CHAPITRE V
SYBARIS ET THURIOl
G*est près de la mer, dans la partie la plus déprimée du bassin dont nous avons exquissé la topographie au chapitre précédent, qu'avait été bâtie Sybaris. Elle occupait le fond de la vallée entre les deux fleuves du Crathis et du Sybaris, qui coulaient alors séparés jusqu'à la mer, au lieu de se réunir comme aujourd'hui. Thurioi, qui succéda à cette ville, fut établie un peu plus haut, sur une colline, niais encore dans le même canton.
Thurioi dura plus longtemps que Sybaris, mais n'atteignit jamais à son éclat ni à sa puissance. La grande cité fondée parles Achéens n'a vécu que deux siècles, avant la catastrophe qui Tefifaça de la carte et en fit même périr les ruines. Le degré de développement, de richesse et de prospérité auquel elle était parvenue en une aussi brève existence, constitue un véritable phénomène historique. Pour être compris, il exige qu'avant d'analyser les principaux faits de l'histoire de Sybaris, nous jetions un rapide coup d'œil sur les plus anciennes vicissitudes de l'ItaUe méridionale, et sur les populations qu'y trouvèrent les colonies grecques au moment de leur établissement.
248 lA GRANDE-GRÈGE
\ liongtemps avant la guerre de Troie et plus de 2,000 ans avant notre ère, suivant les traditions indigènes que les Grecs recueillirent et arrangèrent pour les faire cadrer avec celles de leur propre patrie, le sud de la Péninsule italique vit arriver par mer un double courant d'émigration pélasgique, qui fut le premier établissement de population dont le souvenir s'y soit conservé. Pôucétios et Oinotros,filsde Lycaon et petit-fils de Pélasgos, conduisaient cette double colonie, que l'on prétend être partie deTArcadie. Les compagnons de Peucétios s'établirent dans les pays que les anciens appelaient Apulie et Calabre, car rien de plus singulier que le déplacement qu'à subi dans le moyen âge le nom géographique de Calabre. Pour l'antiquité il ne désignait aucunement la contrée auquel il s'applique aujourd'hui, mais bien la Terre d'Olrante actuelle, d'où le vers de répitaphe de Virgile, mort à Brundisium et enterré à Naples :
Mantua me genuit, Calabri rapiiere, tenet nunc ParUieQope.
Les Peucétiens, lesDauniens, lesMessapiens et les Japyges furent les descendants de cette colonie. Celle d'Oinotios s'établit dans le pays qui fut plus tard le Bruttium, et auquel elle donna le nom essentiellement pélasgique d'Argessa, qui rappelle les nombreuses villes d'Argos et surtout l'Argissade la Pélasgiotide thessalienne. Que les Pélasges de cette contrée, venus certainement par mer suivant l'habitude de toutes les migrations de la même race, aient eu le Péloponnèse pour point de départ, la chose est géographiquement et historiquement probable. Mais il y a, par contre, de grandes vraisemblances pour que les peuples messapiques aient passé plutôt d'Illyrieen Italie, comme le voulaient d'autres traditions.
Quoiqu'il en soit, les Œnotriens, les seuls dont nous ayons à nous occuper ici, s'étendirent rapidement ; ils envahirent le pays des Chônes, autre population pélasgique
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qui semble être sortie de riUyrie, et se les associèrent intimement ; occupant toutes les montagnes que les Lucaniens tinrent par la suite, ils s'étendirent encore plus au nord, le long du littoral de la Campanie et jusque sur les bords du Tibre. Car, là encore, nous trouvons aux premières origines le souvenir de la colonie de TArcadien Évandre et de sa ville de Pallantée, fondée sur la colline qui fut plus tard le Palatin et nommée d'après la ville de Pallantion en Arcadie.
La religion dé ces Pélasges établis en Italie, devait avoir un étroit rapport avec celle des Pélasges delà Grèce, qui fut le premier substratitmdelaireligionhellénïqae, Leduc deLuynes,avec la science archéologique et la profonde pénétration qui le distinguaient, a montré que c'est cette double migration qui introduisit en Apulie le culte d'un dieu des eaux, analogue au Poséidon grec, dont le symbole était aussi le cheval, devenu le type le plus habituel dans la numismatique apulienne, tandis que les Œnotriens adoraient principalement un dieu chthonien, distributeur des richesses du sol et producteur des fleuves qui jaillissent du sein de la terre, dieu dont le taureau était l'emblème et l'animal sacré. C'est cette antique divinité pélasgique qui s'identifia, au contact des Grecs, avec leur Dionysos chthonien et tauromorphe. De là, par suite de cette greffe du dieu hellénique sur un ancien dieu indigène, vint le succès et la diffusion de la religion dionysiaque chez les peuples du midi de l'Italie; de là aussi l'adoption du type religieux du taureau^ quelquefois muni d'une face humaine, dans le monnayage ancien de presque toutes les villes de la Grande-Grèce et de la Campanie, où par une association d'idées presque impossible à dénouer, il est en rapport à la fois avec le culte des dieux des fleuves et avec celui de leur auteur commun, le Dionysos infernal. A ceci se sont amalgamées les légendes sur le passage des bœufs de Gêryon, ramenés d'Espagne par Héraclès au travers de ritalie. D'après Hellanicos, le
nom d'Italia^ dont la forme indigène était Vitulia on Vitelia, et qui à l'origine fut longtemps limité à l'extrémité sud de la péninsule, entre le détroit de Messine et l'isthme Scylacien, viendrait d'un des taureaux de Gèryon, qui se serait écliappé du troupeau et qu'Héraclès aurait poursuivi jusqu'aux environs de Rliègion. Il y a aussi quelque chose de digne d'attention dans le fait que, deux seulement parmi les villes de la Grande-Grèce, n'ont pas adopté le type monétaire du taureau, et que ce sont précisément les seules localités où la tradition prétendait ensuite que le demidieu n'avait pas été accueilli favorablement, Locres et Crotone.
Il est probable que les noms héroïques [d'Oinotros et d'Italos, placés aux origines de l'existence et de la civilisation des Œnotriens, conservent le souvenir des appellations de leur dieu national à figure de taureau. L'on a remarqué depuis longtemps l'analogie du nom d'Oinotros avec la conception fondamentale de Dionysos comme dieu du vin. ïtalos, comme l'ont noté chez les Grecs Hellanicos et Timée de Tauroménion, chez les Romains Varron, est la forme hellénisée d'un nom itahque Vitulus , c'est-à-dire d'un nom qui signifiait « le veau, le bœuf. » Qu'il y ait eu un dieu Vitulus, devenu le héros ïtalos dans les légendes mises en écrit par les Hellènes, c'est ce dont on ne peut douter quand on rencontre parmi les vieilles divinités italiques une déesse Vitellia ou Vituha; car elle est manifestement sa compagne homonyme , comme Fauna est celle de Faunus, Libéra celle de Liber. C'est aux Grecs que les Romains ont emprunté la forme du nom géographique Itaha; les peuples sabelliques, pendant ce temps, avaient gardé la vieille forme jndigène ViteliOy où l'ancien v initial a été conservé, suivant les lois phonétiques des langues italiennes, tandis qu'il tombait dans la transcription grecque. C'est ce nom Vïlelio que les Samnites ont inscrit à côté de la tête de l'ItaUe personnifiée, sur les
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monnaies qu'ils frappèrent à l'époque de la Guerre Sociale, Et la tradition de la liaison de cette appellation géographique avec le nom du taureau se maintenait si bien alors, que les confédérés italiotes adoptèrent le taureau comme, symbole national, et le représentèrent sur leurs monnaies, terrassant sous ses cornes la louve romaine. C était une notion universellement admise que le nom de l'Italie voulait dire la terre des bœufs ou la terre du dieu taureau.
Les Œnotriens étaient pasteurs, nous dit Aristote dans sa Politique; Italos fit d'eux des agriculteurs. En effet, comme le remarque M. D'Arbois de Jubainville, à qui Ton doit des études savantes et ingénieuses sur Les premiers habitants de V Europe^ la légende représente Oinotros partant de l'Arcadie avant l'établissement de l'agriculture dans le pays. Italos personnifie ainsi une phase historique d'une importance capitale, le passage de la population à l'état de cultivateurs sédentaires. Mais pour Thucydide, pour Philistos de Syracuse et pour les différents écrivains que Servius a extraits dans son commentaire sur Virgile, Italos est un roi des Sicèles ouSicules. 11 faut donc lier la révolution qui s'opéra chez les peuples de l'Œnotrie à l'introduction d'un nouvel élément ethnographique. Vers le vingtième siècle de l'ère chrétienne, les Sicules ou agents armés de la faucille (sicula en latin), rameau de la grande race aryenne des Ligures, occupèrent l'Italie centrale de l'embouchure du Tibre à Ancône, et des bouches du Pô à la frontière de TApulie. Us étendirent leur domination sur les Pélasges Œnotriens, qu'ils initièrent à la culture de la terre ; car ils en avaient apporté avec eux le secret. Au xiv^ siècle, nous voyons les Sicules, que les Égyptiens appellent Schakalasch, à l'apogée de leur puissance et possédant une marine, se confédérer avec les autres peuples de la Méditerranée et prendre part aux attaques que ceux-ci dirigent contre rÉgypte sous Menephtah P' et Ramsès III. Us joignirent leurs vaisseaux à ceux des Tekkaro ou Teucriens, des
Akaiouasch ou Achéens, des Pehsta ou Pélasges de la Crète, des Tourscha, c'est-à-dire des Tursanes ou Pélasges Tyrrhéniens, des Ouaschascha qui sont peut-être des Ausoniens et des Schardana ou gens de Tîle de Sardaigne. Ils avaient refoulé devant eux les Sicanes d'origine ibérique, et les avaient contraints de se réfugier dans Tîle de Thrinacie, qui fut plus tard la Sicile.
Le caractère essentiellement agricole des Sicèles ou Sicules se reflète dans les noms de ceux de leurs princes que Ton fait régner sur les Œnotriens. A Italos succède Morgès, « rhomme des gerbes » (merges). Vient ensuite Sicélos, « rhomme de la faucille, » qui porte le nom même du peuple. Comme pour tous les héros placés aux origines des nations, commepoursonprédécesseurltalos, son histoire est un mythe complexe, en partie religieux, en partie historique et mythique. Sicélos est chassé de Rome et vient se réfugier auprès de Morgès ; sa fuite, comme son origine et son nom, l'assimile à Saturne, toujours armé de la faucille. Et en effet, Saturne parait avoir été d'abord le grand dieu national des Sicules. Ce sont eux qui ont établi son culte en Italie ; ce sont eux qui ont donné à leur forteresse du Capitole le nom de Saturnia. Sous leur domination, ritalie a été désignée sous le nom général de Saturnie, remplaçant celui d'Argessa que lui donnaient les Pélasges Œnotriens. « Saturnie est la terre des Sicules, » disait un très antique oracle du Zeus de Dodone. D'un autre côté, la fuite de Sicélos est aussi en relation avec un fait historique certain de l'histoire de l'Italie, qui dut se produire vers le xu* siècle avant l'ère chrétienne, l'expulsion graduelle des Sicules du Latium et delà Campanie par les peuples Ombro-Latins, Opiques ou Ausoniens. La Saturnie devint alors TAusonie. Ces peuples, auxquels on a pris l'habitude de donner spécialement le nom, assez mal justifié, d'Ilaliotes, descendaient alors, peut-être sous la pression d'une nouvelle couche d'immigration venant du nord, lesRasènes
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OU Etrusques, ces peuples descendaient alors des grandes plaines du bassiu du Pô, où ils avaient fait une longue station, et où les terramare de l'Emilie nous ont conservé des vestiges incontestables de leur séjour et de leur état de demi-civilisation. Les Sicules, du reste, doivent leur avoir été plus apparentés que ne l'admet Topinion habituellement répandue. Leur idiome semble avoir appartenu décidément à la famille italique ; les rares mots qui nous ont été conservés sont presque latins, comme gela, « gelée » {gelu)y kubitoriy « coin » {cubitus, « coude » ), rogos, « amas de grains » (rogus, « amas de bois »), ounkia u once » (uncia), lilra « livre » [lihra).
Sicélos, accueilli par Morgès, disaient les historiens grecs de rilalie méridionale et de la Sicile, se créa un État aux dépens de son hôte. Plus tard, se sentant à Tétroit danscet état et pressé par les populations voisines, il passa avec la plus grande partie de son peuple dans Tile qui reçut de lui le nom de Sicile. Les Sicules furent chassés d'Italie parles Opiques et les Œnotrrens, disait Antiochos de Syracuse, par les Ombriens et les Pélasges, disait Philistos de la même ville. Les deux manières de s'exprimer sont exactement synonymes, et il faut attacher une valeur de premier ordre au témoignage des deux écrivains syracusains du v*" siècle avant J.-C, qui avaient été à même de consulter les traditions nationales des Sicules, existant encore àrétat dépeuple indépendant au sein des montagnes de la Sicile. Thucydide, leur contemporain, non moins exact dans le choix de ses informations, parle aussi du passage des Sicules du continent dans Tiie de Thrinacie, et le place aux environs de Tan 1034. Il est donc manifeste qu'après que la grande puissance de l'empire des Sicules eut été détruite par l'invasion Opique ou Ausonienne, les CEnotriens reprirent leur indépendance et les refoulèrent dans l'extrémité méridionale de la péninsule, d'où ils gagnèrent la Sicile en franchissant le détroit de Messine. Mais tous ne
passèrent pas dans cette nouvelle patrie. Les Sicules gardèrent sur le continent la possession du pays situé au sud de Tisthme Scylacien,(de Tltalie au sens spécial et restreint du nom. C'est sur leur territoire que Locres fut fondée, et Thucydide, au v* siècle, les montre encore s'y maintenant dans les parties les plus inaccessibles des montagnes.
Dans le x*^ siècle, la constitution de l'empire des Étrusques vint compromettre gravement la situation des Ombro- Lalins dans l'Italie centrale. C'est à leurs dépens que s'étendit le peuple nouveau,dont la suprématie alla toujours croissant jusqu'au commencement du v** siècle. Mais ce n'est pas avant le vi® que les Étrusques dépassèrent le Lalium du côté du sud. Au vin® siècle, lorsque la Grèce, saisie d'un mouvement d'expansion extérieure qui ne devait plus se renouveler au même degré, trouva dans le trop plein de sa population les éléments des nombreuses colonies qu'elle envoya de tous les côtés, et dont les plus importantes couvrirent alors le littoral de l'Italie méridionale et de la Sicile, voici à grands traits quelle était la distribution des peuples indigènes dans la péninsule italique. Dans le bassin du Pô, oùles Gaulois n'avaient pas encore fait leur apparition» habitaient des Ligures, des Ombriens, des Étrusques et des Vénètes d'origine illyrienne, épaves des nombreuses migrations qui, dans les siècles antérieurs, avaient traversé ces contrées. Dans le nord de la partie péninsulaire, des Étrusques encore et des Ombriens; dans le massif central de l'Apennin, désigné aujourd'hui par le nom d'Abruzzes, les peuples sabelliques, qui devaient plus tard se répandre jusqu'à la mer Ionienne sous les noms de Samnites, de Lucaniens et de Bruttiens, et se montrer contre les Grecs et contre les Romains de si terribles batailleurs ; sur la côte de l'Adriatique, au pied de ces montagnes, les Liburnes lUyriens. Du Tibre au Silarus, le long de la mer Tyrrhénienne, c'était TOpique, comme disaient les Grecs. Là ha-
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bit^it la foule des tribus ausoniennes, refoulées par les Etrusques des pays au nord du Tibre. Les plus importantes étaient au nord les Latins, chez qui Rome se fondait à ce moment (754), et dans la Campanie les Osques et les Aurunces, à qui se mêlaient quelques colonies de Dauniens. Dans TApulie et la Japygie, du mont Garganus au promontoire Japygien, s'étendait le domaine de la race Japygo- Messapienne, divisée en Peucétiens (Capitanate actuelle), Dauniens (Fouille), Messapiens fversant de la Terre d'Otrante sur TAdriatique), et Salentins (versant de la même région sur le golfe.de Tarente). L'Œnotrie, avec sa population de Pélasges, embrassait ce qui fut plus tard la Lucanie et le nord du Bruttium, c'est-à-dire les provinces ac-, tuelles de Basilicate et de Calabre Gitérieure, avec les districts de la Calabre Ultérieure au nord de Tisthme Scylacien. Les Chônes occupaient Tangle nord-est de ce territoire, descendant au sud jusque vers Crotone et s'étendant à Test, sous le nom de Cramoniens, dans la plaine qui va vers Tarente. Enfin les Sicules, habitant des deux côtés du détroit de Messine, demeuraient les maîtres de l'extrémité la plus méridionale de la péninsule, depuis son dernier étranglement entre les golfes deSanta-Eufemiaet de Squillace jusqu'au point où elle se termine dans la mer.
C'est au milieu de ces dernières populations que vinrent s'établir les colonies grecques. Sybaris fut une des plus anciennes. Elle avait été précédée seulement par Locres et par Cumes, bien qu'on ne puisse pas admettre historiquement la prétention de la grande cité des Chalcidiens en Campanie, d'avoir été fondée entre 1051 et 1035, et que M. Helbig ait récemment démontré qu'elle ne remontait pas au-delà du via® siècle.
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;... ,.• )->.'< ■■f.."7>: 'r/ij-j;t ijhf'J.noJ vmI -IL'- L'arrivée des.cojjonsrgrecs, aWîlQ'P(!*^id^Ua^it<**'i08notrienne où ils fondèrent %î)qri3> mik li^mm^cotùmeméinent de la XV* Olympiîide, trejrit&-quat*f!ian$iikpï*8i.te/f(Htihrti0n de Rome^ en 720 av. J.tC. I,*^^' épa^tgrafliSi ;i«JiidUiiBJpaT.Is d'Hélice, la capitale religieiuse cteilafeoftfédéflaticflft twb^tme, venaient en majeijre partie des en vitPRgdeiBUfa't eêid'Aigira en Achaïe. Ce forent, f^^ qwi doaiîèwnt)^uK)d^lix rivières, entre lesquelles ils, bâUssaienJiltonMilte^^âca'iïOims de Crathis et de âybaris,,qi>i;)étai©9^t ^eeti^sc d[Un'«rfleiîmeet d'une source de leur cité, p^t^Jp.Jtf; iEim«58t) GtttifiuB» altrès ingénieuseoo^nt conjecturé iqu^Ja^gwtinde lémigEatton-qui se produisit en Achaïe ver;S'la jîn du,l*RTtsèèolef'€i(t«a'ritoigea principalement vers l'IlaHe, Jbrie^iqiaeidmaéeipaiiritbes Indi^ vidus de race acbée^ne, fuit uni vénit^aUei exodei de lai\âeille population ionie!nî;ie.duipay^y.à laqu^^l6;&'étatoIlt8uî)e^posés par voie d^ conquête tea.Ajefcéen6,îreft)ul^ pairlfiavasion dorienne des parties du: Péloprorniàse.flrfiJ^ habitaient du temps des Peilppide^» J^'éminent lérudit' beriinojsioroit même discerner qu'entrer les deu^ principale^-. villes; alors fo] idées par ces émigrantSiÇtn .CÇnoJorieviSiïkartet.ftit plus ionienne çtCrotone pi,us..prqRrejïi6nti!aché0n»Qv'QMi,qu'il en soit, les colons emportèr^Qt.>aivecieuxl8typ^paiH;ic«ilier d'écriture usité en.AcJ^îi)fe/e!tie>diateateiidçrien'qW;ime»infiltration progressive avait. .Qnii par^. feiffe^ ir4gMr da^ai cette contrée. . 'i •.,, /.;.'. •-■'..iw^ •'.> '•.>;.{•"
Comme partout ailleuri^ dans la* iGraiide-fGrèce„deô>tiîaditions vagues et confuses parlent d'étai)te8em^aits,hQliéniques d'une très haute antîqwté^, qui a«raienli:pi»cédé à Sybaris les colons défiaitifs, On y fait venir dfito Ràodkns sous la conduite de Tlépolème, le. fondjiteur des vttl^s de
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Lipdos, d'Ialysos et de Cameiros. Le nom homérique de Tlépolème reporte aux temps de la guerre de Troie. Aussi prétend-on que Philoctète qui vint au secours desRhodiens contre les indigènes, fut tué dans la bataille et enseveli sur les bords du fleuve Sybaris. Ce récit a bien évidemment pour objet d'expliquer Torigirie du culte d'Apollon Halios, le dieu national de Rhodes, qui avait dans la contrée voisine de Sybaris un temple, où Ton prétendait que Philoctète avait dédié les armes d'Héraclès. Un tel culte semble bien indiquer un établissement de Rhodîens, que quelques auteurs fort sérieux de l'antiquité disent avoir été formé sur le Traeis, et non sur le Grathis. Mais historiquement cet établissement, s'il a eu une existence réelle, ne saurait être rapporté qu'à l'époque où les gens de Rhodes fondèrent Gela en Sicile (690) et Salapia sur la côte de l'Apulie. Peutêtre aussi un groupe de Rhodiens s'était-il joint aux Achéens pour la fondation de Sybaris.
Je serais disposé à expliquer de la même façon, la légende relative à une colonie de Locriens dans ces lieux, sous la conduite de Sagaris, fils d'Ajax. Il est difficile, en effet, de contester que les Locriens aient eu une part à Toriginç de Sybaris, puisqu'ils y avaient transplanté une tradition de leur pays. 11 y avait dans le mont Cirphis, sur la frontière de la Phocide et de la Locride, une source Sybaris, comme en Achaïe. On racontait qu'autrefois un monstre gigantesque et féroce, nommé Lamia ou Sybaris, désolait tout le pays voisin. Les habitants, prêts à fuir devant ses ravages, furent arrêtés par l'oracle d'Apollon, qui promit la délivrance si un éphèbe de condition libre était exposé devant le repaire de Sybaris. Alcyonée, fils de Dinomos et de Méganeîra, fut désigné par le sort. On le conduisait à la caverne, paré comme une victime, quand Eurybatos, fils d'Euphêmos et descendant du fleuve Axios, touché de la beauté du jeune Alcyonée, prit sa place, lutta avec le monstre, le vainquit et le força à se précipiter du haut des
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rochers. La source Sybaris jaillit à l'endroit où il expira. Les Locriens, établis à Témésa sur la mer Tyrrhénieime, y localisèrent sous d'autres noms cette fable, apportée par eux de leur pays d'origine. On fit aussi résider à la source du fleuve Sybaris de Tltalie le moubtre Sybaris, dont on ne parlait pas en Achaïe; et c'est sa puissance destructrice que plus tard les colons deThurioi rappelèrent par la figure de Scylla, dont ils décorèrent le casque de TAthènô représentée sur leurs monnaies. Plusieurs écrivains antiques disent formellement que c'est par des Locriens que ce mythe de la Locride fut importé à Sybaris.
