm î^ttiëtbwèiîe^'iii^o-

dfgë îé*^il^^ra^^|ioilkâ^^tï6^< tofefe^,. ^ui^i^

Iferranti ift villci, to (Witupua Grégoû?^ Tracbafliôl^ fd.V cconptée^ oc^me mv()^»plu£» beau« esiploits miUtstiriQades^ (ii!e(» en Italie. - :

Quoi qu'il en doitid&la.ponjitctupe que noua émettajas .a^ sujet de sa promièha dertrucUon^ «uxi? $iàcle Anglona «possédait le raitg de tété • et «jyait i»»> é^^èque $ Tw» était déjà une Iwalité aussi peuplée^jsoaia edto m dépendait eec^é-* sîMtiquepaeskI 0t féçdaldsmit .;> ôU^/ n*était enoo^a que la. Torria: di >'9u9Eto,< oomsEie* te piapci'Ale^andm II lîappelle dans. une hutte •âe4068i Qepejidant* :0in/lâ7>7i noua voyons p^r ufie diarte jdra >m(iitaôtèmi d^i^G^ir^m^ qu^a Siméop^ éEvér quedfAngliQQa^ iavait^KÔi^a rési^iei^oà'.TuarM^ts'inlitulait. ii)idiffér)»Bua0ntj^>t>K»)P¥5 ilfi^ton^»!^^ ou.jfpi4cpi>u^ Turs^ (OnB êeài^M ^Dàa ee iiDOinent eomm^fiiçaîti ^ntre l^s deux tiUes^ ia ortvalilâ fuiievM) qmi4e^t. seteomûnep. par la

6leelmQtiQI>:ldlAng^jafti.!ir>[i(:i — ' '.•:!,, ^ ,.:.,• ,

Celle-ci était encore assez considérable dans la secondes mtM6 étoxjirfliàQleiKiunqwiw»i'ftvêqtfj^,aiît pu eoamener, eii.Mse<}€iiiiant ànbi0iM)lsaâe.d'Étienn9 diUirP^mbe, oncla dfie. ta( veine iMaitguenHe^ Q<0bejvaUQi}fi ^t)iiOi j^miw^d1arme§ d6|> Uu vitte.îîVeflratoii«êmd lieiftps^ Véiyêcpie 4fAng)iwa' reçut 4u tûiiâutUa«LxaieJl;lat<»T^(diQ<Nu0ara(«.P<HiriayiUe mènie, là ^jetiféi^t^alorStt^n^'fMa'QuitliirUine. d*A^oi^a*. L'eufiper. Beurpn^dériéU-en^Qnnft l^i90Îsn<^uri^4;^ ^ôqu^, mais (lli»)9ûnn^iltpiS)lail^a]Âté'di'Ai^oiia^yait oBné iqudrâapâ lfaete]d4>oett(9 fim^m^iojx .il-la tnait$^ample-i HWttki/.âelMjasftlHi .Chôittes/ dfAj:v}o«:jî!eprit à ,1'éTêq^e la âa.i^ttfifinde4'i^n^€a)a(et«l^^ en gratifia.

d^unerpiaiNUletBMi^arda, filai^iP^t^Anîbfdda, d^ Homo, de, tiàlUnrBfiobâHitteiChastiUion^w,: . , . .

oiïpirtJndantf Tursi gwandlsflwtj à me$um q»^ baitiemdâeftdg^nq^vl^^b^i^Wt&.Aerla Drenûèi^. poomuin vaient la'seconde d'une haine implacable. Ils ravageaient, 8en*^teBôteiiieipdBâe$bi«$i«n»Qi^r.î^ ruiiisUwt

200 LA GRANDE'GBÈGE

son commerce en détroussant les marchands qui se rendaient à ses foires annuelles. Vainement les évêques d'Anglona invoquaient la protection royale pour mettre fin à ces brigandages ; les diplômes qu'ils obtinrent de Robert le Sage, en 1325 et 1332, et de Jeanne I'% en 1342, pour réprimer les exactions des seigneurs justiciers de la Basilicate, qui faisaient cause commune avec les gens de Tursi, demeurèrent lettre morte. Bientôt même, profitant de Tanarchie que les crimes de la reine Jeanne avaient fait naître dans tout le royaume, Tursi put réaliser le projet odieux que ses habitants nourrissaient depuis longtemps. Ceux-ci prirent les armes, assiégèrent Anglona, la réduisirent parla famine, en firent sortir les habitants, y mirent le feu et rasèrent la ville, àrexception de sa cathédrale.

