‹ La grande ville (volume 2)Chapitre 62 sur 135 · LÀ BARBE ET LES MOUSTACHES · texte numérisé non relu

LÀ BARBE ET LES MOUSTACHES

propre main, avait passé au commencement de la bataille sa grande barbe blanche par dessous la visière de son casque pour se taire reconnaître des siens; ce qui prouve qu'on portait une longue barbe sous la seconde race.

Vers la lin du onzième siècle les évêques déclarèrent la guerre aux longues chevelures. Plus tard, Louis VII, voulant donner, au sujet des longs cheveux , l'exemple de la soumission aux mandements des évêques, raccourcit ses cheveux et se lit raser la barbe. Mais Léonore d'Aquitaine, son épouse, princesse qui probablement tenait à ce que son mari se montrât viril, railla Louis VU sur son menton rasé et ses cheveux courts.

11 s'ensuivit que Léonore d'Aquitaine écouta avec plaisir les galanteries du prince d'Antioche, qui sans doute avait une fort belle barbe. Louis MI se repentit d'avoir mené sa femme en Syrie; il aurait dû plutôt se repentir de s'être rasé le menton. Ce sujet si frivole en apparence fut cependant cause de la désunion qui se mil entre les deux époux, si bien qu'ils firent casser leur mariage. Léonore d'Aquitaine épousa peu de temps après Henri, duc de Normandie, comte d'Anjou, qui devint ensuite roi d'Angleterre et à qui elle porta en dot le Poitou et la Guyenne. « De là (dit Saint- « Foix) vinrent ces guerres qui ravagèrent la France pendant trois « cents ans ; il périt plus de trois millions de Français, parce qu'un « roi avait raccourci sa chevelure et s'était fait raser la barbe , et « parce que sa femme l'avait trouvé ridicule avec des cheveux « courts et un menton rasé. »

La longue barbe revint à la mode sous François Ie' . Ce monarque ayant été blessé à la tête, fut obligé de se faire couper les cheveux, et craignant d'avoir l'air d'un moine avec sa tète presque rasée, imagina de porter un chapeau au lieu d'un chaperon et de laisser croître sa barbe.

Sous Henri M , François II, Charles IX, et Henri IIL la longue barbe continua d'être à la mode.

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