Le fleuve Crathis eut aussi sa légende fabuleuse et symbolique, d'un caractère singulièrement étrange, qu'Élien nous a transmise. C'est celle des monstrueuses amours du jeune berger Grathis avec la plus belle chèvre de son troupeau. Un bouc jaloux le frappa mortellement pendant son sommeil ; les bergers élevèrent un tombeau à leur compagnon, et donnèrent son nom au fleuve près duquel le fait s'était passé. La chèvre aimée du pâtre donna le jour à un enfant) dont les jambes étaient celles de sa mère et la figure celle d'un homme ; il fut adoré comme le dieu des forêts et des vallées. 11 n'y a pas à hésiter à voir ici un mythe religieux transformé en conte populaire, quand on y compare les fables des amours de Zeus avec la nymphe Aiga (la chèvre), d'où nait Aigipan, ou celle de la séduction de Pénélope par Hermès, qui, sous la forme d'un bouc, la rend mère du dieu Pan*
Je suis d'autant plus disposé à admettre que des Rhodiens et des Locriens durent fournir un contingent aux premiers colons de Sybaris, que si les Achéens en formaient la majorité et en avaient la direction, nous savons d'une manière positive qu'ils n'étaient pas seuls, qu'ils avaient accepté le concours d'autres Grecs. Ainsi il y avait avec eux un certain nombre de Doriens de Trézène* Ce furent ces derniers qui iatroduiaîrent à Sybaris le culte de Poséidon» leur dieu
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national, dont l'image a été placée, avec celle du taureau, sur que)que-unes des monnaies de la ville, et qui, du reste, sous le surnom d'Helicônios était aussi adoré à Hélice d'Achaïe, la ville natale du conducteur de la colonie. Ils étaient ' assez nombreux pour qu'au bout de quelque temps leurs descendants aient formé dans Sybaris un parti dénature à donner des inquiétudes aux Achéens. A la suite dé dispensions intestines, les Sybarites décidèrent de faire sortir de leur ville les Trézèniens et d'en constituer une colonie séparée, qu'ils établirent sur la côte de la mer Tyrrhénienne auprès de Fembouchure du Silaros. Ce fut Poseidonia, que les Lucaniens appelèrent plus tard Paesttrai,' et dont les ruines grandioses sont habituellement, dans la direction du midi, le terme du voyage des touristes en IlaKe;
n faut, du reste, que l'émigration conduite par Is d'Hélice ait été l'une des plus nombreuses qui aient quitté la Grèce, car presque immédiatement après sa fondation Sybaris était une très grande ville, et bientôt elle pouvait faire sortir de son s-eîn des colonies importantes, comme celles de Laos, à Fembouchure du fleuve de môme nom (i), et de Scidros,
(i).Oa place d'ordiaaire, à la suite de Ghuvier, Laos à Laino Superiore, sur le l^aut cours de la rivière Laino, qui est hieu le fleuve Laos des anciens. Kt en effet on voit à Laino de beaux restes d'une enceinte hellénique. Mais la ville même de Laos ne pouvait pas être à cet eudroit, puisque Strabon dit formellement qu'elle se trouvait assise sur la mer. Elle avait donc été bâtie à l'embouchure même du fleuve, oà Ton remarque* aussi des vestiges d'occupation antique. Quant à Laino Superiore, je n'hésjte pas à y reconnaître le Lavinium de ia Table de Peutinger, Laminium du Géographe de Ravenne, à la situation duquel cette localité correspond exactement.
Rotùanelli a mis Laos à Scalea, joli port naturel situé à quelque distance du .nord des bouches du Laino ; mais cette identification me parait eneor^ inexacte. Scalea doit avoir succédé à la Sctônê grecque, que ne mentionne aucun écrivain ancien, mais dont le Cabinet de Munich possède une petite monnaie de bronze, pareille comme types et comme fabrication à celles d« Laos. Les Boarces littéraires sont très
aujourd'hui Sapri, toutes les deux sur la mer Tyrrhéniewe, et de Métaponte sur la mer Ionienne, il est vrai qu'«Ue ave\it adopté un principe tout différent de. celui des autres villes grecques, le principe de donner le droit de <?itp ;^ns.^fûcultes ni formalités à tous ceux^ qui $e. présentaient pour le demander. De cette faço^ Sybaris; .attirait ye^s .:elle un courant continu d'émigrants, qui dut lia,rgpmen,t op^tribuer à Taccroissement rapide de sa, populations , Eu même temps elle prenait des précautions, pour ççm*^yer son caractère national et pour empèjçber.qw Jl'élémeiiit achéen, auquel elle tenait à mainteiiirla s^pério^jté, .ne fut noyé sous cet afflux étranger. Lorsque quelque. arriîJ^e de nouveaux colons apportait en troupe unepi^qportion trop forte d'un élément autre que celui, (;ies, Açhjé|^n,s^ ^u lieu de les admettre dans leur cité, les Sybai^ites Içs ^j4^§»t à établir sur un autre point une yiUe-s^utonome, «tais, confédérée avec Sybaris et reconnaissant sonhégénjiani^î.C'-^st ainsi qu'ils envoyèrent les Trézéniiens à.Poseidq^iiai^ ^Pfès les avoir gardé quelque temps au milieu d'eu^ ; (i.- : .
Grâce à cette politique, Sybaris,, tout en ay-^nt.fQndé à son tour une série de colonies qui, réparties^s^r 43 Jj,t|^rai des deux mers, assuraient son enpire continental, dey,ijQLt, en un siècle une ville qui comptait, en dehors de?:€^sci^aye|S, 300,000 habitants de condition libre, su^, le^qu,el^,i0PyûP0 citoyens actifs. Son enceinte avait 80 ^tçid-e^^ de po^urtc^w, c'est-à-dire plus de neuf kilomètres. A ce. moment, .aujçwie autre ville grecque, si ce n'est Milet, n'avaiti encara atteint un pareil développement. La Rome de Serviu^.TulJivis. et des Tarquins, déjà la plus vaste cité de l'Ita,lie^ ne.la^^ujpassait pas notablement en étendue. Quant- à:la.richesse,qul
incomplètes en ce qui touche à la géographie antique de toute cette partie du littoral de la mer Tyrrhénienne. Ainsi Mafatea^at s!ûrém^ént une ville grecque, qui a conservé sans altération son nom anticfilevM'en qu'aucun écrivain ne mentionne ce nom.
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accompagnait ce développement de population, un fait est cité par les écrivains anciens pour en donner idée; dans ses pompes solennelles, Sybaris déployait 5,000 cavaliers revêtus de Téquipément le plus somptueux. Or, dans les eitéâ' gil'ëcétùes, (iommô le cavalier devait fournir et entretenir sa monture' et celle de son valet, on n'était admis au service' de là cavalerie qu'en justifiant d'un revenu considérable. Qliî dWait cavalier youlait dire jeune homme riche appartenant à là classe des timuques ou plus imposés. A%îïène*s,'(.]àn^'sort pluk beau temps, n'en eut que le quart dé ce'qu'én comptait Sybaris, cent ans après sa fondation.
Des ïriBlvatix Considérables avaient assaini le sol naturellemerit hùmîde qui servait d'assiette à la ville. Un système de catJâdîi bien conçu procurait un écoulement vers la mer aux! eaûîx de la partie basse de la plaine, aujourd'hui revenue àï'ét-ât'démarémme 6ù les premiers colons avaient dû le^toiuver. Ces canaux étaient navigables, et les Sybarites s'en' feervaiétït pcmi^ transporter par bateaux à la ville ou jusqu'au lieu de leur embarquement sur les navires des maMchahds étrangers, le vîn très estimé qu'ils récoltaient en atlôttdarice' sur les collines entourant cette région inférieure.
Là'fëftilîté du territoire de Sybaris était prodigieuse; Varroh "prétend que le blé y produisait au centuple. Athénêedît cepîendant qùetout ce que ce territoire donnait en fait decérëàlés sùffls'ait à 'peine à la consommation de la ville. Cecîri^â rien d*étônnant avec sa grandeur, et ce que réclame ràlimènt^tioii dé plusieurs centaines de mille âmes. Mais en dehorslfiêrnedesvins,signaléscommerobjet d'un commerce éteridtf, ragrîculture fournissait à Sybaris un grand nombre d'articles d'exportation, à côté du blé qu'elle consommait. Se3 çaijf^pçignes* par exemple, ne produisaient pas moins d'huile que de vin. Elle livrait au commerce le cuir des nombreux troupeaux de ses riches prairies, la laine des moutons qui paissaient dans les montagnes environnantes, les
bois des forêts de ces montagnes et en particulier de la Sila, très recherchés poar les constructions navales, la poix recueillie sur la même montagne et quî passait pour la meilleure du bassin de la Méditerranée, la cire dfes abeilles qu'on y élevait en grande quantité. Le sol lui donnait aussi des richesses minérales. Il y avait à Longobucô, dans la vallée du Trionto, des mines d'argent exploitées dès l'antiquité et qui Tétait encore fen 1558, sous la domînàfion espagnole, à un moment ou Tafflux des métaux précieux de TAmérique avait fait déjà tomber là plupart des exploitations de ce genre en Europe. Ces mines, d'après leur situation géographique, durent appartenir d'abord au territoire de Sybaris, puis passer aux mains des '€rotoniâtes après la chute de la ville. D'autres mines dû nrlêiùe métal se trouvaient, comme nous Tavon^ déjà dit, dans la vallée du Crathis, au lieu quî en avait re<5U à Tépoqùè romaine le nom d'Argentanum. Ceci explique T^bondant monnayage d'argent de Sybaris et de Crotoné /qui' avait aussi d'autres mines tout près d'elle), tandis que les' autres villes de la Grande-Grèce, Métaponte par exemplo;* tnanquaient assez de métaux pour être obligées frêciliemment [les monuments numismatiques nous l'attestent) de surtrapperdes pièces d'argent étrangères, afin de sufftr«é aux besoins de numéraire local de leur circulation intPi^ienret
Tout ceci ne suffit pas à expliquer la fortune si exitraordinaire et si rapide de Sybaris, et pour les historiens modernes, entre autres pour Heyne qui a consacré pltisietirs dissertations aux annales et aux antiquités de cette ville, les causes enrestent à l'état de problème. Ce n'était, en effet, une ville ni d'industriels ni de marins. Les témoignages
SYBARfS KT THUIIOI 263
anciens parlent beaucoup deTlmportatlon à S^barla des plus riches produits des manufactures étrangères; ils sont absolument muets sur ce qui s'y serait fabriqué pour l'exportation et même pour la consommation intérieure. Il est souvent question des vaisseaux de diverses nations qui venaient y commercer ; mais pas un mot sur une marine marchande sybarite.
La clé de cette énigme historique me parait être dans ce que nous dit Athénée, d'après des écrivains plus anciens, de l'alliance commerciale étroite, garantie par des traités, qui liait Sybaris, d'un côté avec Milet, la plus grande ville d'Industrie et de commerce de l'Ionie et môme de tout le monde grec du viii® au vi* siècle, de l'autre avec les Étrusques, ou les Tyrrhéniens comme les appelaient les Grecs. A ceci se rattachent encore les nombreuses mentions qui sont faites de l'apport habituel des marchandises milésiennes dans cette ville, et le récit d'Hérodote sur le deuil public des habitants de Milet à la nouvelle de la destruction de Sybaris.
Depuis que s'était fondée la puissance des Étrusques dans l'Italie centrale, le marché de leur pays était considéré comme le plus fructueux de tous par les navigateurs de la Méditerranée. 11 y avait là, en effet, une vaste et populeuse contrée, constituée aristocratiquement, avec une noblesse puissante, fastueuse, amoureuse de bien être et de luxe. L'industrie, qui devait plus tard prendre un grand développement en Étrurie, commençait à peine 'et tentait seulement ses premiers essais. Bijoux, étoffes, vases de métal et de poterie fine, tout ce qui ailimentait l'élégance des riches étrusques, était demandé au commerce extérieur, provenait des manufactures de la partie orientale du bassin de la Méditerranée. Quiconque en importait dans cette contrée était assuré de vendre ces articles aux prix les plus élevés, et rÉtrurie fournissait en échange, aux navigateurs qui venaient aborder sur ses côtes, de précieuses marchandise^
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commefret de^retoiK*^ià<eo3miiBnc8l*>par.l6>cuivT6-id»^es {Hsisâairtes elxiih)ilaUdin8i]iiidiuàite^^^ no hnaq nu i<^ \i ^IM iBÈaa lâ plttSiMiàbatoeBiBépM^aisrp^lÛtimt^ eli làbebdafflcerdftes: '£(bjel6) delfeUricàti^ oi!ieiita]ev)àppoD€ésr^pbr4e'eoiiiinfirc0imariiii^ eèprés^ntairt lesi e^fmttàbes des mpUt csJl^^^i^^s^^^^'P^<^6W'>'ii^ ' que Jëa ' îîmÉstBDbib' ; t|uà l'oln «n >fai toit) dAvai t'ULèteltifimirt eÉ<]^é8(|es)itefi'£tB lUÂmhipelL ,L'^t')6tpiiBqUe4ikBRnnéih€^;j ^ se&;débàt8v lôst ànlièreifciâtit mfinrqaé/à)ilerapréiatei(k»igbA)f' asiatiqbei dbini'ililjiElIlusehde^iprésida: ài-sa ^rmatinnc^t^But si pffefi]Éfid»«pi^.aQeBfijmaii)itlnt)^r'tra^^ fiftruvlev^psaiid
eUe8làtbi^déjà<e(fiEaGée')pài}taQtaii]leuvëi PeoilaM'lqng^^psi les<êarujdit5)oht) t^ecdhé^aher cQifaît iQQbiiirduvtsid]^ii'l»*i|ghfô' a]d6htàlfi()e1ilydi6fai^dée'Bti)i(9iîa66; iàquéUâ^ visîlgmWjcûl oonÈë)qtÉe<Mi ttérodcdie'àioàisiitî^tyirèsftei »:^.t<fiEÙtiJltt iihotiis:
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de'lèiâ^^H^ii^ f&dét^ifii(Sur'J't$èl^<mité ëisëlii|«dte,4^â4^
SYBAHIS ET TBURIOl 26S
c^msidérer/cosnoie! iqéhranlablement acquis à la science. Mais il est un point où je^m'^écaorte du Bayant secrétaire d^/ljlnâ(ilmt<^afi(tl£éûdl3|^(^ M. Helbig
alAribtt^ieludiiaiyeiaeialtl'iMrôdtw formes de Tart
aRiBtiipte'içil^)Étrilrieiiau)'ieomia8roë .desKenàuéens occidântauiv>c'>€»tHàhf(];ireide&Gantha^m^ tui* siè-
(deii^pi1it*eiliidànsi ià» partie touest âe laMédiftéraimée^riiéritàgpjdeBiiBia;\figBtîoaa)de)1?yj), JOeiirLiauiéiônne fflébrepete, et dililfe>l(i»l)i«latk)qai'àfeliyes^a!V»fi Llialiff simt attestées par tantudej^neiftlvBS:] Jei£a*aiia;b(Hxin|e'hii à liai^tTKte influence dostaoqairohandà teasthiigliiftols^t^didnrjer.necfHïjnlàis çans hési* tafiIââ:!^IqlQkrtatiûn1â (kins>lte>'>âonipt;i^ettx zùobiliér, bijoux, vdâef)-tà'trg&isfe/et'd]élûGftx}iuïi^»'i¥Oiresy de certaines tombes i&)Ç0iTé\%tiàù J^énejste ;^majb9k|^e^rQiâ)également qu'il faut fsâtaiiei «metei^get pari-autpinezmer. commerce des Hellènes ail^i^iil'italiev jà'»4'mtin|>d»€U<lrn!de$hptt>dui^ de: Tindustrie gi!é^ia8iM3(pii6dfi)lfhlsnev!<<iiii «lol% ne; différaient en rien di^^eiiiti^ixksfêi ilelin ! Btyte? ; idesi f^rieaUons proprement a«i^tiqufi8{iL*]iififlueùi}ôigiretique:8(ur laeîviUdation étrusque (lè^/^s^i4ébuts,;^i(ii|^)ajBi:èieQièeittetBti^ levnr^ sièele, est ptflwée par desjfi|it»»/rfléci*$abtes>j iCe nlesti.pas: des Phéni- (iaiftsi^lQpM^ dcss'GrBÇ^ q«ieJted£itTOsqa)esioa<t appris h écrire, Qm^mnté•iiB^Jé)^fue]]tt$d€i teir^alpbabetrqui commence à sâ(««>r*iei^pf ^(risémenjt à^ t;eUr«i lépoque.- . . . .iBemiJîS^iî 4)biet<ShJ-waaiifeôtpment^fropDrlé»4e rextérieiiri ^fe^fftbïtoiti0ijiM«îm4ate^.i(piij^^^^ dans lei
délèbtfe tooipriu» ;)dei;4a/Boltedr«ra*ià Vulci, il est un petit ya»p]deJtmr^?ii^li4ï»,v.<HauiiveM.<le,|)rei^^ en .couleurs (gJ*«»«fiôfea<>i3k»iîi*«SflMr4M54a terçe;(dpntile. style parait au I8»TOei?nO(»«Kii8ï(»il «Jî)ôDju«(?nfc<,égyjp^tîdn ou phénicien. Mfti|f(^i,l)Oil>i^aroinQ>|iy.ftq^^lusd'^|i(^njU^ pmtur^s, on ^SPf«f>iJa[i«^»e8pnfe48»iteftfe épi.$^>^s; principaux d'une faWftifirawaeat g^^^uje;qu^llô^ Retracent, le combat de TbéséP,?ao^Wtee>J§ Mi»Pt*urei.fiK)q.4épart de Crète avec Km^%êt to^daiise)de$j($anesAtbéniena délivrés dansTîle
S66 lA GRAN0E*Gllâ<2B
de Naso«. Eût revanant de la 'Orande*0rèce, Je me suis ftr^ rèté à Gervetri, raneienne Cœré, et j*ai pu y acquériir, pour >le Musée du Louvre, deux graûds vases du style le plus «rrchaïqûe , rémontant évidemment au vu* siècle ou au comteeocément du vi^, et déccfrée de peintures en blanc et en JaUne *ur le fond rouge de la terre* Sur l'un de ces v^sed on voit d'un côté tin homme dans un char, qu'mn hùu attaque par derrière ; e'est Timitatloîi <Urecte d*uDede eés scènes de chasse qui sont si habituellement reprôis«itéeâ dafts leie oeuvres de Tart assyrien ; on en volt de semblahleis;^ Irailées esËtctement dans le môme style, surleapotèrieâ petites' contemporaines de l'Ile de Gypre, qui depuis la .fin* du. vin* siècle était sou« la domination des rois d'Assyriei'.De Fautre côté du mêmef vase est peint un combat naval; entpe un vaisseau à l'avant tertalné en chénisquô; que montent des hoplicpies grecs, et un autre vaissëau,<du; typeié plus éti»ange,';qûi imite la forme d'un énorme' poisson et sûr lequelies combattants sont des archers. Les monnaies anciennes de certaines villes de la Carw'îBOUS offrent riroage' de la proue de navires pareils à ce deniier* L'épisode qu*a retracé le peintre cwamiste est donc un de ces conflits entre Grecs et Garlens, qui ser produisaient/ si' fréquemment alors dans la mer Egée. Le second Vase nous montre d'un côté deux lions a^ontés aux deux Gètés d'un autel,peintare dont l'ei^téoUtion'seinble tout à fait asiatique; l'autre eet ooctapé par deuî^ compositions figurait deux riiythes grecs dans Un style plutôt gréco^asiatique qlU'ei proprement asiatique-, la naissance d^Athènè et la cha^e du san^er de Qalydon. Le mèttîè vase porte une inscription étrusque^ l'une des plus anciennes qui soient connues/ Voilà donc des produite positifs des premières manufectures de céramique peinte de l^ÉtrUriei, et c'est d'af^rèsdes modèles grecs ou gréco-asiatiques que les formes et les types de l'art oriental y ont été copiés, en même temps que des sujets dont la donnée était hellénique. '
SYBABIS ET THURrOl MT
L'biBtoira nouft mf^ntre d'ailleurs certaines xMb grecques tournant de bonne heure leurs navigations irers lataerdes Tyrrhéniens etr sWwçant d'établir avecleurpajf* des rela» tionscommeifdaieffTéguHèfes et suivies; yersletni*^ siècle, les Chalcidiens de TEùbéè, albrs à l'apogié^' d'une puissance qtù devait 'bientôt «'écroûlelr, orgunlscint des ex jïédU tiens de mairihemaroliande' vers les contrées deroocident et fondent cdmnle'eomptoirsdci cemmeruf^les deluxpre* mière<i vifles ^rec<|nes de l'Italie et de la '^oile, Naxos et Gumes. A Cumes^ls sont sUr le solde la fei^ile €aflipani^, Ca/mpanicèfblix cemihedisaieht les anciens, et pi^sepie ^ !a porté de rÉtt'ùri^V avec laquelle ils trafiquent aethrenietit de ce pointsana slex^osei*aux diffiraltès que 'la Jalousie dea Tyrrbénieqs-aiirfEient opposées à un établfsseÉientsurKeurstsô* tes mèmèa. Petl après, afin d'assurer tmë/siàtioa* à moitié route à leurs nsTires' et de lermfer la toute à'teute coneuh*enee/iM aei rendent* maîtres- did détroit de Messine en enlevant ^ndllè '{plus tard Messin^ aux 8ieufes et en bfctisiantilttiègion sur W côte opposée. Cumes -asifeure sd positions en sô^ «couvrant • des ' éCabtisseïriehtS' de Dioafiarchia l(PouzB«ates) ei.de' PaWipolis /fondue ensuite avec NéaJ)oli»
'OTijNaptea), ''Comme de postés avancée: "•
^Pobr "unë époque postéwwiVe d'un'sièclej Denys* d'Hall* carBasae/dansisels ':Ot^<^ùl^ JSofn^mèdrraconte que Démarate^'delafamiUe desBaccfliiaxtesy quiîéCait la plus fouissante à Ctifinthe,^ avait amassé de grandes^ ricbessea par le xsômmerce quiil Galsait avec les villes dea'^lYrrhéniens; les plus opulentes de ritalte; iQuant €y^éloft «'empara^de* ta tyrannie, ilfat-oblïgé de -quitter CopiHthcl H éînporta tout ce qull put de «es richesses,' se réfegia'à' Tarqainles,' furie des principales citéiS des ÉtnrSqaes- e* yiéjjoosa \ine femme appartenant à Ta pfes Haute aristofcratiedu payi. Son fils devint plus tard roi de Rome, sous le.nomde'Tarquin. Pline ajoufte que Démarale avait amené avec lui en Ètrurie deux artistes, qu'il nomme Eucheir et Eugramraos ; et dans un