A cette destruction violente succéda une guerre de chicane qui dura deux siècles. Les évêques d* Anglona, réfugiés dans le voisinage, poursuivaient devant la justice royale la reconstruction de leur ville épiscopale et le châtiment de Tursi. Les Tursitains soulevaient incidents sur incidents, pour prolonger le litige et rendre nulles les sentences royales, telles que celle de Ferdinand I®', rétablissant en 1468 les foires d' Anglona sur la requête de révoque Louis Fonoblet. Ils multipliaient les mémoires pour prouver que Tursi était plus ancienne qu 'Anglona et l'avait tenue primitivement dans sa dépendance ; l'érudition naissante, et encore imparfaitement en possession de ses procédés, se mêlait à sa façon à cette querelle ardente, où Ton n'épargnait pas les documents falsifiés, et dont on retrouverait facilement des échos jusque de nos jours chez les écrivains locaux du midi de l'Italie. On finit pourtant par s'en lasser. Tursi était devenue une ville de plus de 4,000 âmes, et les évêques n'étaient pas parvenus à relever leurancienne cité. Une bulle de Paul III, rendue en 1546, transféra à Tursi l'évèché d'Anglona, et cette dernière localité resta définitivement au désert.

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Le chemin de fer traverse le Panlano di Policoro et le délicieux vallon de la Conca d*Oro pour atteindre le Sinno, près de la station deNuova Siri. Le Sinno est le dernier des cinq grands cours d'eau permanents, presque aussi larges et aussi profonds que la Seine, qui traversent parallèlement la plaine deMétaponte et de la Siritideet descendent porter à la mer le tribut des hautes montagnes lucaniennes. Si par une colonisation intelligente on repeuplait le canton qu'ils arrosent, il redeviendrait bien vite ce qu'il était dans Tantiquité, un pays d'une fécondité agricole inouïe^ capable de rivaliser avec la Terre de Labour elle-même.

Le nom de Sinno se rattache à une appellation antique, que le fleuve portait parallèlement à celle de Siris, Lycophron l'appelle, en effet, Sinis. Sur la Table de Peutinger nous voyons enregistrer, à quatre milles de distance d'Héraclée, une station désignée par le nom de S^mmun^ qui est évidemment une corruption de Ad Simnum, ou Sinnum.

C'est à l'embouchure du fleuve Siris, sur la rive gauche, que s'élevait dans une haute antiquité la ville de Siris. L'emplacement en est marqué parla Torre di Sinno, bâtie avec des matériaux antiques. Mais il n'en subsiste plus aucun vestige visible ; tout a été enseveli sous les- alluvions du fleuve. La recherche de la [nécropole de Siris, dont le site demeure jusqu'à présent inconnu, mériterait ^ une grande campagne de fouilles dans les envions, quand, môme elle demanderait des dépenses considérables avant de donner aucun résultat. L'exploration des sépultures de Siris et de Sybaris est, en effet, dans l'état actuel, un des plus grands desiderato de la science archéologique. C'est là qu'il faut aller chercher, à l'abri de remaniements postérieurs et dans

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pestait oriental; c'était celui que nous voyons dans les décors peints des plus anciens vases de Corinthe et des iles de TArchipel, ainsi que dans les plus vieux morceaux de sculpture parvenus jusqu'à nous, celui qui n'avait pas changé depuis la composition des poésies homériques, et à certaines parties caractéristiques duquel M. Helbig a récemment consacré un mémoire aussi neuf qu'ingénieux. Que l'on se représente, au lieu de la chevelure courte et laissée à la liberté de son mouvement naturel, qui ne fut adoptée à Athènes que dans le cours du v* siècle, des cheveux ceints d'un bandeau souvent orné par-devant d'un bijou, d'une sorte d'agrafe ronde. Cescheveux formaient sur le front une frange soigneusement frisée en tire-bouchons, puis, sur le haut de la tète, étaient longs el rejetés en arrière, tombant jusque sur les épaules en une masse épaisse, emprisonnée dans une spirale de métal qui l'ondulait en étages horizontaux, ou bien nouée en crobyle, c'est-à-dire en catogan, aurait-on dit à la fin du siècle dernier. Pour accompagner cet arrangement étudié de la coiffure, la barbe était de moyenne longueur, artistementfrisée et taillée en coin. Onne la laissait croître que sur le tour des joues et le menton, rasant avec soin la moustache et la lèvre inférieure jusqu'au menton, de manière à dégager complètement la bouche. Comme vêtement, une robe ou chitôn très étroite, descendant jusqu'aux pieds ; tantôtfaite de lin et alors empesée et plissée au fer à petits plis, exactement comme le surplis de nos prêtres ; tantôt d'étoffe de laine, et dans ce cas tombant sans un pli, brochée ou couverte de broderies et de paillettes, souvent semée de fleurs et d'ornements divers, ou bien offrant des bandes de décors géométriques, grecques, damiers, enroulements, d'autres fois des zones superposées de figures et d'animaux sur un semis de rosa. ces- Par-dessus cette tunique, unechlaina ou manteau d'une laine très épaisse, étroitement ajustée autour du buste, passant sur l'épaule gauche et laissant le bras droit à dé-

