‹ La grande guerre ecclésiastique [microforme]Chapitre 18 sur 38 · OS RURRAPEN ER EE · texte numérisé non relu

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dans les leçons qu'il vous a faites, avait toutës mes sympathies. Et je le place ici près de moi comme mon bras droit dans la presse après l'avoir approuvé sous mon nom daus mon journal, afin que cet énorme audi- «toire comprenne bien qui je biäme «el qui J'accepte. »

Si V.G. ue veut pas croire que la chose a été comprise ainsi par Lout le monde, Evêques, prêtres et laïcs, Elle sst encore plus aveuglée que je le pensis par la conviction que plusieurs de ses utimes lui attribuent, que ne faisant jamais rien d'important sans con:

suiter le St. Esprit, Elle est habitueilement guidée par lui. Voilà l'idée que les flatteursde V. G. donneufau public de son humilite !

Ainsi donc sur dix Evêques présents, et sur plus de 400 prètres, il se trouve que l’on a choisi pour les parties saillantes des cérémonies précisément les trois hommes qui devaient déplaire davaniage à l'Archevêque, le principal invité de V.G. Etil y a des gens qui supposent le public assez obtus pour croire, par cela seul qu’on le lui dit, que le plus pur hazard a déterminé ces Choix !

Parmi les laïcs, Mgr. quand nous invitons quelqu'un à quelque fête de tamille ou à quelque réunion d'amis, nous veillons avec le plus grand soin à ce qu'il ne lui arrive rien de désagréable, et nous regardons comme s'adressant à nous mêmes tout manque d’égards envers nos hôtes. Et quand malheureusement telle chose arrive, nous ne voyons rien de plus impérieusement obligatoire que d’en offrir avec empressement et regret nos excuses. Quant à celui qui se rend lui:même coupable d’inconvenance envers ses hôtes, j'évite de coucher ici les expressions qu’on lui applique. Je vois qu'il en est autrement dans le monde ecclésiastique, au moins dans celui äu Diocèse de Montréal. Et ce

sera toujours, Mgr., un sujet d’étonnement et de stupeur pour ceux qui ont la compréhension des convenances, que V. G. wait pas un instant songe à exprimer publiquement ou privément ses regrels à ceux à qui l’on

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a fait subir toutes ces avanies, et qui l'ont compris ainsi. Ce fait seul dé.

montre que lon avait un objet en vue, Mais iciencore, sans aucun doute, V. G. persisiera à croire qu’Elle seule a raison et que tout le monde a tort.

Voici Mgr. l'impression qu'on reçu de tout ce qui s'est passé un nombre infini de personnes qui pourtant n'ont

jamais été hostiles à l'Evêché, mais

que l'évidence des faits domine.

«1 n’est pas admissible que le choix des troix prêtres désignés pour prédicateurs et assistant au trône ne soit que l'effet du hazard. Li hazard seul ne fait pas choisir ainsi précisément les hommes qu'il faut écarter, El n’est pas non plus admissible que des sermons qui ont été tous deux fortement désagréables à une si grande portion des auditoires, mème ecclésiastiques, soient aussi le pur effet du hazard, On peut faire croire ces choses aux imbéciles, mais non à ceux qui comprennent ce qu'ils voient. Ilest donc évident que l’on avait quelque part lin tention de donner une leçon à plusieurs des invités. On peut sans doute nier cette intention, mais les paroles ne tiennent pas contre les faits. Etaitce là une occasion convenable de donner cette leçon ? Certainement non, car mème quand on invite un adversaire, on doit le traiter comme ami tant qu'il est notre hôte, sinon lon manque autant au bonsens qu'aux convenances, Et pourtant le fait de la leçon donnée aux invités existe, crève les yeux. On voulait donc les punir de quelque chose ; et c'est en organi sant les détails de la grande fête que l'on a plus adroitement que chrétiennement préparé l1 punition. On a fait payer le plus cher que l’on a pu à PArchevêque son rapport à Rome ; on a fait payer aux MM. de St. Sulpice la façon du décret de Rome, et on a bien clairement signifié aux Evêques présents que seul Mgr. de Montréal avait fait {out son devoir. Ainsi cette grande fête qui devait unir tout le monde dans un commun esprit de sympathie et de bon vouloir réciproque, on lui a donné toute l'apparence d'un pieux guet-apens.»