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autFfii8ildroiMl ditque le'pëtaltï(etCiéld)>hdnte de Côrintlie dtYBAiOœsxmpBgQé oèete^qmigmttoA,^ à ItiqùëUe^TMte-ià'^tt'flHieià'iaihodaetifùl à& l^nlphG^bei gfèé-^cheit'lek Éfii3^(|ues. IL ai'<siJl!|uis«^.aevlaiari ctuie lopt' ^M tiâfnis''<^< i^ééit titre i^alité tHÂl{)9iQiiB<'.p0sltûie(; madâlesttYOUiçid'f'M^ àfehé^ogiqàë^ )ie pclrmotlqirtnaâaidfr'dèbte'aU'ftOjétûeTéXi&éehéè^ tGfa.«oHBAhimfà'Aigyllai'leîpopt/de€»i*é( EUé^^èst'éUèstée pîfmlë ^ndmi9.mt»e ae'Viaièesi{ièïhtë '4è^fàfbHéàtteh ëofrîntkitoBei:quô)r^n»iàittéQôuVei^iJâ4ri&ilà}^^ 1& iïéfci:ep©kli*çlce4le'dèï*ftJèréiVîM'è, et dôtlt "nôïî^ 'Lblivre pnspèûho lûnoj.si/mervelUéuisd ^^tie; gt*âce là 'l^dé(|tiriMtibiî( de las'HwItootfontCaoïqpîaiMv'-:' "••• '"'i^ ' ^ '^^ --•'■ ''î'-^'^î- '• "'' '"•■ •ifipqsilBrir QOliinilerceî avec IfBtrùrie, lés Ch'àïcîdlèn» ii'élaieàibcfmiy^iii^otmrtk^c'ijsi Ùrè(ië pi-opre, ftù 'vih^'àîêcïe, élml)U9iiiaow)^inguU0fe»iétit'riide<'et pfé^q1>'é TbfàVlfàte-i elle se remettait à peine du recul qui avait été pour elle lai conséqiiÉŒBBBîrie»yifi^à8iott ides Dorrenfe. Tôtt^ ïa *eù^ dé là cîviKsa*iiiiaifli«iié<rt(|ue/ialôVSi^bôl*é! ùoMûêef pâ^TlhHùënce oriBiU?leid»îï»ile»]C^sieâ»iha*ér1ellës,H,'dti:t'é Tactitité de la produfcléè^ â»dul9tTièltevi4iaî«nt'<;(^ îès cîtés
dBUa®toBB^'4ai) Javalieîi«^et< 'dètëi^irt ' ëhtfcM^ 'g^'rdel^cîuelqtre t^Qbpx'Tuieiat^aiïefe ebn^déi^abfe'SîiJi'rîé ^e^^îtè dé^lâ'+Wé grëcquf u LafGrè(»'étaittributd}<iB'dé<îéà'dlé^srëf!+é<;fe^it d'^Uéfe, 0UKiesiBliéJiicien«V'l6utî<(tef q«î exigeait ïiduï'*êti^ëtiHold\ii! tA trawtâU 'dni<pèvi' irdfâné, lôdit^ iÇllinellè^srlé ifiil^kJUaéibëfltl èïfe^ môqMBi; aaDBtqu'-dWsile «a^astett^fiifesbîatliifâ^tùrëi^d'ëï'ifeW-^ Mineiine^ deUaiSyrtô mi étii4assiôîdel^tiiyftMatfe;'iaïdf»é;eïi pleîni éfia*^ ^miMe jéphuAi^ë piârtfll' teâ Hell^teëi ' «tiirilithe seu^ ôlaidiieh hiesoi^>âei^i^y<âëi'iiaVê^'îeëivfll^^'ià'ti!iélin6s, etséimohtrâit dè84<M(rs>i«idô'Viile^dfe gt«À^é'k hébîlë Ih^ tria;iet'imisa^èto4làlFeidG ?5e^<iUVHlBi^s at!t'Vih^ te^« pskrdeifameot letittrei, ^PhMè'hQ^-i^lïéfà; biïVùti dr^ît qiieMfiyïlséicte ^oialtvété^câie&é ''dâ!ï&^A^e^afïcêV toaiir^tti avaâtiétô éxéiçutéiplus^aftè'ieftfiemeiiit,' Vëï»^ 740. ' ' ' ■ ^ ^ ' Le9^gra'ndtesvrne&d«l'Ktibée,'Chaieiî$ et Èrétrié, au temps
SYBAIUS KT TflUBlOI 269
de leur éctet> ^tajiep.t içn wlati<fna étiTaitâs avec rionfe! et rÉoU^^ aïoqtiaUea ^Um ^vaieirtiempi'uiité teajélémBiste fim-^ damqol^ux) clerle^ri sy^tèmecmoi^éUicôj fieïisotitièsriQai^
artiol^PTam^néi^id^ rûdUmeutrideirAiSie; qibetleacis'inptelOftB iran^porjliai|9Ut k (UimiSB qt eof Stmmi ; Il lesH mèpiiè iptteibte que c^ f|^ti&vii?4ef y^i^^^auxiQhfitlcjdiensriiXieUe&iiklirdidiids etleaïî;iarç^î?m4ip!e[s4^ CprtïrtU^.fissent wKTQyagiawiQaarflWy a . auQUïi . tq^fta pog j t if qui I pad^I ' d'expèdi liane i directes f dés n^vifjQSf corinthiens jusqiiL''a^KiCOiïQ«!de{la TjnDrbéialeaBli il est, r^rpa/tiiifalPile .^u-àspn origine ,l0:m^nnQj{age!étBÉ)sqaet, procède d'imitations des espèces euboiciYkesrêtiiiôlmiiifenes (le Bfi9S9V5^ #iiQQ^'aop^id^^inaanoaiesMdiîîiBopijlwliai^ exeiinple*i§i^t iWÇ^.WïH^ de:<î^uide5'»t«itèi»S)dIatJge0Jipd3BEéH trja), in^i(S;{q]i^ l^^^,p^^c;e^»dei.CQrintb^.i](*)ticaitifo«iaubaueuii
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'STÔ LA grânde^gbège
Mais c'était^îhose difficile et périlleuse, aux yhi*, vii« et ▼I' siècles avant rè?e chrétienne que de naviguer dfrectemettt id' Asie-Mineure jusqu'en- É*rurie. Sans doute on n'était (Jôjàpluô au'tetnps où les-dangersde Sèyllael def]harfbdJe, grossi* par- l^maglnationpôpulaire juàqtt'à devenir des fables^eommecellés quenotaâ lisoïis d!ân»1^0dyssée, feisàleni trembîeif' de téiveur les plu^ ititrëpidëi^ iriaiéMs. MaîS'la traversée U' en était pas moins lôngae, dangereuse •t auKieffS^is de ce qae pouvaient faire ïa^ plupart des navires de Tépoque, «eapables seulement d'un Êrabdtage touj0U¥(ï'ea vue des côtes, où Ton chereliait uii abri sitôt que léîtetfipiâ dëvenslît trop mauvais. Surtout' le coittmërce de ces âge» avait toutes lés^ allures de la piràtetié, à laquelle ne s'attrch^ît' atot^ aucun tféshorineur, bien 'au 'contraire; à'tiel' point'=que nous possédons dès traités » gravés sur brôiftië^t CQiicîus entre* deux villes grfedques pôurécumer lôë-weiJs A fràlsf cémimuns. La pratique et- même les prin- (Spes rectwitïus du drtrft maritime, étaient la barbarie pure. Oft admettait généï^alement comme chose légitimé, qu'une elté qul-s'était miàeèh possession^ du commerce de mer avee^'unpaj^s étranger eti exclût tous conctltrents, 'et que, 6i «esi vaisséault i»encontHileiit sur leur route tmx d'une Autre* cité • ou d*une* autî*e ' î*i:àlion, enti^éilrénant la même iMivigation, ils teut" èfotfrUssèTit sus et' lêS boulassent sans merci* Si les -ClhaMdiëns s'étaient saiâisjde^^deux rives du détroit de Messine, c^étaît pour en fermer le passage à tout 'aîtjftrè' qu'eux, et ceux à qui'ils y intèi*ceptaieht le route ne pouvaient songer doubler la Sicile pai*' le'sud, ear ils y auraient rencontré les mêmes dangers de la part des Carthaginois 'établis à Mélitê (Malte); Gaulbs (le Go2zo)et €ossyra (Panleliaria). Aussi est-ce seulement vers le milieu du vi*^ siècle que nous voyons d'autres Grecs que les Ghalddiens se mettre k fréquenter la portion occidentale de la Méditeitafiée, au d^là de la Sicile. Ce sont les Phocéens, jffttii iMXk peu avant la ruine de leur ville par les Perseis,
SVBARIS £T THURlOt i7l
fondent en quelques années Hyélèou Yélia, swlçicôte ouest de rCEnotrie, Piea h rembouchure.de VArnua» AlaUa dans Tile de Gyrnê (la Corse), Massali^ chpzl^s.Mguf^sdu midi de la Gaule, et qqi vont jusqu'à Tartease« à V,^if,\r4m\lé méridionale (Je VBppagne, où la roi ArganthôniQSitjheu^aux de voirsurgir des eonc.urrentsaux Gartli>ag/ftoia, le$ acoueilte favorablement* S'ils réussissent Siiibeureusi^ment dstna ces expéd 'tiens, c'est qu'ils ^pnt favQrisé^ p^r la biWTeiUance des anciennes colonies c];i4lcidiennes.y jdont Talli^^ce intime avec eux est attestéepar L'agite qu'elles, dpm^^^ aux lugitifs de Phocée, jusqu'à ce qu'il saient trouvé d'autreiç deçaeu«^> après la prise de leur ville par les généraux dQGy,çus.;£a effet, à l'époque où les Phocéens se .mirent à, fréquenter les routes de l'ouest, les colonies de Ghalcis avujeiit» cessé 4'étr.e soutenues parleur jnétropole^désormaip déqhue.d^.sa première splendeur. L'fiubée était tombée ^QW 4^ domiiiÀ^tUQA d'Attiènes, qui n'était pas enjcorei.iefl.iaeisur^ id^ prendre l'héritage maritime des Chs^lcidieins* Ziàndè^, Rh?gî^A et surtout Cumes se troi^vaiei^t ainsi dan^ i^in i^oleqieiiit qui au-^ rait pu leur devenir funestQ^si d'autres. Grecs, n'étaient pas venus fréquenter leur^ ports, les . appuyer et jpaintenir leurs, relations ave&}e reste de. la race haUài^iqua« Kt parmi les concurrents qui se présentaient pour oe pôle frwîtueux, ils donnèrent la préférence èides loaieosi àt cause, 4â, la parenté de sang. Mais cette parenté n'auwit. pas servi aux Phocéens» si Ghalcis etÉrétrie avaient étéencppe pi^is3antes et çap^ble^ àfi suffire par elles-^mêmes au commerça fvec leurs colonies. .......
Encore n'était-ce là ,que le premier de^ obstacles que rencontraient les tentatives de navigation directe ju3qu'au littéral tyrrhénien. Si les Chalcidiens veillaient avec.ua soiîi jaloux à écarter 1^ concurreace des autres Hellènes dans cette carrière» pour eux-mêmes. les expéditions jusqu'à leur colonie da Gumes étaient «xtrèmemdnt périlleuses; c'étaient de vraies coursea 4d blookade-runaeï*»^ <{tti étaient obli^
gées de revêflr un caractère presque aussi guerrier que commercial. Le vaisseau qui dépassait le détroit de Messine, pour traverser la mer des Tyrrhéniens, devait être prêt à combattre au besoin pour sa sécurité, et n'était rien moins que sûr de pouvoir atteindre son but ou en revenir. Nonseulement il y rencontrait les Carthaginois, ces ennemis nés des Hellènes, mais les Tyrrhéniens eux-mêmes, qui possédaient une nombreuse marine et comme pirates s'étaient fait un nom justement redouté. Carthaginois et Étrusques prétendaient au monopole exclusif des mers situées à TOccident de la Sicile. Ils avaient souvent des querelles entre eux, surtout pour la possession de la Sardaigne et de la Corse, à laquelle ils aspiraient également. Mais quand il s'agissait des Grecs, de leur interdire l'accès de la mer Tyrrhénienne ou de les en expulser, l'intérêt commun les conduisait immédiatement à unir leurs efforts. Les colons hellènes des Iles Éoliennes, eurent fréquemment à repousser leurs attaques. C'est à leur coalition que se heurtèrent les Phocéens quand ils poussèrent dans l'ouest et surtout quand ils voulurent aller s'y établir en fuyant la domination perse. En K40, la flotte combinée des Carthaginois et des Étrusques battit les Phocéens devant Alalia, leur coula 40 vaisseaux sur 60 et détruisit ensuite la ville, dont elle contraignit les habitants à se retirer à Vélia. Pisa, enlevée aux Hellènes, devint une ville tout Étrusque. C'est à l'alliance des Ligures que Massalie dut d'échapper au même sort, et bientôt elle fut assez forte pour faire reconnaître sa domination sur le golfe du Lion. D'ailleurs les Tyrrhéniens n'avaient pas d'intérêt à aller les y chercher ; sur ce point, ils les laissaient aux prises avec les Carthaginois, sans se mêler dans le débat. Mais ce qui était pour eux un objectif capital, c'était la ruine de Cumes et des villes grecques qui l'entouraient. Ils la poursuivirent avec acharnement. En 474 les deux peuples unis attaquaient la vieille cité chalcidienne par terre et par mer, et étaient au moment de la
SYBARIS ET THURIOI 273
faire succomber^ quand Hiéron vint à son,secour§ avec la flotïéVsyrsfcùsaîne et !peniport^^^ ï^ècïàtante yîcitoirè navale
qui, mentô t. suivie ae l ocçUpatiOii du porl de Pyrgoi sur la Lrusgue.,oûtrit dennilivemenf alousJes Grecs ^nienne et I accès maritime ae FEtrurie.. Et âpre^ ces succès, il fallut lTdi:> ud^nls de siecTe pour achever d anéantir la piraterie ctrui^que. Aiji milieu du y*^iede, iSo'pRQcle qàiijs sa J^rV/r qa.i] i fiait encore 'bcyîlàiie fyrrhénienne^ J30ur la depemliv coinrpe une bn^euse de navu'es. Q est seulement apre:^ le i.lesastre de 1 expodilion des Athemens en Sicile, a laquolli les Llrustmes avaient prête, lebr concours en naine de Syracuse, que rascendaal, désormais pour quelqiLes temps .sansnvaL de la ïna^ne syracusaine, les ïlt^ renjoncer a ,ia ^navigatiori, comme itLarcliaDds. et comme riinnsfiers-,, , , . . , «,
Revenpos auxMiIesi^Tis "û Y|fi* çldjUTjii^ siede. Ils avaient fautant i^ejjrudGnco'^^ 'fierfejit^dçn^^
1er i3n Italie el iie commencer directement avec lès Éirugquès^ sajis éveiller leur jalousie sur îe çliupitre du nirmopole Ide la merTyrrIjemeûne. sans se lancer dansiez risques de lanavigatî(5ii de cette mer. La Fondation de Çy Dans leur en fournit rbccasion,' ei cleleur cô^^^^ Sybarites comprirent admirablemeattoui le paru au ils pouvaient Urer de la situation exti^puonaellement favorable, ou lïs avaient etablileuf vllie. * '^rtWsaït'rincroj^^ j^ii^Jiesse commerciale que Cqrintïie diita^sâi^ poli lion sur uiie isthme entre deux mersVàuï lui permettait de recevoir à laToiSj daiijs ses deux ports, les ,vâi8Seau:s venant de I Qrient elc^u^ <Je rOçcident,
'et "de réexpédier, au 'moyen â'un sîm|)ïiB^'ir^^ les marcïiandises arrivées d'une dîrectioa daî*^ l'autre di- ^réciiidn^^d/traush llsthmeépargnai^èsl^ntéurâ elles 'aangers de la cîrciimnavii^ition du'fèlopjjrihèsé/ïe^^ et n&ques qui étaient toujours grands avec une manne .ds^hs des coùditmiisejacore très imparfaites
274 LA GRAKDB-GRÈGB
paraissent avoir apprécié les premiers la valeur de la situation de Corinthe. Ils y eurent certainement un des plus anciens comptoirs qu*ils aient établis dans les contrées helléniques ; c'est ce qu'atteste l'implantation dans cette ville du culte de Melqarth tyrien, transformé, sous le nom de Mélicerte, en un dieu des mers, comme le devenaient toujours dans les pays étrangers les divinités des navigateurs de Kena'an. Plus tard ce furent les Corinthiens eux-mêmes, affranchis de leur tutelle, qui exploitèrent cette situation si propice, et pendant de longs siècles jusqu'à la ruine de leur ville par Mummius, ils furent les grands entrepositaires du trafic entre la mer Egée et la mer Ionienne.
Par leur double alliance, ^d'un côté avec les Milésiens, de l'autre avec les Étrusques, les Sybarites s'assurèrent, dans le commerce de TAsie-Mineure avec TÉtrurie, un rôle pareil d' entrepositaires et d'entrepreneurs du transit entre la mer Ionienne et la mer Tyrrhénienne ; et c'est à cela qu'ils durent leur prodigieuse et prompte richesse. Le point qu'ils avaient choisi pour leur établissement, avec une remarquable sûreté de coup d'œil, présente un étranglement très marqué dans le prolongement méridional de la péninsule italienne, presque un isthme resserré entre le golfe de Tarente et l'extrémité est de celui de Policastro ; en même temps, dans cet étranglement, un col de facile accès, celui du Campo Tenese, offrait un excellent passage pour traverser les montagnes qui séparent les bassins des deux mers. £n deux journées, en chariot ou bien à dos de bètes de somme, un ballot de marchandises, débarqué au port de Sybaris sur la mer Ionienne, était rendu au port de Laos sur la mer Tyrrhénienne. C'était une économie considérable de temps et de risques sur le passage par le détroit de Messine. Le rivage auprès de Sybaris, entre l'embouchure des deux fleuves, se creusait pour former une petite baie que les alluvions ont comblée depuis l'antiquité, mais dont
SYBARIS et THtJRlOI 215'
on peut encore retrouver en partie l'ancien dessin suf lo sol actuel. Il y avait ainsi, non pas un port naturel, chose qui ne se rencontrait sur aucunpoint du littoral depuis Tarente jusqu*à Messine, mais une bonne rade, abritée contre les vents de nord et de sud, et dont les écrivains anciens van-» tent la sûreté. C'en était assez pour offrir un lieu de débarquement favorable aux bâtiments venant de Grèce ou d*Ionie, surtout s'ils avaient soin de choisir pour leiu* voyage la saison d'été. Sur l'autre mer, l'embouchure du fleuve Laos, dont les Sybarites s'étaient empressés de se saisir presque aussitôt après la fondation de leur ville, offrait un mouillage très satisfant aux bâtiments qui s'y rendaient de la Campanie ou de la Tyrrhénie.
Dans ces conditions, Sybaris n'avait besoin d'avoir par elle-même ni industrie ni marine, pour tirer d'immenses profits du commerce singulièrement actif que sa situation géographique appelait à elle seule-^Les Milésiens abordaient au port du golfe de Tarente et y déposaient leurs marchandises ; les Étrusques faisaient de même à l'autre port. Les Sybarites se chargeaient du transit par terre d*un rivage à l'autre, et leur cité était à la fois l'entrepôt où se concentraient les marchandises de Tlonie et de TÉtrurie, et le marché où s'en opérait l'échange. De cette façon le trafic acquérait une sécurité qu'il n'aurait pas eue autrement; il était mis à l'abri des dangers de la piraterie. Hellènes et Tyrrhéniens, chacun restait sur son domaine ; aucune des deux parties n'empiétait sur la mer dont l'autre se réservait la possession exclusive. Entre ces deux domaines jalousement gardés, Hellènes et Tyrrhéniens se rencontraient sur un terrain neutre et intermédiaire, où ils trafiquaient. Sybaris était comme]la foire permanente ouverte à leurs opérations. On nous parle des exemptions de droits que les Sybarites accordaient à l'importation des marchandises lés plus recherchées de l' Asie-Mineure et de la Tyrrhénie. C'est mal comprendre les choses que de voir là, comme on le
fait vulgairement, une simple marque de leur amour pour le luxe. Il faut y chercher une pensée plus intelligente et un habile calcul, celui d'attirer sur leur territoire tout le mouvement commercial de ces contrées, en en faisant un vaste port franc.
Aux causes que nous venons d'indiquer pour la rapide et prodigieuse fortune de Sybaris, et dont la recherche nous a conduit à jeter un coup d'œil général sur le commerce entre TOrient et FOccident de la Méditérannée, du vm* au VI* siècle, il faut joindre l'importance et le développement de l'empire territorial que cette ville avait su se créer.
La colonisation hellénique du vin* et du vu° siècle, dans l'Italie méridionale, eut un caractère particulier que nous ne retrouvons que dans celle de la Cyrénaïque. En général, les Grecs, en implantant leurs colonies le long des côtes des pays barbares, parvenaient à y établir seulement des villes qui n'avaient pour territoire qu'une étroite banlieue. Le pays restait aux indigènes, que les Grecs ne cherchaient même pas à soumettre. Leurs villes étaient de grands comptoirs commerciaux, des factoreries bien plus que des colonies à proprement parler, dans le sens où nous entendons ce terme. Ils ne tentaient guère la colonisation complète que dans des îles ou dans des péninsules restreintes, et dont l'accès du côté du continent était facile à f|)rmer, comme la Chersouèse de Thace ou celle de la Chalcidique, sur la côte thraco-macédonienne. C'est qu'en effet la mer était la véritable patrie des Hellènes ; ils ; ne se sentaient réellement forts qu'en y touchant, qu'en la prenant pour base ; et ils n'osaient pas se risquer loin d'elle, dans l'aven-
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ture de conquêtes continentales étendues. Plusieurs siècles devaient s'écouler encore avant que Thellénisme conçût même la pensée d'une entreprise comme celle d'Alexandre. La fondation des villes du littoral italien de la mer Ionienne fut, au contraire, partout accompagnée ou bientôt suivie de la création d'un établissement territorial considérable. Non-seulement Sybaris et Tarente se taillèrent au milieu des populations indigènes de la Péninsule, en les soumettant à leurs lois, de véritables empires; mais Crotone et Locres firent de même, bien que sur une échelle un peu moins étendue. Chacune de ces cités, après avoir, au moyen de nouvelles colonies sorties de son propre sein, ou en acceptant les obligations de métropole à l'égard d'établissements grecs d'origine indépendante mais trop faibles pour se soutenir dans une pleine autonomie, assuré sa domination sur une étendue considérable de la côte où ellî était assise — Sybaris du Bradanosau Traeis, Crotone du Traeis au Caicinos, Locres de la Sagra à l'Alex — chacune de ces cités, subjuguant devant elle les habitants des montagnes de l'intérieur, poussa ensuite ses possessions territoriales jusqu'à la mer Tyrrhénienne, dont elle garnit le littoral d'une nouvelle succession de villes purement helléniques. L'obéissance des indigènes fut ainsi garantie par la façon dont ils étaient enserrés entre deux chaînes d'établissements grecs , dont l'office était le même que celui des colonies militaires que plus tard Romefonda, en imitation de ce qu'avait fait les Grecs de l'Italie méridionale, dans toutes les contrées dont elle faisait la conquête. Le système se complétait par la construction de quelques autres villes grecques dans des positions strate, giques bien choisies de l'intérieur des terres, au milieu des indigènes, telle que fut Pandosia. C'est cette soumission aux cités helléniques de vastes étendues de pays où les indigènes reconnaisaaient leurs lois, cette formation de vrais em^^ires dépendant de cbçicune d'elles, qui valut de très
bonne heure à Fltôlie méridionale l'appellation de Grande- Grèce, part rapport à la Grèce propre, appellation dont autrement Torigine serait inexplicable et qui n'aurait pas de sens raisonnable.
