‹ La grande Marnière (volume 2)Chapitre 65 sur 71 · PASCAL, MALÉZEAU, MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE ANTOINETTE, ROBERT · texte numérisé non relu

PASCAL, MALÉZEAU, MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE ANTOINETTE, ROBERT

LE MARQUIS ; ils viennent de l'étude. MALÉZEAU, à mademoiselle de Saint-Maurice.

Voici le coupable.

MADE.MOISELLE DE S AIXT-MAURICE, à Pascal.

Eh bien! vous êtes gentil! C'est comme cela que vous êtes venu nous prendre à Clairefont? Nous vous avons attendu à déjeuner, vous savez ? *

PASCAL, rainant Antoinette et le Marquis.

Je VOUS prie de m'excuser... J'ai été retenu.

ROBERT

Je pense bien que si vous aviez été libre...

LE MARQUIS, assis sur le canapé.

Il s'agit sans doute aujourd'hui, Malézeau, de l'acte d'association entre M. Pascal, moi et les miens, pour l'exploitation de la Grande Marnière ?

PASCAL

Vous l'ave? exigé, monsieur le marquis.

LE MARQUIS

Oui, mon cher enfant, c'était mon seul moyen de nous acquitter envers vous.

Pascal remonte dans le jardin avec Robert.

MALÉZEAU

Vous apportez, monsieur le marquis, vos terrains et votre usine... M. Pascal son argent. Un directeur sera choisi en commun.

Parfait !... De la sorte, je n'aurai plus à m'occuper de rien... C'est, je le crois, la seule chance que nous ayons de réussir.

MALÉZEAU

Cet acte, M. Pascal Ta vu, approuvé, il n'y manque plus que les signatures...

LE MARQUIS

Bon! Nous avons le temps.

MALÉZEAU

Je vous demande pardon, monsieur le marquis, c'est que nous ne l'avons pas. M. Pascal part ce soir, et...

MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE

Comment!

ANTOINETTE

Il part?

LE MARQUIS

Et OÙ va-t-il?

MALÉZEAU

Je l'ignore, monsieur le marquis, je ne crois pas cependant qu'il ait l'intention de quitter le continent.

MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE

C'est heureux ! Il ne manquerait plus qu'il retournât en Amérique. Dans des contrées où la fièvre jaune s'attrape, comme chez nous la grippe... Mais pourquoi s'en va-t-il ?

MALÉZEAU

Il n'a plus rien à faire ici.

ANTOINETTE, doucement, comme à elle-même.

C'est vrai, puisqu'il nous a sauvés I

Elle remonte du cOté du jardin oti Pascal et Robert sont en vue; Malézeau remonte avec elle jusqu'à la porte,

MADEMOISELLE DE S AINT-M A U RIGE, avec éclat.

Vous venez de l'entendre? Regardez-la s'éloigner, tranquille et le sourire sur les lèvres. Elle a l'air ravi. U n'y a pas de quoi pourtant; car la vérité c'est que nous sommes des ingrats, que Pascal est malheureux et cela par notre faute 1

LE MARQUIS, se levant.

Que dites-vous là ?

MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE

Gomme il est difficile de voir qu'il se meurt d'amour. Oh ! si je m'appelais Antoinette, si j'avais une autre frimousse et trente ans de moins, je vous réponds qu'il ne partirait pas !

MALÉZEAU, redescendant à part.

Très bien I

LE MARQUIS

Vous l'épouseriez ?

MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE

Avec votre permission !

LE MARQUIS, riant.

Vous l'auriez. Mais je vous ai connu des idées plus exclusives : vous n'admettiez pas qu'un homme existât en dehors de l'aristocratie.

MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE

Eh ! regardez comme elle s'est conduite avec nous votre aristocratie I Avant que ce brave Pascal prît notre défense, tous nos nobles amis nous tournaient le dos... Lui, il a été chevaleresque!... Il n'est pas né, c'est vrai... Mais il e?t du bois dont nos anciens rois fai-

saient de grands généraux, de grands ministres et, finalement, des ducs et pairs.

LE MARQUIS

Ce n'est pas moi qui vous contredirai. Je croyais être le seul libérai qu'il y eût dans la famille. Nous sommes deux maintenant, je m'en félicite.

MADEMOISELLE DE SAINT-MAURIGE

Ce qui me confond, c'est le calme de votre filb. Quand je pense que c'est moi qui l'ai élevée! Ah ! elle était plus émue le jour du procès, mais, passé le danger, au diable le sauveur !

LE MARQUIS

Eh! ma chère... C'est bel et boni... Mais il y a le père.

MADEMOISELLE DE SAINT-MAURIGE

Eh ! s'il n'y avait pas le père, il n'y aurait pas eu le fils, qui vous a joliment tiré d'affaire, et qui reconstituera votre fortune si vous le laissez faire. Et puis, le père ne sera pas un père éternel.

LE MARQUIS

Je ne contraindrai pas ma fille... Elle est libre, ayant rendu sa parole à M. de Groix-Mesnil. Mais je ne puis cependant pas la jeter à la tète de M. Pascal... Si encore on savait ce qu'ils pensent, elle et lui!

Monsieur le marquis, si vous le permettez, je vais essayer de le leur faire dire, à l'un et à l'autre.

LE MARQUIS

Faites, mon cher ; vous êtes bon diplomate.

Entrent Robert et Antoinette, du fond. MALÉZEAU.

Et j'ai triipmidié de diflicultés plus sérieuses.

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