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Voilà Mgr.. en toute franchise l’impression produite. Vos flatteurs ne vous le diront pas, mais moi, je vous dis ici la vérité tou'e nue comme je reconnaitrais avec plaisir Le contraire s'il y avait lieu Et cette impression générale, Mgr., est confirmée par les indiscrétions inévitables des amis zélés qui ne savent pas démèler ce qu’il ne faut pas répéter. Des intimes de l’Evêché ont dit à plusieurs personnes et à moi-même—Que devait penser l'Archevêque quand un prêtre qu'il a renvoyé de son Diocèse lui définissait si bien le gallicanisme et lui montrait ce que l’Evêque de Montréal sait faire ?

— Tiens, ai-je dit, on l’a donc fait exprès pour l'insulter ?—Oh non, mais il est bon quelquefois de montrer aux gallicans le mauvais côté de leurs idées.— Alors, c'est pour leur dire leurs vérités que l'on a invité les susdits gallicans ?=Mais Mgr. de Mont.

réal ne pouvait faire autrement que d'exposer la vraie doctrine romaine dans une occasion aussi solennelle.

Tant pis pour ceux qu’elle offusque. »

Voilà pour une indiscrétion.

Mais voici venir un autre intime qui nous parle du grand nombre de malades qu'il y avait dans l'Eglise de N.-D. et du petit nombre des grands malades. Laissons les petits malades puisqu'il y en avait tant; mais quels étaient donc les grands malades? Né cessairement l’Archevêque, puis quelques Evèques, puis les prètres de St.

Sulpice, puis enfin les prêtres étrangers qui ont trouvé les remèdes amers. À qui l'expression « grands malades »

peut elle s'appliquer sinon à cette portion des invités ? C’est encore un des intimes de l’'Evèché qui parle ainsi:

« [l ne fallait pas, dit-il, manquer cette occasion providentielle.» On à donc eu l'intention de ne pas la manquer. Le public a donc raison de dire que l’on voulait donner une leçon, Qui voulait la donner ? Etait-ce seulement le père Braun ? N'y avait-il donc pas de bien plus hauts personnages que lui encore plus hostiles à l’Archevèque qu’il ne l'est ? Ceux qui nient toute intention de donner une leçon s’imaginent donc que nous ne voyons pas ce qui nous crève les yeux !

«On à donné le remède à haute dose,» dit un autre intime. Serait ce le hazard seul, le pur hazard, qui a administré cette dose ? Et à qui l'a t-on servie ? Certainement pas à V. G.

Donc à ses invités ! Où est le moyen terme ? Il n'y en a pas. C'est à V. G.

o' à l'Archevèque que les remèdes amers ont été offerts, que la haute dose a été donnée. Où ment donc impudemment quand on dit ie l'on n’a jamais songé à donner une leçon.

Maintenant après avoir bien souffleté les gens, on se retranche derrière la nécessité de développer la doctrine !

Cette hypocrisie appartient d'abord au Nouveau-Monde, le plus intime des intimes. Le public n'est pas dupe de tous ces pieux subterfuges, Mgr. surtout quand nous voyons. la guerre recommencer immédiatement avec plus d’acharnement que jamais.

D'ailleurs le Nouveau-Monde n'a-til pas dit en toutes lettres qu'il fallait profiter de cette grande réunion de toutes les parties du Diocèse et du pays pour affirmer hautement les idées romaines ? N’a-t il pas aussi parlé de triomphe remporté ? Et remporté sur qui ? Nécessairement sur les gens qu'il nous a lui-même appris n'étre pas assez romains. Et qui sont ces gens? Sans doute ceux qui se sont défait de l'esprit romain. Et qui donc s'est défait de l’esprit romain ? Eh bien nous ne le savions pas, mais le Nouveau-Monde nous l’a bien clairement expliqué il y a deux ans. Ce n’est ni plus ni moins que l’'Archevèque. J'ai conservé et collé l’intéressant passage dans mon calepin, car j'ai compris dès lors ce qui se préparait.

Avec cela tout s'explique à merveille.

L’Archevêque ; s'est défait de l'esprit romain, ce qui explique pourquoi il a soumis un document gallican au dernier concile de Québec, fait abominable qui mérite bien une leçon, et un remède à haute dose à ce grand malade ! Puis il à fait un rapportà Rome où il n’a pas complètement approuvé V. G. en tout ; et puis ilest venu ici recevoir le Pallium, chose qu’il aurait tout aussi bien pu faire chez lui...

Voilà donc un homme auquel il était plus qu'à propos de dire carrément

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