Cette appellation montre, du reste, combien les populations indigènes, soumises aux Grecs, s'étaient complètement et vite hellénisées. De mœurs et de langue, elles s'étaient faites presque absolument grecques. Ceci semble indiquer chez elles une prédisposition toute particulière à s'assimiler aux Hellènes qui venaient s'établir sur leurs côtes, en subissant l'influence de la supériorité de civilisation de ces nouveaux dominateurs. Ajoutons que la sujé< tion des indigènes à la suprématie des colons grecs parait s'être produit presque sans lutte, au moins dans toute la contrée où s^établirent les Achéens. Les historiens classiques sont, remplis de récils sur les luttes des cités helléniques de l'Italie méridionale entre elles dès le yif siècle, sur les conflits sanglants amenés par la concurrence de leurs ambitions et le désir d'agrandissement qui finissait par les faire se heurter sur les frontières de leurs territoires ; mais aucune tradition ne parle de conflits sérieux entre elles et les habitants qui occupaient antérieurement le pays. Pour Sybaris et Crotone, en particulier, l'histoire est muette au sujet de guerres qu'elles auraient eu à soutenir contre les indigènes à l'époque de leur fondation, et pendant les premiers siècles qui suivirent, tandis qu'elle s'étend sur les luttes acharnées de Tarente avec les Salentins et les Messapiens et qu'elle mentionne même les conflits beaucoup moii*s graves de Locres et de Rhêgion avec les Sicules des montagnes de leur voisinage
Il est évident qu'il faut ici tenir compte de la nature particulière et de l'origine des populations que les Achéens de la Grande-Grèce eurent la bonne fortune de rencontrer devant eux. C'étaient les Œnotriens, que tout montre comme ayant été un peuple singulièrement doux, pacifique, étran-
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ger aux choses de la guerre et incapable d'une sérieuse dé* fense. Ils étaient en outre des Pélasges, c'est-à-dire avaient une étroite afânitéderaceavecles Hellènes, affinité qui avait déjà produit dans certaines parties de la Grèce, comme TAttique et TArcadie, une fusion complète entre les deux éléments pélasgique et hellénique. Ils prétendaient euxmêmes être venusduPeloponnèse^etparconséquentils de*^ vaient être disposés avoir, dans les colons quien arrivaient, de proches parents, presque des frères, qui leur apportaient une culture plus avancée que celle qu'ils avaient due anté* rieurementà la domination des Sicules. Toutes ces causes réunies firent qu'ils se soumirent de bonne grâce, et pour ainsi dire spontanément, à la suprématie des villes helléniques établies sur leur littoral. C'est presque sans efforts et par un mouvement naturel que celles-ci devinrent en peu de temps les capitalesfde véritables empires territoriaux. Les tribus cenotriennes reconnaissaient dans les Grecs des protecteurs et des civilisateurs, dont elles se faisaient volontiers les clients, s'aggrégeant à leurs cités par le liea d'une sorte de confédération, dont eUes leur remettaient la présidence et la direction. Leur situation envers 'des villes comme Crotone ou Sybaris était environ celle des fédérés de Rome.
Des dominations territoriales que les colonies helléniques s'assurèrent ainsi chez les Œnotriens, dans le cours du vu» siècle, de beaucoup la plus étendue fut celle de Sybaris. Quatre nations et vingt-cinq villes indigènes, nous dit-on, reconnaissaient son autorité suprême. 11 est facile de déterminer rétendue de cet empire par les villes purement grecques que Sybaris avait établies le long de ses côtes sur Tune et l'autre mer, qui la reconnaissaient pour leur métropole et acceptaient son hégémonie tout en jouissant, dans leur gouvernement intérieur, d'une automonie complète, allant jusqu'à la plénitude du droit monétaire. Sur le golfe de Tarente, la domination sybarite se prolongeait de l'em-
bouchure du Traeis, au sud, à celle du Bradanos, au nord, assurée par les villes de Sybaris môme, Lagaria, Siris et Métaponte; sur la mer Tyrrhénienne elle allait de l'embouchure du Sabbatos, le Savuto d'aujourd'hui, à celle du Silaros, jalonnant le littoral du sud au nord, par les établissements grecs plus ou moins importants de Lampéteia (San- Lucido), le Port Parthénios (Cetraro) , CerÛloi (Cirella Vecchia), Laos (aux embouchures du Laino), Scidros (Sapri), Sciônê (Scalea), Maratheia (Maratea), Pyxus (Policastro), Palinuros (Porto di Palinuro) et Poseidonia. Sa frontière méridionale devait laisser en dehors le massif de la Sila, qui dépendait plutôt de Crotone, mais elle parait avoir embrassé toute la haute vallée du Crathis, jusqu'au delà de Consentia (Cosenza). La ligne de la frontière qui séparait au nord, entre le Silaros et le Bradanos, le territoire des Œnotriens, dépendant de Sybaris, de ceux des Peucétiens et desDauniens, pleinement indépendants, demeure inconnue. On voit par ces indications que la portion de l'Œnotrie soumise à l'autorité des Sybarites comprenait la presque totalité des deux provinces actuelles de Basilicate et de Calabre Citérieure, embrassant tout ce qui fut plus tard la Lucanie. Quand les Phocéens vinrent fonder un établissement à Velia, entre Palinuros et Poseidonia, vers le milieu du VI* siècle, les Achéens dépendant de l'hégémonie de Sybaris, virent dans ce fait une usurpation sur leur territoire et firent à la nouvelle colonie une guerre acharnée, que les Poseidoniates continuèrent encore après la ruine de leur métropole. Et l'on est en droit de penser que c'est la chute de Sybaris qui permit à Velia de se maintenir, en surmontant cette résistance.
Ainsi s'expliquent les armées de 300,000 hommes que l'on voit rassembler par Sybaris à certains moments de sa courte histoire. Quand on réfléchit à l'étendue territoriale de la domination de cette ville, elles cessent de paraître fabuleuses. Sybaris et les autres villes grecques dépendant
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de son autorité n*en pouvaient fournir, malgré le grand nombre de leurs citoyens, qu*une faible partie. Mais elle parvenait à réunir ces foules armées, qui rappelaient celles que traînaient avec eux les potentats asiatiques, au moyen des levées confuses que lui fournissaient ses vassaux à demi barbares.
Quant à Tespace de temps dans lequel Sybaris se forma cet empire, nous avons un élément positif pour sa détermination dans rbistolrede rétablissement deMétaponte. Ainsi que nous l'avons déjà dit, c'est environ 75 ans après avoir été fondée que la citée achéenne put envoyer Leucippos bâtir sa ville auprès des bouches du Bradanos, et qu'après la guerre qui s'ensuivit avec Tarente, ce fleuve fut, par un traité solennel, adopté comme frontière entre l'Œnotrie et la Japygie, que chacune des deux cités rivales revendiquait comme son domaine propre.
Pour avoir, en cent ans, accompli les vastes travaux d'assainissement qui permirent à une population, exceptionnellement nombreuse, de vivre sans être décimée par la fièvre sur le terrain bas et marécageux qui servait d'assiette à la ville; créé les routes à travers les montagnes qui permettaient le transbordement des marchandises d'une mer à l'autre; fondé tant de colonies florissantes; étendu la domination de leur cité sur une aussi vaste superficie de territoire; fait de cette cité le. centre et l'entrepôt d'un immense commerce ; pour avoir réalisé d'aussi grandes choses en si peu de temps, il faut que les Sybarites n'aient pas été toujours le peuple perdu de mollesse, efféminé, sans vigueur, dont leur nom suffit à éveiller l'idée. Dans le premier siècle de son existence, Sybaris eut son âge bérol-
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que, sa période d'énergie et d'activité. Mais elle n'eut pas toutes les vertus suffisantes pour supporter tant de prospérité. C'est le développement trop grand, et surtout trop rapide, de sa richesse et de sa puissance qui la perdit, en la faisant tomber dans les dernier excès du luxe, de Tamol* llssement et de la corruption des mœurs.
Nous avons un fait formel pour dater l'époque où Sybaris en était déjà venue à ce point de luxe et de mollesse qui a fait de < la vie de Sybaris > une expression proverbiale. C'est Fbistoire du mariage delà fille de Cleistbénês, tyran de Sicyone, vers 584 avant Tère chrétienne, telle qu'elle nous est racontée par Hérodote. Cleisthénès, désirant avoir un gendre digne de sa puissance et de sa richesse, fit proclamer par le héraut, à la célébration desjeuxdela 50« Olympiade, qu'il invitait tous les jeunes gens les plus riches et les plus nobles de la Grèce à se présenter à Sicyone comme prétendants à la main de sa fille Agaristè ; au bout d'un an d'épreuve des différents candidats il devait faire son choix. L'alliance du tyran de Sicyone paraissant extrêmement désirable, il vint des prétendants de toutes les parties de la Grèce pour répondre à cet appel. Ce furent Smindyridês, fils d'Hippocratès, de Sybaris, etDamasos, fils d'Amyris, de Siris, en fait des Grecs d'Italie; de la Grèce propre l'Étolien Malés, Leocédès d'Argos, descendant du célèbre tyran Pheidon, les Arcadiens Amiantes et Azén, les Athéniens Mégaclès, filsd'Alcméon, et Hippocleidès, fils deTisandros, enfin Lysanias d'Erétrie!; de laThessalies Diactoridês de Crannon ; de TÉpire, Alconle Molosse ; et de la côte d'illyrie, Amphimnestos"d'Épidamne. Après l'année d'épreuves, Cleisthénès choisit comme le meilleur de ces douzecandidats, Mégaclés et lemariaàAgaristê; c'est de cette union que sortit la famille des Alcméonides, qui devait un jour donner Périclès à Athènes. Le premier écarté avait été le Sybarite Smindyridès, qui avait, nous dit Hérodote, soulevé tout de suite un mépris universel par l'effémination
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de ses mœurs, le train asiatique de sa maison et Tinsolence de son faste. L'historien ne parle pourtant pas de cette suite de mille cuisiniers et engraisseurs de volailles, que plus tard Athénée prête à Smindyridès arrivant à Sicyone, et qui paraît quelque peu exagérée.
Ce qui est certain, c'est que les Sybarites usaient de leur richesse pour entretenir un luxe inouï, bien plus conforme aux habitudes de TAsie qu'à celles de la Grèce. Il n'y avait pas, raconte-t-on, chez eux de bonne maison qui n'eût ses nains et ses petits chiens de Mélitê, achetés à grands frais. L'usage de Sybaris était de faire porter aux enfants Jusqu'à l'âge de puberté, des robes de pourpre et un riche bandeau d'or dans les cheveux. Les citoyens de la ville n'admettaient pas qu'un homme comme il faut pût porter autre chose que ces étoffes de Milet en laine exceptionnellement fine, couvertes de somptueuses broderies, qui passaient alors, dans tout le bassin de la Méditerranée comme le dernier mot du luxe en ce qui touche au vêtement. On nous a conservé la description de la merveille du genre, de ce péplos brodé que le Sybarite Alcisthène avait fait exécuter sur commande par les plus fameux métiers de TAsie-Mineure, et dont il se montra un jour paré à la grande procession solennelle du temple de Héra Lacinia, près de Crotone. C'était une longue pièce d'étoffe dont les broderies étaient disposées en trois zones : en haut les animaux sacrés des Susiens, en bas ceux des Perses, et dans la bande intermédiaire, la plus haute des trois, une série de divinités, Zeus, Thémis, Athènê, Aphrodite et Hêra, placées entre les deux figures d' Alcisthène lui-même et du fleuve Sybaris, sans doute sous les traits d'un homme à tête de taureau (1), qui occupaient les deux extrémités. Un siècle et demi plus tard, Denys de Syracuse, ayant trouvé ce célèbre vêtement dans
(1) C'est le mode de représentation du fleuve Âctiélôos sur une célèbre monnaie contemporaine deMétaponte.
le butin de la prise de Crotone, où on le conservait , le vendit aux Carthaginois pour 120 talents, c'est-à-dire, en poids seulement, 691,999 francs s'il s'agit de talents attiques, en usage à Syracuse, 1,216,000 francs s'il s'agit de talents (Carthaginois, et comme valeur réelle environ 2 millions 767, 996 francs dans le premier cas, 4 millions 432,000 francs dans le second. La description du péplos d'Alcisthène de Sybaris a une importance capitale en archéologie. M. de Longpérier a montré avec quel degré d'exactitude elle correspondait au système de décoration des vases peints dits de style oriental ou asiatico-lydieny qui ont été fabriqués dans toutes les parties du monde grec au vu* et au VI* siècle, et qui offrent des zones superposées d animaux et de figures, sur un fond'semé de fleurs et de rosaces. Ce sont les étoffes brodées de la Lydie et de Milet que les peintres céramistes y ont pris pour modèles et dont ils y ont copié l'ornementation.
Les banquets publics, qui suivaient les sacrifices et qui avaient été originairement destinés à en consommer les viandes, faisaient chez tous les Grecs partie intégrante du culte, et en général oii s'étudiait à y donner une grande magnificence. Les Sybarites y portèrent une recherche inconnue ailleurs et en firent un des actes capitaux de la vie de leur cité. Pour y mettre plus de solennité, ils avaient pris l'habitude d'en faire les invitations un an à l'avance, usage que Verres reprit à Syracuse pendant son gouvernement de Sicile et dont Cicéron lui fait un grand grief. Les Sybarites allèrent même jusqu'à décerner par un vote public, à ceux qui avaient déployé le plus de faste dans les banquets donnés à leurs frais, des couronnes d'or, récompense réservée d'ordinaire aux actions d'éclat ou aux bienfaits éminents envers les cités. Us firent encore plus, et, chose pour laquelle les écrivains anciens n'ont pas assez de sarcasme et de mépris, ils accordèrent les honneurs de la couronne d'or aux cuisiniers qui avaient fait preuve des
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plus remarquables talents dans ces occasions solennelles. Sybaris avait aussi inventé en faveur des cuisiniers le systèçae des brevets d'invention. Celui qui avait créé un plat nouveau jouissait, prétend-on, pendant un an du privilé<:;e de Texploiter seul. Parmi les mets les plus raffinés de la cuisine grecque, entre autres parmi les manières d'accommoder le poisson, que les Hellènes regardaient comme le manger le plus délicat, il y en avait un bon nombre dont on attribuait l'invention aux Sybarites. Par exemple, ils passaient pour avoir imaginé les premiers ce condiment si recherché qu'on appelait garon, et qu'on faisait avec des laitances de maquereau confites à la saumure, puis délayées dans du vin doux et de Thuile ; cela devait ressembler quelque peu à Yanchovy's sauce, si appréciée des Anglais. Maisle poisson que les Sybarites prisaient avant tout était l'anguille. On raconte qu'ils avaient accordé exemption d'impôts à ceux qui s'adonnaient à l'élève des anguilles, comme aux chasseurs de profession qui approvisionnaient de gibier le marché de la ville.
Gourmets déterminés, les Sybarites étaient aussi de grands buveurs. Ils furent, dit-on, les premiers des Grecs à manger de la graine de chou tout en buvant après le repas, ce que Ton regardait comme retardant les effets de l'ivresse. Comme ils n'aimaient pas à se gêner, on dit encore qu'ils furent les premiers a tenir des pots de chambre dans les salles de festin, sous les lits où se couchaient les convives, usage dont l'adoption générale chez les Hellènes est attesté par de nombreuses peintures de vases.
Ce qui était plus grave, ce qui choquait l'esprit des mœurs grecques dans ce qu'il avait de meilleur, le respect de la femme mariée, c'est que les Sybarites faisaient figurer dans leurs soupers et dans les banquets publics, qui toujours finissaient dans le désordre de l'ivresse, les femmes de condition libre pôle môle avec les hommes.
Ce fait à lui seul est l'indice d'une profonde dépravation
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de mœurs. Elle parait avoir été grande à Sybaris» et Ton en raconte de singulières choses. On dit qu'il y avait dans cette ville, pour les jeunes filles de la meilleure condition» des professeurs féminins attitrés, enseignant par règles Tari d*aimer. Les collecteurs de curiosités piquantes, tels qu'Athénée, prétendent même nous donner ces règles consacrées de séduction et de coquetteries de courtisanes. Nous y lisons, par exemple, que se découvrir jusqu'au dessous du sein est le plus sûr moyen d'ébranler définitivement un admirateur irrésolu. Nous y lisons aussi qu'au défaut d'un mari, le bon ton de Sybaris était de prendre un amant à douze ans accomplis, et que ce choix précoce n'entraînait aucun déshonneur, au contraire. Il est vrai qu'en Crète les mœurs publiques admettaient bien autre chose ; c'était une gloire pour les éphèbes de s'y parer des dons somptueux de leurs trop peu équivoques amis.
Du reste, il ne faudrait pas ajouter une foi implicite à tout ce que l'on narre de la mollesse, du luxe insensé et de la corruption des Sybarites. On prête toujours aux riches, et c'a été un thème surlequelon a indéfiniment brodé. En général on ne trouve les anecdotes de ce genre que chez les auteurs qui écrivaient plusieurs siècles après la destruction de Sybaris, alors que la « vie sybarite » était devenue un lieu commun inépuisable pour les déclamations complaisantes des moralistes et des rhéteurs. Il est même curieux de voir combien de choses toutes simples sont devenues sujets de reproches convenus à l'adresse de l'affaissement moral des gens de Sybaris.
c Si vous voulez vivre longtemps en bonne santé, disait un proverbe local, nejvoyez jamais ni le lever ni le coucher du soleil. » Y a-t-il là, comme on l'y voit généralement, un précepte de mollesse outrée, engageant à donner la plus grande partie de son temps au sommeil ? En aucune façon, et je ne puis y voir qu'un aphorisme d'hygiène fort sage, que quiconque voudra s'arrêter sur remplacement de
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Sybaris fera bien de méditer et d'observer. Il prouve que, malgré tous les travaux exécutés pour Tassainir, le site de la ville, dans un bas-fond humide, était resté fort insalubre; qu'alors, comme aujourd'hui, les brouillards du matin et le serein du coucher du soleil frappaient ceux qui s'y exposaient de fièvres paludéennes prenant facilement un caractère pernicieux. Et précisément on oppose à plusieurs reprises le danger du climat de Sybaris à la salubrité de celui de Crotone.
Un autre grief qu'on invoque contre la mollesse exagérée des Sybarites, c'est que, les premiers parmi les Grecs, ils avaient donné l'exemple de couvrir leurs rues contre l'ardeur trop grande des rayons solaires, en prolongeant de chaque côté en auvent les toits des maisons. Franchement, ceci parle en faveur de leur intelligence pratique plutôt que de leur corruption. J'en conclus seulement qu'ils comprenaient les conditions de la construction des villes, dans les pays chauds, mieux que les ingénieurs modernes qui s'en vont faire à Alger, à Athènes, à Alexandrie, au Caire, de larges boulevards et de vastes places où le soleil fait rage, de telle façon qu'il est impossible de les traverser à midi en été. On peut même soupçonner qu'ici les gens de Sybaris ont été bien moins des inventeurs que les importateurs d'un vieil usage de TOrient, qui s'est conservé fidèlement jusqu'à nos jours dans les villes arabes. Il doit en être de même de leur goût pour les bains de vapeur, où ils avaient introduit, dit-on, des raffinements inconnus aux autres Grecs. Quant à leur habitude de se construire à la campagne des grottes artificielles pour y passer au fixais les heures chaudes des journées d'été, il y a là une recherche de bien-être qui montre des délicats, mais qui en elle-même est assez innocente. Enfin ce que Ton raconte du soin que les gens de Sybaris avaient pris de reléguer les métiers bruyants dans les faubourgs, afin que leur fracas n'incom* modât pas les voisins dans l'intérieur de la ville, et de la
défense d'y tenir les coqs, pour qu'ils ne réveillassent pas au milieu de la nuit ceux qui voulaient dormir, ne passerait pas dans nos cités pour autre chose que pour des règlements de bonne police.
Un Sybarite, au rapport de Timée de Tauroménîon, se promenant un jour dans la campagne, vit des travailleurs occupés à fouir la terre. En rentrant en ville il raconta cette chose curieuse, en disant : t Vrai, cette vue seule m'a donné un effort. » — c Ma foi, répondit son interlocuteur, ton récit suffit à me donner un point de côté. » L*anecdote est amusante et devait plaire aux Athéniens, pour qui Timée récrivait. Mais elle est bien peu vraisemblable. Ce n'était pas chose extraordinaire pour les riches de' Sybaris que de voir les travaux des champs, puisqu'ils étaient tous de grands propriétaires ruraux, qui surveillaient l'exploitation de leurs terres, la récolte de leur blé, la confection de leur huile et de leur vin. La seule chose vraie dans cette historiette, c'est qu'en général ils ne cultivaient pas par eux-mêmes et employaient les indigènes comme colons. Timée, d'ailleurs, se contredit lorsqu'il ajoute comme un autre trait de la mollesse sybarite, que les riches propriétaires, lorsqu'ils se rendaient dans leurs fermes, y allaient en voiture. Et je conclus de ce fait qu'ils avaient su établir par tout leur territoire de bonnes routes carrossables, ce qui n'était pas habituel chez les Grecs.
Sybaris n'a jamais développé chez elle l'éducation athlétique, bien qu'elle ait donné des jeux magnifiques. Parmi les vainqueurs d'Olympie, on ne cite qu'un Sybarite, Philotas, qui remporta le prix du pugilat pour les enfants l'année de là fondation de ce concours, dans la xu* Olympiade (616). Ce qui a bien la saveur d'un propos sybarite authentique, c'est le mot de ce citoyen de la ville dés bords du Crathis, qui, voyant à Crotone les jeunes gens manier euxmêmes la pioche pour préparer le sol de la palestre, s'écria: « Fi donc ! chez nous on laisse ce soin aux esclaves. »
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Gomme le commerce de transit venait les chercher chez eux, et comme ils n'avaient pas à se donner de mouvement pour en encaisser les profits, les Sybarites étaient très casaniers. Ils se moquaient de Factivité inquiète des autres Grecs, qui s'en allaient commercer au loin et qui se condamnaient à la rude vie de marins. Pour eux, ils se faisaient gloire, raconte-t-on, de passer toute leur vie sur les ponts de leur ville et de vieillir sans avoir vu d'autre pays que le leur. Ceci ressemble fort aux habitants de quelques-unes de nos villes de province, où Ton se vante de n*avoir jamais quitté c le sol sacré de la Grande Rue. >
Ce qui est plus sérieux, c'est la renommée que les Sybarites laissèrent d'être devenus, dans l'orgueil immense excité chez eux par leur richesse et leur puissance, des contempteurs des dieux, des violateurs habituels des lois sacrées. Un oracle, disait-on, leur avait prédit qu'ils jouiraient en paix d'une prospérité sans seconde tant qu'ils ne préféreraient pas les hommes aux dieux. L'imagination populaire se représenta l'anéantissement subit de leur altière cité comme un châtiment céleste. La guerre où ils succombèrent eut de la part des Crotoniates, par suite de circonstances auxquelles nous nous arrêterons tout à l'heure, le caractère d'une sorte de croisade aussi religieuse que politique. On raconta qu'une foule d'avertissements surnaturels et de prodiges leur avait annoncé la catastrophe à laquelle ils couraient, mais que dans leur aveugle* ment ils n'avaient pas voulu en tenirjcompte.
