SCÈNE IX
Les Mêmes, MALÉZEAU, PASCAL, LE MARQUIS.
MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE
Le voici.
PASCAL, au marquis qui entre avec lui.
Monsieur le marquis, embrassez votre fils.
ROBERT, se jetant dans les bras de son père.
Mon père!
LE MARQUIS
Pardonne-moi, mon enfant, je n'ai pas eu la force d'assister à cette douloureuse épreuve... Mais je n'ai jamais douté de toi et, avant d'être acquitté par tes juges, tu avais été absous par ton père.
PASCAL
Monsieur le marquis, j'avais prorais à raademoiselle
de Glairefont de faire tout ce qui serait humainement possible pour que son frère vous fût rendu... J'ai tenu ma promesse : il est libre 1
MADEMOISELLE DE S AINT-M A URIGE, poussant Antoinette vers Pascal.
Mais dis-lui donc quelque chose!... Ahl Dieu, moi, à ton âge...
ANTOINETTE
De tout mon cœur, merci.
PASCAL, à Antoinette.
Vous êtes heureuse, je suis payé! (a Robert.) Et maintenant, mon cher comte, remplissez à l'instant les formalités qui vous séparent de la liberté complète, et rentrez à Glairefont avec votre père.
LE MARQUIS
Ne nous y accompagnez-vous pas?
Non, monsieur le marquis, je n'ai encore accompli que la moitié de ma tâche; il me reste encore à m'occuper de votre fils. Je l'ai fait acquitter, je l'ai arraché des mains de la justice, mais je n'ai pas lavé complètement la tache qui salit son honneur. Tant que le vrai coupable n'aura pas été découvert, un doute subsistera que la calomnie pourra exploiter.
LE MARQUIS
C'est vrai.
PASCAL
C'est ce que je ne veux pas. Il fallait sauver Robert, i'ai été au plus pressé. Pour le reste, reposez -vous sur moi,
ANTOINETTE
Mais quand vous reverrons-nous?
PASCAL
Quand j'aurai réussi.
SIXIÈME TAliLEAU 127
MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE
Hàtez-vous ïilors.
ROBERT, lui serrant les raains.
A bientôt et à toujours I
Antoinette et le marquis, mademoiselle de Saint-Maurice et Robert sortent.