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couvert, ou bien un péplos plus ample et plus souple^ décoré souvent d'autant de broderies que le chitôn. Tel était dans la vie civile un Hellène des temps antérieurs aux Guerres Médiques, un riche citoyen de Siris ou de Sybaris. Thucydide nous apprend que les vieillards athéniens conservèrent fidèlement ce costume, abandonné des jeunes gens, jusqu'à l'époque de la guerre du Péloponnèse, A Sparte, jusqu'à une date très tardive, en vertu d'une disposition des lois de Lycurgue, lesÉphores, en entrant en charge, rendaient un édit prescrivant, entre autres choses, à tous les citoyens d'avoir « à couper leurs moustaches et à se conformer aux lois. > Et avant de livrer leur suprême combat, Léonidas et ses trois cents compagnons eurent soin de peigner, de parfumer et d'attifer soigneusement leur longue chevelure, pour mourir en parure de fête.

L'opulente et molle félicité des Siritains d'origine ionienne fut contemporaine de celle qui régna à Sybaris et à Crotone. En384,Damasos de Siris, fils d'Amyris surnommé le Sage, se rendit à Sicyone avec le Sybarite Smindyridês, pour se ranger parmi les prétendants à la main d'Agaristé, fille du tyran Cleisthénês. Amyris, son père, était-il le même que le Sybarite Amyris, dont on nous parle comme ayant vainement cherché à détourner ses compatriotes de leur impiété habituelle, et comme s'étant enfin décidé à fuir une ville où on le poursuivait d'outrages, en le traitant.de fou, une ville que l'oracle d'Apollon déclarait vouée à une catastrophe sans exemple ? En ce cas, la menace de l'oracle aurait tardé à se réaliser plus de temps qu'il ne croyait.

Ce n'est pas, en effet, Sybaris, c'est Siris qui touchait alors à un effroyable désastre. Pendant longtemps, la ville ionienne parait avoir vécu en bonne intelligence avec ses voisins achéens. Mais un jour vint où ceux-ci virent d'un mauvais œil la prospérité d'une colonie d'autre race, enclavée au milieu de leurs domaines. Sybaris, qui avait l'hégémonie sur les autres Achéens d'Italie, conçut le projet de