Nous avons déjà vu qu'à la suite des sacrilèges qui avaient marqué la prise de Siris, les Métapontins et les Crotoniates, obéissant à Toracle d'Apollon, s'étaient empressés de détourner le courrettx des dieux par des expiations, mais que les Sybarites n'en avafent rien fait. Comme trait caractéristique de leur impiété, on cite celui de l'homme qui, voyant l'esclave qu'il voulait châtier chercher un refuge au tombeau de ses aïeux, osa l'arracher de l'au-
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tel qu'il tenait embrassé, pour le faire mettre à mort. On prétend surtout qu'ils attirèrent sur eux la vengeance de Zeus Olympien par leur entreprise contre une des institutions religieuses les plus vénérées de la Grèce. Les Sybarites avaient d'abord attaché un grand prix à prendre part aux jeux olympiques ; ils s'étaient construits à Olympie un trésor particulier, que Pausanias vit encore conservé, comme ceux d'autres villes depuis longtemps détruites, par exemple de Sélinonte. Maisplus tard, enflés d'ambitioh et de vanité, ils voulurent supplanter et abolir à leur profit ces fêtes panhellénîques. Ils fondèrent à Sybaris des jeux qui se célébraient exactement en même temps, et auxquels ils s'étudièrent à donner bien plus de splendeur; ils espéraient ainsi détourner d'Olympie et attirer en Italie tous les peuples de la Grèce. Poussant encore plus loin l'audace et l'im* piété, ils s'attaquèrent au sanctuaire même de Zeus. Le prétendu Scylax nous apprend qu'un jour ils débarquèrent à l'embouchure de TAlphée et pillèrent les trésors d'Olympie.
Au milieu de cette corruption parvenue à son comble, une réforme morale parut au moment de s'accomplir sous l'influence de Pythagore. Le sage de Samos, en venant en Italie, visita Sybaris et y recruta de nombreux disciples. Un de ses biographes raconte même le prodige qu'il opéra sur le rivage baigné par le Crathis. Il y rencontra des pêcheurs levant leur filet, leur prédit exactement le nombre de poissons qu'ils allaient tirer de la mer, les acheta et les fit rejeter vivants dans les flots. Mais un prodige plus grand et plus véritable fut accompli par le philosophe. Il sut appaiser pour un temps les discordes des républiques grecr
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ques de l'Italie. Son influence salutaire fut éprouvée à Tarente, à Sybaris, à Crotone, à Caulonia, à Rhêgion, et même en Sicile, où plusieurs cités envoyèrent demander ses conseils pour la réforme de leurs lois. Tout indique que c'est sous ses auspices que, vers le même temps, les cités de la Grande-Grèce adoptèrent, en signe d'union, un système uniforme de monnaies. Le duc de Luynes a rendu la démonstration de ce fait presque complète.
Les Achéens, du reste, avaient entre tous les Grecs une propension spéciale pour le système fédératif, dont ceux de la Grèce propre devaient, quelques siècles plus tard, donner le type le plus parfait qu'ait connu le monde hellénique. Les deux grandes villes achéennes de l'Italie, Sybaris et Crotone, étaient en réalité chacune à la tète d'une confédération de villes moins [importantes, qui étaient leurs colonies. Et entre les deux il avait existé à plusieurs reprises une alliance intime, que nous avons vu se manifester lors de la guerre de Siris. Cette alliance s'est même traduite par la fabrication de monnaies qui portent simultanément les noms de Sybaris et de Crotone. Il y avait seulement entre elles une sourde rivalité d'ambition et d'amour-propre. Dans . raUiance , Sybaris, comme la plus grande et la plus puissante des deux cités, prétendait exer^ cer l'hégémonie ; Crotone avait d'abord admis cette prétention, mais à mesure qu'elle grandissait, elle s'y montrait moins disposée. Elle ne supportait plus qu'avec impatience l'insolent orgueil de Sybaris. Quand Pythagore l'eut choisie pour sa résidence, elle prétendit naturellement diriger à son tour la confédération sur laquelle l'influence morale du maître était à ce moment toute puissante. Un conflit ne pouvait manquer dans ces conditions de surgir à bref délai. Aussi est-ce à Sybaris qu'éclata tout d'abord la réaction ultradémocratique qui devait bientôt après s'étendre aux autres villes, et dont Pythagore et ses disciples finirent par être les victimes. Mais Sybaris avait tellement comblé la
mesure de son arrogance qu'eJle ne trouva aucun allie dans son entreprise contre les Pjrthagonclensr les'CrGftiirilates se levèrent.. 60 ntisisse .contre ellie, sanà qtié' lef'èalrtl'i[ui cti^^sa ensutte le philosophe de Samos voulût sfe^^dëelarei* enss^ faveur; Qt elle périt, victime deshiaînes'qu^ëHë ^Vait soulevées^ danjsf une lutte où elle âyaîl lùiâïàuéïéis torts de
noncoté/.;/; .■' ," \, * V/'...V '' .'.'"r /"''^' '*' ''''""^
.Le sysièm.e traijlitiQnnei de goiivérnemehf îidtcJtftëfi les cités acihéennes,'. aussi bien, en Italie qu'ëh^^rècë;' était esseplîpUement./wpcra^ij^Me, saiif à Crbtôhè,^ et 't)iàt*'càhsëquenl ren,trai]t dah^ ce quelles lièllèh€fS'^ï)eïaiënt^ une démocratie. bien réglée, par opposîtiôh' 'à VùcHîoi^àtie^w gouyiBrnemeiit purement populaire. La hplilfesisô'dè îsl ftaîssanoen'y donijait aucun droit particulier, nlaîs lècfetty j^ëort^tîtui^it dififérehtes.çiasfsesi, toujours btivërtësétàdcéèSifeles aux gens parti? du. plus bas, qùaniï ils s'enriçhîsSjrfôrft par Jeur tj»^vail/yin?cf iplion dâni§ telle ou Mlé'de^d^'èlàé;ses .,d4terwnait raptitiideà siéger au Sénat où ^àlôcfeuiièî*'t€rtainje^^Tpagistratures.. Corrigé par la prësèricé 'de'*W^^Bfm• Wée^opHljai^ey à,côté du Sénat et dês'fbilétïbiik sùjn^èfrtes réseryçe^ . aux JmbuIS; hauts censîtài^e^,'* cfe 's^stêilaé ^è'fii! le plusparfai^çt, le plûsIilDêral qu^eusàehljwsqtf àildi^i^\^èn(é les GrQçs^Xtl|è?nes n'avait pas encore 'pfoùvép'a^r^éclrl 'exemple .lajpQssibilîtécie çohcîlîérladéiïlôctàtïè purèl'ëf'àbéÔTiimeut. égaUlaire avec la liberté, (jualidoïi sBrtiàit'tiëWybhnée des classes ëtagées dû cens, on tbkibiaîl'in'êVltâMèrheht dans. .cç, .<ju*pn appelait la tyrari^iîei térnid àtiqtièl^ *îe ^ë'attachait .a)!ors î^uçune idée d6 Réprobation ',' et t][U*!ious appelQ|)S.«XHiourd'hui le césarîsme, c'tekt-à'-dirè.''dah^ le pouvoir viager d'un seul, ac6liàiriépâMe'V6lè''p6/pîWàire avec la mi5^siQnde niatérle poiivdîr deè WfehléSi C*e4t^ë qui ayait fiim par. arriver dans beâiicôiip'désjfcîléà' afehëënnes d'Italie^ çptre autres à Sybarîs. 'L*éco'te'*pytiiëèotî<îWniïe, partout où elfe acquit Tinflùénce et prît ia'dîî*èeliôndu pouvoir, tendit à rétablir, en les reirfoi^arit,ïeé!n€tfliitions
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timpcramqueSt^.défaiitdu système dorien de Taristocratie, pour.ï^qii^L J? nia^tre témoîg^ît unepi^opensîon àéèîdée.
C'fl^V.3U.pow.du>jParti populaire que Cylon et Nfr^on dev3iieni^â.!Çi*Qtpijq,,ifaire proscrire Pythagoré.et soïïéùole. G'e^ (tg^l(çmçi:j,t ce. parti quj, un peu plUs tôt, souleva Sy- ^p^,^<fOJaû•e,.]^^^ PyUiâgor^ciens, Une révôlutîoii daftis le sens de la démocratie à outrance éclata dans cette ville, excit^,par le^prédicjatipns démagogiques de Télys, homme yiQl)ent^,4Jw^.paracter6' impérieux et sanguiïi'aii^e, qui sut cor^fpjifjj;^ ^s yengç.ances de la foule avec les'sienriés propifps^.^^ ,êi9fli^éj\ça. jja^, se faire décerner la tyrannie. Un rooiftS^î^t ^W pouypif, parut assez solidement établi pour qiie P|l^^ipBe^ un ppulent Çrotbnîate cfui s*était rangé dans la .f^pUpjji. 4?.^ jÇy^^^ brigué la rnàiii de sa fille.
Maisi-X^ly^j^WW^Y^n^^ suprême, avait banni
de îÇjyt^arj^,.. avec ^ le concours de rassemblée populaire, cinq«^§jc^ls,,fles,pi;incîpauîç citoyens, appartenant au parti
<i>PP9^év fi^^:l^i*.W^s '^y*^^?^V^.*^^^ Veftïge à Crolone.
Cray jint . i ppjuyqir., faire tput cédier devant la puissance sy.bwite^ ^e t^jPîin^âQinma Jes Çrotonîates, dans lés termes 4e§fi ftlvs, ^If Aut^n^^ en Jes accompagnant ' de tiiénacés, d'à- .Vtç4çA^PHÎ^6r.le8J;éfiigiés. La question fut soumise aux (i^Jrit)f|^'^t49tisdM. Sénat,, et ce, fut Pylhagore en personne qui^.jpyqq^i^n]t le^c^riaçtere ?acrp des suppUàftts et'la saintç^j.^i^çfiTflil* 4ia^e^. décida 1^ république de Crotdnè àbravef,4îiijfl|pr.9,|l^ Tê^^^ plutôt que de retirer la pirot'ection à ^QSr^ôitç^. jXp4|ant,poiji:tant çvil^r mî^^ et niettl^e
les^p^uffro^ entièr^mej^it ^e leur côte, les (>otoniates ènvoyèrwtiSvSy^^r^f >yî,e.jan)^âs»ade de trente (le leurs citoyens les pln^.diÇjting^ps,(C|](argéa d'expliquer iés.motife de leur décisioni.jl-^.aiû>lp(a?s%4W^ sybarites, respectés" à trolone, j»ôi3[i#[d#n^,}e)i}:s,/Q:ççjè^i avaient pu insulter im^ùnpment Pyth^gçFjçquanjl.il^ftfî^i^îtle déifenseur derihfpi*tuhe'; ceux d^ GrotP»^ Jluren); qgorgés à Sybaris sans être méihe entends^, et Têfys QtjeJjçr leurs corps sans sépulture en de-
hors de là ville. Un cri d'horreur accueillit à Crotorie la nouvelle de cet attentat inouï. Toutes les divisions de parti s'effacèrent devant le désir de la vengeance. Crotone à Tunanîmité décréta une guerre d'extermination contre Sybaris ; enflammée par les discours des partisans de Pythagore, elle arma tous ses citoyens et appela à elle les contingents des villes grecques ses fédérées, avec la levée en masse de ses sujets indigènes de la montagne.
Le meurtre d'ambassadeurs, dans les idées des Grecs, n*était pas seulement une odieuse violation du droit des gens, mais im sacrilège. Il venait mettre le comble aux impiétés des Sybarites. Aussi la guerre fut-elle entreprise par les Grotoniates comme une guerre sacrée, et les autres Hellènes répudièrent toute solidarité avec Sybaris. On fut persuadé que les dieux eux-mêmes combattaient contre la ville criminelle, et que Crotone avait mission de venger leur querelle. On raconta que, dans la nuit qui suivit le massacre des ambassadeurs, les archontes de Sybaris avaient vu en songe Hèra^ la principale divinité de la ville, sortir de son temple, s'avancer au milieu de Tagora et y vomir une bile noire. Le lendemain, une source de sang avait jailli dans le sanctuaire, inondant le pavé, que l'on avait couvert vainement de plaques de bronze pour cacher cette marque miraculeuse de la fureur céleste. Les Sybarites envoyèrent consulter l'oracle de Delphes sur l'issue de la guerre; mais Apollon ne répondit que par des anathèmes. Il y avait dans la ville un devin fameux, de la race sacrée des lamides, nommé GaUias. Il la quitta avec éclat pour ne pas êti^e englobé dans le châtiment effroyable que les dieux lui révélaient.
Les Sybarites ne tinrent compte d'aucun de ces présages terrifiants. Ils rassemblèrent toutes leurs forces et attendirent les Grotoniates au passage du Traeis, sur la frontière des deux territoires. G'est là que la bataille fut livrée. S'il faut en croire les historiens, 300,000 hommes y figurèrent
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du côté des Sybarites et 100,000 du côté des Crotoniates ; c'est bien la proportion respective de l'étendue des domaines des deux républiques. Mais les Crotoniates avaient des auxiliaires précieux dans le corps d'émigrants Spartiates que commandait Dôrieus , qu'un hasard de navigation venait d'amener sur leurs côtes.
Hérodote raconte comment Anaxandridas, fîls de Léon, roi de Sparte, n'ayant pas eu d'enfants, les Éphores craignirent de voir s'éteindre en lui la race d'Eurysthée et l'obligèrent, puisqu'il ne voulait pas répudier sa femme, à en épouser une seconde. Celle-ci fut mère de Cléomène ; mais alors la première femme cessa d'être stérile et donna le jour à Dôrieus, et plus tard à Léonidas et à Cléombrote. Dôrieus, qui se faisait remarquer entre tous les jeunes gens par ses brillantes qualités, avait conçu l'espoir d'arriver au trône de préférence à Cléomène,' dont la raison n'était pas saine. Mais à la mort de [leur 'père, les Spartiates élurent Cléomène^ selon le droit de primogéniture, et Dôrieus, ne pouvant souffrir de lui rester soumis, demanda et obtint des hommes pour aller fonder une colonie quelque part. 11 s'établit près du fleuve Cynips, dans la partie la plus fertile de la Libye. Mais, au bout de trois ans, il fut forcé par les Maces, les Libyens et les Carthaginois d'abandonner cette contrée, et il revint dans le Péloponnèse. Hérodote impute le mauvais succès de cette colonie à la précipitation qui rayait fait partir sans consulter l'oracle de Delphes, ni accomplir aucun des rites usités ^en pareil cas. A son retour. Antichares conseilla à Dôrieus, d'après l'oracle de Laios, d'aller occuper en Siciie la ville d'Hêracleia Minoa, assurant que le pays d'Éryx tout entier appartenait légitimement aux Héraclides, comme ayant été jadis conquis par leur ancêtre divin. Cette fois, Dôçieus ne manqua pas de consulter la Pythie, qui lui prédit qu'il viendrait à bout de son entreprise. Mais ayant touché à Crotone dans la navigation vers la Sicile, il se laissa entrai-
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nepp^ Jea .soUicjtatipps. dQ9 Cr<ytQDiate9 à -prendre p»rt à l€fur«uerr^.cpnjre Syfewi^ espéwiixt en tir^r gjoire et fio&U QuateptVffgtç lan» ^ippè«i çe«^ éy^Qementfi* qiimAs fl^rodote écrivait so^Jbj^tpird ^ T^urio^^ l0a Ciroto^te^^iVi^^ilAi^ise réç^fliç^ j^.eï^^ W»l«}':i^ mmi&. çlei.la viçtOftife^iw^Q»* que DiJr|<9u% ^.cowi^^^u arecieuxi Miaig lQS;4escpi>4wteides SyJ»^QBl'.alÇrm^iW^, etl'avisd.'Héro4jQti^ e§tqu*ifc|aYaiwt rai|5fln^ di'*^^i?t fiufi qwi^ (Jr^ç^ df^tSiçilçi, deilwrîOôté, pî>^teft{|ni^p^.qns ]e. d^sairtre-MW .avait, frappé ea^ftite S6i7ie^^.et .r»9A,6;i^{]^tiqn,.4|iéta^ti^. par l^s focc^^i^o^lîs^s ides.Carth^gi]ioi^ et4e§ Sége^tajna, ayait.rétQ.vm abàtmftnt de la l^çQQ dqiitils*éjt^it lai^Bjé, détour^çpd^olfii:^!»^^^ Jyi.^ç^a^ftt)le«^.di9U3^, eLdala- Ppw caflibattri^: 4q? Gi^eqs Aua^d ji ^(vaijL ipa^r jni^ipu 4e ne tirer Tépée qm PODtr^ les
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.QayaJ^ie4e«s^r Sybarites» pfibligu^e des^jLençioejs ipilitaw», ne s'occupait plus que de dresser ses chevaux à daufi^ff «en jneaui^,.^^^$qn de la musigue^en^ta^^^ cpia^brtte^, ^ftnal^?rp.g|fa4ps.?ù elle sp.plarâaiJ.rè,dépiQyer son Ju^e, MiîoUf, quand il la: vitprète, à:<5barger,iflt, aivaufiff to^tà,cP^p,une^QI^l>re^seJ^0il!ç>e<i^JW epîBlpy,é,JtijaJ>it!ue,Uepieftt.dafl^rp^ <?ccasionsu Aussitôt ,1^ ,(4ie.^uxi 4' wlrffr ,en danse.et d^ boulevOTser . lewr^raRg», ;en exéçu^pt l^s . ,v^te? itauxqueUes» ils ; «étaient., drçjçaéi^i Vue qhaa:ge,yjgPMr^îise de.la...pa.valefrie, pratQnifitft)SUî?prtt'la cavalerie rsybiarile. pendant, ce. dé^ordre^.la çutoutia* sans peine, quoique, trèa supé^rjeure.an nombre, et la rejeta sur ^infanterie, qu'elle enfonça et-ej>tr9Înadan§ sadéroute-L'imxiien^e armée de Sybaris se débanda comme un troupeau; les levées œnotriennes ^e hâtèrent de regagner leurd mou-
SYBARIS ET TBUHIOI 297
tagnes ; les oontingents des villes grecques retournèrent chez eux en meilleur ordre, satisfaits de sortir d'un conflit où îls'n'avaîent marché qu'à contre-cœur. Les Sybarites, res%é* seuls, s*enfermèrent dans leurs murailles.
C'eët alors qu'une sédition populaire mit fin au pouvoir et à'ia vie deTMys. La foule qui s'était associée à tous ses excès, qui avait applaudi au crime du meurtre des ambassadeurs, rendit te tyran de son choix responsable de la défttite. KUa espéra d*aiBôurs désarmer la vengeance des Grotonisrtes en leur sacrifiant des victimes expiatoires. Vain ei^îr; elle ne fit que «e] charger d'un nouveau criine et ajouter àllK)rreur qu'inspirait déjà Sybaris. Non-seulement Têlyis fut massacré par Témeute, mais on poursuivit sa famille et ses conseillers jusque dans le temple de Hèra, où ils cherchaient un refuge, et on'J les égorgea sur l'autel même de la déesse. La légende répète ici le prodige qu'un saerilége pareil est censé avoir amené à la prise de Siris. La statue de Hèra détourna la tète de la scène de carnage qui s'accomplissait à ses pieds ; et]la source de sang qui s'était^Uverte lors de l'assassinat des ambassadeurs Croto* toniates, jaillit de nouveau miraciQeusement dans le temfde.
Pendant que ces événements s'accomplissaient dans Sybiaris, les Crotoniates, poursuivant leurs avantages, mettaient le siège devant la ville. Soixante-dix jours après te' commencement des hostilités, elle était obligée de se ren- -dre à merci. Grotone, victorieuse, assouvit sa vengeance sur Sybarifi avec une fureur implacable. Tous les habitants en toreni expulsés et durent se retirer à Laos et à Scidros. La cité vide, on procéda méthodiquement à la destruction de ses remparts et au renversement de tous ses édifices importants. Avec les rites les plus solennels et les plus redoutables que la religion pût employer en pareil cas, on prononça des imprécations terribles, dévouant à la colère des dieux quiconque oserait tenter de relever Sybaris de ses ruines.
398 LA QHANDE^GRÈGE
Enfin, pour acheva leur oeuvre d'anéantissement, lesCrotoniates détournèrent le cours du Crathis, de manière à le faire couler sur l'empUicement de la cité détruite.
Ceci se passait en 610 avant Tère chrétienne, Tannée même où les Tarqpiins furent chassés de Rome et les Pisistratides expulsés d'Athènes, triple coïncidence historique vraiment singulière, et que tous les écrivains anciens relèvent comme merveilleuse.
La guerre des Grotoniates avait été légitime et avait eu pour point de départ la défense d'une cause juste et sacrée ; la destruction sauvage de la ville eut beau être présentée comme Taccomplissement de Tarrèt des dieux, ce fut un véritable [crime de lëse^umanité, dont la responsabilité doit peser sur Pytbagare [et les Pythagoriciens» qui, dans toute cette affaire, eurent la direction absolue de la politique de Crotone. Cefutpis encore, &i nous voulons adopter la morale dUi célèbre mot attribué à Talleyrand; car ce fut une de ces fautes que rien ne peut plus réparer. On est en droit de dire, sans^exagération, que le jour où Tanéan* tissement de la puissante Sybaris fut résolu dans les conseils des Grotoniates^ cette sentence condamna du même coup Tœuvre de la colonisation hellénique de Tltalie méridionale à un échec irrémédiable et lui donna le coup de la mort. En ne le comprenant pas, le philosophe de Samos et ses disciples montrèrent qu'ils pouvaient avoir de sages idées sur la constitution intérieure des cités, être de bons législateurs, mais] qu'ils n'étaient pas des hommes d'État et qu'ils manquaient absolument de l'intelligence de la grande politique.
Les cités de la Grande-Grèce ne pouvaieint rester fortes et prospères, maintenir et agrandir leur empire, faire progresser l'hellénisme dans le champ si vaste et si propice que la péninsule italique offrait à leurs efforts, enfin s'y assimiler graduellement les populations indigènes en les conquérant à leur civilisation, elles ne pouvaient, dis-je, ac-
SYBARIS ET THURIOl 299
compllr cette mission, qui était la leur et qui avait déjà si bien réussi dans l'OEnotrie, qu*à condition de maintenir entre elles un lien, sinon de confédération, du moins de fraternité panhellénique, et de présenter un front compact et continu aux populations qui se montraient rebelles à Tassimilatîon et prenaient, comme les Étrusques et les nations SabelUques, l'attitude d'une hostilité ouverte à Télément grec. Sybaris était un facteur nécessaire dans une œuvre aussi grande; elle y avait pris un rôle dont aucune autre cité n'était en mesure d'hériter. Les crimes qu'elle avait commis avec Tèlys réclamaient sans aucun doute un châtiment ; il y avait lieu contre elle à une exécution fédérale, qui diminuât son arrogance et la remît dans le courant général de la politique des autres cités. Mais la détruire tsans la r^nplacer, était commettre un acte contraire aux intérêts les plus manifestes de ThelMnisme occidental, et un acte que rien ne justifiait. C'était ouvrir dans l'édifice, jusque là si bien commencé, de la colonisation grecque, une brèche par où l'ennemi ne pouvait manquer de se précipiter pour l'atteindre an cœur même. Les gens de Milet eurent un sentiment bien plus vrai des choses que les Pythagoriciens de Crotone, lorsqu'ils prirent le deuil à la nouvelle de la ruine de Sybaris. C'étfidt une catastrophe funeste pour la civilisation grecque toute entière. Aussi Des conséquences ne furent-elles pas longtemps à s'en développer.
