‹ La grande guerre sur le front occidentalChapitre 1 sur 39 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le présent volume est consacré à l'armée belge jusqu'à la retraite sous Anvers, au siège de Namur, aux opérations de nos 3*, 4®, 5® armées et des forces britanniques jusqu'au 25 août 1914. Nous y avons naturellement rattaché ce qui concerne l'armée de Lorraine, le i®' corps de cavalerie et les divisions de réserve ou de territoriale aux ordres des généraux Valabrègue et d'Amade.

Il n'est pas besoin d'insister sur l'importance de ces événements, qui eurent pour première conséquence l'invasion de la Belgique et du Nord de la France, ainsi que la ruée des armées allemandes jusqu'au sud de la Marne.

Notre tâche a été grandement facilitée par l'obligeance de correspondants qui ont bien voulu nous, communiquer les renseignements en leur possession, dont quelquesuns très précieux. A tous, connus et inconnus, nous adressons ici un cordial remerciement.

Ces données, jointes à celles provenant de lettres inédites, de souvenirs personnels, de carnets journaliers ou de publications sérieuses, nous ont permis d'établir la trame de nos récits. Nous y avons joint les commentaires indispensables, non dans une vue de critique malveillante, mais uniquement pour chercher la vérité sur des faits dont notre pays ressentira longtemps les contrecoups, quelle que soit l'issue de la guerre présente.

Nous sera-t-il permis d'ajouter que cette issue, selon

b INTIUODUCTION

notre conviction profonde, la France la tient dans sa main? Elle sera sûrement heureuse, si nous dédaignons les plaidoyers intéressés en vue d'une paix boîteuse, si nous refusons d'entendre les conseils dictés par la lassitude, par la défaillance, quand de pires motifs n'y interviennent pas. En un mot, nous ne devons pas permettre de saboter la guerre, alors qu'elle dure depuis plus de trois ans, à ceux qui ont fait de leur mieux pour saboter la préparation de cette guerre en temps de paix.

Au cas contraire, il faudrait tout redouter, et les mots, Finis Galliœ! deviendraient une affreuse réalité.

Dans une de ses dernières chroniques militaires (i), le général Malleterre montre l'un des écueils où se heurtent déjà certains des historiens de la Grande Guerre. Il convient, selon lui, de laisser parler les faits, en les exposant avec le plus de précision possible, sans tenter de les interpréter quand les bases sérieuses font défaut : <( A vouloir trop les commenter, à chercher à pénétrer et à expliquer les plans et les instructions des deux adversaires, on s'expose à y substituer des impressions et des idées personnelles. Et l'on risque ainsi, ou de verser dans une critique prématurée et tendancieuse, ou de tourner à la louange qui cache trop fréquemment l'exacte vérité, pour ne pas être obligé de la dire ».

Cette exacte vérité, au contraire, nous nous croyons obligé de la chercher et de la dire, devrait-elle froisser certains amours-propres, aller contre certains courants d'idjées. A vouloir respecter et parfois amplifier la légende, on fait sûrement œuvre vaine. Si lente qu'elle soit dans sa marche, la vérité reprend tôt ou tard ses droits. N'est-ce pas notre Pascal qui Ta dit : <( La vérité subsiste éternel-

(i) Temps du 26 août 191 7.

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