206 • f A • GtlANt*'-tfRfet*

-diîlkiâte airiaëpÉéêâriCé'ae-SIrfë'et^'d&'iiiétti^-la ttiâîri sot son fertile territoire. Assistés des Crotoniates et des Méta- {ft>tfl&ki'leT»fcfédéf'ës diibttl«a6tinéfe, Ifes' Sytiiarité* àttaqiiè- -ftttt m 'Wûtetfi' (W8Ii%S',^i*ent' teill' Ville éft sJY étaWiretif. •»« dejlpferfi (féë'c»c6flsl«tt<iesitévdltàflte*<ïttimètrquêrerrt ddtt«î)rf8eidfe ^W«i.'îl']pa*Mtî|itfùnfe partie éefe'E*o¥)alàtion Sft%éft«^élfe«îi4tidé,''qtiel<dri ttisaît d'origïrtfe ' troyëtine, ffl«aU8ë^c«tn*tiûhe «"i^ë* lés «ybèlrttèë. Aussi tytfoiFftirbh "faitttip^edft* ii ■'èaft8«riatiô'"te"ttiâS8à«irë' dès liShîéhS 'de» SJrik, «piM9e»Aëf>dÔKltriëMrié'*^ëéà1ièedës'T¥»:réns;ï>iWtiaht'iie^ 9i^é^4^mc lâ*aiiairëë'. 'Stvkboh «leuMe; dtk dtfnïrSifè!; airëfftUïttêl%3^ 'WèlMfeè''é|"6^è'*feS ' ààr^lé' teittplé ' 'd'Atil'élië PéK'fes îaSef«l*fe% ^Hfms'/WttHë^m'^-p^i^ ibi^ de f*otf^ ë<^)è(irdlll'<«iiSl«é"ï)fe^'fes'ëttriétatttS 'd'Tôtfië'qUi' ftiyàiefift' d*Wi*A»'Klcé»ic(U6tfe'Iy\iiWinèf.'Maîâ's-oh'lèife est en èèi^eiiaPéft tlrtS'«tèrtlé;'iét'ëe%'ë*«'x![tté' j^én» ceftjëtlArfe' «ttite^W cf«ft(îttfes'Wiiiaeï%ëi H^onf'étjai^lëië'aè ïnfétfiièJ'elà'ifiâ'dbiiyi'

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la crête des montagnes par le col le plus voisin de Lagonegro et descendant par l'autre versant directement sur Pyxus. Une grande route suit encore la majeure partie de ce trajet, déterminé parla naturç elle-même, comme celui des chemins qui de Sala et de Padula, sur le versant ouest de la chaîne, mènent dans la vallée de Tancien Aciris. L'union analogue entre Métaponte et Poseidonia reliait aussi les deux villes situées aux extrémités d'une autre route, plus longue et fréquentée de tout temps, de la mer Ionienne à la mer Tyrrhénienne, celle qui suivait dans toute leur longueur les deux vallées du Casuentus (appelé sans doute des Grecs Casoeis) et du Silaros, en passant les montagnes qui les séparent dans le voisinage de Potentia (Potenza). Le trajet de cette route est celui qui a été encore adopté pour le chemin de fer en construction deTorremareà Salerne, lequel reliera bientôt directement Naples à la Terre d'Otrante et aux Calabres.

Un récit parle ensuite d'une flotte de Samiens, qui, se rendant àSybaris, essaya de débarquer à Siris avec l'intention de surprendre la ville. Mais le mauvais présage offert par des perdrix qui s'envolèrent bruyamment suffit, disait l'historien Hégésandre, pour les frapper d'une crainte superstitieuse et les faire se retirer en toute hâte. La date approximative de ce fait est déterminée par l'établissement temporaire des Samiens à Zanclê en Sicile, d'où Anaxilaos, tyran de Rhêgion, les chassa en 497 pour y établir à leur place les réfugiés Messéniens, qui changèrent le nom de la ville.

C'est en 480 qu'eut lieu la bataille de Salamine. Dans le conseil qui la précéda, Thémistocle, voyant l'indécision d'Eurybiade, lui déclara que, s'il refusait de combattre en homme de cœur dans cette occasion où allaient se jouer les destinées de la liberté hellénique, les Athéniens embarquant leurs familles, allaient se retirer à Siris en Italie. « Cette ville est nôtre depuis longtemps, lui fait dire Héro-

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dote, et nous rappelle que des oracles ordonnent aux Athéniens de rhabiter. »

Cette prétention, fondée sur la légende d'une très antique colonie athénienne à Siris, est bien évidemment celle qu'un peu plus tard les Thuriens, en tant que colons d'Athènes, cherchèrent à faire valoir sur le territoire de la Siritide.

En 432, ainsi que nous Tavons déjà dit, les Tarentins, reconnus comme maîtres de la Siritide par leur traité avec les gens de Thurioi, transportèrent les habitants de Siris à Tintérieur des terres, dans leur nouvelle ville d'Héraclée, dont la position avait été choisie de manière à intercepter aux incursions des Lucaniens le débouché de la vallée de l'Aciris. Mais ils laissèrent à Siris des établissements maritimes, qui y maintinrent le port d'Héraclée. Il est donc probable qu'il y avait là, soit un bassin creusé de main d'homme, comme celui de Métaponte, soit une petite anse de la côte à l'embouchure du fleuve, qui fournissait aux vaisseaux un abri de quelque sûreté et que la marche rapide des atterrissements a depuis longtemps comblé.

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