La chute de la plus grande des villes grecques eut un immiense retentissement dans là péofïinsule et fut un encouragement pour tout ce qui était ennemi de rhellénisme. La révolution qu'une aristocratie en grande partie Sabine venait d'accompër en même temps à Rome, aida à en précipiter les suites. M. Mommsen l'a très bien montré, Rome, sous ses derniers rois, était devenue un véritable avantposte de l'influence hellénique dans l'Italie centrale; c'est aux Grecs de Cumes qu'elle avait emprunté son écriture, avec beaucoup de ses institutions et de sa civilisation.
300 LA atkttm-BhÈCE
Saisissasithabilem^nti TiôecaaiDa d'iaiervanir dan». JjeBftrQublé&ide'Vpipaledon d»^ TsrquJils/J^setinai 1^ pni^s^ûbtor^
to]!âé'etilttlii0ipo3aJ*faiimil1tBU!)te(cap^ a«ix:R(Hxi£linsrde lse(fiBPvi^ du.fer iautrenteii^iïi»6 ^wrrKftgri^ eultijn*et. Rtniisi«sbattuB, l6Su|lt{insqui^s(9UifeQH(^^ pouarenlnftptfeiidfe €l m^ner ^>]K)nBôifin< ila'4Q}uiuMâ'idQ;la Gampanteyiqu'ilfi >voulaient».anra)dièr.Ar)aati6n» ^^^Girafis. Il^iy,^nl|?at6xit <dàn8 les denâi€ires.aannées «au iri^ aiàct^ y-W 4?4i i}s fai6aieiit>leaége'de<Guinesk; ^en iTiiA»^.(iù\(mn$imit Capdu»' etjrnfixaical lerchi^^ieu de tou&rsf.iélahiissameot^
Caihpaili8h£(;n '•-. '.'i' î. --î • -«î-t:-.- ji.-,-i-,'i".')ï<'»'ri i.;p .^fn.-x;,.-. '
Eni même temips/^ tes: SanomiteBy qui. devaient :fitnQJWPite ansr.plqstfard leur ealByet laiilampanie^^s'^iteDdaâe^tf irftpi^ demelit dàna* les wonjtagnesr »ài V>^ti ide^fiénév^ctti Cle^ là que ^eprépaiva^ Ixmfcrméoieiit àToâageiAradiliimipfel des f^ttdns>sabjplMqu^sj-mie de eesésiîgiatioQaiguefrJÀfffiSi'quje delenips ààutrtoi^Ieslançaieitt en^ava&ii&(i)uale)iio»)irde tc^ printttm|>s' ftacré, vfi vevf ^sàenum^ et <qiii devenaieiifcleinDjrau d'un nouveau'peupto aiirileteiirain^iifeUes^avaiîeilticioêcjpais. Ce iMmVèau'tpeopte^fiit; celui :tde».LuQafii6iis/)qui.^irera le milieu du v^ sièète, uttô éûiidaBUine^^dlanBàes^aprèa ^ mme de SyUarie, èuftneprttfa oonquète^délHXhetirieyi <: > m - ^Lè6 €Bhotrt£tisrti'ff?âtoht tplQai)ein«|lesMprQtégWtftt^.p^ les Tétiriir dans UM déftlnse ébmsàilne.l^jpjiiàfiaâi^e^de la grafid^oHé denstilg^a'Taiezitipéndafiit.ifleux^cûBiauaM] te*centÀvle^ loië. €rotdne<élail^U*ot)ileia et/ne^inqiuétattipas desafflaireÉ^ de<cé paysc^ Auotini9ideëTiHas;igreKlqUjBa'>qtte SJl'Mrilir^àvalt^aul1Kifo1{^foffldées siin^tesKoétos de il'^IEiioteie, tï'éù^il da^ble dèi reprehdne. la 4&iloQessioovdè som aisioieiiiiie métmpola;'>1Fdut'''lien étai4xâ1aiUeu^8 «iroiBpU'ifrntiie ellep depuiS''la'Cata!9tn^e'deSl4);^Iafrvivaieirti^^ «t léift'S^pi^o^upàtfeffii» «gblsles-^t à «ourtei v^ daient plus au delà des limites de leurs pelais teittitoires particuliers. Négligés des Grecs, les CEnotriens avaient ep
SYBARIS KT TfiURIOl SOf.
grande partie oublié les^mœurshelléiiiques^ lia éftaienA retomBéstkM l'Iétat d&^mfdrcdleip^t pair tribus et pareilles rivatei»,^(^dti(te]d Sybasrite^ les:aifaiéqtKtirés<.>o<lr fqujricnie %&tPtps>) lamatfs j d' ctîUeto^ noùs^f iaivoni aéjà>dit^ .ilsi h^avaiien t sa^biYtr^ d0nri£tuout"^t d'aptitudèsigaemâresi.Les Uuoa^ nit^'h^^arrërfti'donc ^^^'der4)eirie,ài ')é8'éouiiietll*ev à; îles absàrbèri^tfbiestrefdideri'ils's^empardBeûtidete^ gnes>èt^^^ établirelnft/iMsieendalit'biëntôi de lèi^powattein^ dre* i4''tb8ir< l(ffiieaneinLa cbàAnerdeâ villes igrocqpieSjvqui pendaht ^|)ltt^ëu#8 èièoles^ «i^étiLit éteiul«te- ûbïê& ioteriPHt) tion stirtOul^làDittopait'db 'fibtte dHierf jf»t aix^irbapéei audiru'x tronçons, qui s'efforcèrent vainement de se r^oiodce^iLes UMS^Diena tc^hnèrbnt'&loo^îleiirs^ffoiitsr^suar teS(^ nlçtsel^ •doinVUs^pourautivirftnt la« dëatrncÉiôili^ é J)eptq& ce tèi:A))s;i'Uis^ûrî]r8'dè3«tit6s K^uiiaviiiesU pam d'abord delsÉinéits à ^ob^paéplrt'ioàte^ritalâl^ 6t tjoia'VMoi failnde'i (a^psotie m^rîditmale^niBSî < Oranâe^'^Ofèce v «'®fit plus >qUe^ oalle ! de l^urs < ta ttés t > ^cessante» ipotir > satuyôgaréer daupc propile eKi^tenid contre/Iës lipcfeuiisas^ etxCQntreie3'&*at|tii»M) «^ 1à9^>teQrflXNn-/de»J9aïiqs/deiatDïltîoB tefanîfeoiievînd fu^ i &8fl6iup&deHses'iUa|^dié8^''»eprés^ée^r|iVBni7lâft9 So pbdde^J atr -décH^vaiiUès^feûftds tàtà à'i taiie » 4k > jri voyait > qM\ les Ligures, pui^'Us Œ^rrhémaneiMeo eejto^ctitf .mitttr^ 'de la <]aii)p»nié^>paai8^G(pro8rçuBj'|iiriQ$fc'd(Ui6^^^ iXlno-
IHthspBn 4âi,oqila9id(d[fSff^£ai«iitfM: Imidèmctt lUérilçl^ei, les iPmaiâibnsimNûtp^tAAiij^ ^i^sim^^ei
étaiëfil ûm^itûeuace» desiplusisérieu^Mipciurieâ territoires greca datatOte^Aii débutr^doiii^ sièdq, IxfrséBUt^çfmpQ^y tiotl(d!uJ(pér2pl& mâersoiHscte nom^M Sej^m^l'OEiQiQiiie! toute entlôrcr «élafil; devenue la>Lueàmâ«f€e<^0fi4lautâiUi ide ]ji%hm8 poUr ^termiqe?' >)a K^hroàstôgiéi d'une (féTOluttion: ethnique à luq»élt0]a4e2M;motàm'de>Syi)ar2s <divai!tjpDépai^>tef ti«if rain, et Ifîâ ameiwla;ruiDe/ide&étabii^8esaie))te(d^.*6^^ le^midr^dètiawie;^-:-": -d: ^-r:.,:: >-.;, ;:!.«. c»: v; ;,; ; .=
302 U GHÀNDE-GRÈCE
Cependant les survivants des Sybarites, retirés à Laos et à Seidros, ne s'y étaient pasfondusavecles autres citoyens. Us y formaient une colonie à part, qui vivait séparée, et qui se faisait assez mal voir par ses prétentions à la suprématie. Us rêvaient le rétablissement de leur ancienne viUe, et étaient loin d'avoir renoncé à l'espoir de la relever de ses ruines. Hiéron de Syracuse, très préoccupé des intérêts de l'hellénisme en ItaUe, où il avait sauvé Cumes des attaques des Étrusques, et comprenant queUe faute avait été comimise en détruisant Sybaris, leur avait promis de les aidera la refaire et de les protéger dans ce rétablissement, même en combattant s'U le fallait les Crotoniates. Mais diverses circonstances l'empêchèrent de donner suite à ce projet, et los Sybarites, demeurés seuls, échouèrent dans la tentative de retour qu'ils firent en 478 avant notre ère.
Ce futseulementen462, cinquante-huit ans après l'anéan* tissementde Tancienne Sybaris, que quelques Thessaliens, s'unissant aux fils des exilés^ en rebâtirent une nouvelle, à peu de distance du premier emplacement. Cette colonie nous a légué des monnaies d'argent en petit nombre, que leur style ne permet pas de confondre avec celles de la première Sybaris. EUes semblent indiquer que Poseidonia contribua pour une part importante à cet essai de rétablissement de la viUe qui avait été jadis sa métropole. Car ces monnaies portent d'un côté le taureau, type des incuses de la grande Sybaris, ruinée en 510, et de Taiitre l'image du dieu des m^s, exactement copiée sur les espèces moné*^ taires de Poseidonia. La seconde Sybaris fut, du reste, promptement troublée dans son établissement. Au bout
SYBARIS BT THUSIOI 303
de six ans seulement, les Crotoniates, constants dans leur haine et s'appuyant sur la défense qui avait été faite au nom des dieux de relever la ville, chassèrent de vive force les habitants de la nouvelle Sybaris et en démolirent les constructions.
Contraints de céder à la force, les expulsés demandèrent justice aux deux grandes cités qui exerçaient alors la puissance prépondérante dans les affaires de la Grèce, et entre lesquelles la rupture devait éclater bien peu après. Ils envoyèrent des ambassades à Sparte et à Athènes, pour supplier qu'on leur accordât un appui et qu'on les aidât à refaire leur ville. Les Spartiates ne voulurent rien faire pour eux. Les Athéniens, au contraire, virent là l'occasion de prendre pied en Italie et d'y créer un foyer d'où leur influence rayonnerait sur le reste de la contrée. C'était précisément alors un des objectifs principaux de leur politique, qui méditait d'étendre dans l'ouest l'empire maritime d'Athènes, de la même façon qu'il s'était établi sur les villes grecques de TAsie-Mineure et les îles de TArchipel. Périclès prit en main la question et décida le peuple à écouler les prières des Sybarites, en leur adjoignant un groupe important de colons, de manière à faire de la nouvelle ville un établiss^nent athénien et une cité assez importante pour devenir, comme une autre Délos, le centre d'une amphic^ tionie italiote dont Athènes aurait l'hégémonie. La colonie fut décrétée, et pour la rendre plus nombreuse, au lieu de ne la composer que de cléruques athéniens, on lui donna un caractère panhellénique. Tous les Grecs qui se présentèrent pour se faire inscrire furent admis au nombre des colons ; il en vint de toutes les parties de la Grèce, beaucoup môme du Péloponnèse. Ce fut un entraînement général pour prendre part à la nôuvellecolonie italienne, qui compta parmi ses émigrants des hommes considérables et déjà célèbres, comme Hérodote. Le fils de Lyxès, qui avait dû quitter Halicarnasse, sa ville natale^ avait passé un certain
temps à Athènes quand il partit ainsi pour Tltalie. Il était âgé de quarante et un ans, avait déjà composé les trois premiers livres de son histoire et, par les lectures qu'il en avait faites à Athènes et ailleurs, avait assis solidement sa réputation littéraire. Il y a même des probabilités à ce qu'il eût antérieurement publié, comme un ouvrage à part, la description de TÉgypte, qu'il reprit ensuite pour en faire le second livre de sa grande composition. Devenu Tun des premiers habitants de la ville fondée par les Athéniens, il y passa tout le reste de sa vie, et c'est là qu'il écrivit ses six derniers livres, dont le neuvième, d'après les Ingénieuses recherches de M. Kirchhoff, paraît dater de Tannée 428 avant J.-C, soixante-sixième année de son âge.
Les préparatifs nécessaires achevés, la colonie mit à la voile en 443, sous la conduite de Xénocrate et du devin Lampon. Elle débarqua à l'embouchure du Crathis, appela à elle les habitants expulsés de la nouvelle Sybarîs et avec leur concours se mit à bâtir une ville fortifiée, sans que les Crotoniates osassent s'opposer cette fois aux travaux. Mais pour éviter de tomber sous le coup des anathêmes pronon- <;és contre ceux qui relèveraient Sybaris, les fondateurs de la nouvelle cité l'établirent à un autre emplacement. Le site qu'ils choisirent était peu distant de l'ancien, mais plus élevé et plus salubre, sur les premières collines de la rive droite du Crathis, à l'entrée de la partie haute de la plaine. Une belle source, la fontaine Thuria, jaillissait du flanc de la hauteur; d'après elle, la ville nouvelle fut nommée Thurioi. La cité fut construite avec magnificence, sur un plan régulier , conformément au système dont l'architecte Hippodamos avait récemment donné l'exemple au Pirée. Elle avait la forme d'un carré long. Quatre grandes et larges rues parallèles, décorées des noms d'autant de divinités, la traversaient dans le sens de la longueur, et trois rues pareilles les coupaient dans le sens de la largeur. L'agora était placée au centre.
SYBARIS ET TflURlOI 30S
C'est , du reste, Hippodampsi lui-même qui dirigea la constrvition de Thurioi. Ce célèbre archiliecte et iAgçnîeur, natif .dç Milet, qui s'occupait de théorie politique, de philosophie et d^.physique autant que çle sop art, s'était joint aux çQlon^. Il quittait Atl^ènes, pu il avait .accoiripli de grai;i(3Ls travaux, dégoûté sans doute du peu'de succès ^u*y renc9jQ,traiei;it ses doctrine^^ oligarchiques, .les mômes que son fils Archeptolemos,. demeuré en Attjque et devenu citoyen dans le.dême d'Agrylê, y soutint plus tard contre Cléon. . Hippodamos habita Thurioi depuis la fondation jusqu'ep 408, gu*il s'en alla bâtir la nouvelle ville de Rhpdes ; ajx^ssi.lç qifalifie-t-pn quelquefois de Tbufien, C'est là qu'il subit l'influence de l'école, pythagoricienne, et qu'il composâmes traités de philosophie naturelle doiit Stobée nou? a. conservé quelques frj^gments,
La discorde ne tarda pas à se mettre entre les éléments si divers de la. population de Thurioi. J^es descendants des Sybarites, comme .ianci^ns possesseurs du pays, réclamaient la meilleure part du sol et le droit exclusif d^occuper les premières magistratures. L'arrogance héréditaire avec laquelle ils affichaient ces prétentions, inadmissibles poqr les autres colons qui étaiqnt les' plus nombreux, amena un conflit sanglant. Les Sybarites y eurent le dessous et. un décret les bannit de la ville, Us se retirèt»ent à l'embouchure du Traeis, où ils fondèrent un^ troisième Sybaris, qui dura près d'up siècle ef finit par être ruinée par les Bruttiens, mais qui semble n'avoir pu vivre qu'en se faisant dans une certaine mesure la cliente de Thurioi. De nouveaux colons remplirent le vide laissé ,dans cette dernière ville par leur retraite, et les Crotoniates s'empreSsèrent de nouer une alliance intime avec la cît^ fondée sous les auspices d'Athènes, du moment qu'elle ne contint plus de Sybarites. Les citoyens de Thurioi furent alors divisés, suivant leur origine, en dix tribus : trois pélopônnêsiennes, Arcas, Achaïs etÉleia; trois reprêsentantlespays de la
Grèce continentale, Boiôtis, Amphictyonis et Dôris ; enfin quatre ioniennes, las, Athênaïs, Euboïs et Nêsiôtis.
L'élément athénien ou ami des Athéniens et Télément péloponnésien d'origine ou de tendances politiques, se balançaient assez exactement dans la population de Thurioi. Lorsqu'éclata la guerre du Péloponnèse, le premier élément voulut entraîner la ville dans la lutte, en la tenant pour liée envers Athènes par les obligations ordinaires d'une colonie à Tégard de sa métropole. Le parti péloponnésien s*y refusa. Pour éviter une guerre civile, on convint de s'en remettre à la décision de l'oracle de Delphes. Celuici répondit que les Thuriens devaient se considérer comme les colons d'Apollon, sans reconnaître de métropole spéciale dans aucune ville de la Grèce, ils se le tinrent pour dit et demeurèrent dans unelstricte neutralité, comme les autres Grecs d'Italie. C'était le temps même où venait de finir leur querelle avec les Doriens de Tarente pour la possession de la Siritide, querelle qui s'était terminée par la fondation d'Héraclée par les derniers. Mais quand la flotte athénienne, en route pour l'expédition de Sicile, se présenta dans la rade de l'embouchure du Crathis, le parti attique de Thurioi, fort de son appui, prit la direction des affaires. Les Athéniens furent accueillis fraternellement dans la ville, qui se déclara pour eux, leur fournit des secours et devint une de leurs principales bases de ravitaillement pendant le siège de Syracuse.
Après le désastre qui termina cette imprudente entreprise, c'en fut fait de l'influence athénienne en Italie. Une révolution ayant été à Thurioi la conséquence de cet événement et ayant amené le parti péloponnésien au pouvoir, son premier acte fut d'exiler les partisans les plus considérables et les plus ardents d'Athènes. Dans le nombre fut Lysias, alors âgé de quarante-sept ans ; il avait d'autant plus de mérite à s'être compromis à ce point pour la cause athénienne, que par sa naissance il n'était pas citoyen de
SYBARIS ET THURIOI 307
FAttique, mais simple isotèle. Banni de Thurioi, il retourna à Athènes, s'y mêla activement aux luttes politiques et y acquit la réputation bien méritée d'un des plus grands orateurs grecs. C'est évidemment alors que la constitution de Thurioi fut changée. Fondée sous les auspices d'Athènes, elle avait été d'abord une cité démocratique. Ses institutions populaires furent ensuite renversées, nous dit-on, et remplacées par un gouvernement aristocratique à la mode dorienne. C'est ce que Sparte s'étudiait^^à faire dans toutes les villes qu'elle arrachait à Athènes pour les soumettre à sa propre suprématie.
Le principal auteur de la révolution qui avait proscrit à Thurioi le parti athénien, était un Rhodien nommé Dôrieus, fils de Diagoras. C'était un des chef de la famille noble des Ératides d'Ialysos, qui se rangeaient au nombre des descendants d'Héraclès. La famille tout entière avait été bannie de son pays par l'influence des Athéniens, comme étant à la tète du parti aristocratique à lalysos. Ses membres avaient cherché asile en différents endroits, et Dôrieus, avec son parent Peisidôros, était venu s'établir à Thurioi. Il en était citoyen quand il remporta le prix du pancrace à Olympie en 432, 428 et 424, c'est-à-dire à trois' concours successifs. Sa haine contre 'Athènes était intense, on le conçoit facilement; et quand il put enfin donner cours à cette haine, son influence parvint non seulement à détacher les Thuriens de Talliance d'Athènes, mais à leur faire prendre une part active à la guerre en faveur des Péloponnésiens. Dès l'hiver de 412-411, il mettait à la voile avec dix Irières^de Thurioi, pour rejoindre à Cnide la flotte lacédémonienne. De là il entretint des intelligences avec les cités de l'Ile de Rhodes, et ses conseils eurent une part considérable à la révolution qui bientôt après y rétablit le gouvernement aristocratique, en leur faisant prendre parti pour Sparte. Dans Tété de la môme année, nous trouvons Dôrieus à Milet, appuyant les réclamations de ses équipages auprès de
3Ô8 La GRANDE-GRIÈCÊ
Tamiral Spartiate Astyochos, qui lève sonbâtbn sur lui pour le frapper. A ce spectacle, les matelots thuriehéî^uî étaient tous hommes libres et qui ri*avaient psls éridôrê'rh^biiuée de rinsolencelacédéiiionienné,'se riiutihen^ et-Veùïentmiôtitreen pièces Astyochos, lequel tfécHépjpeâ'léiihi(H*t <qxi'^ seréfugiant auprès d'un autel. Un iiôuVèràmiM- Mîiidâro^, rayant remplacé, Dôrieus fut envoyé â Rhodes À\éë Mite vaisseaux, pour réprimer un mouvement du ï)arti'athéïiîeïi et démocratique. Dans les derniers mois dé iil, àprês" te défaite de Mindaros à Cynossèma, il entra' daiisTHMlë^pont pour le rejoindre avec sa division na'v^Ie thiiritofte, qni montait alors à quatorze galères. Mais les Athénrene rayant attaqué avec vingt Vaisseaux avant qu'il tf eut pu opérer sa jonction, il fut obligé de tirer ses bâtlni^lit's' a isec auprès de Rhoiteion. La il se maintint vigoureusement jusqu'à l'arrivée de Mindaros, et le reste de la flotte^ e^thônienne étant accourue de son côté, Tàctiott devint gétii^rale. Ce fut Alcîbiade qui la décida, en survenant inoptnétïïettt avec des renforts importants pout' les Athéniens. ■ Qûat!^ ans après, Dôrieus fut capturé avec deux galères ^dé'Thurioi et conduit prisonnier à Athènes. Bien qti^il ^fût'iâbus le coup d'une sentence de mort prononcée coMt^e lui' par contumace pour haute trahison, le^ Athéniens, sensibles à sa stature athlétique, à sa beauté' et à là 'tiôblëèsé Ôè km attitude, le remirent en liberté ^àiis lui faire' p^'yëfde rançon. "■ ' '"' ' '''/•■''•■ -"i
Vers le même temp^ les fhurîeris se retirèrent d^lo^llltte, à la suite d'une nouvelle révolution dans leur dtêi'feWgarchie, que le parti pélopdnnésîeliàVâtitiiiîS'ehiiosBefesiOn du pouvoir, en avait àbûsé.'« Leshôbies,n6ûèdlt Atiét^tte, s'étaient servi de leuV autorité pour usui*pér Ifeiplupiâirtides terres au mépris des lois. » Lé peuplé prit 'bientôt Sô' 'revanche. Il fallait à tout instant fappielér^uS" les armes pour repousser les attaques des Lucaniens, qui dèvenaiefnt de jour en jour plus pressants. Un jour Tarmée, sortie
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de la ¥Ule^ refusa d'obéir Jt. ses officiers aristocratiques: eJH©'8'eï>feriïMi.dans les forteresses, et là se mit en grève, j^qu-J^ ce, qms, Von eut fait droit à ses demandes et répaii^l?/5,,, griefs. pQpfUaires. Il fallut céder, rendre les terres lUS^rpées et rps.tituef au peuple une part dans le gowieri^m^wt* . Il çem.blç.que les gens de Thurioi eussent -wtcj^du parjer des succès que les plébéiens de Rome .avaient obtenu dans .leurs deux sécessions sur le Mont- .Sacréj-çUi^^Set 448. Car ils copièrent exactement letir con- -dujitei,î^t joela avec. le. même résultat. La grève a été de tous l^s- teippe^ l^ .plv^s puiasaiite des armes populaires. Après la spq^s^'oji que ^ou§ yenops de raconter, les Thuriens en r^Yiprenli % une démocratie tempérée, qui admettait les distiDjOtioM . du cens pour Taptitude à occuper les magis- . tritures et à siéger au symbouUon ou sénat, mais en remettait au suffrage populaire l'élection des magistrats et la yotation . de.9 lois. Seulement on ne rétablit pas l'ancienne dii^o$iU<)ja, d'une ombrageuse jalousie, qui a pourtant toute Tapprobation d'Aristote et par laquelle il était défendu, .d^. recevoir upe seconde fois la même magistrature ^vantpun ^ntervallei de cinq ans.
Peut-rétre est-ce à ce moment que les Thuriens, dont les :loia civiles avaient dû être d'al^ord empruntées à Athènes, .adoptèi'^nt» .av» P?9in$ en. partie, celles de Charondas, qui vjom^Jwentd'un^îrépiftatiQn traditionnelle et étaient en Italie celles que suivait Rhêgion. Un certain nombre d'écrivainsi, die date.rjal^J,ijV^ept récente, prétendent que Charondas fut le ^pgislqtpur 4e Thurioi. Il y a là un gros anachronisme^ que..rou s'étonne de rencontrer sous la plume de Plutarqup* Charondas est cité par Aristote comme le plus ancien. des. législateurs grecs après Zaleucos; il appartient «eirtaiuawient au vn® siècle «et fut par conséquent de 200 ans environ antérieur à la fondation de Thurioi. C'est pour Catane,. sa patrie^ qu'il rédigea les lois qu'adoptèrent toutes les villes chalcidiennes de la Sicile etderitalie,etdontrious
ne savons guères autre chose que la renommée de sagesse dont elles jouissaient. Si les Thuriens les adoptèrent, ils cherchèrent à les compléter par des dispositions législatives à eux propres, oti ils déployèrent un esprit de grande subtilité. Leurs règles, pour la vente et Tachât des immeubles, sont citées comme un exemple des injustices où peut entraîner Texcès de réglementation et le désir d'enlever toute occasion de procès. Elles n'étaient, du reste, que le développement et comme la glose d'une des prescriptions de Charondas.
Au travers des vicissitudes que je viens d'esquisser, Thurioi, sans approcher de l'antique grandeur de Sybaris, était une ville riche et importante, qui mettait sur pied dans ses guerres 44,000 hoplites et 1,000 cavaliers. Mais en 390 sa puissance reçut un de ces coups dont on ne se relève pas. L'armée des Thuriens, mise tout entière en campagne pour repousser l'attaque des Lucaniens, avec qui Denys de Syracuse venait de faire alliance contre les villes grecques, se laissa attirer par eux dans une embuscade, à ce qu'il semble dans les environs de Lagaria ou de l'actuelle Rocca Impériale. Les Lucaniens s'étaient promis de ne pas faire de quartier; aussi 10,000 des Thuriens restèrent-ils sur la place. Le reste se réfugia sur une. colline près de la mer, et, apercevant des vaisseaux de guerre auprès de la côte, ils les gagnèrent à la niage, pensant que c'étaient ceux de Rhègion ou de Crotone. C'était, au contraire, une flotte syraeusaine que Denys envoyait à l'aide des Lucaniens. Mais Leptine, frère de Denys, qui la commandait, accueiUit avec humanité les fugitifs, engagea les Lucaniens à recevoir une mine d'argent pour la rançon de chacun des prisonniers, qui étaient au nombre de mille, se porta garant du paiement, et enfin rétablit la paix entre les Lucaniens et les Grecs. Cette conduite valut à Leptine une grande popularité en Itahe ; mais elle contraria les vues de Denys, qui espérait, à la faveur de cette guerre,
SYBARIS ET THURlOl 314
s'emparer de la Grande-Grèce. Aussi retira-t-il à Leptine le commandement de la flotte pour la donner à Théaridês, son autre frère. Et Tannée suivante, pendant qu'avec une armée de terre il assiégeait Gaulonia, ses forces navales furent dirigées contre Thurioi. La ville, désarmée par son désastre, était hors d'état de lui résister. Mais une tempête de vent du nord repoussa la flotte syracusaine qui venait en prendre possession, et les Thuriens, en commémoration de ce fait attribué à une protection divine, instituèrent des sacrifices annuels en l'honneur de Borée, sauveur de leur liberté. Protégée par Archytas, tant qu'il présida aux affaires de Tarente, la ville de Thurioi finit, après sa mort, par tomber sous le joug des Lucaniens, à une date qui demeure incertaine. Ce fut probablement à la suite de la grande défaite subie par les confédérés grecs auprès de Laos.
Pendant que cette cité, qu'Hérodote avait longtemps habitée et où il était mort, qui avait aussi compté Lysias parmi ses citoyens, se débattait ainsi daiis les luttes les plus pénibles avec les barbares, un de ses enfants, le poète Alexis, né vers 394, jetait un vif éclat sur le théâtre d'Athènes, où il était revenu s'établir, comme fils d'un ancien citoyen. Il vécut, dit-on, cent six ans et fit représenter 245 pièces^ fécondité presque comparable à celle de Calderon ou de Lope de Vega. Placé à la limite de la moyenne et de la nouvelle comédie, il fait la transition de l'une à l'autre. Ménandre, né en Attique en 342, fut son neveu et son élève. Alexis s'était, en rentrant à Athènes, fait réinscrire en tant que citoyen dans le dème d'Oion auprès de Décélie, d'où sortait son père. C'était, en effet, un principe des lois d'Athènes que les cléruques, envoyés aux colonies, ne perdaient pas leurs droits de citoyens dans la métropole et que leurs enfants pouvaient toujours les revendiquer.
Les Grecs de Thurioi furent délivrés du servage des Lucaniens par Alexandre d'Épire, qui voulut même établir sur
312 LA GRÂNDE-GRÈGB
leur territoire le siège des séaoees du conseil fédéral des GreCB <l'lt0lieiiafind'ieli eaiever la direiatio» aux Tarentins. Après 8»-mort) tesbarbapcside la Hioatagne reprirent ra&cendatitiet ipecomtoeocèreûtàppessier les Thumna^idont ilsTavagêaieilt périodiquement le' temtoine. Cléonyme. le Spartiate, dprèfl quele®^ Tarentins, qui Vavaienît appelé en Itaiièyefureasfct secoué le joug de sa tyrannie^ s;^aapara de Thurioi à son retour de Corcyre et en fit son repaire^ . Ce furent 'liôs' Romains qui, sur l'appel :des habitants^ vinrent en 302 ireùa -chasser. Ils se déclarèrent dès lors les. protecteurs des TliurieûSi et se firent dece protectorat ufi, titre pour intervenir dans les affaires de la Grande-^rèce. Bn.286^ les gens de Thurioi ayant fait un nouvel! appel au ^eeours de Rome aontre les Lucaniens,- la guerre fut déclarée ta ce peuple sur la rogatian dutribun, C. iEliua, à qui la ville décerna en reconnaissance les honneurs d'une couronne d'or et d'une statue. Oe ne fut, du reste, qu'une courte et peu séwieuse campagne., les Lucaniens ayant tout de suite lâché prise quand ils «e virent attaqués par les ftosnains. La guerre^ recommença plus sérieuse quatre ans après, en 282. Les Luoaûiens létant venus mettre le siège, devant Thurioi, sous la conduite de SteniusStatilius, le consul Fabrioius marcha contre eux à la tète d'une nombreuse armée-, les' battit en plusieurs rencontres et. les oontuaignit à la sottiûission.. C'est alors- que les Romains établirent à Thurioi Tflne. garnison légionnaire et une -station oavale def dixrgadèresà rembiouchupe du-Crathis. -
Nous- avôils' raconté^ en parlant de Tarente, oosameni ce fuTenAlesinsoientes provocations de l'escadre romaine qui, deux ans après, en 280, précipitèrent l'explosion de la gucurë eHlW'ks Tarentins et lesRomainis, dont le résultat fut d'aBoienôr Pyrrbos- :en Italie. Dès le lendemain jd^ 'jour où un accès bien légitime de colère patriotique entraîna les Tareotins à ouvrir les hostilités en attaquant les vaisseaux de Rome, un corps d'hoplites de la cité dorienne débarqua
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près de Thurioi et en chassa la garnison latine. Les Thuriens se ripent ainsi obligé de se joindre aux autres Grecs dans la lutte^ et de fournit* leur contingent aux armées que commandait le roi d'Épire. Mais quand celui-ci, définitivement vainèu à fiénévent, abandonna la partie et retourna dans son royaume, Thurioi, redevenue libre de suivre ses tendances, revint au plus vite et spontanément à Talliance romaine.
Elle finit cependant par devenir pesante aux Thuriens, qui aspirèrent à échapper aux liens de soumission qui les enchaînaient j sous le titre de confédération.* Aussi en 214, dan6 la deuxième Guerre Punique, se déclarèrent^ils en faveur d*Hannibal et des Carthaginois, en môme temps que toutes les villes voisines des Luoaniens et des Brut tiens. L'année suivante, il est vrai, Hannibal ayant été battu àBénévent, ils revinrent aux Romains, mais pour repasser aux Carthaginois trois ans après, en 210. Hannibal établit alors dans leur ville, comme colons, les habitants d'Herdonia d'Apulie, qu'il venait de détruire pour empêcher les Romains de s'y fortifier. Trois ans après, le désastre de l'armée de secours carthaginoise au Métaure l'obligeait à s'enfermer dans le Bruttium ; mais les Thuriens ne voulurentpas l'y suivre dans sa retraite, comme les Lucaniensetles gens de Métaponte. ïls revinrent donc encore une fois au parti des Romains, et le grand capitaine de Carthage les en châtia cruellement, en faisant^ dans l'année 204, au moment même où Scipion préparait son embarquement pour l'Afrique, un retour offensif sur leur ville. Elle fut livrée au pillage et 3,800 des principaux habitants grecs emmenés captifs à Crotone.
La guerre enfin terminée, Thurioi fut comprise dans les entreprises de colonisation, par lesquelles les Romains voulurent s'assurer, d'une manière définitive, la possession de l'Italie méridionale et y réparer autant que possible Tétat de dévastation inouïe dans lequel restait le pajs, après
tant d'années où il avait servi de champ de bataille aux deux armées. On ramena chez eux les gens d'Herdonia, et aussi ceux des habitants d'Atella de Gampanie qu'flannibal avait également établis à Thurioi ; on rapatria ceux des captif» de cette ville qui survivaient encore. Pui«, en Fan 193, une colonie militaire de droit latin y fut installée. Rome changea alors le nom de la ville, en même temps que sa condition. La nouvelle colonie fut appelée Copia, d'après Tabondance et la fertilité de son territoire. Il est, du reste, à remarquer que, lorsque Tite*Live, après avoir relaté en 194 la décision de Tenvoi de la colonie in Thurinum agrum^ mentionne son établissement en 193, il dit qu'elle fut installée in Castro Frentino. Ceci semble indiquer que déjà les Itahotes, sous lesquels Hannibal avait noyé la population grecque, en avaient changé la dénomination et l'avaient appelé Frentinum, au lieu de Thurioi. La loi Plautia-Papiria, en 90, fit de Copia un municipe de citoyens romains. Pendant un siècle et demi, la nouvelle ville fut prospère; tout le temps qu'elle fut colonie latine, elle jouit d'un droit monétaire restreint à la fabrication de petites pièces divisionnaires de cuivre pour sa circulation intérieure. Quant Sylla, après avoir vaincu Mithridate, revint en Italie combattre les partisans de Marins, c'est à Copia qu'il installa le questeur chargé du monnayage extraordinaire d*oret d'argent qui devait servir à payer ses troupes, fl mettait ainsi à profit l'outillage qui restait encore dans l'atelier monétaire de la ville, lequel n'avait été fermé que depuis peu, depuis la loi Plautia-Papiria. C'est là un des faits d'histoire dont la connaissance est révélée par la seule numismatique. Mais nous possédons encore des échantillons des espèces d'or et d'argent qui furent frappées dans ces conditions, et que le questeur mihlâire a signées de l'initiale du titre de sa fonction ; elles continuent les types des monnaies locales de Copia. La ville eut ensuite beaucoup à soufTrir dans les guerres
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serviles et civiles, par suite de sa position stratégique, qui en faisait une des principales places fortes de Tltalie méridionale.
Après avoir, échappé au blocus dans lequel le préteur Glodius Glabes avait cru pouvoir renfermer sur le sommet du Vésuve, après avoir battu Publius Varinius et C. Thoranius, saccagé sur sa route Nola, Nuceria, Cora et Métaponte, Spartacus surprit Copia et en fit sa place d'armes (73 av, J.-G.). C'est de là qu'il appela les esclaves des contrées voisines à la révolte, en rassembla une armée de près de cent mille, et se mit en rapport avec les pirates Ciliciens, qui tenaient alors la mer. Spartacus avait installé dans la ville des ateliers d'armes et des arsenaux. 11 en resta maître près de deux ans et ne l'évacua qu'en 71, à l'approche de Crassus, pour se retirer dans l'extrémité méridionale du Bruttium.
En l'an 48, tandis que César et Pompée étaient face à face en Épire, engageant la partie suprême qui allait décider du sort du monde, le préteur M. Cœlius Rufus souleva des émeutes démagogiques à Home en proclamant l'abolition des dettes. Expulsé de la ville par l'énergie du consul Servilius et du Sénat césarien, il appela à lui T. Annius Milo, l'ancien homme de coups de main du parti conservateur, que César n'avait pas voulu faire revenir de l'exil auquel le meurtre de Clodius l'avait fait condamner. Une fois réunis, ils tentèrent d'exciter en Campanie un mouvement en faveur de Pompée. Ayant échoué devant Capoue et Casilinum, ils gagnèrent eu toute hâte, suivis d'une troupe de gladiateurs et de malfaiteurs tirés des prisons, la Lucanie et l'ancien territoire de Thurioi, où ils espéraient entraîner à leur suite les pâtres des montagnes par l'appât du pillage. Là, tandis que Milo se faisait tuer d'un coup de pierre en essayant de forcer le préteur Q. Pedius dans Cossa (1),
(1) Cassano prétend moatrer dans la Torre d| Milone, le lieu mômç
Cf)&Jia3 &e présentait; à Copia ..et tentait.de gagner, à prix é^a^rg^nt, les cavaliers gaulois ei espagnols cjui y tenaient garçmsonk An lieu;deréûo«teir. eeux^L'airràtèrentcietle mi-
Un peu plus tard, dans sa lutte contre le Triumvirat, Sextus Pompée, maître de la mer, amenant sa flotte dans le golfe de Tarente, surprit Copia et la saccagea de fond en comble. La ville ne se releva .jamais complètement; sous FEmpire elle ne fit que végéter et s'éteignit par degrés. Au vi" siècle, c'était seulement, d'après ce que nous en dit Pl^ioeipf^iiM bwilgaaeloiatTeirteceÉsans^limtxinliaBCffo 1 r . î.vÇ'étaàlie^p^igidlftnt lel siégetfmï évécçneyaïaiipagrtaitle titre à^^Tk(tfnmu^i()^tTkA AU'ïi^«ièdfi,ila ville
^aiVftât dwîîéàrlft reiigiôa .Bouvelle.wn d^jsefciohefe^ le P^pe &^îTélfesplioreviinartyF:et ^mecesseiaur de Su ;Sy»te>au'Xyste. M^Wté (JftnsjJ^ chaire .poŒttificaleieo: i4ï,;sousi, Aïktotin le ^mux^\ iTiéleapfeDreroei(îi*paî0naB!ansjetitiî«i» moisv el^après yQQ .Bpt?(rtryTO iUutdépîOsé^.auplrèadu ,carp(s de &j Pi«raîe,idans 1^ pUïHQtièiPeiVatiQaffli:- OaluiatAribue des pèglemeiH^>sur le j^ftn€dqi4adi:«gésimaLet l'iaa«titutioa de la m^aei^e jÉninuit <feigqun4e:Noëli.î.Mais,eeci eetisérieuseœentccmtestéi.' Jean^ •éy.Qqw^'de Thurài^figuflre.auifljrnoide :romain 'tem an 499 SQUS.^^'PiE^pe .gymmarque, et son. successeur fThéopbile au Jiwoile œtï^irnéndque de G©nistan1.inorplé: ea GSO^eit ^ 681^ On ne 4«C)^uye paiS.dementJoa postérieure! des évèqiWMSide cette
:S^ i(te3itruetioin4léânitiv.e B'a pas laissé, de s^Druvenir dans ri^istpip^-'BlteeetiévidemrneiiitrjDien.ài l'époque des. invasions î sarraaiaeai . Gassano aYûit hérité de sa population et ; étôit la seule -vilte . importance, du bassBo ipiférie-w ^ du CrathiH au «i^«ièeley:l0rs.que:teaiArabea la brflôièîTenteo partie m (10dA„ «t ien. .1X)3(I )SÎenireiiidiilpejat maîtres ; pour qnelque
où il ^trt tiii; mais ^a' détcrmiiiiatidû de ce lieU ne fepôsil pas sur une tradition réellement ancienne.
STBAKIS A THURIOI 317
temps, A la saitede ce dernier «éyéneitient, le catapan byzantin Potho^^ »é hâtei d'accouràrde Bapi airc(5 unéi aT^mée grecque pùur . en diasser les Muffalmanfii ^ '■ msM ih essuya une sanglante défaite dans la plaine en avaikt de > Cas-»
•: •! ■♦.! (;•. T.'''»!;- i! r) ■«:•') '."î.! • ■' /''il " '- î' '»'•
La rente qtii'de RossantD et de Corigliano' va<t*ejdiiidï^', entre Tavsiia et SgpesB^u^ Albane^e,^ la t*oute royale de Naples à GaseaMaietà Reggio^ traverâe te Ci»ati;' à 47 tofôniètrès dé som embouchure, ^ur le seiulpotnt <;tij existât kianii^ tout^'cette régioar ayant la tstxnstk'uctîon de celUl dû ehemin de fe^ au milieu de lamareimme, le seul qui eheore auj ourd'lmi sn S4Dit laccessible. aus- yoitures : lÉ^imédiateritieilt au-desBO$' ide ce ^ppnt, > sih* te' pive giandhè,! > une' ^batotè^tir asseï^ élevée porte à son sommet le baurg de Terrânova di Sibart, ver» -lequel la route ; teonte en lacets: 'Ce ibouJ-g, donionîneiicommenoeià'trcMiter lamentions oeétaiïië'qiz^a'u xiv^ siècle; Compte auj^itt>rd/hui: 8,000 liaMtanti eiivîMû.'Si Ton descend la rive droite- du .fleuve, à: e'itilonllèti^énà' en avant 'dfu çônt d© Terranôvaj -Von> arrivq à 'UflJ plateau médîooreme»li{élevé^ (Jmis'avateeiett' promontofa^ei au^defesus d'un coude du fleuve et le domine presque à pic. La 'riui?faoe de 'oe ipl^ateau est couverte fie ruines (dé constructions antiques^ as^es multipliées pour indiquer' ciéit-emënt^qiie Ton est^^premplacemieiait d'uneville^ renversée e>b'6nsevéilie sous ses propnes-déeombreSi -Les mêdiesifuinesj èiti^m serrées et offrant iemême earaetèr^,'se'retroùvent de Fautre côté da'(?aUoi)ipar 6ù le torrent^dt* 'Mosoiitd,rëb^ti>4lL massif de la Sila, va se jeter dans le Crati, sur le mamelon où se dresse la Torre djella Caccia di Eavella délia Corte, bâtie dans le moyen âge avec des débris antiques. Dans le
vallon elles sont moins nombreuses ; mais on peut les y suivre encore.
Ces ruines informes, où l'on ne distingue le plan d'aucun édifice, sont celles de Thurioi, ou plus exactement de Copia, car on n'y observe à la surface du sol rien qui remonte plus haut que Tépoque romaine. Toutes les maçonneries visibles sont en briques, en opus reticulatumeten blocage de béton. Il y fut trouvé jadis une inscription de Tépoque impériale, parlant de la construction d'une basilique par deux censeurs municipaux, P. Magius et Q. Minùcius. Pour rencontrer les restes de Tépoque grecque et surtout de l'âge de la fondation de Thurioi, au v* siècle avant l'ère chrétienne, il faudrait fouiller à une certaine profondeur, sous la couche romaine. Les anciens, dans les reconstructions successives de leurs villes, procédaient tout autrement que nous. Ils ne déblayaient pas le sol des constructions antérieures, mais au contraire remblayaient celles-ci et bâtissaient par-dessus. Et c'est ainsi que le terrain s'y exhaussait avec une rapidité qui nous surprend aujourd'hui. Mais la Copia romaine occupait le même site que la ville grecque de Thurioi et en avait conservé le plan, puisqu'elle s'enfermait toujours dans son ancienne enceinte, où la diminution du nombre des habitants devait seulement laisser des espaces vides. La disposition de la cité en forme de rectangle, indiquée par les écrivains anciens, est parfaitement claire sur le terrain. Le plus grand développement en était du sud- ouest au nord-est, du commencement du plateau auquel la multiplicité des ruines qui le couvrent a fait donner le nom de Le Muraglie à la tour médiévale dont je parlais tout à Theure, sur une longueur de 2 kilomètres et demi environ. La largeur, du nord-ouest au sudest, n'en était pas tout à fait d'un kilomètre. L^agora devait se trouver dans le vallon du Mosolito, entre les deux collines, et tout auprès jaillissait la fontaine Thuria, qui avait donné son nom à la ville. Cette source existe encore, sous
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le nom de Fontana del Fico, et les paysans du voisinage en ont curé et rétabli les conduits antiques pour leur 4aropre usage, il y a une dizaine d'années. Elle ne tarit jamais en aucune saison, et donne une eau d'une fraîcheur et d'une pureté exquise.
Un ravin, appelé Valle del Marinaro, sépare le groupe oriental des ruines de la ville du plateau de La Gaccia di Favella délia Gorte, appartenant au prince de Piedimonte, qui y a une maison destinée à servir de rendez-vous de chasse. Toute la superficie en est occupée par une vaste nécropole, que recouvre actuellement un bois taillis servant de réserve pour le gibier. Les tombes, en forme de sarcophages, composés de dalles de tuf et recouvertes d'autres dalles posées à plat, y affleurent partout la surface de sol. Les paysans y font souvent des recherches clandestines et en retirent des vases peints à figures rouges, pour la plupart de l'époque de la décadence. De distance en distance, au milieu de ces sépultures, qui sont celles du vulgaire, des tombes de personnages plus importants sont indiquées par des tumulus, quelquefois d'un développement considérable, que dans le langage du pays on appelle timponi quand ils sont de grande proportion, et timparelli quand ils sont plus petits. L'étendue apparente de cette nécropole est de deux kilomètres. Mais Içi chaîne des tumulus de dimensions diverses est bien autrement prolongée. On en rencontre encore, échelonnés à d'assez grands intervalles, sur une ligne qui se suit dans la direction de Test-sud-est jusqu'à la Torre di Ferro, jalonnant la rive droite de Tancien cours du Grathis ; deux, les Timparelli Abbenanti sont sur la rive gauche, au milieu des prairies. A l'est de la Torre di Ferro et de la ligne du chemin de fer, en allant vers la mer, ils se multiplient de nouveau, et l'on en compte trente-huit, tous importants et quelques-uns énormes, qui forment une série continue sur un parcours de 4 kilomètres, dessinant clairement la di-
rection du cours antique du fleuve, qu'Us longeaient, et la courbe du rivage méridional de Tanse qui servait de rade à Tembouchure du Crathis et du Sybaris, aujourd'hui -comblée par des atterrissements modernes. L'épaisseur des alluvions formées depuis l'antiquité ne permet plus ici de reconnaître si, comme il est probable, des tombes plus modestes environnent les tumulus ; des excavations permettraient seules de s'en assurer.
Le gouvernement italien a fait exécuter en février et mars 1879, sous la direction intelligente de M. l'ingénieur Cavallari, de Cosenza, des fouilles dans la nécropole de la Caccia di Favella. On a ouvert un certain nombre de tombeaux, qui avaient été déjà violés et où l'on n'a rien découvert de plus ancien que l'époque où fleurissait Thurioi. L'entreprise principale a été l'exploration du plus grand tumulus de la région, cône surbaissé, d'une hauteur de 9 m. 30 et d'un diamètre de 28 mètres à sa base. En l'éventrant de part en part jusqu'au sol vierge, on a constaté que, pour la sépulture du mort auquel ce monument avait été consacré, les Thuriens avaient creusé d'abord une fosse peu profonde sur laquelle avait été disposé le bûcher. Après jla crémation, l'on avait laissé intact l'amas de charbon et de cendres qui en était résulté ; les ossements calcinés du défunt y étaient mêlés et par leur position laissaient voir qu'il avait été couché sur le bûcher, la tète du côté de l'occident, paré de bijoux qui ont été retrouvés en partie non altérés par le feu. Un linceul blanc avait été soigneusement étendu sur ces cendres ; au moment de l'ouverture du tombeau il apparut un moment intact, mais tomba bientôt en poussière au contact de l'air. Cette première opération terminée, les ensevelisseurs avaient construit autour des restes du bûcher un sarcophage, long intérieurement de 2 m. 80 et large de 1 mètre, fait en grand blocs de tuf, avec un épais couvercle en dos d'âne, composé de trois morceaux. Dans le sarcophage on n'avait déposé, en fait d'objets,
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que deux cassettes de bois incrusté d'élégantes palmettes d'un boisplus précieux, qui avaient été placées àla tète et aux pieds du mort ; les fragments ont pu en être préservés. Autour du sarcophage, extérieurement, des vases de terre peinte avaient été rangés ; on n'en a retrouvé que les débris, écrasés par le poids delà masse de terre qu'ils avaient eu à supporter. En effet, c'est par-dessus qu'avait été élevé le tumulus, composé de quinze couches différentes de terres amoncelées successivement. Aux deux tiers de la hauteur et au sommet, deux couches de charbons mêlés de fragments de vases peints brisés, semblaient attester des sacrifices funèbres offerts sur le tumulus pendant sa construction, sacrifices à la suite desquels ont aurait rompu les poteries qui y avaient été employées.
Parmi les bijoux recueillis au milieu des cendres étaient deux petites lames d'or très minces, plusieurs fois enroulées sur elles-mêmes. Soigneusement déployées au Musée de Naples, on a reconnu qu'elles étaient couvertes d'inscriptions grecques tracées en caractères très fins, qui ont été étudiées et déchiffrées par le savant professeur Compare tti, le premier helléniste de l'Italie. L'une de ces inscriptions est une invocation, conçue dans un dialecte singulièrement mêlé de formes attiques et doriques, qui donne peut-être une idée de ce qu'était le parler de la population de Thurioi, composée en même temps d'Athéniens et de Péloponnésiens. Elle s'adresse aux principales divinités de là théogonie de l'orphisme, Phanés, Prôtogonos, Gè ou la Terre, qualifiée de mère universelle (naixjAàxwp), Cybèle, Dêmêtèr et Gorê. Ce qui rend cette invocation très difficilement intelligible, c'est qu'elle est entrecoupée de ces mots mystérieux et barbares qu'on employait dans les cérémonies magiques et qu'on inscrivait sur les talismans. L'autre inscription n'offre aucune difficulté dans son explication. C'est un adieu au mort, composé de vers de mètres divers, puisés à droite et à gauche dans des hymnes mystiques.
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« Quand rame abandonne la lumière du soleil, elle a « affaire à celui dont la pensée est droite et juste, qui obt serve toutes choses et qui en tient compte. Adieu! En « souffrant la mort, tu n'as en réalité rien souffert. D'homme f misérable,tu deviens dieu. Tu es comme un chevreau « qui se baigne dans le lait. Adieu ! adieu ! toi qui prends la « bonne route vers les prairies sacrées et les bocages de f Perséphonê. »
Nous avons ici l'afârmation énergique de la vie future et de la béatitude éternelle des justes, sous la forme symbolique qui lui avait été donnée, au témoignage de toute l'antiquité, dans les mystères d'Eleusis et qui était aussi admise dans les mystères dionysiaques de la Grande-Grèce. Le grand tumulus de La Caccia di Favella recouvrait donc le corps d'un personnage qui avait été initié à ces derniers mystères, pénétrés d'influences orphiques. La forme des lettres employées dans les inscriptions des lames d*or et le style des fragments de vases à figures rouges recuellis dans la fouille, attestent qu'il reçut la sépulture aux alentours de l'an 400 av. J.-C, c'est-à-dire au temps le plus florissant de Thurioi.
Depuis, de nouvelles fouilles dirigées encore par M. l'ingénieur Cavallari, au commencement de 4880, ont amené l'ouverture de trois autres tumulus de la même époque^ où Ton a trouvé, toujours à la même place, trois autres lames d*or portant des formules mystiques analogues. Le mémoire, lu à l'Académie des Lincei de Rome, que M. Comparetti a consacré à leur étude, n'a pas encore paru lorsque j 'écris ces pages. Nous savons seulement que les mêmes idées eschatologiques s'y trouvent exprimées, dans des termes tout à fait analogues (1). On avait déjà plus ancien-
(1) Pendant Timpression, je reçois la publication de M.. Comparetti. Je puis donc en extraire la traduction du texte des nouvelles lames d'or de Thurioi, dont le début répète toujours les mêmes formules.
Première lame :
SYBaRIS et TttURlOI 343
nement découvert dans des tombes helléniques, sur d'autres points de la Grande-Grèce, des monuments de la même nature et nous y reviendrons dans un autre chapitre, en essayant de préciserles croyances auxquelles ils se rapportent.
A part les lames d'or, qui ont été envoyées à Naples, tous lés objets trouvés dans les excavations forment le noyau d'un petit musée du municipe de Coriglîano. La collection, quoique bien restreinte encore, mérite la visite du voyageur archéologue. C'est d'ailleurs à Corigliano que Ton fera bien de descendre pour visiter les sites de Thurioi et de Sybaris. Là, seulement, le touriste peut trouver des voitures à louer et une bonne route qui l'amènera
« Je viens du milieu des hommes purs, 6 vous, pure Reine des entt fers, Euclès et Eubuleus, et vous tous, dieux bienheureux I Car je me <c vante d'appartenir à votre race fortunée. Mais la Parque m'a terrassé, « et les autres dieux m'ont abattu de leur foudre et de leur tonnerre, a Je me suis envolé du cercle du deuil et de la souffrance; d'un pied « rapide j*ai gagné la couronne désirée, et je me suis glissé dans le sein « de la Dame reine des enfers. Heureux et bienheureux, tu vas être, « ô moi-même, un dieu au lieu d'un mortel. Je suis comme un che- « vreau qui se baigne dans le lait. »
Deuxième et troisième lame (le texte y est identique) :
« Je viens du milieu des hommes purs, 6 vous, pure Reine des en- « fers, Ëuclês et Eubuleus, et vous tous, dieux bienheureux I Car je me « vante d'appartenir à votre race fortunée. Mais j'ai payé la peine de « mes manquements à la justice. La Parque m'a terrassé, et les autres « dieux m'ont abattu de leur foudre et de leur tonnerre. Et mainte- « nant je viens en suppliant devant la sainte Perséphonê, pour qu'elle « m'introduise avec bienveillance dans les demeures bienheureuses des « hommes pieux. »
Nous avons là, bien évidemment, des fragments d'une liturgie.
La même livraison des Notizie degli scaviy publiées par le Ministère de l'Instruction publique du royaume d'Italie, m'apporte une inscription grecque en caractères achéens de l'époque lapins archaïque, découverte depuis mon voyage auprès de la Massaria di Sansone, dans les minet de Métaponte, inscription dont je n'avais pas connaissance en rédigeant le chapitre relatif à cette ville. Elle établit que le temple situé sur ces emplacement était dédié à Apollon Lyceios.
sans difficulté sur le terrain où les antiquités sont visibles. En s'arrôtant à la station de Buffàloria, Ton ne trouverait pas d'autres moyens de transports qu'une misérable charrette, avec laquelle il faudrait se lancer dans les chemins remplis de fondrières de la maremme, et, A moins de se condamner à un énorme détour pour gagner le pont de Terranova, on n'aurait pour traverser le Grati qu^fi gué singulièrement large, profond et dangereux, que des buffles vous font passer à grand peine et qui devient absolument impraticable après toutes les pluies. •
J'ai parlé d'abord de Thurioi, parce que cette ville seule a laissé des ruines visibles et appréciables, qu'on doit prendre pourpoint de départ dans Fétude de la topographie de la contrée et dans la recherche de l'emplacement, si contesté jusqu'ici, de Sybaris. Aucun vestige quelconque ne marque cet emplacement. Mais, à mon avis, sa détermination, sur les lieux mômes, est mathématiquement certaine, et résulte des indices topogrnphiques les plus formels. Si la question a paru obscure, c'est que, jusqu'à ce jour, presque aucun savant n'a pris la peine d'aller l'étudier sur place ; les géographes ont voulu la trancher de loin, d'après des cartes très imparfaites. Les conclusions de mon exploration personnelle sont, du reste, absolument conformes à celles des études de M. l'ingénieur Gavallari, qui, en publiant tout dernièrement un magnifique plan de la contrée au 1/50,C00, a donné les moyens de les contrôler à la classe nombreuse des topographes en chambre-
Trois faits, attestés parles plus hautes autorités de l'antiquité, dominent toute la question du site de Sybaris, et ne permettent de le placer que sur un seul point •
La ville de Sybaris était dans le fond de la.valléey entre les deux fleuves Crathis et Sybaris, qui coulaient alors parallèlement, séparés quoique très voisins, jusqu'à la mer, au lieu de se réunir en un seul comme aujourd'hui.
Après sa destruction, les Crotoniates détournèrent le
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cours du Crathis pour le foire passer sur remplacement de la ville, et par là le conduisirent à terminer sa course, jusqu'à la mer, dans le Ht qui était originairement celui du Sybaria seul.
Au temps d'Hérodote, Tancien lit desséché du Crathis était parfaitement visible immédiatement auprès de Thurioi. On rappelait Crastis, et c'était sur ses bords que se trouvait le temple d'AlhènêCrastia, la déesse dont la tête décore les monnaies de la troisième Sybaris et de la ville fondée par les Athéniens.
Bien que vingt-trois siècles se soient écoulés depuis Hérodote, le lit desséché qu'il signale est encore très bien conservé et se suit sur le terrain, où il forme un ravin profond, sur un parcours de 5 kilomètres 1/2, depuis le pied du plateau des Muraglie, que le fleuve enveloppait originairement de trois côtés, jusqu'au remblai du chemin de fer. Il court directement du sud-ouest au nord-ouest, passant par le vallon du Marinaro et laissant sur sa gauche le mamelon qui porte les ruines de l'extrémité orientale de la ville de Thurioi. On l'appelle encore Crati Vecchio. Ce lit plus droit avait une pente plus rapide que celui du Crati actuel. Les eaux du fleuve étaient donc moins stagnantes, ce qui diminuait beaucoup l'insalubrité du canton. Au delà du remblai du chemin de fer, le lit originaire du Crathis se perd dans les prairies. Mais la ligne serrée des tumulus appelés Timpe del Marchese, qui en jalonnaient sûrement la rive droite, en marque le tracé jusqu'au grand tumulus du Parce Calzetta, élevé au point même où il se jetait dans le mer.
C'est donc sûrement du bas de l'extrémité nord du plateau des Muraglie que les Crotoniates, en 540, ouvrirent la saignée destinées submerger la ville qu'ils venaient de détruire, et à en ensevelir les ruines sous Taccroissement rapide des alluvions du fleuve. Le lit artificiel qu'ils donnèrent ainsi au Crathis, au lieu de suivre la pente natu-
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relie du terrain, se dirijs^e d'abord droit vers le nord, revient ensuite au sud, pour remonter axi nord et revcinir encore au sud. Ces méandres ealculés pour faire f>asser et repasser les eaux sur un espace de terrain assez restreint» donnent bien Fidée d'un travail conçu pour l'objet que poui^ suivaient les Crotoniates, Comme ilsserepMent sur un niveau absolument horizontal, le fleuve y dort paresseusement et y étale ses eaux sur une grande largeur. Il ne reprend un peu de pente qu'au delà du gué appelé Passo dei Bufifali, pour aller rejoindre le Gosdle, Taneien fleuve Sybaris.
De ces circonstances topographiques, singulièrement claires sur les lieux, mais dont on peut aussi se rendre compte sur le plan, il résulte que le site de la grande cité achéenne ne peut être cherché qu'entre le point oùle.Crati abandonne son lit primitif, et celui où il s'unit au Coscile, dans le fond de vallée que bordent au sud les collines de Thurioi, au nord celles de la Serra Pollinara, puis le cours du Coscile, et où le Crati décrit les sinuosités dont je viens déparier. Or ce fond de vallée offre précisément la superficie de Taire que réclamait l'établissement d'une ville de l'étendue que les témoignages anciens attribuent à Sybaris. Deux circonstances viennent encore confirmer cette détermination d'emplacement. Il y a quelques années on a retiré du lit même du Crati, sur un des points du parcours que je viens d'indiquer, de grandes dalles de tuf provenant du pavement d'un édifice important; elles ont été employées dans une construction voisine, du canton appelé Pattursi. Près de là, on remarque aussi dans le lit de la rivière un mur de construction hellénique fort ancienne,:gui a été déjà signalé par Keppel Craven et qui doit provenir d'une enceinte fortifiée. Au-dessus de ce point même,, sur un étroit promontoire détaché des collines de la Serra Pollinara, une fouille dirigée par M. Cavallari a fait retrouver les restes d'un petit temple, dont il n'a pas pu achever le
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déblaiement, mais dont les antéSxes de terre cuite portent incontestablement le cachet de Tart archaïque du vi» siècle avant notre ère. C'était une chapeHe que les Sybarites avaient élevée à quelqu'un des dieux, dans le voisinage prochain de leur ville.
Nous somtties donc certains de l'endroit où la magnifique et molle Sybaris dort, depuis vingt-quatre siècles, sous l'herbe luxuriante des prairies, couverte de l'épais linceul d'alhivions qui n'en laisse plus apparaître au jour un seul vestige. Malgré cette absence de toute ruine extérieure, c'est à coup sûr qu'on peut y ouvrir le sol pour la chercher. Elle est là, sur cet emplacement si bien délimité, et ne peut être nulle part ailleurs* Seulement les fouilles y demanderaient des frais énormes. C'est par centaines de mille francs qu'il faudrait en établir le devis à l'avance. Il s'agit, en effet, d'aller chercher le sol antique sous 8 ou 6 mètres au moins de limon, bien au-dessous du niveau actuel du sol, dans un terrain où l'on rencontre l'eau à 1"7S de profondeur. Aucun travail n'y est donc possible sans installer des pompes à vapeur fonctionnant constamment pour épuiser les tranchées.
Mais aussi quels merveilleux résultats attendent celui qui aura le courage d'entreprendre cette tâche herculéenne ! Quelles que soient les sommes à dépenser, on peut tenir pour assuré qu'on n'aura pas à les regretter. On parle beaucoup de la science dans le temps actuel, et certainement les pouvoirs publics déploient la plus louable Ubéralité pour servir ses intérêts et contribuer à ses progrès. Mais chez nous, dans les sphères officielles, on est trop disposé à ne faire profiter de ces dispositions libérales que la chimie, l'astronomie ou l'histoire naturelle. Loin de moi la pensée de me plaindre que l'on fasse trop pour elles. Seulement il serait temps de s'inspirer un peu de l'exemple donné aux assemblées de notre pays par la Chambre des Communes d'Angleterre et le Reichstag de Beriin,dans les
larges subventions qu'ils ont accordées sans marchander aux fouilles d'Halicarnasse, d'Éphè&e, d'Olympie et de Pergame. L'exhumation des grandes œuvres de Tart antique n'est pas un moindre service rendu à la civilisation que la découverte d'une combinaison chimique inconnue ou d'un nouveau corps simple. On le comprend à l'étranger; on le comprenait autrefois dans notre pays, mais voilà trop longtemps que la France a cessé de tenir un rang digne d'elle dans la carrière des grandes explorations archéologiques, des fouilles monumentales, où elle a récolté autrefois tant de gloire avec l'expédition d'Egypte, la commission de Morée, les travaux de Champollion et de Botta, et où ses rivaux s'honorent aujourd'hui. On se préoccupe de relever le niveau des études classiques, de leur rendre la vie qu'elles ont perdue. Le premier et le plus sûr moyen de reporter sur elles le goût public est d'intéresser l'honneur national à ces entreprises, qui servent si puissamment l'art et l'érudition, et qui réveillent de leur tombe les splendeurs du passé. Mais il importe de se hâter, si nou,s voulons nous décider à renouer la chaîne d'une des plus J)rill(antes traditions de notre pays, en rivalisant avec l'exemple des Anglais et des Allemands. Le nombre des localités du inonde classique oùldes fouilles peuvent être vraiment fructueuses n'est pas illimité. Quelques-unes des mines dont l'exploration paraissait devoir être la plus productive, et l'a été dans la réalité, sont déjà épuisées. C'est à peine s'il en reste cinq ou six encore auxquelles personne n'a touché, mais qui ne peuvent demeurer bien longtemps intactes. Craignons qu'un jour prochain ne vienne, où les gouvernants de la. France se repentiraient trop tard de leur longue indifférence en voyant qu'ils auraient laissé passer, pour qu'elle ne se retrouve plus, l'occasion d'ajouter un fleuron nouveau à la couronne de notre patrie.
De tous les lieux dont l'exploration archéologique au moyen de fouilles reste encore à faire, celui où elle don-
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nera les résultats les plus sûrs et les plus capitaux, je n'hésite pas à le dire, est Sybaris. La destruction de cette ville a été si brusque qu'elle peut se comparer à celle des villes ensevelies par le Vésuve dans son éruption de Fan 79. La haine des Crotoniates a renversé les édifices de la cité proscrite, mais cette destruction même, ainsi opérée, en a mis les débris à couvert des ravages ordinaires du temps. La précaution prise par les destructeurs pour faire disparaître en peu d'années les ruines qu'ils avaient faites, sous le limon apporté par le fleuve, a été aussi conservatrice que la pluie de cendres du volcan de la Campanie. Elles ont échappé par là à ce lent anéantissement qui attend toutes les ruines que Ton peut exploiter en guise de carrière. C'est un véritable Pompéi du vin® au vi*" siècle avant l'ère chrétienne, qui est enfoui sous la maremme où serpente lentement le Crati. Et c'est même trop peu que de dire un Pompéi, car il ne s'agit plus seulement là d'une petite ville de troisième ou quatrième ordre, mais bien de la plus grande et de la plus riche cité de l'époque. Une civilisation tout entière, encore imparfaitement connue, sortira de ces ruines. Ce sera une véritable résurrection, qui la prendra sur le point même où elle avait atteint son plus haut degré de développement, et cela sans aucun mélange des âges postérieurs. Le sol de Sybaris, sous la pioche des excavateurs, rendra le tableau complet de la culture grecque dans les siècles où précisément elle commença à avoir conscience d'elle-même, et à prendre une physionomie propre. Peut-il y avoir quelque chose de plus intéressant pour l'histoire?
Songeons que les temples de Poseidonia-Psestum sont un des types les plus justement admirés de l'architecture grecque dans ce qu'elle a de viril et de plus grandiose. Or, ces temples ne sont que ceux d'une ville secondaire, colonie de Sybaris, et le plus beau de tous a été élevé dans le temps où Poseidonia en dépendait et devait en recevoir ses
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artistes. Que doivent donc être ceux de sa métropole. Il y a certainement, sous les couches d'alluvion qui recouvrent Sybaris, des temples aussi gigantesques que ceux de Sélînonte, avec des sculptures du même temps, et plus intéressantes encore peut-être, qui gisent renversés, mais sans qu'aucun débris ait jïu en éïi^^diiitràit. Voilà ce que des fouilles poursuivies sur une grande échelle dans la vallée du Crati restitueront au jour, ce qui viendra récompenser les efforts et les dépenses de ceux qui les entreprendront. Les obstacles à vaincre sont grands, mais ils ne sont pas insurmontables. Les Anglais ont rencontré les mêmes à Éphèse, et ils en sont venus à bout. Et la Grande-Bretagne ne regrette pas aujourd'hui les sommes énormes que son Parlement a mises à la disposition de M. Wood, pour retrouver le temple d'Artémis Éphésienne.
Les fouilles de la nécropole dé Sybans rencontreront moirife de difficultés et demanderoht moins de ffaîs. Bans leur geiire elles né seront pas moins importantes, W moins fructueuses. Ici l'on sera sur un terrain plus solide, et la ligne dés tnmùlus déterminé sans hésitation possible les points où on là frouvera. On pdurrait'conimencer par là, pour satisfaire l'impatience de ceux qui demandent des résultats immédiats, et encourager ensuite à poursuivre la partie principale de l'entreprise, tiiaiis aussi la phis difficile et la plus coûteuse, Içs fouilles de la ville même. Si J'avais voix au chapitré, si Ton me demandait une direction et des conseils, j'îndi^ueraiis Comme premier' début, pour lequel suffitàit'ùtiè courte catnpagne d'essai et une dépensé relativement minime, Texploration des griahds tumulùs les plus vèi^ins de la mer. Ils recèlent indubitablement sous leur masse des sépultures importantes, et il y à dë'^randes probabilités à ce que ces sépultures soient de l'âgé de la splendeur de Sybarîâ. '